À sa merci - 3 (French Edition)
Chapitre 9
B ateau jouet.
Les mots lui avaient échappé avant même qu’elle puisse réfléchir. Le
regarder s’approcher d’un air méchant — terriblement sexy, mais méchant
quand même — avec les lanières de cuir du fouet frappant doucement
contre sa main ? La panique s’était emparée d’elle.
Rafe s’arrêta net et hocha poliment la tête.
— Message reçu.
En voyant l’ombre d’un regret qui passa sur son visage, Courtney sentit
son estomac se nouer. Elle n’avait pas peur qu’il lui fasse vraiment mal. Pas
réellement. Ce n’était qu’une réaction instinctive devant sa propre
impuissance et devant toutes les possibilités qui la terrifiaient. Elle ouvrit la
bouche pour revenir sur ses paroles, pour lui dire qu’elle avait changé
d’avis, mais il était déjà en train de replacer le fouet dans la mallette.
Il remit ses boxers, puis se retourna vers elle, un sourire chaleureux,
patient, sur les lèvres.
— Je vais te détacher maintenant, O.K. ?
Il attendit sa permission avant de s’approcher, et son estomac se retourna
de nouveau.
C’était étrange comment une seconde auparavant, il la dominait
totalement, dictant chacune de leurs actions, et maintenant, après qu’elle ait
émis deux mots idiots, il n’allait même pas la toucher sans son accord
explicite.
Même si ce fait lui donnait l’impression de posséder un pouvoir
incroyable, elle se rendait compte avec étonnement qu’elle préférait la
situation d’avant. Quand il tenait les rênes et qu’elle lui avait fait
suffisamment confiance pour qu’il s’en serve convenablement. Maintenant, elle se sentait incertaine, souhaitant pouvoir modifier la situation, mais ne
sachant comment.
— Ça va ? demanda-t-il.
La bouche de Rafe se trouvait près de son oreille pendant que ses doigts
défaisaient les nœuds et que son haleine chaude provoquait un frisson en
elle.
— Oui, dit-elle en essayant de dissimuler le tremblement dans sa voix
pour qu’il ne sache pas qu’elle était au bord des larmes.
Ça y était. Il allait la détacher et elle allait s’habiller, puis ils partiraient
chacun de leur côté et tout ceci ne deviendrait qu’un souvenir. Quand ses
mains furent déliées et que le morceau de tissu tomba, elle songea qu’elle
ne s’était jamais sentie moins libre. Cette fois, elle ne put s’empêcher de se
mettre à pleurer.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Rafe en remontant le drap sur elle
avant de prendre doucement ses poignets dans ses mains. Je t’ai fait mal ?
Son regard horrifié la fit pleurer encore davantage.
— N-non, hoqueta-t-elle en dégageant ses mains pour couvrir son visage
triste. Je… souhaite seulement ne pas avoir dit « bateau jouet », avoua-t-
elle.
— Vraiment ?
— Ouais, répondit-elle en secouant les épaules sans pouvoir se retenir. Je
ne sais même pas pourquoi j’ai dit ça. La nervosité, je suppose. La peur de
l’inconnu. Je déteste ça parce que j’aime croire que je suis plus coriace que
ça.
— Je pense que tu es passablement coriace, mais je suis d’accord avec toi
sur le fait que c’est épeurant d’essayer une chose pour la première fois, en
particulier quand on se sent si impuissant, dit-il doucement. Mais penses-tu
que peut-être une autre partie de la raison soit que tu aies voulu t’assurer
que ça fonctionnerait ?
Il lui fit signe de se pousser, puis s’assit sur le lit près d’elle.
Elle essuya ses larmes et réfléchit à ses paroles. Était-ce ça ? Avait-elle
inconsciemment eu besoin de mettre le système à l’épreuve ? De le tester
pour être sûre qu’il méritait sa confiance ?
Si c’était le cas, elle se sentait dégueulasse, surtout parce que jusqu’à
présent, il n’avait rien fait pour qu’elle ne lui fasse pas confiance.
— Je suis désolée. Comme tu le sais, j’ai eu quelques… problèmes dans
le passé avec un gars.
Elle s’arrêta net et expira lentement, se demandant à quel point elle
voulait partager cet épisode de sa vie.
Rafe posa doucement une main sur sa hanche et serra.
— Tu n’as pas à en parler si tu ne le veux pas.
Bizarrement, après avoir sondé son âme pendant quelques secondes, elle
prit conscience que ce n’était pas du tout le cas.
— Je le veux, mais c’est difficile parce que c’est embarrassant. J’étais si
sotte et naïve.
— Je ne vais pas te juger, Courtney. Nous faisons tous des erreurs.
— Il s’appelait Wes, commença-t-elle lentement. Il était professeur
adjoint au département d’anatomie de l’université que j’ai fréquentée. J’ai
eu le béguin pour lui presque immédiatement, mais il avait une petite amie
et de toute façon, j’étais trop occupée avec mes travaux scolaires pour
m’engager sérieusement avec un gars. Nous nous sommes rencontrés de
nouveau à un dîner d’anciens étudiants une année après avoir obtenu mon
diplôme et nous nous sommes découvert des atomes crochus.
Le souvenir était bizarre parce qu’elle pouvait encore voir le Wes qu’elle
pensait connaître à travers ses lunettes roses, mais l’image du vrai Wes
apparaissait tout de suite derrière. Le Wes manipulateur. Le Wes sévèrement
réprobateur.
Elle se tortilla jusqu’à ce qu’elle puisse s’asseoir, en se servant de la tête
de lit pour s’appuyer avant de continuer.
— De toute façon, je ne vais pas t’ennuyer avec les détails, mais il était
tout ce que j’aurais pu désirer. Tout ce que j’avais rêvé chez un gars jusqu’à ce que nous emménagions ensemble. C’était comme le jour et la nuit…
— Dr Jekyll et M. Hyde, termina-t-il doucement.
— Exactement. Il a commencé à embêter mes amis et, après un moment,
je n’en avais plus aucun. Aussi dépassé que ça puisse sembler, j’avais un
couvre-feu.
Elle souffla pour écarter une mèche de cheveux de son visage et secoua la
tête, essayant de tout son cœur de lutter contre les vagues d’humiliation qui
la traversaient.
— Une femme mature soumise à un couvre-feu. Nous n’en avions jamais
parlé clairement, alors ça ne semblait pas si mal, mais nous savions tous les
deux que si je n’étais pas revenue à la maison à 21 h, j’allais en payer le
prix fort.
— Est-ce qu’il te frappait ?
La fureur contenue, glaciale, dans la voix de Rafe lui fit presque se sentir
désolée pour les criminels qui avaient affaire à lui chaque jour. Il pouvait
être terrifiant. Mais pas avec elle.
— Non, le rassura-t-elle.
La tension qui s’était emparée de son corps s’atténua quelque peu tandis
qu’il se rapprochait d’elle, sa hanche constituant un poids réconfortant
contre son genou plié.
— Je crois que c’est cette partie qui m’a fait sentir le plus stupide. Peut-
être que s’il m’avait battue, j’aurais eu un meilleur prétexte pour rester si
longtemps.
— Parfois, les cicatrices affectives sont pires que les cicatrices physiques.
Je pense que tu devrais te concentrer sur la force qu’il t’a fallu pour partir.
Ce n’est pas facile quand tu as vécu quelque temps avec quelqu’un et que tu
as investi dans cette personne ta vie et ton temps. Beaucoup de gens ne
partent jamais.
Elle digéra ces douces paroles et les laissa l’envelopper comme une
couverture.
— Si les choses n’avaient pas empiré, qui sait combien de temps je serais
restée ? Mais il est allé trop loin. Je travaillais à l’hôpital depuis environ un
an et il y avait là un médecin avec qui je m’étais liée d’amitié. C’était un
gars super, marié, avec deux beaux enfants. Un jour, il m’a envoyé par
courriel une blague tout à fait innocente et Wes avait commencé à vérifier
ma correspondance. Il est venu à l’hôpital et a fait une terrible scène en
engueulant le gars devant le personnel et les patients.
Ses mains tremblèrent à ce souvenir, mais la poigne ferme sur sa hanche
la calma suffisamment pour qu’elle puisse poursuivre.
— C’est la goutte qui a fait déborder le vase. J’ai emballé mes affaires et
le lendemain, j’étais partie, mais ça a mis fin à ma carrière à l’hôpital. Le
moulin à rumeurs avait démarré. Elles ont creusé entre mon ami médecin et
sa femme un fossé qu’il a fallu des mois à combler, comme je l’ai appris
plus tard. En fin de compte, j’ai dû partir. J’ai décidé que j’avais besoin
d’un nouveau départ, et tu connais le reste.
Il hocha la tête et réussit à lui adresser un petit sourire.
— Tu es venue au Rhode Island et tu as pris d’assaut notre minuscule
État.
— Je ne sais pas à propos de ça, dit-elle en riant.
Peut-être que le fait de parler de son passé ne l’avait pas déchargée de sa
responsabilité dans ce qui s’était passé, mais elle se sentit beaucoup plus
légère après en avoir parlé avec Rafe.
— Eh bien, pour ce que ça vaut, je suis fier de toi pour t’en être sortie.
— Merci.
Le silence qui suivit fut le plus gênant qu’elle ait jamais vécu, mais elle
ne pouvait se résoudre à le briser. L’éléphant était toujours dans la pièce et
elle ne savait pas comment l’approcher. Rafe commença à se lever et son
cœur se serra.
— Ne pars pas.
Elle ne savait peut-être pas exactement comment tout cela allait tourner,
mais elle ne pouvait supporter l’idée de le laisser partir.
— Je veux une deuxième chance, dit-elle.
* * *
Rafe se mit sur pied en essayant de contenir le besoin rageur qu’il éprouvait
de se remettre au lit avec Courtney et d’oublier ces deux mots.
Bateau jouet.
C’était si éloquent qu’elle les ait choisis. Jouet. Une chose avec laquelle
on joue. Une distraction amusante. Bateau. Un moyen de partir. Un véhicule
pour transporter une personne vers l’inconnu. Bateau jouet. Son mot de
passe pour s’extirper de la soumission et elle l’avait prononcé. Maintenant,
en tant que dominateur, il lui revenait d’accepter ça avec grâce et de mettre
fin à la séance, ce qu’il avait fait.
Sauf que maintenant, elle voulait continuer. Serait-ce abuser s’il le lui
permettait ? Techniquement, la séance était terminée et le fait de
recommencer représenterait une nouvelle expérience pour tous deux.
Techniquement.
Il poussa un soupir et la regarda avec tristesse. Elle paraissait si pleine
d’espoir, si vulnérable, qu’il détestait l’idée de la décevoir. Il l’avait
encouragée à s’ouvrir à lui, et maintenant qu’elle avait pris ses paroles au
sérieux, il était sur le point de la laisser tomber.
Quiconque pensait qu’il était facile de jouer le rôle du dominateur avait
complètement tort. Ce rôle comportait une énorme responsabilité et il était
bien décidé à ne pas gâcher ça.
— S’il te plaît, Rafe. Je… le veux. Je te veux. Et je veux essayer.
Ses grands yeux se tournèrent vers la mallette qui reposait sur la table à
l’autre bout de la pièce et Rafe sentit son estomac se nouer. Il lutta
immédiatement contre l’envie de céder. Oublier tout le reste et
recommencer exactement là où ils s’étaient arrêtés.
— Je sais que tu regrettes de t’être servi du mot de passe, mais j’ai besoin
de savoir que tu n’auras pas peur de l’utiliser de nouveau si c’est trop pour
toi. J’en avais un peu marre pendant une seconde, mais seulement parce que
j’avais envie de rester avec toi plus longtemps. Le fait que tu aies prononcé ces paroles ne signifie pas que j’ai moins de considération pour toi ou que
tu m’as déçu. Tout ce que ça veut dire, c’est qu’aujourd’hui, en ce moment,
tu n’es pas prête à supporter ce que nous faisions. Tu comprends ce que je
dis ?
C’était essentiel qu’elle le comprenne.
Elle acquiesça, mais il insista parce qu’il avait besoin de l’entendre dire.
— J’ai besoin que tu me fasses suffisamment confiance pour me dire la
vérité. J’ai besoin de te faire suffisamment confiance pour savoir que tu le
feras. Et tu dois en être sûre immédiatement.
Le fait qu’elle prenne presque une minute entière pour répondre aurait dû
le rendre nerveux, mais il eut exactement l’effet contraire. Il suscita en lui le
plus profond sentiment d’appréciation pour Courtney et sa nature. Son
visage était l’image même de la contemplation et elle inclina finalement la
tête — une fois — et parla d’une voix totalement convaincue.
— J’en suis sûre.
Il ferma les yeux pendant un long moment en essayant de garder son
calme pendant que tous les nerfs de son corps se mettaient en alerte rouge.
Davantage de temps avec Courtney et ça n’allait pas lui coûter une séance.
Il était foutrement plein d’entrain à cette pensée, mais il l’écarta
rapidement. Il venait tout juste de terminer des ébats sexuels torrides.
C’était naturel qu’il se sente plus près d’elle qu’auparavant, au moins
temporairement. Ça n’avait rien à voir avec leur rencontre impromptue à la
fête foraine ou avec leur conversation intime et tout à voir avec la chimie.
Une fois que la dopamine aurait disparu et qu’il allait se retrouver dans son
propre lit, tout redeviendrait comme c’était auparavant.
Puis elle se pencha vers lui et lui embrassa le menton, laissant le drap
tomber jusqu’à ce que son sein frôle son biceps et alors, ses pensées se
désintégrèrent.
— Je suis prête à accepter ma punition, M. Welter, murmura-t-elle.
Son membre durcit en entendant ces paroles et il tenta de toutes ses forces
de réprimer son envie puissante de la presser de nouveau contre le lit, de lui écarter largement les jambes et de la baiser jusqu’à ce qu’elle en perde
connaissance. Ce serait tellement bon.
Mais pas autant que ce le serait s’il s’en tenait à cette séance. S’il gardait
son sang-froid, il pourrait les amener tous les deux au bord de la folie.
Il se redressa et traversa la pièce à grands pas résolus.
— Mets-toi à quatre pattes, Mademoiselle Mack.
Il prit le fouet dans la mallette, puis se retourna vers elle. Elle le fixait, les
yeux écarquillés.
— Comme ça ? demanda-t-elle.
Elle se tourna sur le ventre, se releva sur les mains et les genoux et lui
adressa un regard interrogateur par-dessus son épaule.
Il avala difficilement sa salive à la vue de son cul nu, potelé, rond et prêt.
— Non.
Il avait parlé d’une voix délibérément basse malgré le tourbillon
d’émotions en lui.
— Penche-toi sur les coudes, le front contre le matelas.
Elle abaissa la partie supérieure de son corps comme il l’avait demandé
et, au moment même où il pensait que l’image ne pouvait être plus jolie, la
chose se produisit. Son dos plié était élégant, la courbure de sa colonne, un
véritable rêve. Ses mains mouraient d’envie de la toucher, mais il resta où il
était, prenant de longues respirations régulières.
— Je veux que tu fermes les yeux maintenant.
— O.K., ils sont fermés.
Elle avait dit cela d’une voix tremblante et il résista à l’envie de s’assurer
que c’était d’excitation plutôt que de peur.
Il allait le savoir assez tôt et, comme il le lui avait dit, autant elle devait
lui faire confiance pour qu’il respecte ses limites, autant il devait lui faire
confiance pour qu’elle prononce le mot de passe si elle en avait besoin.
Il traversa la chambre, imprimant dans son esprit cette superbe vision
avant de contourner le lit et de s’aligner près de ses genoux.
— Sais-tu ce qui arrive aux voleurs, Mademoiselle Mack ? demanda-t-il
doucement.
Elle secoua la tête contre le matelas, mais ne dit rien. Apparemment,
Mademoiselle Mack n’était pas aussi audacieuse qu’elle l’avait été plus tôt.
— Normalement, ils vont en prison, n’est-ce pas ? Alors ceci, c’est très
gentil de ma part, tu ne trouves pas ?
Elle hocha la tête et émit un petit son aigu qu’il interpréta comme un oui.
— Compte tenu de ma gentillesse, j’aimerais qu’après chaque coup, tu
me remercies. C’est compris ?
Il y eut cette fois un long moment de silence et il sut qu’elle luttait contre
sa nature entêtée qui exigeait qu’elle argumente. Il faillit sourire en
imaginant les qualificatifs qu’elle lui attribuait probablement en pensée,
mais elle inclina la tête et soudain, tout cela n’était plus drôle.
Il garda un ton dur.
— J’ai besoin d’entendre les mots, Mademoiselle Mack. Est-ce que c’est
clair ?
— Oui, murmura-t-elle.
Le bourdonnement dans ses oreilles se multiplia par 10 et il baissa les
yeux pour s’apercevoir que ses mains tremblaient de désir.
Eh bien, merde.
* * *
Le silence était si complet qu’elle se demanda s’il l’avait même entendue.
Ne voulant pas lui donner un prétexte pour mettre fin à la séance après
s’être laissée aller à prononcer le mot de passe, elle déglutit et répéta plus
fort cette fois :
— O-oui.
Bon sang, ses jambes tremblaient, son cœur battait la chamade et elle
était presque gênée.
Presque.
— Excellent. Et quand nous aurons fini, si tu as été une bonne fille, je
vais te laisser chevaucher ma queue.
Ses paroles crues et la chaleur intense de son ton provoquèrent chez elle
une excitation qui la traversa de part en part pour finir entre ses hanches.
Elle se demanda brièvement si quelqu’un était déjà mort de désir.
Il s’approcha d’elle et posa une main chaude sur ses reins.
— Prête ?
Elle acquiesça, tendant son corps, se préparant au premier coup, mais il
ne vint pas.
— Je veux que tu prennes une profonde respiration et que tu relâches tes
muscles. Essaie d’accueillir la douleur plutôt que de la combattre, O.K. ?
Elle força son corps à se détendre, concentrant plutôt son attention sur sa
grimace d’anticipation. L’horloge dans la chambre était numérique, mais
elle aurait pu jurer qu’elle entendait les secondes s’écouler
interminablement tandis qu’elle attendait la morsure du fouet.
Mais la main à la fois douce et forte sur son dos s’abaissa plutôt pour
caresser la courbe de ses fesses, les palpant et les frottant. L’extrémité des
doigts s’approcha de son anus, puis descendit là où toute la chaleur et la
moiteur de son corps lui donnaient l’impression d’avoir formé une mare.
Elle retint son souffle et se pressa contre sa main, exhortant ces doigts à
descendre encore, à glisser…
Clac.
Courtney se raidit, la douleur provoquée par les lanières de cuir striant ses
fesses. Avant qu’elle puisse s’écarter, la main bougeait de nouveau, massant
la zone douloureuse. Ça pinçait encore, même que sa caresse ferme
intensifiait le mal, mais la sensation de douleur intense se transforma en un
incroyable plaisir.
Elle se poussa de nouveau contre lui, l’exhortant encore à se servir de ses
doigts pour la faire basculer dans la jouissance. Dieu seul savait à quel point
il n’en faudrait pas beaucoup. Au moment où elle s’aperçut qu’elle se
demandait si quiconque avait déjà joui en se faisant frotter les fesses, il
retira sa main.
— Je n’ai pas entendu de merci, Mademoiselle Mack.
Sa voix était basse et régulière, mais chargée de désir, et elle se réjouit du
fait qu’il était aussi affecté qu’elle l’était. Ainsi, il lui était tellement plus
facile de laisser tomber ses dernières inhibitions. De lui remettre les clés et
de le laisser les conduire tous deux au bord de la folie.
— Merci, Monsieur Welter.
Encore, s’il vous plaît, voulut-elle le prier, mais elle savait que ça ne
servirait à rien. Elle demeura parfaitement immobile puis attendit, et sa
patience fut bientôt récompensée.
Le deuxième coup fut plus dur que le premier, mais pas au même endroit.
Elle faillit crier, mais se retint en se mordant la lèvre, attendant que le
terrible pincement se transforme magiquement en quelque chose d’autre.
Effectivement, même alors que ses fesses palpitaient de douleur, une
poussée de chaleur se répandit entre ses jambes légèrement écartées.
— Je peux voir d’ici à quel point tu es mouillée.
Cette fois, il n’y avait rien de calme chez lui. Sa voix était rauque de
désir. Elle ne put résister à l’envie de secouer ses fesses, de les pencher
davantage pour le tenter, l’attirer, le forcer à la toucher à cet endroit.
— Mais tu ne m’as pas remercié encore une fois, Mademoiselle Mack,
gronda-t-il.
Cette fois, il ne la toucha pas avant le coup suivant, et celui-ci était
vraiment fort. Elle ne put retenir son cri quand le cuir frappa sa chair
sensible.
— Merci, murmura-t-elle quand la douleur diminua suffisamment pour
qu’elle puisse reprendre son souffle.
— Bien.
Son éloge lui fit chaud au cœur.
Clac.
Elle essaya de séparer la douleur de l’extase à mesure que les coups
pleuvaient, parfois en une lente succession pendant qu’il la massait entre
deux coups, parfois deux de suite. Des flammes la léchaient de la tête aux pieds et elle pressa son torse contre le matelas, ses mamelons durcis
cherchant à tout prix un contact.
— Déplace-toi vers le pied du lit.
Elle n’hésita pas, se rapprochant jusqu’à ce que ses orteils atteignent le
rebord du matelas. Il contourna le lit pour se placer directement derrière
elle.
Clac.
Elle essaya de rester immobile quand, après qu’elle ait murmuré ses
remerciements, le fouet tomba sur le plancher et qu’il serra fortement ses
fesses douloureuses entre ses mains.
Elle émit un grognement étouffé, voulant à la fois s’écarter et se
rapprocher.
— Tu es renversante. Ton cul si joli, avec mes marques sur toi, roses et
brûlantes, ta chatte gonflée et humide et qui m’attend.
Il serra de nouveau, palpant sa chair en feu, provoquant une autre poussée
de plaisir et de douleur dans tout son corps.
— Tu as tellement bien accepté ta punition, dit-il en grimpant sur le lit
près d’elle et en dirigeant son poignet vers lui. Sors ma queue.
Elle tremblait tellement qu’elle se demanda si elle pourrait y arriver, mais
quand elle aperçut son énorme gland jaillir au-dessus de l’élastique de ses
boxers, elle avait tellement besoin de l’avoir en elle que rien n’aurait pu
l’arrêter.
Elle tira brusquement sur les boxers sans même se soucier de les faire
descendre jusqu’à ses pieds et passa un genou par-dessus ses hanches pour
le chevaucher. S’abaissant, elle prit son érection dans sa main et serra, ado-
rant le gémissement que le geste provoqua chez lui.
— Baise-moi, ordonna-t-il.
Elle s’arracha de la vue de son membre et croisa son regard. Ses yeux
étaient comme des éclats d’onyx brillants, sa mâchoire si tendue qu’il
semblait avoir mal. Elle glissa encore avec l’intention d’y aller lentement,
mais il ne voulut rien savoir. À la seconde où leurs corps se touchèrent, il lui agrippa les hanches et se souleva, poussant profondément son sexe en
elle.
Elle ne pouvait plus respirer, ne pouvait plus penser. Elle essaya de se
retirer. C’était trop intense, trop exaltant, mais il était là à lui murmurer des
mots d’encouragement tandis qu’il pressait de nouveau ses fesses, la faisant
glisser encore davantage sur son membre rigide.
— Bonne fille. Voilà. Prends-le.
Elle tremblait tant elle essayait de demeurer immobile, désirant de tout
son corps le relâchement tout proche tout en ne voulant pas que cette
délicieuse torture prenne fin.
— Ils ne sont pas numérotés, tu sais, murmura-t-il comme s’il lisait ses
pensées.
Il roula des hanches et se pressa contre elle, l’ancrant sur lui avec les
deux mains sur son cul. Le doux chatouillement et la palpitation revinrent
en force et la combinaison des deux avec le fait qu’il soit enfoui
profondément en elle était trop.
Elle remonta, puis se laissa retomber, au point que c’en était presque
douloureux, et son sexe s’étira pour le laisser pénétrer encore davantage.
Tous ses nerfs à vif, elle explosa sur son membre durci. Elle ne pouvait
bouger tellement elle était captive du plaisir qui l’avait envahie, mais il était
là, les mains sur ses hanches, s’en servant pour la faire bouger sur lui
encore et encore, augmentant de plus en plus l’intensité du plaisir.
— Bon sang, oh mon Dieu !
Son hurlement se mêla au cri de Rafe pendant qu’il se convulsait sous
elle, la coinçant contre lui. Son visage était un masque d’extase pendant que
sa queue palpitait follement en elle alors que son propre orgasme semblait
s’étirer sans fin.
Ils demeurèrent ainsi pendant une longue minute jusqu’à ce que leurs
respirations ralentissent et que leurs cœurs se calment. Elle venait tout juste
de prendre conscience qu’elle allait devoir descendre de sur lui et s’éloigner du paradis de son corps quand il la souleva pour la serrer contre lui et qu’il
rit doucement dans ses cheveux.
— Bravo, Mademoiselle Mack.
Son ton était enjoué, mais teinté d’autre chose. De satisfaction. De
bonheur, osait-elle espérer ? Un chaleureux sentiment de fierté l’envahit
complètement quand il glissa une main sur son dos jusqu’à sa nuque avant
de jouer avec ses cheveux.
Si elle avait réussi à le faire sentir à demi aussi bien qu’il l’avait fait se
sentir, alors elle avait réussi. Elle allait apprécier chaque seconde de ça.
Profiter du moment. Absorber toute cette joie. Elle refusait de penser à ce
qu’il adviendrait le lendemain. Refusait d’envisager ce que serait la
situation entre eux après leur dernière séance.
Et elle n’allait même pas se demander comment elle pourrait revenir à la
réalité après le fantasme qu’était Rafe Davenport.
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