Le pouvoir du moment présent

Eckart Tolle · Chapitre 37 sur 81

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Le pouvoir du moment présent

La Beauté Naît dans le Calme de la Présence

Même les hommes qui ont rédigé les Évangiles ne comprenaient pas le sens de ces paraboles. C’est ainsi que les premières fausses interprétations et des distorsions se sont insinuées dans les Écritures. Avec, ultérieurement, d’autres fausses interprétations, le véritable sens des paraboles s’est complètement perdu. Ces paraboles ne traitent pas de la fin du monde mais de la fin du temps psychologique. Elles font référence à la transcendance de l’ego et à l’idée qu’il est possible de vivre dans un état de conscience entièrement nouveau.

LA BEAUTÉ NAÎT DANS LE CALME DE LA PRÉSENCE

Pendant de brefs instants, j’ai déjà vécu ce que vous venez de décrire, surtout quand j’étais seul et en pleine nature.

Oui. Les maîtres zen utilisent le terme satori pour décrire une telle soudaine lucidité, un tel moment de vide mental et de présence totale. Bien que le satori ne soit pas une transformation permanente, soyez reconnaissant quand cela vous arrive, car cela vous donne un avant-goût de ce qu’est l’éveil spirituel. Il se peut que vous en ayez fait l’expérience à de nombreuses reprises sans savoir ce que c’était ni même en réaliser l’importance. Il faut une certaine présence pour avoir conscience de la beauté, de la majesté et du sacré de la nature. Vous est-il jamais arrivé, par une belle nuit, de vous perdre du regard dans l’infini de l’espace et d’être ému par son immobilité absolue et son inconcevable immensité ? Avez-vous déjà vraiment écouté le murmure d’un torrent alpin dans la forêt ? Ou encore, le chant d’un merle en plein été, au crépuscule ? Pour prendre conscience de telles choses, il faut que le mental se soit tu. Vous devez mettre momentanément de côté votre fardeau de problèmes, votre charge de passé et de futur, ainsi que toutes vos connaissances. Sinon, vous verrez mais sans vraiment voir, vous entendrez mais sans vraiment entendre. Vous devez être totalement présent.

Au-delà de la beauté des formes extérieures, il y a plus. Il y a quelque chose d’indéfinissable qui n’a pas de nom. Il y a une essence intérieure, profonde et sacrée. Là où il y a de la beauté, cette essence transparaît d’une façon ou d’une autre. Elle ne vous est révélée que si vous êtes présent. Serait-il possible que cette essence indicible et votre présence soient une seule et même chose ? Cette essence indescriptible serait-elle là sans votre présence ? Sondez-la en profondeur et découvrez la réponse.

 

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Quand vous avez connu de tels moments de présence, il est fort probable que vous n’avez pas réalisé vous être retrouvé pendant un court instant dans un état de vide mental, et c’est parce que l’intervalle entre cet état-là et le flot des pensées était trop menu. Cet état de satori n’a peut-être duré que quelques secondes avant que le mental ne rentre en scène, mais il s’est produit. Sinon, vous n’auriez pu connaître la beauté. Le mental, lui, ne peut ni reconnaître ni créer la beauté. C’est seulement pendant quelques secondes, alors que vous étiez totalement présent, que cette beauté et ce sacré se sont manifestés. En raison de la courte durée du hiatus et de votre manque d’attention et de vigilance, vous avez probablement été incapable de constater la différence fondamentale qui existe entre la perception, la conscience de la beauté libre du processus de la pensée, et le fait de nommer et d’interpréter la chose en pensée. Le hiatus était si réduit que tout cela semblait faire partie d’un seul et même processus. La vérité, par contre, est la suivante : dès l’instant où la pensée est revenue, tout ce qui vous en restait, c’était un souvenir.