À sa merci - 3 (French Edition)

Christine Bell · Chapitre 3 sur 16

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À sa merci - 3 (French Edition)

Chapitre 3

 

L e silence se poursuivit, mais cette fois, il était rempli d’une promesse

aussi claire qu’une chanson.

Elle n’allait pas l’arrêter.

L’exultation l’envahit comme une drogue, troublant ses sens. Puis, il tira

le bout de son sein encore une fois, suffisamment fort pour qu’elle le sente.

Elle se tendit et gémit, et il lui fut impossible de ne rien entendre au-delà du

sang qui battait dans ses oreilles. Elle ne le savait peut-être pas encore, mais

elle était mûre pour ça. Pour quelqu’un — non, pas pour quelqu’un, pensa-

t-il farouchement, pour lui — qui lui enseignerait ce que son corps savait

déjà.

Elle les désirait de toutes ses forces. Le plaisir et la douleur. La possibilité

de s’abandonner entièrement.

Maintenant, s’il pouvait lui donner sa première leçon sans jouir dans son

pantalon, tout irait bien. Il refusait de penser au lendemain.

Il coinça son genou entre les cuisses de Courtney, les écartant assez pour

pouvoir presser sa queue entre ses fesses. Il se plaqua contre elle, lui

laissant sentir son besoin avant de reculer. En un geste délibéré qui le fit

trembler sous l’effort, il se redressa et laissa descendre ses mains le long des

côtes de Courtney jusqu’à ce qu’il atteigne de nouveau ses hanches pleines.

C’était une chose qu’il adorait chez elle. Elle était certainement en forme,

mais ses courbes étaient pulpeuses ; il était impatient d’y poser les mains. Il

fit un pas vers l’arrière et, d’un mouvement vif de ses poignets, il releva sa

robe, présentant ses jolies fesses rondes à son regard assoiffé, séparées

seulement par le string de dentelle couleur pêche blotti entre elles.

Les lumières rouges et bleues du gyrophare tachetaient sa peau ivoire, et

l’urgent besoin de remplacer ces marques avec les siennes le saisit comme un boa constrictor. S’il était chez lui, il se servirait d’une mini peau de

daim… il commencerait lentement. Doucement. Il la laisserait s’habituer au

pincement, puis remonterait tranquillement.

Il glissa les doigts sous la mince bande de sa culotte, de plus en plus bas

jusqu’à ce qu’il atteigne son sexe. Merde, elle était tellement moite. Il

poussa un sourd grognement et elle laissa échapper un sifflement pendant

qu’il la caressait, durement et profondément, à travers le satin humide.

— C’est bon, Court. Vraiment bon. Soulève-toi maintenant jusqu’à ce

que tes pieds quittent le sol.

Ce n’était pas une suggestion. Malgré son compliment, son ton était

autoritaire et, encore une fois, il attendit sa réaction en retenant son souffle,

conscient qu’à tout moment, quelque chose pourrait déclencher chez elle le

désir de tout arrêter.

Elle n’hésita pas, se glissant vers l’avant, sa peau émettant un petit bruit

contre le capot tandis qu’elle lui obéissait. Il écarta les yeux de son superbe

cul parce que s’il ne le faisait pas, il n’était pas certain de pouvoir

s’empêcher de sortir son membre de son pantalon et de plonger en elle

jusqu’à ce que tous deux voient des étoiles.

Il prit plutôt une longue et lente inspiration, puis la regarda. Le cul en

l’air, les lèvres écartées, les paupières closes tandis que ses doigts grattaient

l’argent rutilant du capot pendant qu’il caressait sa chatte brûlante.

— S’il te plaît, murmura-t-elle en agitant maintenant les hanches,

l’exhortant à enfoncer ses doigts encore plus.

Le mouvement fit apparaître la jarretière qu’il avait placée haut sur sa

cuisse, et son ventre se serra.

— J’ai besoin…

Il inséra un long doigt sous le bout de tissu trempé entre ses cuisses et

l’enfonça en elle. Elle se pressa contre lui, mais ce fut la façon dont les

parois de son sexe l’agrippèrent si parfaitement qui amplifia la pression sur

ses couilles et lui donna envie de terminer l’acte. Ce fut exactement ce besoin urgent qui le fit se restreindre et revenir à de petits coups lents,

titillants.

Elle protesta, se tortillant et émettant de petits sons implorants du fond de

sa gorge, mais il ne céda pas. Il ne pouvait pas se faire confiance à propos

des orgasmes de Courtney s’il n’arrivait pas à retenir le sien.

— Rafe, je n’en peux plus.

Elle semblait au bord des larmes et cela lui fit reprendre ses esprits.

— S’il te plaît…

Il ne perdit pas de temps à réfléchir aux comment ou aux pourquoi de tout

ça. Elle avait atteint son point de non-retour. Il était dur, mais il n’était pas

un monstre.

Il referma son poing sur le satané bout de tissu entre eux, puis tira. La

culotte de Courtney se déchira d’un coup et il la fourra dans sa poche avant

de glisser de nouveau ses doigts entre ses jambes, les enduisant de sa douce

moiteur. Se retenant de toutes ses forces, il se concentra sur la réaction du

corps de Courtney à ses caresses, ajustant la pression, massant son clitoris

jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus s’empêcher de bouger à son rythme.

— Je veux que tu jouisses maintenant, Court. Fais-le de tout ton corps.

Bruyamment. Fais-le bien pour moi.

Il plongea un doigt en elle, durement et profondément, le courbant

jusqu’à ce qu’il frotte son point G à chaque mouvement.

— Oh mon Dieu, Rafe, s’il te plaît, bai…

Elle enfonça ses jointures dans sa bouche et balbutia de manière

incohérente tandis qu’il entrait et sortait son doigt, de plus en plus

brusquement et rapidement. Le corps de Courtney tremblait et s’agitait.

— Enlève ta main. Je veux t’entendre.

Il avait parlé clairement, mais elle ne devait pas avoir compris, alors il le

redit, accompagnant ses paroles d’une bonne claque sur les fesses pour

capter son attention.

Le bruit se répercuta à travers les arbres et leur revint en écho. Elle figea,

mais pas avant qu’un frisson la secoue des pieds à la tête. Il attendit un long moment, et sa patience fut récompensée quand elle remonta son cul dans la

position universelle signifiant « S’il vous plaît, monsieur, je peux en avoir

un peu plus ? ».

Même la forêt semblait retenir son souffle tandis qu’il levait haut la main

et la rabattait une seconde fois sur la chair lisse de ses fesses. Ses fluides

trempaient sa main et il enfonça un deuxième doigt pour se joindre au

premier, le plongeant de plus en plus profondément pendant qu’elle émettait

du fond de sa gorge un bruit sourd de mélopée. Puis elle explosa, sa chatte

étroite se resserrant et se relâchant autour de ses doigts pendant qu’elle

criait. Son membre tressauta, se pressant contre son pantalon tant il avait

besoin de se joindre à elle, mais Rafe réussit à se concentrer de nouveau, la

caressant sans arrêt pendant son orgasme, gardant ses caresses régulières

jusqu’à ce qu’elle arrête finalement de ruer.

Le son de leurs respirations rauques atteignit ses oreilles tandis qu’elle se

calmait et il retira sa main de son sexe encore chaud. Il n’avait échafaudé

aucun plan au-delà de ce moment, et son cerveau cessa de fonctionner parce

que tout son sang se dirigeait vers son membre.

Il lui tapota doucement les fesses, puis s’écarta, chaque terminaison

nerveuse dans son corps luttant contre le désir de finir ce qu’il avait

commencé. Le désir de s’enfoncer brutalement en elle jusqu’à ce qu’ils

jouissent tellement qu’il en soit étourdi.

Elle bougea, lentement d’abord, puis avec une intention claire, puis glissa

lentement vers lui jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol, le regard encore

vitreux tandis qu’elle tombait presque à genoux.

Même s’il n’aurait voulu rien de plus au monde que de la laisser le

prendre dans sa bouche immédiatement, il lutta de toutes ses forces contre

son instinct afin de l’arrêter. Mais s’ils allaient plus loin, ce serait parce

qu’elle n’aurait pas eu le temps et la conscience d’y réfléchir et non parce

qu’elle avait encore l’esprit embrouillé par la chimie indubitablement

époustouflante entre eux.

— Non.

Elle le regarda en clignant des yeux, semblant retrouver sa raison, et ses

joues s’empourprèrent.

— Je veux…

Il la remit sur pied, se demandant jusqu’à quel point il devait parler. Il

n’eut pas besoin de s’en préoccuper parce qu’un son aigu lui parvint de

l’intérieur de la voiture, lui épargnant ce problème dans l’immédiat.

— C’est…

Elle s’éclaircit la gorge et essaya de nouveau, replaçant sa robe d’une

main légère.

— C’est mon téléphone.

Elle le frôla sans croiser son regard et ouvrit d’un geste brusque la

portière du côté passager.

Une seconde plus tard, elle répondait à l’appel avec un « Allô » strident.

Il ajusta son pantalon, même ce geste utilitaire ajoutant à sa douleur,

pendant qu’elle répondait à la personne à l’autre bout de la ligne.

— Merci beaucoup, je vais surveiller votre arrivée.

Sa reconnaissance était si enthousiaste, son langage corporel, si rigide et

distant que ce ne fut pas nécessaire qu’elle lui dise que son ange gardien

dépanneur était en route et qu’elle pouvait à peine attendre d’être sauvée du

gros méchant loup maintenant qu’elle avait repris ses esprits. Le sentiment

de déception qui l’envahit le frappa plus durement qu’il ne l’aurait voulu.

Elle raccrocha et se carra les épaules avant de lui faire face.

— Eh bien, ça tombait à point, je suppose.

Il lui avait fallu une seconde pour exprimer ces paroles malgré sa gorge

serrée et, quand il le fit, elles sortirent d’une manière moins désinvolte qu’il

l’avait espéré. En fait, il avait parlé comme s’il avait avalé un cactus.

Heureusement ou non, selon la façon dont il choisissait de voir les

choses, elle était trop prise dans son propre regret et son désir de se

débarrasser de lui pour le remarquer.

— Si c’était arrivé une minute plus tôt, ç’aurait été une honte.

Tout de même, il était encore passablement fâché d’avoir dû briser une

promesse. Il lui avait dit qu’il la ferait jouir, puis la ferait jouir encore. Elle

n’était pas sa femme, mais si elle l’avait été, elle n’aurait pas répondu à cet

appel jusqu’à ce qu’il réalise sa promesse.

Elle détourna la tête, lui présentant son profil dans le clair de lune. Ses

lèvres étaient enflées, probablement du fait de les avoir mordues ou peut-

être parce qu’elle avait appliqué si fortement ses jointures sur la tendre

chair contre ses dents. Dans un cas comme dans l’autre, il ne pouvait s’en

attribuer le mérite peu importe à quel point il l’aurait voulu. Ils ne s’étaient

même jamais embrassés, un fait qui l’agaçait maintenant tandis qu’il

l’observait.

Il se trouva tout à coup distrait de ses pensées par ses boucles échevelées

et sa poitrine haletante. Par le besoin douloureux de la mettre à genoux dans

l’herbe et de baiser cette jolie bouche jusqu’à ce qu’il explose au fond de sa

gorge et qu’elle aspire le tout jusqu’à la fin. Son membre palpita, et il sentit

une larme épaisse, salée, s’échapper de son prépuce gonflé quand il fit

glisser son index encore humide sur la lèvre inférieure de Courtney.

— C’était merveilleux, fit-il en pointant un doigt vers le capot de la

voiture. J’ignore pourquoi tu as décidé de te passer d’un homme pendant si

longtemps et je ne vais pas te le demander, mais sache ceci : nous pourrions

bien nous amuser ensemble.

Il fit un pas vers l’avant et elle recula d’un pas, le retenant en posant sur

sa poitrine une main qui aurait été beaucoup plus convaincante si elle

n’avait pas caressé son muscle pectoral pendant un instant avant de

s’immobiliser.

— Je ne suis pas bien en ce moment, avoua-t-elle doucement. Je ne sais

même plus qui je suis. Je me sens perdue. Je ne peux pas entreprendre une

nouvelle relation avant d’avoir compris ce qui a mal tourné pendant la

dernière.

Il savait ce que c’était que d’être perdu. Il se sentait ainsi depuis le jour

où Monica était morte. La seule différence entre lui et Courtney était qu’elle voulait un jour qu’on la retrouve. Pas lui. Il avait été amoureux auparavant

et il était certain d’une chose : que ça avait été la première et la dernière

fois. Rien n’était assez précieux pour subir encore une fois ce genre de

douleur.

Il écarta l’amère tristesse qui lui venait toujours quand il songeait à son

passé et il se concentra sur le présent.

— Je n’entretiens pas de relation non plus, mais ça ne signifie pas que je

vais vivre comme un moine.

Elle secoua lentement la tête.

— Tu ne te sens pas mal de faire ça aux femmes avec qui tu vas ?

— Mal à propos de quoi ? Un échange mutuellement agréable ? Mes

règles sont établies de manière à être claires pour toutes ces femmes. Je

restreins ça à quatre scènes, maximum, en soulignant avant même de

commencer qu’il n’y en aura jamais davantage. Nous sommes tous des

adultes. Je ne vois là aucune victime.

La curiosité sembla la tirer de sa mélancolie et elle cligna des yeux en le

regardant.

— Pourquoi quatre scènes ?

— S’il y en a plus que ça, la situation a tendance à devenir… lourde, peu

importe à quel point les attentes ont été clairement exprimées.

Il lui avait fallu quelques essais et quelques pneus crevés pour trouver la

formule exacte, mais depuis lors, ses partenaires avaient été satisfaites, et

lui aussi.

Mais en ce moment, il était loin d’être satisfait. Pour une raison qu’il ne

pouvait s’expliquer, il avait besoin de savoir qu’il pourrait caresser cette

femme encore davantage qu’il avait besoin de respirer.

— Je crois que nous pouvons nous aider l’un l’autre, Courtney. Tu peux

m’aider à te sortir de ma tête et je peux t’aider à te redonner confiance en

toi, t’enseigner à faire de nouveau confiance, au sens le plus pur du terme.

C’est là la beauté d’un échange de pouvoir. Ça repose entièrement sur une

confiance réciproque.

Il pouvait la voir hésiter, absorber ses paroles et s’en imprégner.

— Un contrat. Quatre scènes. Seulement du sexe.

— Ça semble tellement clinique, murmura-t-elle, mais elle ne dit pas non.

— Crois-moi, ce sera tout sauf ça. Tu veux de nouveau te faire confiance

? Commence tout de suite. Écoute ton instinct. Je te mets au défi.

Il se demanda si elle était amie avec Cat et Lacey depuis assez longtemps

pour qu’elle comprenne le caractère grave de ces cinq mots, mais le souffle

qu’elle retint répondit à sa question. Ses amis prenaient les défis très au

sérieux et, apparemment, elle aussi.

— Quatre scènes, insista-t-il. Toi et moi.

Elle ouvrit la bouche pour parler, mais il l’arrêta d’un geste.

— Ne décide pas maintenant. Penses-y. La prochaine fois que je te verrai,

je m’attendrai à obtenir une réponse. Mais sache ceci : si tu refuses, je ne

vais plus te le demander.

Le son d’un moteur se fit entendre et des lumières clignotèrent au loin. La

remorqueuse avait fait vite. Trop vite. Il pouvait la sentir s’éloigner de lui

déjà.

Ses yeux noisette maintenant concentrés étaient aussi implorants que son

ton, et elle s’écarta de lui.

— Tu dois partir maintenant, fit-elle d’une voix étouffée. C’était une

erreur. Cette fille, ce n’est pas moi.

Il retourna à sa voiture, les dernières paroles de Courtney s’enfonçant

dans son esprit comme un brouillard épais. Ce serait une foutue honte si

elles étaient vraies. Parce que cette fille ?

Il traverserait l’enfer pour qu’elle se retrouve dans son lit.

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