Qui vous conduit
Conclusion..........................................................................................
QUI VOUS CONDUIT ?
Conclusion
Notre conscience de soi ne fonctionne pas à plein temps.
Autrement dit, nous ne sommes pas au volant de nous-mêmes d’une manière éclairée à chaque instant de notre vie, même lorsque nous ne dormons pas. Nous agissons majoritairement en pilote automatique.
Quand notre conscience de soi tente de reprendre le vo-
lant, outre les limites intrinsèques du cerveau humain, de nombreuses idées clandestines, bien cachées dans les tréfonds de notre inconscient, conditionnent nos choix, nos comporte-ments, nos réactions et notre manière de tout concevoir. Nombre de sophismes et biais cognitifs s’agrippent à notre volant. Le troupeau-tropisme place moult barrières et dé-viations sur le vaste réseau routier de nos pensées.
Que reste-t-il de nous ? De ce que nous sommes vraiment ? En fait, étant des animaux sociaux, nous sommes tous un
peu de tous.
Nous sommes tous un peu de tous pour le meilleur et
pour le pire.
Pour le meilleur parce que les autres nous influencent
énormément sur le plan intellectuel. Nombre de leurs idées enrichissent notre esprit. Elles sont le fertile humus de nos propres constructions mentales.
Pour le pire parce que les autres nous influencent énormé-
ment sur le plan intellectuel. Nombre de leurs idées en-
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combrent notre débarras mental. Tant de ces vieux automa-tismes s’emparent de notre volant pour nous conduire sur des voies non choisies en toute conscience.
Pour être soi, seulement soi, il faudrait naître dans une ab-
solue solitude, à l’abri de toutes les influences. La vacuité de notre esprit serait alors vertigineuse ! Il ne contiendrait que quelques embryons de concepts nés de ce que nous re-cueillerions de nos sens. Je ne pense pas que ce serait sou-haitable.
Mais si être seulement soi n’est pas souhaitable, nous pou-
vons aspirer à choisir qui nous voulons être, au moins en partie, en faisant le tri de nos idées clandestines.
Espérer être soi, seulement soi, un soi entièrement inventé
par nous-mêmes serait un manque manifeste d’humilité et un désir impossible à satisfaire. Impossible à satisfaire parce qu’il faudrait, avant même d’être conçu : déjà le décider, puis parvenir à tout mettre en œuvre pour naître seul et isolé de tous.
Le désir d’être un pur soi-même est donc insane. Mais, as-
pirer à modeler, ajuster, régler, configurer son soi, au moins en partie, me semble une ambition tout à fait raisonnable et accessible. Nous pourrons tendre petit à petit vers ce but, à notre rythme, en faisant le tri de nos idées clandestines. Les examiner chacune sous tous les angles afin de déterminer si nous souhaitons : les garder telles quelles, plus ou moins les modifier, ou nous en débarrasser radicalement. C’est là un
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travail gratifiant suffisamment ardu pour occuper toute une vie.
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