Qui vous conduit
Idées clandestines à bord de notre esprit................................................18
QUI VOUS CONDUIT ?
rappeler à l’ordre par des gens qui ne sont pas des extré-mistes.
Paris, 1937. Extrémistes réclamant le droit de vote
pour les Françaises.
Pour conclure le sujet du misonéisme, je rappelle la pensée
d’Arthur Schopenhauer :
Toute vérité franchit trois étapes.
D’abord, elle est ridiculisée.
Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.
Idées clandestines
à bord de notre esprit
Les humains font partie des animaux sociaux. Certains
sont rationnels, mais même ceux qui le sont le plus ne dis-posent que d’une raison entravée par la camisole sociale. 18
QUI VOUS CONDUIT ?
Dès l’enfance, l’éducation grave nombre de conceptions dans notre esprit. Même au-delà de toute religion, il y a ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, ce qui se pense et ce qui ne se pense pas.
Toutes ces choses que l’on bourre dans notre tête, surtout
dans notre jeune âge, mais aussi plus tard, sont extrême-ment variées ; cela va de « on ne met pas son doigt dans le nez » à la loi de la gravitation universelle, en passant par tout un tas de concepts on ne peut plus hétéroclites, scien-tifiques, mystiques, politiques, historiques, philosophiques, médiatiques, sportifs… et plein plein plein de « ça se fait, ça ne se fait pas » et de « ça se dit, ça ne se dit pas » et de « c’est comme ça et puis c’est tout ! ». Imaginons un peu le bric-à-brac qu’il peut y avoir dans une tête. Beaucoup de ces connaissances sont indéniablement très utiles, ne serait-ce qu’au moins une langue pour s’exprimer, par exemple, et bien d’autres encore. D’autres, au mieux, ne servent à rien, au pire, sont nocives. À noter que les langues, dont je viens d’admettre la très grande utilité, peuvent elles aussi être des vecteurs d’idées contaminant les esprits : « le masculin l’emporte sur le féminin » en est un déplorable exemple.
Certaines sont démontrables, à l’instar du théorème de
Pythagore.
D’autres ne le sont pas, parce qu’elles sont hors du do-
maine de la raison ; elles méritent cependant de remporter notre totale adhésion : « la cruauté est condamnable », par exemple.
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QUI VOUS CONDUIT ?
Quelques-unes sont totalement arbitraires, sans utilité et
sans conséquence : on offre des chrysanthèmes aux morts, ou autres…
Hélas, il y a aussi les injections intracérébrales d’idées arbi-
traires qui sont très nocives. Le spécisme, avec notamment sa frontière ontologique imaginaire entre les humains et les autres animaux, est l’une d’entre elles. La croyance que les protéines n’existent que dans la viande et que les ressources animales sont indispensables à notre nutrition en est une autre. La phallocratie de nos sociétés encore trop patriar-cales en est encore une ; bien qu’heureusement en (insuffi-sant) déclin, dans certains lieux, elle demeure encore bien trop vigoureuse dans le monde.
Le problème est que nous ne prenons guère le temps de vé-
rifier que nous adhérons consciemment à toutes ces idées que nous n’avons jamais conçues, mais qui pourtant condi-tionnent notre comportement à chaque instant, tout autant que si elles étaient les nôtres. On vérifiera et s’efforcera de démontrer tout ce qui est scientifique, mais jamais un ensei-gnant ne demandera à ses élèves de démontrer que, en France et ailleurs, il faut caresser les chiens et les chats, mais manger les lapins. Les plus grands esprits rationnels de notre espèce rêvent de concevoir une nouvelle physique qui remplacerait la nôtre, unifiant les quatre forces fondamen-tales pour mieux expliquer notre univers. Mais, même parmi ces esprits-là, peu s’interrogent sur l’habitude de destiner certaines espèces à nous tenir compagnie et d’autres à être exploitées, torturées et ingérées sans le moindre remords. Le 20