Le pouvoir du moment présent
Le Lâcher-Prise dans les Relations Interpersonnelles
Cette énergie est une intense mais silencieuse présence qui dissipe les structures inconscientes du mental. Peut-être resteront-elles actives pendant un certain temps, mais elles ne mèneront certainement plus votre vie. Les circonstances extérieures auxquelles vous résistiez tendront à se modifier ou à se dissiper rapidement grâce au lâcher-prise. Ce dernier a la puissante capacité de transformer les situations et les gens. Si les circonstances ne changent pas immédiatement, l’acceptation de l’instant présent vous permet de vous élever au-dessus d’elles. D’un côté comme de l’autre, vous êtes libéré.
LE LÂCHER-PRISE DANS LES RELATIONS INTERPERSONNELLES
Qu’en est-il des gens qui veulent se servir de moi, me manipuler ou me contrôler ? Dois-je lâcher prise face à eux ?
Ces gens sont coupés de l’Être. Voilà pourquoi ils essaient inconsciemment de vous soutirer énergie et pouvoir. La vérité, c’est que seule une personne inconsciente essaiera d’utiliser ou de manipuler les autres. Mais il est également vrai que seule une personne inconsciente peut être utilisée ou manipulée. Si vous offrez de la résistance au comportement inconscient des autres ou luttez contre cela, vous tombez vous-même dans l’inconscience. Mais lâcher prise ne veut pas dire se laisser exploiter par les gens inconscients. Pas du tout. Il est parfaitement possible de dire « non » fermement et clairement à quelqu’un ou de se dissocier d’une situation tout en restant en même temps dans un état intérieur d’absence totale de résistance. Lorsque vous dites « non » à quelqu’un ou à une situation, faites en sorte que votre choix origine non pas d’une réaction, mais d’une prise de conscience, d’un discernement clair de ce qui est juste ou pas pour vous dans le moment. Que ce « non » ne soit pas une réaction. Qu’il soit un « non » de grande qualité, libre de toute négativité, qui ne créera donc pas de souffrance ultérieure.
Je me trouve actuellement dans une situation désagréable au travail. J’ai essayé de lâcher prise face à cette situation, mais je n’y arrive pas. J’ai toujours beaucoup de résistance.
Si vous ne réussissez pas à lâcher prise, passez immédiatement à l’action : dites le fond de votre pensée aux personnes concernées, faites quelque chose qui modifiera la situation ou bien encore, dissociez-vous totalement de la situation. Assumez la responsabilité de votre vie. Ne polluez pas votre beau et radieux Être intérieur ni la Terre avec de la négativité. Ne laissez pas le tourment s’immiscer en vous sous quelque forme que ce soit.
Si vous ne pouvez pas passer à l’action, parce que vous êtes en prison par exemple, alors il vous reste deux choix : résister ou lâcher prise. L’esclavage ou la libération intérieure devant les circonstances externes. La souffrance ou la paix intérieure.
La non-résistance doit-elle aussi être appliquée à la conduite concrète de notre vie, par rapport à la violence, entre autres, ou bien concerne-t-elle uniquement notre vie intérieure ?
Vous n’avez qu’à vous occuper de l’aspect intérieur. C’est ce qui passe en premier. Bien entendu, cela transformera également la conduite de votre vie dans le monde, dans vos relations, etc.
Le lâcher-prise viendra profondément modifier vos relations. Si vous ne réussissez jamais à accepter ce qui est, ceci sous-entend que vous ne pourrez jamais accepter les autres tels qu’ils sont. Vous jugerez, critiquerez, étiquetterez, rejetterez les gens ou essaierez de les changer. Par ailleurs, si vous faites continuellement du moment présent un moyen pour arriver à une fin dans le futur, vous ferez de même avec tous les gens que vous rencontrerez ou avec qui vous serez en rapport. La relation – l’être humain – revêt une importance secondaire pour vous ou pas d’importance du tout. Ce que vous retirez de la relation est de nature primaire, c’est-à-dire un gain matériel, un sentiment de pouvoir, du plaisir physique ou une forme quelconque de gratification de l’ego.
Laissez-moi vous expliquer de quelle façon le lâcher-prise peut fonctionner dans les relations. Quand vous commencez à vous disputer ou à entrer en conflit avec votre partenaire ou un proche, observez d’abord à quel point vous vous tenez sur la défensive lorsque l’autre attaque votre position ou sentez la force de votre propre agressivité lorsque vous attaquez la position de l’autre personne. Remarquez votre attachement à vos points de vue et à vos opinions. Percevez bien l’énergie mentale et émotionnelle derrière votre besoin d’avoir raison et de donner tort à l’autre. C’est l’énergie de l’ego. Vous la conscientiserez en la reconnaissant, en la sentant le plus totalement possible. Puis, un jour, vous réaliserez soudainement au beau milieu d’une dispute que vous avez le choix et déciderez peut-être tout simplement de ne pas réagir, juste pour voir ce qui se passe. Ainsi, vous lâchez prise. Je ne veux pas dire que vous devez mettre de côté la réaction en disant juste : « Bon, tu as raison » avec une expression qui sous-entend : « Moi, je suis au-dessus de ces enfantillages inconscients ». Ceci ne fait que transposer la résistance sur un autre plan : celui du mental, toujours actif, qui prétend être supérieur. Je parle ici de laisser tomber tout le champ énergétique mental et émotionnel qui luttait en vous pour avoir le pouvoir.
L’ego est rusé. Il vous faut donc être très vigilant, très présent et totalement honnête avec vous-même pour voir si vous avez véritablement renoncé à l’identification à une position. Si vous vous sentez soudainement très léger, dégagé et profondément en paix, c’est le signe indiscutable que vous avez vraiment lâché prise. Regardez alors de près ce qui se passe chez l’autre personne, quant à la position qu’elle défendait, lorsque vous ne donnez plus d’énergie à cette dernière en lui résistant. Quand l’identification aux prises de position est éliminée, une véritable communication s’instaure.
Qu’en est-il de la non-résistance face à la violence, à l’agression et à toute autre chose du même genre ?
La non-résistance n’est pas nécessairement synonyme d’inaction. Tout ce que cela veut dire, c’est que toute action n’est plus forcément une réaction. Souvenez-vous de la profonde sagesse qui sous-tend la pratique des arts martiaux : ne pas offrir de résistance à la force de l’adversaire. Céder pour mieux lui triompher.
Cela étant dit, « ne rien faire » quand vous êtes dans un état de présence intense est un puissant outil de transformation et de guérison, qu’il s’agisse de situations ou de personnes. Dans le taoïsme, il existe un terme chinois, wu-wei, que l’on traduit habituellement par « activité sans action » ou par « être tranquillement assis sans rien faire ». Dans la Chine d’autrefois, ceci était considéré comme un des plus importants accomplissements ou une des plus grandes vertus. C’est radicalement différent de l’inactivité dans l’état de conscience ordinaire, ou si vous préférez de l’inconscience, qui résulte de la peur, de l’inertie ou de l’indécision. Le véritable « non-faire » sous-entend l’absence de résistance intérieure et un état de vigilance intense.