À sa merci - 3 (French Edition)
Chapitre 8
S es paumes se couvrirent de sueur et les poils se dressèrent sur ses bras.
L’obscurité était terriblement agaçante et elle leva instinctivement une main
pour arracher le bandeau, mais Rafe referma immédiatement la sienne sur
son poignet et l’éloigna.
— Garde-le.
Sa voix autoritaire l’immobilisa momentanément, mais elle ne pouvait le
garder. Il pouvait lui faire n’importe quoi, dans cette position. Elle était
complètement vulnérable, comme un poisson le ventre en l’air et prêt à se
faire vider les entrailles.
Au moment même où elle était sur le point de paniquer totalement, les
doigts se serrèrent dans ses cheveux et tirèrent une fois. Puis encore. Pas
assez fort pour faire mal. Juste assez pour qu’elle le sente. Pour une
quelconque raison, c’était suffisant. Ce contact la recentra, lui donna un
centre d’intérêt auquel elle puisse se raccrocher dans cette folle randonnée
tourbillonnante.
— Garde-le, lui ordonna-t-il de nouveau.
Elle se concentra sur la sensation de ses doigts puissants recouvrant les
siens. La poigne de sa main dans ses cheveux, le son de sa respira-tion
haletante, et elle sut avec une certitude absolue qu’il était en ce moment
tout aussi vulnérable qu’elle. Deux mots, et elle pouvait faire s’effondrer
tout ce scénario. Deux mots et ce serait fini.
Deux mots qu’elle n’avait aucune intention d’émettre.
Elle se défit de son étreinte et laissa retomber sa main, espérant que
l’euphorie qu’elle éprouvait ne ferait pas trembler sa voix.
— O.K., alors, M. Welter. Vous gagnez. Si vous prenez votre pied en
couchant avec une femme non consentante qui n’a absolument aucun intérêt pour vous, alors allez-y.
Apparemment, Mary Mack avait acquis un accent britannique en cours de
route, mais Courtney accepta d’emblée le fait.
— Je ne vais pas vous arrêter, termina-t-elle.
Tous ses nerfs étaient à fleur de peau, attendant son prochain geste. Il
lâcha ses cheveux et un long moment s’écoula en silence. Qu’est-ce qu’il
était donc en train de faire ? Elle pencha la tête, essayant d’entendre tout
indice de mouvement, mais il n’y avait rien. Aucun son, aucune nouvelle
odeur, même si son absence de vision semblait augmenter ses autres sens.
C’était comme si elle était complètement seule.
Après un moment, elle trouva le courage de l’appeler par son nom, mais
n’obtint pas de réponse.
Était-ce sa punition pour avoir posé des questions ? Il l’avait laissée ici ?
Seule ? Sûrement pas…
Une trentaine de secondes s’écoulèrent encore sans qu’elle n’entende ni
ne sente rien d’autre que sa propre respiration erratique pour lui rappeler
qu’elle n’était pas sourde en même temps qu’aveugle. Puis, en un instant,
tout changea. L’odeur capiteuse de son eau de Cologne lui remplit les
narines, la chaleur qui émanait de son corps irradia contre sa peau, lui
donnant la chair de poule.
Il était tout près.
Assez près pour le toucher, et elle serra les poings afin de résister à
l’envie de tendre un bras vers lui. Elle était sa prisonnière et non sa petite
amie. Elle ne se permit pas de se souvenir à quel point elle avait adoré ça
aussi.
Un doigt glissa le long de ses lèvres et elle ouvrit instinctivement la
bouche pour le faire entrer, le goûter, mais il disparut l’instant d’après.
L’air frais envahit sa poitrine tandis qu’il ouvrait le trench-coat, un
bouton à la fois. Il le fit glisser lentement, l’exposant à son regard. Son
cœur s’accéléra et elle retint son souffle. Il la regardait, à demi nue
maintenant, et le fait de ne pas voir son visage la rendait folle. Ses mamelons se durcirent tandis que Rafe laissait échapper un soupir
d’appréciation, son souffle mentholé caressant son visage.
— Très jolie, Mademoiselle Mack.
Elle souhaita qu’il la touche, espérant qu’il exerce encore sa magie quand
il semblait lire ses pensées. Ses espoirs s’évanouirent quand elle le sentit
s’éloigner avec la chaleur de son corps et son odeur qui donnait l’eau à la
bouche.
Ensuite vinrent les talons hauts. Il détacha les minces lanières sur ses
chevilles avec une exquise lenteur qui lui rappela l’épisode de la jarretière
et elle frissonna. Si cette soirée se terminait ne serait-ce que d’une manière
à demi aussi spectaculaire que l’autre, elle pourrait mourir heureuse.
— Lève-toi, grogna-t-il d’une voix épaisse et rocailleuse.
L’ordre concis n’aurait pas dû envoyer une poussée de chaleur humide
dans son sexe, mais c’est ce qu’il produisit. Elle obéit immédiatement, se
servant du lit pour se guider, puis se mit sur pied.
Le souffle chaud de Rafe agita ses cheveux pendant qu’il empoignait la
bande de cuir qui entourait ses hanches. Il descendit la culotte jusqu’à ses
chevilles, lui tapotant légèrement les fesses pour lui signaler d’en sortir.
Elle demeura debout ainsi pendant un long moment. Immobile, le dos
droit, les seins projetés vers l’avant, espérant malgré tout que son corps lui
plaisait.
— Je crois que nous avons un problème, Mademoiselle Mack.
Elle éprouva un sentiment de panique et toutes les défenses qu’elle avait
laissé tomber se remirent immédiatement en place. Elle croisa les bras sur
sa poitrine et recula d’un pas. Les mains de Rafe se refermèrent sur ses
épaules, arrêtant son mouvement de recul.
— Ne te cache jamais à mes yeux. Tu es trop belle pour te cacher,
murmura-t-il avant que sa voix ne retrouve la force et le ton tranchant de
M. Welter. Le problème, c’est qu’à la façon dont je vois les choses, tu
devrais être nue en ce moment, n’est-ce pas ?
Elle put à peine penser tellement elle se sentait soulagée. Il semblait
vraiment aimer son corps, alors quoi ?
Elle était nue, sauf… elle retint son souffle en prenant conscience de son
erreur. Elle avait été si pressée d’arriver à temps qu’elle avait enfilé par
habitude une petite culotte sans réfléchir. Qui pouvait le lui reprocher ? Le
cuir et les vagins n’étaient pas faits pour cohabiter sans un tissu quelconque
entre eux. Sûrement qu’il y avait une règle quelque part ?
— Je t’ai posé une question, Mademoiselle Mack.
Elle essaya de trouver une explication qui puisse suffire, mais ne réussit
qu’à murmurer :
— Oui.
— Nous sommes sûrement d’accord sur le fait que tu mérites une
punition pour ça.
Il avait parlé d’une voix douce, mais son ton profond, autoritaire,
semblait encore vibrer à travers elle. Ce n’était pas une question, alors elle
ne se crut pas obligée de répondre, ce qui était bien. Elle ne savait trop si
elle était d’accord ou non.
Sa raison lui disait que si elle avait à voter, elle écarterait la punition,
mais son corps n’en était pas si sûr. Sa peau lui paraissait trop tendue,
comme si elle attendait quelque chose de renversant.
— Pose tes mains sur mes épaules, fit-il d’une voix dure.
Elle s’exécuta, se réjouissant de leur largeur et de leur puissance sous le
coton rugueux de sa chemise. Bon Dieu, elle avait oublié qu’il était encore
complètement habillé. Cette pensée aurait dû la déranger, mais ajouta plutôt
au fantasme. Elle était complètement à sa merci.
Elle agrippa ses épaules plus fortement tandis qu’il s’abaissait.
S’agenouillait ?
— Remets les souliers.
Ah, il aimait les souliers, alors. Un petit renseignement qu’elle allait peut-
être ranger dans quelque recoin de son esprit pour utilisation future. Une
excitation secrète la traversa et elle lui obéit docilement, attendant patiemment qu’il rattache les lanières. Quand il eut terminé, Rafe laissa
courir ses doigts sur ses mollets en une lente caresse qui lui fit enfoncer les
siens dans ses épaules.
Ils grimpèrent le long de ses cuisses, puis jouèrent avec le mince rebord
de sa culotte. Il fit un geste brusque et elle se déchira dans sa main en
émettant un bruit sec. Courtney retint son souffle. À ce rythme, il n’allait
plus lui en rester pour respirer.
— Dernière. Fois, gronda-t-il en se remettant sur pied. Quand tu es avec
moi comme ça, je veux que ta chatte soit nue et prête à se faire enfiler.
Elle déglutit et acquiesça de la tête.
— Maintenant, tu t’assois et tu t’appuies contre la colonne de lit.
Elle s’abaissa sur le matelas et glissa jusqu’à ce qu’elle sente les barres
froides de la tête de lit en fer.
— Donne-moi tes poignets.
Sa voix était rugueuse, comme s’il souffrait, et elle aurait voulu retirer le
bandeau de ses yeux… lire ses pensées, mais elle se retint. Le cœur battant,
elle fit plutôt ce qu’il exigeait, attendant, anticipant la sensation du métal
froid des menottes, mais rien ne se passa.
Il croisa ses poignets et les remonta haut au-dessus de sa tête, les
attachant avec ce qui ne pouvait être que la dentelle noire déchirée de sa
culotte fautive, et les lia à la barre de métal. Puis il disparut encore. Pendant
un autre long moment, il n’y eut que le silence, encore plus assourdissant
que la dernière fois, et la tête lui tournait de toutes les possibilités à propos
de ce qui allait suivre. Quoi, ensuite ? Jusqu’à quel point la punirait-il ? Son
estomac se noua d’un désir si intense qu’il lui fit mal. Dieu qu’elle le
désirait. Mais elle ne pouvait rien faire d’autre que de rester là et d’attendre.
Elle entendit un bruit de tissu froissé à l’autre extrémité de la pièce, puis
un cliquetis. Elle se remonta en entendant s’approcher ses pas.
— Ouvre la bouche, commanda-t-il.
Elle éprouva une poussée d’excitation et elle écarta les lèvres. Quelque
chose de gelé se pressa contre sa bouche, lisse et dur, et la voix de Rafe l’accueillit de nouveau.
— Passe ta langue dessus. Suce-le.
Sa voix était saccadée, son ton, urgent. Le besoin de l’impressionner en
suivant ses instructions à la lettre après la débâcle de la culotte lui fit
entreprendre la tâche comme une foutue championne. Elle referma ses dents
autour de l’objet lisse et carré, et suça lentement. Aucun goût. Aucune
odeur.
De la glace.
De l’eau froide glissa de sa bouche sur son menton et elle frissonna quand
des gouttes tombèrent sur son cou.
Sa main s’agita pour essuyer son menton, mais elle se rappela
brutalement qu’elle était prisonnière. Elle n’aurait pas dû s’en faire.
L’instant d’après, un pouce rugueux traçait la ligne de sa mâchoire jusqu’à
ses lèvres, essuyant les gouttes errantes. Pendant combien de temps allait-il
la faire languir cette fois ? Ou est-ce que ce serait sa punition ? Peut-être
que le soulagement de sa douleur de plus en plus croissante ne viendrait
jamais.
Quand elle avala, elle eut l’impression que le son se répercutait dans la
pièce et elle referma les dents sur le glaçon, puis croqua, le fendant en deux.
Le petit rire dur de Rafe ne fit qu’attiser le feu qui brûlait en elle.
— Faites gaffe aux dents, Mademoiselle Mack.
Il retira la glace et alors qu’elle se demandait ce qui se passerait ensuite, il
fit courir le cube le long de sa gorge, puis plus bas, glissant sur ses
clavicules, laissant derrière lui une traînée glacée et frémissante. Il frôla le
haut de ses seins, une fois, deux fois, avant de faire rouler sur ses mamelons
dressés le cube qui fondait rapidement.
Des gouttes d’eau roulaient sur la courbe de ses seins pendant qu’il traçait
un cercle autour des pointes douloureuses jusqu’à ce qu’un gémissement lui
échappe. Sa peau brûlait de désir, son corps bouillait sous la surface, et
même la glace ne pouvait atténuer l’ardeur de ce désir. Le contraste était foudroyant. À chaque goutte qui tombait, son désir ne faisait que
s’intensifier.
— Dis-moi encore, petite voleuse. Qu’est-ce que tu disais à propos d’une
femme prise contre sa volonté ? Une femme qui — il serra légèrement son
mamelon entre ses doigts chauds et elle se cambra involontairement contre
eux — ne s’intéresse absolument pas à moi, un homme semblable à tous les
autres ?
Ses caresses devinrent impitoyables tandis qu’il jouait avec la glace sur
ses seins tendus jusqu’à ce qu’ils deviennent pratiquement insensibles à
cause du froid presque insoutenable, puis qu’il se mit à les masser et à les
tirer avec ses grandes mains chaleureuses. Il poursuivit son manège jusqu’à
ce qu’elle rejette la tête vers l’arrière et qu’elle essaie de se libérer.
— Rafe, s’il te plaît, murmura-t-elle.
Il laissa échapper un long soupir frémissant. Une seconde plus tard, sa
bouche en feu se pressait sur elle, sa langue léchait sa chair gelée, suçant
durement ses mamelons à un rythme régulier qui lui fit agiter les hanches en
réaction.
— Ah, merde, gémit-elle, trop emportée pour s’en soucier maintenant.
Elle tira plus fort, voulant maintenant libérer ses mains de leurs attaches,
mais en vain. Il était le seul à pouvoir les libérer et les prières dévalèrent
librement de ses lèvres.
— S’il te plaît, s’il te plaît, je te veux.
Il grogna de satisfaction, mais sa bouche continua de la torturer tandis
qu’elle entendait un cliquetis près de son oreille. Bientôt, un deuxième
glaçon se joignit au premier, glissant le long de sa cage thoracique, puis le
long de son estomac, tournant autour de son nombril. Sa langue suivit de
près, la température frigide s’opposant à la chaleur humide pour obtenir son
attention.
— Écarte les jambes.
Les mots eux-mêmes auraient pu suffire à la faire jouir, mais elle se
retint, attendant le prochain ordre, voulant à tout prix lui plaire autant qu’il lui donnait du plaisir.
Quand le glaçon tourna autour de son clitoris, elle hurla et se cabra si
fortement que le lit grinça. Il refit le même geste, frôlant légèrement le
glaçon sur sa chair surchauffée comme s’il la peignait avec un pinceau.
L’eau se mélangea à sa propre moiteur et se ramassa en une mare entre ses
cuisses, dégoulinant le long de sa fente.
— Dis-moi, Mademoiselle Mack.
Les mots donnaient l’impression de lui être arrachés avec une pince à
levier. Rauques, gutturaux et âpres.
— Pourquoi es-tu si foutrement mouillée devant un homme qui ne
t’intéresse absolument pas ?
Elle se tordait, impuissante, contre lui, mourant d’envie de serrer ses
cuisses pour ajouter ce dernier gramme de pression dont elle avait si
désespérément besoin pour la faire basculer dans la jouissance, mais elle se
garda bien de se laisser aller. C’était là sa punition et elle n’allait pas
augmenter sa sentence. Sûrement qu’il avait presque fini ?
Elle se pencha vers l’arrière, aspirant l’air par le nez et le relâchant par la
bouche. Elle pouvait le faire. Elle avait presque réussi à se convaincre
quand il plongea profondément sa langue en elle. Un cri monta dans sa
gorge et elle se tendit, prête à basculer, mais il retira sa bouche un instant
trop tôt et elle faillit se mettre à pleurer.
— Je suis désolée. Je… je n’aurais pas dû vous dire ça. Je n’aurais pas dû
porter la culotte.
Son cerveau surchargé chercha follement d’autres raisons de s’excuser.
N’importe quoi pour qu’il en finisse. Pour qu’il glisse un doigt en elle et
l’amène au bord du gouffre, qu’il couvre son clitoris enflé avec sa bouche et
le masse de sa langue habile jusqu’à ce qu’elle explose.
La jouissance était si proche qu’elle aurait pu y toucher. Il caressa
légèrement son clitoris, l’amenant plus loin, mais pas suffisamment. Qu’est-
ce qu’il voulait entendre ? Qu’est-ce qui pourrait la libérer de cette torture
sensuelle ?
Elle s’immobilisa et retint son souffle, essayant désespérément d’ignorer
les mains qui voulaient la tuer de plaisir, pour pouvoir se concentrer sur lui.
Il respirait au moins aussi difficilement qu’elle. La main qui la caressait
tremblait de désir. C’était tout autant une torture pour lui que ça l’était pour
elle. Alors, comment le tirer au bord du précipice ?
— J’en ai besoin, fit-elle, les mots s’échappant de ses lèvres en un
murmure. J’en ai tellement besoin. Toi aussi, n’est-ce pas ? Tu as besoin de
pousser cette grosse queue en moi ?
Il réagit par un grognement ponctué, pendant que ses doigts écartaient ses
lèvres et se glissaient en elle.
— Tu sens ça ? À quel point je suis chaude et humide pour toi.
Ses doigts s’enfoncèrent davantage, la récompensant avec un autre petit
coup. Elle projeta ses hanches vers l’avant et gémit.
— Merde, gronda-t-il.
L’exultation monta en elle pendant que les ressorts du lit grinçaient. Elle
entendit le bruit d’une fermeture éclair, puis le froissement de vêtements
avant qu’il retourne au lit et qu’il lui agrippe brutalement les chevilles. Sa
force était telle qu’elle eut l’impression qu’un faux mouvement pouvait la
briser, mais elle ne pouvait trouver en elle le moindre regret à ce propos.
Il leva ses jambes haut dans les airs, la pliant en deux jusqu’à ce que ses
orteils lui touchent presque le nez et que ses fesses quittent le matelas. Puis,
sans le moindre avertissement, il plongea en elle en jurant à voix basse, son
énorme queue s’enfonçant profondément dans son canal étroit en une
brutale prise de possession.
Elle aurait dû avoir mal, mais elle avait déjà dépassé ce point et elle
n’éprouva rien d’autre qu’un plaisir intense pendant que son corps s’étirait
pour s’adapter au sien. Il resta immobile pendant un long moment, son
membre palpitant en elle, provoquant de minuscules frémissements. Puis, il
commença à bouger, entrant et sortant à un rythme atroce, le frottement de
sa chair contre la sienne presque trop lancinant pour arriver à le supporter.
Elle ne tenait plus que par un fil, prête à tomber en chute libre.
— Tu veux venir sur ma queue, maintenant, Mademoiselle Mack ?
Sa voix était si basse qu’elle aurait pu appartenir à un étranger, mais ce
n’était pas le cas. C’était Rafe et le corps de Courtney était conscient de
chaque centimètre de lui tandis qu’il la prenait. Son esprit s’agitait
follement, cherchant désespérément une partie encore capable de penser.
Finalement, elle laissa tomber un « oui » étouffé.
— Ne fais pas ça, lui ordonna-t-il, les dents serrées.
Le désespoir s’empara d’elle. Bon Dieu, comment pouvait-elle
possiblement faire en sorte de ne pas venir ? Elle se mordit la lèvre au point
de goûter son sang, déterminée à lui obéir malgré le fait qu’elle doutait d’y
parvenir. Déterminée à éviter le tsunami imminent.
Mais bon sang qu’il lui rendait la tâche difficile. Il accéléra la cadence,
laissant reposer ses hanches sur ses épaules de façon à ce que ses doigts
puissent pénétrer entre ses fesses, projetant ses hanches vers l’avant à la
rencontre de ses poussées contrôlées, s’enfonçant de plus en plus à chaque
plongée. Le claquement rythmé de la peau contre la peau à chaque allée et
venue remplissait la pièce.
Les pouces de Rafe s’enfoncèrent encore plus dans ses hanches et elle
pouvait pratiquement sentir les bleus se former, mais elle s’en fichait. Le
plaisir et la douleur étaient si interreliés, chacun intensifiant l’autre, que ça
n’avait plus vraiment d’importance. Elle n’avait plus qu’une chose en tête
et c’était Rafe.
L’instant suivant, l’obscurité disparut et l’air frais se répandait sur son
visage tandis qu’elle clignait des yeux, s’ajustant rapidement à la lumière
diffuse. Elle regarda tout d’un air affamé : ses chevilles drapées autour du
cou du Rafe, sa grande main agrippant son soulier, la façon dont ses biceps
ondulaient à chaque plongée et, finalement, sa longue queue épaisse,
luisante d’humidité, qui glissait en elle puis ressortait. Les coups de Rafe
devinrent plus rapides et plus violents, et sa vision retrouvée ne dura qu’un
bref moment avant qu’elle ne devienne floue.
Ne jouis pas, se dit-elle avec un effort de volonté tandis que les vagues
successives l’entraînaient de plus en plus profondément. Ne jouis pas.
— Viens, gronda Rafe, ses hanches s’agitant maintenant comme des
pistons, la baisant si durement que ses dents claquaient ensemble. Viens
pour moi maintenant, chérie.
Et c’est ce qu’elle fit. Sa jouissance la frappa comme une locomotive
avec une intensité qui l’ébranla.
— Oh mon Dieu, scanda-t-elle encore et encore pendant que les ondes de
choc la frappaient.
Avant que son corps ait fini de se convulser, il jouit aussi, rejetant sa tête
en arrière et laissant échapper un grognement.
Ses yeux étaient fermés, son cou, tendu, ses muscles, proéminents alors
que son membre frémissait et s’agitait en elle. Le mouvement la fit
s’envoler encore et elle le chevaucha sans arrêt jusqu’à ce qu’elle atteigne
un deuxième orgasme qui la secoua jusqu’au fond de l’âme.
Il lui fallut un moment pour retrouver sa vue normale et pour que son
pouls cesse de battre dans ses oreilles. Quand elle réussit à lever les yeux,
elle s’aperçut qu’il la regardait.
— Tu es si belle que c’en est douloureux, dit-il simplement.
Il fit glisser ses chevilles de ses épaules, les embrassant avant de les
déposer sur le lit.
— Je vais me laver. Accorde-moi deux minutes, ajouta-t-il.
Elle le regarda s’éloigner, sa satisfaction si complète, si englobante,
qu’elle faillit oublier…
— Attends, je suis encore attachée ! Tu ne vas pas me libérer ?
Il ne tourna pas la tête, son petit rire sexy ravivant ses sens.
— Bien sûr.
Elle se laissa retomber sur le lit et se résigna à attendre quelques minutes
de plus pour gratter la démangeaison sur son nez quand il sortit la tête de la
salle de bain.
— Aussitôt que j’en aurai fini avec toi.
Elle le regarda, bouche bée. Sûrement qu’il avait fini…
Il marcha jusqu’au coffre-fort contre le mur du fond, suprêmement
confiant dans sa nudité. Du bout d’un orteil, il ouvrit toute grande la porte
encore entrebâillée, plongea la main à l’intérieur et en retira une mallette
noire.
Il la déposa sur la petite table à dîner et déclencha les serrures avec son
pouce.
— Tu ne pensais sûrement pas t’en tirer à si bon compte, murmura-t-il.
Ses nerfs à fleur de peau commencèrent à l’emporter sur sa volonté quand
elle baissa les yeux pour apercevoir son membre déjà en érection. Il mit la
main dans la mallette et en retira ce qui ressemblait à une mince baguette de
cuir. Une douzaine de longues languettes de cuir jaillirent de son extrémité
comme une fontaine.
Était-ce un…
— Un fouet, dit-il doucement en avançant lentement vers le lit. Le
moment de ta punition est arrivé, Mademoiselle Mack.
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