À sa merci - 3 (French Edition)
Chapitre 3
L e silence se poursuivit, mais cette fois, il était rempli d’une promesse
aussi claire qu’une chanson.
Elle n’allait pas l’arrêter.
L’exultation l’envahit comme une drogue, troublant ses sens. Puis, il tira
le bout de son sein encore une fois, suffisamment fort pour qu’elle le sente.
Elle se tendit et gémit, et il lui fut impossible de ne rien entendre au-delà du
sang qui battait dans ses oreilles. Elle ne le savait peut-être pas encore, mais
elle était mûre pour ça. Pour quelqu’un — non, pas pour quelqu’un, pensa-
t-il farouchement, pour lui — qui lui enseignerait ce que son corps savait
déjà.
Elle les désirait de toutes ses forces. Le plaisir et la douleur. La possibilité
de s’abandonner entièrement.
Maintenant, s’il pouvait lui donner sa première leçon sans jouir dans son
pantalon, tout irait bien. Il refusait de penser au lendemain.
Il coinça son genou entre les cuisses de Courtney, les écartant assez pour
pouvoir presser sa queue entre ses fesses. Il se plaqua contre elle, lui
laissant sentir son besoin avant de reculer. En un geste délibéré qui le fit
trembler sous l’effort, il se redressa et laissa descendre ses mains le long des
côtes de Courtney jusqu’à ce qu’il atteigne de nouveau ses hanches pleines.
C’était une chose qu’il adorait chez elle. Elle était certainement en forme,
mais ses courbes étaient pulpeuses ; il était impatient d’y poser les mains. Il
fit un pas vers l’arrière et, d’un mouvement vif de ses poignets, il releva sa
robe, présentant ses jolies fesses rondes à son regard assoiffé, séparées
seulement par le string de dentelle couleur pêche blotti entre elles.
Les lumières rouges et bleues du gyrophare tachetaient sa peau ivoire, et
l’urgent besoin de remplacer ces marques avec les siennes le saisit comme un boa constrictor. S’il était chez lui, il se servirait d’une mini peau de
daim… il commencerait lentement. Doucement. Il la laisserait s’habituer au
pincement, puis remonterait tranquillement.
Il glissa les doigts sous la mince bande de sa culotte, de plus en plus bas
jusqu’à ce qu’il atteigne son sexe. Merde, elle était tellement moite. Il
poussa un sourd grognement et elle laissa échapper un sifflement pendant
qu’il la caressait, durement et profondément, à travers le satin humide.
— C’est bon, Court. Vraiment bon. Soulève-toi maintenant jusqu’à ce
que tes pieds quittent le sol.
Ce n’était pas une suggestion. Malgré son compliment, son ton était
autoritaire et, encore une fois, il attendit sa réaction en retenant son souffle,
conscient qu’à tout moment, quelque chose pourrait déclencher chez elle le
désir de tout arrêter.
Elle n’hésita pas, se glissant vers l’avant, sa peau émettant un petit bruit
contre le capot tandis qu’elle lui obéissait. Il écarta les yeux de son superbe
cul parce que s’il ne le faisait pas, il n’était pas certain de pouvoir
s’empêcher de sortir son membre de son pantalon et de plonger en elle
jusqu’à ce que tous deux voient des étoiles.
Il prit plutôt une longue et lente inspiration, puis la regarda. Le cul en
l’air, les lèvres écartées, les paupières closes tandis que ses doigts grattaient
l’argent rutilant du capot pendant qu’il caressait sa chatte brûlante.
— S’il te plaît, murmura-t-elle en agitant maintenant les hanches,
l’exhortant à enfoncer ses doigts encore plus.
Le mouvement fit apparaître la jarretière qu’il avait placée haut sur sa
cuisse, et son ventre se serra.
— J’ai besoin…
Il inséra un long doigt sous le bout de tissu trempé entre ses cuisses et
l’enfonça en elle. Elle se pressa contre lui, mais ce fut la façon dont les
parois de son sexe l’agrippèrent si parfaitement qui amplifia la pression sur
ses couilles et lui donna envie de terminer l’acte. Ce fut exactement ce besoin urgent qui le fit se restreindre et revenir à de petits coups lents,
titillants.
Elle protesta, se tortillant et émettant de petits sons implorants du fond de
sa gorge, mais il ne céda pas. Il ne pouvait pas se faire confiance à propos
des orgasmes de Courtney s’il n’arrivait pas à retenir le sien.
— Rafe, je n’en peux plus.
Elle semblait au bord des larmes et cela lui fit reprendre ses esprits.
— S’il te plaît…
Il ne perdit pas de temps à réfléchir aux comment ou aux pourquoi de tout
ça. Elle avait atteint son point de non-retour. Il était dur, mais il n’était pas
un monstre.
Il referma son poing sur le satané bout de tissu entre eux, puis tira. La
culotte de Courtney se déchira d’un coup et il la fourra dans sa poche avant
de glisser de nouveau ses doigts entre ses jambes, les enduisant de sa douce
moiteur. Se retenant de toutes ses forces, il se concentra sur la réaction du
corps de Courtney à ses caresses, ajustant la pression, massant son clitoris
jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus s’empêcher de bouger à son rythme.
— Je veux que tu jouisses maintenant, Court. Fais-le de tout ton corps.
Bruyamment. Fais-le bien pour moi.
Il plongea un doigt en elle, durement et profondément, le courbant
jusqu’à ce qu’il frotte son point G à chaque mouvement.
— Oh mon Dieu, Rafe, s’il te plaît, bai…
Elle enfonça ses jointures dans sa bouche et balbutia de manière
incohérente tandis qu’il entrait et sortait son doigt, de plus en plus
brusquement et rapidement. Le corps de Courtney tremblait et s’agitait.
— Enlève ta main. Je veux t’entendre.
Il avait parlé clairement, mais elle ne devait pas avoir compris, alors il le
redit, accompagnant ses paroles d’une bonne claque sur les fesses pour
capter son attention.
Le bruit se répercuta à travers les arbres et leur revint en écho. Elle figea,
mais pas avant qu’un frisson la secoue des pieds à la tête. Il attendit un long moment, et sa patience fut récompensée quand elle remonta son cul dans la
position universelle signifiant « S’il vous plaît, monsieur, je peux en avoir
un peu plus ? ».
Même la forêt semblait retenir son souffle tandis qu’il levait haut la main
et la rabattait une seconde fois sur la chair lisse de ses fesses. Ses fluides
trempaient sa main et il enfonça un deuxième doigt pour se joindre au
premier, le plongeant de plus en plus profondément pendant qu’elle émettait
du fond de sa gorge un bruit sourd de mélopée. Puis elle explosa, sa chatte
étroite se resserrant et se relâchant autour de ses doigts pendant qu’elle
criait. Son membre tressauta, se pressant contre son pantalon tant il avait
besoin de se joindre à elle, mais Rafe réussit à se concentrer de nouveau, la
caressant sans arrêt pendant son orgasme, gardant ses caresses régulières
jusqu’à ce qu’elle arrête finalement de ruer.
Le son de leurs respirations rauques atteignit ses oreilles tandis qu’elle se
calmait et il retira sa main de son sexe encore chaud. Il n’avait échafaudé
aucun plan au-delà de ce moment, et son cerveau cessa de fonctionner parce
que tout son sang se dirigeait vers son membre.
Il lui tapota doucement les fesses, puis s’écarta, chaque terminaison
nerveuse dans son corps luttant contre le désir de finir ce qu’il avait
commencé. Le désir de s’enfoncer brutalement en elle jusqu’à ce qu’ils
jouissent tellement qu’il en soit étourdi.
Elle bougea, lentement d’abord, puis avec une intention claire, puis glissa
lentement vers lui jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol, le regard encore
vitreux tandis qu’elle tombait presque à genoux.
Même s’il n’aurait voulu rien de plus au monde que de la laisser le
prendre dans sa bouche immédiatement, il lutta de toutes ses forces contre
son instinct afin de l’arrêter. Mais s’ils allaient plus loin, ce serait parce
qu’elle n’aurait pas eu le temps et la conscience d’y réfléchir et non parce
qu’elle avait encore l’esprit embrouillé par la chimie indubitablement
époustouflante entre eux.
— Non.
Elle le regarda en clignant des yeux, semblant retrouver sa raison, et ses
joues s’empourprèrent.
— Je veux…
Il la remit sur pied, se demandant jusqu’à quel point il devait parler. Il
n’eut pas besoin de s’en préoccuper parce qu’un son aigu lui parvint de
l’intérieur de la voiture, lui épargnant ce problème dans l’immédiat.
— C’est…
Elle s’éclaircit la gorge et essaya de nouveau, replaçant sa robe d’une
main légère.
— C’est mon téléphone.
Elle le frôla sans croiser son regard et ouvrit d’un geste brusque la
portière du côté passager.
Une seconde plus tard, elle répondait à l’appel avec un « Allô » strident.
Il ajusta son pantalon, même ce geste utilitaire ajoutant à sa douleur,
pendant qu’elle répondait à la personne à l’autre bout de la ligne.
— Merci beaucoup, je vais surveiller votre arrivée.
Sa reconnaissance était si enthousiaste, son langage corporel, si rigide et
distant que ce ne fut pas nécessaire qu’elle lui dise que son ange gardien
dépanneur était en route et qu’elle pouvait à peine attendre d’être sauvée du
gros méchant loup maintenant qu’elle avait repris ses esprits. Le sentiment
de déception qui l’envahit le frappa plus durement qu’il ne l’aurait voulu.
Elle raccrocha et se carra les épaules avant de lui faire face.
— Eh bien, ça tombait à point, je suppose.
Il lui avait fallu une seconde pour exprimer ces paroles malgré sa gorge
serrée et, quand il le fit, elles sortirent d’une manière moins désinvolte qu’il
l’avait espéré. En fait, il avait parlé comme s’il avait avalé un cactus.
Heureusement ou non, selon la façon dont il choisissait de voir les
choses, elle était trop prise dans son propre regret et son désir de se
débarrasser de lui pour le remarquer.
— Si c’était arrivé une minute plus tôt, ç’aurait été une honte.
Tout de même, il était encore passablement fâché d’avoir dû briser une
promesse. Il lui avait dit qu’il la ferait jouir, puis la ferait jouir encore. Elle
n’était pas sa femme, mais si elle l’avait été, elle n’aurait pas répondu à cet
appel jusqu’à ce qu’il réalise sa promesse.
Elle détourna la tête, lui présentant son profil dans le clair de lune. Ses
lèvres étaient enflées, probablement du fait de les avoir mordues ou peut-
être parce qu’elle avait appliqué si fortement ses jointures sur la tendre
chair contre ses dents. Dans un cas comme dans l’autre, il ne pouvait s’en
attribuer le mérite peu importe à quel point il l’aurait voulu. Ils ne s’étaient
même jamais embrassés, un fait qui l’agaçait maintenant tandis qu’il
l’observait.
Il se trouva tout à coup distrait de ses pensées par ses boucles échevelées
et sa poitrine haletante. Par le besoin douloureux de la mettre à genoux dans
l’herbe et de baiser cette jolie bouche jusqu’à ce qu’il explose au fond de sa
gorge et qu’elle aspire le tout jusqu’à la fin. Son membre palpita, et il sentit
une larme épaisse, salée, s’échapper de son prépuce gonflé quand il fit
glisser son index encore humide sur la lèvre inférieure de Courtney.
— C’était merveilleux, fit-il en pointant un doigt vers le capot de la
voiture. J’ignore pourquoi tu as décidé de te passer d’un homme pendant si
longtemps et je ne vais pas te le demander, mais sache ceci : nous pourrions
bien nous amuser ensemble.
Il fit un pas vers l’avant et elle recula d’un pas, le retenant en posant sur
sa poitrine une main qui aurait été beaucoup plus convaincante si elle
n’avait pas caressé son muscle pectoral pendant un instant avant de
s’immobiliser.
— Je ne suis pas bien en ce moment, avoua-t-elle doucement. Je ne sais
même plus qui je suis. Je me sens perdue. Je ne peux pas entreprendre une
nouvelle relation avant d’avoir compris ce qui a mal tourné pendant la
dernière.
Il savait ce que c’était que d’être perdu. Il se sentait ainsi depuis le jour
où Monica était morte. La seule différence entre lui et Courtney était qu’elle voulait un jour qu’on la retrouve. Pas lui. Il avait été amoureux auparavant
et il était certain d’une chose : que ça avait été la première et la dernière
fois. Rien n’était assez précieux pour subir encore une fois ce genre de
douleur.
Il écarta l’amère tristesse qui lui venait toujours quand il songeait à son
passé et il se concentra sur le présent.
— Je n’entretiens pas de relation non plus, mais ça ne signifie pas que je
vais vivre comme un moine.
Elle secoua lentement la tête.
— Tu ne te sens pas mal de faire ça aux femmes avec qui tu vas ?
— Mal à propos de quoi ? Un échange mutuellement agréable ? Mes
règles sont établies de manière à être claires pour toutes ces femmes. Je
restreins ça à quatre scènes, maximum, en soulignant avant même de
commencer qu’il n’y en aura jamais davantage. Nous sommes tous des
adultes. Je ne vois là aucune victime.
La curiosité sembla la tirer de sa mélancolie et elle cligna des yeux en le
regardant.
— Pourquoi quatre scènes ?
— S’il y en a plus que ça, la situation a tendance à devenir… lourde, peu
importe à quel point les attentes ont été clairement exprimées.
Il lui avait fallu quelques essais et quelques pneus crevés pour trouver la
formule exacte, mais depuis lors, ses partenaires avaient été satisfaites, et
lui aussi.
Mais en ce moment, il était loin d’être satisfait. Pour une raison qu’il ne
pouvait s’expliquer, il avait besoin de savoir qu’il pourrait caresser cette
femme encore davantage qu’il avait besoin de respirer.
— Je crois que nous pouvons nous aider l’un l’autre, Courtney. Tu peux
m’aider à te sortir de ma tête et je peux t’aider à te redonner confiance en
toi, t’enseigner à faire de nouveau confiance, au sens le plus pur du terme.
C’est là la beauté d’un échange de pouvoir. Ça repose entièrement sur une
confiance réciproque.
Il pouvait la voir hésiter, absorber ses paroles et s’en imprégner.
— Un contrat. Quatre scènes. Seulement du sexe.
— Ça semble tellement clinique, murmura-t-elle, mais elle ne dit pas non.
— Crois-moi, ce sera tout sauf ça. Tu veux de nouveau te faire confiance
? Commence tout de suite. Écoute ton instinct. Je te mets au défi.
Il se demanda si elle était amie avec Cat et Lacey depuis assez longtemps
pour qu’elle comprenne le caractère grave de ces cinq mots, mais le souffle
qu’elle retint répondit à sa question. Ses amis prenaient les défis très au
sérieux et, apparemment, elle aussi.
— Quatre scènes, insista-t-il. Toi et moi.
Elle ouvrit la bouche pour parler, mais il l’arrêta d’un geste.
— Ne décide pas maintenant. Penses-y. La prochaine fois que je te verrai,
je m’attendrai à obtenir une réponse. Mais sache ceci : si tu refuses, je ne
vais plus te le demander.
Le son d’un moteur se fit entendre et des lumières clignotèrent au loin. La
remorqueuse avait fait vite. Trop vite. Il pouvait la sentir s’éloigner de lui
déjà.
Ses yeux noisette maintenant concentrés étaient aussi implorants que son
ton, et elle s’écarta de lui.
— Tu dois partir maintenant, fit-elle d’une voix étouffée. C’était une
erreur. Cette fille, ce n’est pas moi.
Il retourna à sa voiture, les dernières paroles de Courtney s’enfonçant
dans son esprit comme un brouillard épais. Ce serait une foutue honte si
elles étaient vraies. Parce que cette fille ?
Il traverserait l’enfer pour qu’elle se retrouve dans son lit.
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