Le trip d’une vie

Caroline Langevin · Chapitre 1 sur 24

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Le trip d’une vie

Épigraphe

J’accepte la grande aventure d’être moi-même.

Simone de Beauvoir

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Chapitre 1

ON EFFACE PIS ON RECOMMENCE

 

— S’te plaît, s’te plaît, s’te plaît ! Resteeeee ! m’implore Éloïse, les mains jointes en prière dans une ultime tentative de me convaincre de ne pas partir.

Pour la réconforter, son amoureux Édouard l’entoure de sa large charpente, qui paraît davantage imposante dans notre appartement maintenant complètement vide. Ma coloc se blottit contre son chum et me fixe de son regard désespéré de biche. Elle aimerait bien que je fasse volte-face à la dernière minute. Éloïse, c’est ma meilleure amie, et la coloc parfaite depuis les six dernières années. C’est étrange de se dire au revoir pour partir faire notre vie chacune de notre côté, mais il faut bien qu’un jour ou l’autre on grandisse.

En passant, c’est Éloïse qui grandit, pas moi. C’est elle qui est tombée en amour avec Édouard et qui en est arrivée à faire le grand pas d’emménager avec lui. Lorsque je les regarde s’aimer, je sais que tout ira bien pour eux. Élo a gagné le gros lot de l’amour.

De mon côté, c’est différent. La multitude de billets de loterie sur lesquels j’ai misé m’ont permis de remporter plusieurs prix, mais rien d’assez captivant pour m’en souvenir. J’ai surtout eu quelques « rejouer encore » et beaucoup trop de « meilleure chance la prochaine fois » ! Mais je ne me plains pas. Vraiment pas. Ma situation me va très bien. Je suis une femme simple et libre, une célibataire sans attentes. L’amour cadre très bien dans la vie d’Éloïse, mais ce n’est pas pour autant que ça m’irait ! C’est un peu comme porter des chapeaux. Y en a qui ont la tête pour ça et d’autres non. Pis si tu fais partie de celles qui ne l’ont pas, ça ne donne rien de forcer pour trouver l’amour à tout prix comme s’il y avait juste ça d’important. Accepte la réalité. Ta vie va être beaucoup plus facile. S’acharner dans une direction qui n’est pas la nôtre, c’est dépenser de l’énergie et des boîtes de mouchoirs inutilement.

Non, moi je n’ai pas une tête à chapeau ni un cœur à l’amour. Pis c’est ben correct de même ! Je prends la vie comme elle se présente. Je prends les hommes comme je les rencontre. S’il y a une chose que je n’aime pas, c’est bien fixer mon téléphone en me demandant si monsieur Untel ou monsieur Chose va se décider à m’appeler. Avec les gars, je garde ça simple. On passe quelque temps ensemble, on s’amuse puis on passe à autre chose.

Légèreté ou inconscience ? La ligne est mince entre les deux et en fait, je m’en fous. Je ne vois pas pourquoi je devrais me définir. Je suis bien comme je suis et puis voilà ! Je sais saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent, et pour le reste, je ne me casse pas la tête.

Ma dernière rencontre, d’ailleurs, Olivier, était assurément une opportunité très profitable. C’est aussi ça le truc, avec la loterie et les hommes. On ne sait jamais quand la chance va nous sourire.

Devant ma bientôt-ex-coloc toujours éplorée, je finis par répondre :

— Relaxe Élo, relaxe !

J’affiche une attitude « I don’t care » d’adolescente insouciante. J’espère la contaminer avec mon détachement.

— Je ne pars pas en mission au centre de la Terre, quand même ! Je lève les voiles vers l’Ouest canadien, et seulement pour l’été. On se CALME-NE. On a déjà vu plus chaotique et dangereux comme destination. Bon, c’est quelque peu improvisé comme organisation, je te l’accorde, mais parfois, il faut savoir plonger vers l’inconnu. Tu devrais peut-être essayer, un de ces jours.

— Oh non !! s’écrie-t-elle en écarquillant les yeux. Même si j’admire ta capacité de tout effacer pour recommencer, je serais incapable de faire comme toi. Juste d’y penser, je fais de l’urticaire. Non merci pour moi ! Mais y a pas que ça qui me fait flipper, Sandy… Tu as rencontré Olivier il y a un mois, et en un claquement de doigts, t’as spontanément accepté de plier bagage pour t’aventurer avec lui à l’autre bout du pays. T’as démissionné de ton job, t’as empaqueté tes affaires et là t’es prête à lever les feutres. Et c’est sans compter que ses deux amis INCONNUS se joignent à vous. Hello ??!! Avoue que c’est quand même délirant, ton affaire !

C’est sûr que vue sous cet angle, ma décision a l’air limite cinglée. Et Élo qui a le don de dramatiser… Mais si on prend le temps de mettre les choses en perspective, tout semble tellement plus logique. Il est vrai que j’ai rencontré Olivier dans une courte retraite en plein air il n’y a que quelques semaines… quelques jours, pour être honnête. On a passé une savoureuse nuit ensemble et il m’a proposé de me joindre à lui et son couple d’amis dans un périple pour explorer les recoins cachés de notre pays, direction les Rocheuses. Je n’avais rien de prévu pour l’été et je n’en avais rien à ficher de mon boulot de serveuse. Alors j’ai accepté sans hésiter.

Bon, OK. J’aurai beau le tourner de toutes les manières imaginables, c’est vrai que c’est peut-être une décision irréfléchie… Mais à ma défense, leur départ était imminent. Je n’avais pas le temps de cogiter. Tout s’est passé tellement vite que j’ignore si j’ai pris une décision sur un coup de tête ou si, en réalité, je réfléchis juste plus vite que tout le monde et je suis surdouée au fond (une fille peut s’en faire croire un peu, non ?).

Un mois, c’est peu pour faire connaissance avec quelqu’un, et pour ranger sa propre vie dans des boîtes. J’ai essayé de jumeler les deux activités en invitant Olivier à m’aider à empaqueter mes affaires un soir, mais tout ce que ça m’a permis de découvrir, c’est que je suis très sensible aux flexions de ses muscles. Le regarder soulever mes cartons m’a malheureusement déconcentrée, et s’en est suivie une partie de jambes en l’air qui m’a confirmé notre compatibilité… sexuelle, tout au moins.

On a retenté l’essai de se voir pour apprendre à se connaître, mais nos quelques rendez-vous se sont avérés chargés de peu de mots. Force fut de constater que la discussion, ce n’est pas notre premier instinct.

Mais au moins, on sait que ça clique entre nous. En dehors du fait qu’il est un très bon amant, je sais aussi qu’il a vingt-neuf ans et est photographe professionnel. C’est d’ailleurs ça qui nous mène ici. Son job, c’est de parcourir les routes et de prendre de jolies photos. Il a même la cote sur les réseaux sociaux (j’ai fait le saut en voyant son nombre d’abonnés !).

La preuve, lorsque Stéphanie, la sœur cadette d’Éloïse, a su avec qui je partais en voyage, elle a hurlé si fort et si aigu que mes oreilles ont silé pendant trois jours. Selon ce qu’elle m’a dit, en plus de prendre en photo « les plus beaux paysages qui vibrent en son cœur » (WTF ?!!), Olivier a pour clients de grandes marques de maillots de bain, d’accessoires mode et d’autres cossins qu’il immortalise dans lesdits paysages. Il l’a même séduite, m’a-t-elle dit, avec une publicité qui mélangeait forêt du Grand Nord et sacs à main haut de gamme (pas l’association la plus organique selon moi !). Et maintenant Stéphanie, la fille qui préférera toujours un souper chic en ville à une promenade en nature, se sent en contact direct avec la Terre lorsqu’elle trimbale le sac en question. Tout ça grâce aux photos d’Olivier !

Éloïse et moi avons scruté sa page Facebook au peigne fin – en langage moderne, on appelle ça « apprendre à connaître quelqu’un » – pour trouver des infos complémentaires à ses belles photos et des indices de la personne qu’il est dans la vraie vie. Rien d’alarmant, à première vue. Vraiment pas comme si je partais toute seule avec un individu louche qui a fait la première page d’Allo Police. Et puis, Élo et Édouard l’ont rencontré brièvement quand il est venu m’aider à faire mes boîtes. Il a su les charmer, ce qui les a un peu rassurés.

Donc. Il a l’air normal jusqu’à maintenant, c’est un garçon bien élevé et son hygiène personnelle est irréprochable – indice crucial pour juger quelqu’un. Pour le reste, on a des heures et des heures de route devant nous. Et comme ça, je n’ai pas à m’inquiéter des longs silences : on n’aura que ça à faire, apprendre à se connaître (dans un environnement où il serait inapproprié de se retrouver nus).

Je me croise quand même les doigts pour qu’on ne se tape pas sur les nerfs au bout d’une journée… Tout à coup il me révélerait un aspect super déplaisant de sa personnalité ? Du genre qu’il critique tout le temps tout le monde ? Ou bien qu’il veut tout contrôler ? Ou bien qu’il se brosse les dents juste une fois par semaine, et ça s’adonne que les quelques fois qu’on s’est vus, je suis juste bien tombée ?

Ça serait ben le bout de la marde que je doive revenir plus tôt que prévu. Surtout que je n’ai plus de chez-moi !

Mais je le sens bien. Mon feeling est bon. Pis ce n’est pas supposé servir à ça, l’intuition ? Nous aider à prendre des décisions sur un coup de tête sans qu’il y ait de conséquences trop tragiques ?

— C’est la solution idéale, dis-je encore pour tenter de convaincre mon amie. Je n’ai pas les moyens de garder notre appart seule, et je n’ai aucune envie de tenter ma chance avec une autre coloc. Aussi bien balancer toutes mes affaires dans un entrepôt le temps d’un été et en profiter pour changer d’air ! En plus, le coût des espaces de campement et de l’essence, divisé par quatre personnes, est abordable. C’est un voyage à très peu de frais, ce qui est idéal pour mes moyens.

— Mouin… c’est vrai que ton animal totem, ce n’est pas l’écureuil, confirme mon amie avec un début de sourire.

Je n’ai rien de l’écureuil, en effet. Ce n’est pas dans ma nature de prévoir à long terme. Si j’étais née dans le corps de ce rongeur, je ne ferais jamais assez de provisions et je crèverais le premier hiver – les écureuils n’ont pas droit au crédit.

Mais je suis un être humain, heureusement, et ma limite est assez élevée pour que je puisse me la couler douce pendant ce voyage. J’affronterai la situation à mon retour. No stress. Je me trouverai un petit boulot et squatterai un canapé quelconque le temps de me remettre sur pied. Probablement celui d’Élo et Ed, d’ailleurs, mais ils ne sont pas obligés de connaître tous les détails de mon plan ce soir.

— Et puis, dis-je enfin pour planter le clou final, je te rappelle que t’as fini par soutenir le choix de ta sœur de se marier avec un homme qu’elle ne connaissait quasiment pas. J’aimerais ben ça que t’appuies ma décision de faire un road trip sans engagement avec Olivier pis… ses deux amis dont j’ai oublié les prénoms.

Éloïse lève les yeux. Pas certaine si j’ai lâché un argument en ma faveur ou non finalement… Mais ce n’est pas très important, comment ils s’appellent, me semble ?

Ce qu’Oli m’a dit, c’est qu’ils sont vraiment sympas. C’est avec eux que, l’an dernier, il a fait son dernier road trip : ils ont parcouru les routes des Maritimes ensemble et ils avaient trouvé certains trajets épuisants, même à trois. Du coup, ils ont besoin d’un conducteur supplémentaire cette fois-ci pour partager l’expérience. Je suis apparue au parfait moment. Je présentais les critères d’admissibilité, c’est-à-dire un permis de conduire et une belle jovialité.

Anyway, ne dit-on pas que dans la vie, rien n’arrive pour rien ? Ma vie tournait un peu en rond, alors pourquoi ne pas lui donner une direction ? Si ce n’était pas censé se faire, quelque chose se serait mis en travers de mes projets. Genre un ange gardien serait intervenu. Ça sert à ça, non, un ange gardien ? Soit le mien a trouvé que partir sur un coup de tête c’était une bonne idée, soit il m’a tout simplement abandonnée pour aller se faire une game de poker quelque part sur un nuage… Ce serait bien mon genre d’ailleurs, d’en avoir un de même : alcoolique, ingrat et négligent.

En tout cas, rien ne s’est mis en travers de ma route. J’aurais cru qu’il aurait été complexe de casser notre bail, mais au contraire, cela fut d’une simplicité étonnante. Le neveu de notre proprio se cherchait justement un appartement, ce qui fait que notre départ imprévu tombait à point pour eux.

— Tu vas beaucoup me manquer, me dit Élo, déjà émotive. Je n’arrive pas à croire que tu t’en vas… qu’on ne vivra plus ensemble…

Sa voix se brise.

— Comment je vais faire pour m’en sortir sans toi ?…

— Eille ! s’offusque faussement Édouard. Tu ne seras pas toute seule, quand même !

En guise de soutien émotionnel à mon amie, j’attrape son gobelet de plastique rouge et la bouteille de champagne.

— Regarde, c’est super simple, que je m’amuse à lui démontrer. Étape un : tu lèves la bouteille. Étape deux, attention, ça, c’est le moment où il faut faire preuve de finesse, de flexibilité et d’assurance : tu penches la bouteille tout en calculant l’angle parfait pour que le liquide se propulse dans le verre par lui-même. Pas à côté ! DANS le verre. Étape trois : tu repositionnes la bouteille dans sa position d’origine. Et étape quatre, ma préférée cela va sans dire, tu dégustes le résultat de tes efforts. Tu vois, tu n’auras pas besoin de moi ! Je t’ai appris tout ce que je sais. Ton apprentissage est achevé, petite Jedi.

— T’es trop nulle, rigole Élo tout en me balançant le bouchon de la bouteille de champagne.

C’est tout ce qu’elle avait sous la main.

C’est ça, le problème des au revoir dans les apparts vides. Ce n’est plus le temps de s’engueuler, parce qu’on ne trouve plus rien à se lancer par la tête.

Le premier trajet totalisera douze heures de route non-stop, direction un parc national quelconque dans le trou de pet de l’Ontario. Puisque j’ai hérité de la conduite du dernier quart, je n’aurai pas à être alerte au volant tout de suite en partant. Je peux donc me permettre de célébrer mon départ avec mes amis comme il se doit.

Je me sens soudainement nostalgique, dans ce lieu où nous avons longuement vécu, Élo et moi, et où les souvenirs se sont accumulés en même temps que la poussière derrière les meubles.

— Ça fait drôle de voir votre appart aussi vide ! s’exclame Édouard. Je vois des choses que je n’avais jamais vues auparavant. D’ailleurs, c’est quoi, ce trou dans le mur de la cuisine ?

— C’est le souvenir d’un de nos nombreux mauvais choix de vie…, que je réponds, tout en mystère.

Devant moi, Ed hausse un sourcil interrogateur. À voir son regard amusé, il sait qu’il vient de trouver la source d’une savoureuse anecdote.

— Y a quelques années, commence Éloïse, Sandy a daté un gars qui devait s’entraîner comme genre huit jours par semaine. Il était super shapé et monstrueusement fort. Il ne participait pas à des concours d’hommes forts ou je ne sais pas trop, d’ailleurs ?

— Quelque chose comme ça, il me semble, mais je me souviens surtout de comment il me soulevait, moi ! que je précise, perdue dans ces agréables souvenirs.

— Franchement, rigole Élo avant de poursuivre. Bref, c’était le gars le plus robuste que j’avais jamais vu. Et cette histoire s’est terminée avec un coup de poing dans le mur de la cuisine.

— QUOI !? réagit Édouard en bon protecteur de ces dames. C’est qui, cet abruti ? Je vais aller lui dire ma façon de penser !

— À dire vrai, c’est moi l’abrutie, que je m’empresse de rectifier. Un soir, j’étais peut-être un peu pompette et il me tapait sur les nerfs avec son attitude de Monsieur Muscles macho… Je me suis dit : ça va faire, là, nous sommes dans l’ère de l’égalité hommes-femmes et je vais le lui montrer !

— Faque t’as donné un coup de poing dans le mur ?! devine Ed, confus.

— Bingo ! Le lendemain, on a décidé d’arrêter ça là tous les deux, pis j’ai posé un cadre pour régler le problème.

Ébahi, Édouard fait :

— Tu me niaises ?

— Nope. Désolée, mon grand, c’est la pure vérité. Et je me souviens très bien de la douleur à ma main le lendemain ! Ouch !

— Hé ! s’écrie soudain Éloïse, me faisant sursauter. Tu te rappelles Jasmin ?

Sans attendre ma réponse, elle file dans le salon. Nous la suivons pour la retrouver en train de montrer un autre trou du doigt, piquant la curiosité de son homme.

— Y avait pas un grand miroir d’installé ici ?

— Ouep ! que je valide. Pour camoufler le souvenir de cet étudiant de l’École de cirque que j’avais daté. Grand champion de hula-hoop. Un athlète vraiment souple. Vous ne pouvez pas vous imaginer toutes les pirouettes qu’on a faites ensemble…

Ed fixe le trou, se tourne pour contempler l’ensemble de la pièce, puis ramène les yeux sur moi.

— Attends, attends. Laisse-moi deviner ! dit-il. Toi, un acrobate avec un hula-hoop, un verre dans le nez… Bang !

— Presque…, intervient Éloïse. Mais c’était moi et non Sandy ! avoue-t-elle, l’air coupable.

— Donc, vous êtes en train de me dire que votre appartement est un musée de souvenirs gênants dissimulés derrière des éléments de décoration ?

— C’est possible…, lui répond son amoureuse, qui semble quand même un peu mal à l’aise d’avouer notre (très immature) secret.

C’est sûr que de partager ça avec un homme aux allures de perfection qui vit dans un condo de luxe et qui ne se contente pas de régler les problèmes en les niant, ça doit être pas pire gênant pour elle.

— C’est exactement ça, que je confirme avec assurance.

Ben quoi ? Moi ça ne me gêne pas du tout. C’est super ingénieux comme concept ! Je trouve qu’on s’en est très bien tirées toutes ces années. Et je serais très curieuse de soulever les cadres chez les autres pour voir s’ils ne cachent pas d’amusantes anecdotes, eux aussi.

— Je ne peux pas croire qu’il nous reste si peu de temps pour faire le tour ! s’exclame enfin Édouard, et Élo pousse un soupir de soulagement. Allez, vite ! Je veux connaître tous vos délirants souvenirs de cet appart avant que vous ne le quittiez définitivement !

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