Les carnets secrets de Li Yu : Au gré d'humeurs oisives

Les auvents (Invention des auvents mobiles)

D’une façon générale, les méthodes pour s’adapter à la situation sont les

suivantes : sur les parties élevées, construire la demeure, sur les parties

basses, les pavillons à étages, c’est la première méthode ; sur les parties

basses, entasser des rochers pour faire une montagnette, sur les parties

hautes, amener l’eau pour faire un étang, c’est la seconde méthode.

Il est encore possible de prendre la hauteur pour base et de la rendre plus

haute encore, d’ériger au sommet de cette falaise des belvédères et d’y

empiler des pics de rocs ; et puis de prendre la partie basse pour base et de

la rendre plus basse encore, de percer dans cette poche humide des bassins

et d’y creuser des puits. Dans l’ensemble, il n’y a pas de méthode fixe, et

comprendre le parti merveilleux qu’on peut tirer est l’affaire de chacun, et

ne saurait s’opérer à coup de recettes transmises par autrui.

 

Les auvents (Invention des auvents mobiles)

 

Ce qu’on prise dans une maison d’habitation, qu’elle soit fruste ou

raffinée, c’est de pouvoir en tout cas y être à l’abri du vent et de la pluie.

Elles ne sont pas rares, ces résidences aux poutres peintes et à la charpente

sculptée, ces tours de joyaux et ces balustrades de jade où l’on peut jouir du

beau temps, mais ne saurait s’asseoir et muser quand il pleut, car quand

elles ne souffrent pas d’être trop vastes, elles ont le défaut d’être d’une

hauteur vertigineuse.

C’est pourquoi les piliers ne seront pas trop hauts, sous peine de devenir

des entremetteurs à appeler la pluie ; les fenêtres ne seront pas trop

nombreuses, sous peine de devenir des réservoirs de courants d’air. On

s’efforcera d’équilibrer, moitié moitié, vide et plein, de proportionner haut

et bas.