À sa merci - 3 (French Edition)

Christine Bell · Chapitre 16 sur 16

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À sa merci - 3 (French Edition)

Epilogue

 

C ourtney jeta un coup d’œil à son téléphone pour la troisième fois en une

heure. Vingt-et-une heures quarante-cinq. La note de Rafe précisait 21 h 30

et lui enjoignait de ne pas être en retard. Elle poussa un soupir et attrapa une

flûte de pain dans le panier sur la table. Quand son téléphone vibra une

minute plus tard, elle le saisit sur la nappe de lin couleur pêche et regarda

l’écran pour lire le message.

Bonne fille. Cinq points pour la ponctualité et dix autres pour cette

robe foutrement sexy. Maintenant, dépose le pain et glisse ta main sous

la table et entre tes jambes pour moi, mon amour.

 

Elle fit nerveusement des yeux le tour de la pièce, cherchant Rafe aux tables

environnantes. C’était un samedi soir et l’endroit était bondé. La rumeur des

bavardages remplissait la salle et un duo jouait quelques succès classiques

de rhythm and blues dans le coin. Elle regarda de nouveau tout autour, mais

ne vit aucun signe de son homme.

Son téléphone vibra de nouveau.

Arrête de perdre du temps et fais ce que je t’ai dit ou prépare-toi à en

subir les conséquences.

 

Elle fronça les sourcils, se demandant encore où il se cachait, mais malgré

sa confusion, son corps se réchauffait déjà à l’idée de répondre à ses

exigences.

En jetant un regard furtif alentour pour s’assurer que personne ne

regardait de son côté, elle déposa la flûte de pain, nettoya les miettes sur sa

serviette de table et glissa sa main sous la nappe et entre ses cuisses. À sa

demande, elle avait enfilé une robe courte et elle en était heureuse

maintenant, car elle n’avait pas à se tortiller ou à bouger pour y accéder facilement. D’un mouvement subtil de ses hanches, elle écarta les jambes

suffisamment pour glisser ses doigts sur sa chair de plus en plus chaude.

Frotte ce clitoris pour moi maintenant.

 

Ses mamelons se durcirent sous le corsage de dentelle de sa robe débardeur

et elle laissa échapper un faible gémissement. Depuis six mois qu’ils étaient

ensemble, elle aurait dû être habituée au désir fou et sauvage qu’il lui

inspirait. Habituée aux scénarios imaginatifs, « près du précipice, mais

jamais par-dessus », qu’il imaginait. L’homme était mortel et chaque jour

était une aventure. Elle n’avait jamais été plus heureuse.

Pour chaque 10 secondes de plus que tu me fais attendre, ajoute un

autre coup à ta prochaine flagellation.

 

Le pire. Avertissement. De tous. Elle se tortillait déjà les fesses sur le siège,

anticipant le plaisir à venir. Ses messages la rendaient chaque seconde plus

passionnée et tout à coup, elle ne dési-rait plus seulement lui plaire, mais

souhaitait aussi atténuer la pression qui augmentait à toute vitesse entre ses

jambes.

Surveillant toujours les alentours, heureuse qu’il ait réservé une table

dans un coin, elle se laissa aller à son désir, frottant son clitoris en de petits

cercles lents. Se pinçant la lèvre inférieure entre ses dents, elle réprima un

autre gémissement à ce contact.

Pouvait-il encore la voir ? Savait-il qu’elle avait commencé ? Un frisson

la traversa et elle accrut la pression, laissant échapper un geignement

involontaire quand ses doigts devinrent moites.

Magnifique. Le serveur t’apporte un verre de merlot. Quand il

arrivera, je veux que tu continues à te caresser. N’arrête pas. Si tu

t’arrêtes, je le saurai et tu seras punie. Quand tu auras commandé ton

repas et qu’il sera parti, bois ton vin. Cul sec. Incline la tête si tu

comprends.

Elle se passa la langue sur les lèvres et hocha la tête, parcourant toujours la

pièce des yeux pour le trouver. À ce moment, son serveur arriva et elle

figea. Comment allait-elle arriver à faire ça ?

— Votre vin, mademoiselle, de la part du gentleman au bar.

Il déposa le verre rempli du liquide vermeil sur la table et brandit un

carnet de notes blanc.

— Êtes-vous prête à commander ?

Elle ne put s’empêcher de se pencher pour regarder vers le bar et il était

bien là. Rafe, portant le jean qu’elle préférait, celui qui collait à toutes ses

parties les plus savoureuses. Son regard croisa le sien et le désir criant dans

ses yeux lui donna une dose supplémentaire de courage.

Elle se racla la gorge et adressa un sourire au serveur tout en traçant des

huit sur la chair douloureuse entre ses cuisses. Le serveur lui lit les spéciaux

tandis que ses jambes tremblaient, que son cœur battait la chamade. Pendant

tout ce temps, elle sentait la chaleur dans le regard de Rafe, et elle joua le

jeu pour lui, s’assurant de croiser son regard à quelques secondes

d’intervalles pendant un moment.

— Que recommandez-vous ? parvint-elle à dire quand il eut terminé son

laïus.

— La côtelette d’agneau est délicieuse, dit-il avec un sourire.

Son téléphone vibra et elle y porta rapidement les yeux.

Deux doigts. Glisse-les tout au fond.

 

Elle effaça le texte d’une main et suivit les directives de Rafe avec l’autre,

enfonçant son index et son majeur dans son sexe maintenant palpitant.

— Allons-y pour l’agneau, réussit-elle à dire d’une voix étouffée.

Il posa une question à propos de la salade à laquelle elle devait avoir

correctement répondu puisqu’une seconde plus tard, il était parti et elle était

à deux minutes de jouir.

Bois.

Une fine pellicule de sueur avait surgi sur sa lèvre supérieure et l’idée de

boire lui sembla soudain géniale. S’il lui faisait avaler tout ce repas et qu’il

la ramenait à la maison sans qu’elle jouisse, elle allait l’assassiner.

Elle avala le vin jusqu’à ce que le verre soit vide, puis s’essuya

délicatement la bouche avec sa serviette de table tandis qu’elle se

rapprochait de plus en plus du précipice. Son téléphone vibra de nouveau et

elle le saisit immédiatement.

Arrête-toi et dirige-toi vers la salle de bain, mais dépasse-la jusqu’à la

porte verte. Quand tu y seras, ouvre-la et franchis-la.

 

Elle leva les yeux et s’aperçut qu’il avait quitté son tabouret, et son pouls

s’accéléra follement. Après avoir rajusté sa robe, elle se leva, prit sa bourse

et traversa la pièce. Le vin lui était monté à la tête et la légère sensation

d’ivresse ne fit qu’accroître son excitation.

Quand elle atteignit la porte verte, elle regarda rapidement autour d’elle

et l’ouvrit, l’adrénaline parcourant son corps tandis qu’elle attendait qu’une

alarme résonne ou que quel-qu’un vienne en courant lui faire des reproches.

Personne ne vint et aucune alarme ne sonna.

Elle sortit dans une ruelle froide et sombre, son corps enflammé de désir

malgré la température. Quand deux grandes mains rudes se refermèrent sur

ses épaules nues et la poussèrent contre le mur, elle aurait dû être terrifiée,

mais elle éprouva plutôt un sentiment d’exultation.

— Tu es si foutrement sexy, grogna-t-il contre son oreille.

L’odeur chaleureuse, terreuse, de son eau de Cologne qu’elle connaissait

si bien stimula ses sens presque autant que le fait de le sentir se frotter

contre elle en appliquant une pression exactement où elle en avait besoin.

Il fondit sur elle, appliquant ses lèvres contre les siennes, et elle gémit

dans sa bouche, déjà près du point de rupture. Elle passa une jambe munie

de talons aiguilles autour de sa hanche, puis aligna son sexe en chaleur

contre son énorme érection, écartant sa bouche de la sienne quand il se

frotta durement contre elle.

— Bon sang, Rafe, s’il te plaît, ne me fais pas attendre.

Sa voix était rauque de désir.

— Dix minutes. Tu te souviens, Court ? gronda-t-il en abaissant son jean

jusqu’à ce que son membre se libère. Je voulais passer 10 minutes dans une

ruelle avec toi et j’ai fait une promesse qui m’a tenu éveillé pendant des

nuits. Ce soir, je vais la réaliser. Tu seras de retour à l’intérieur à temps pour

savourer ton agneau.

La joie pétilla en elle comme du champagne. Il se souvint comment ils

avaient commencé, pris le temps de créer un scénario à partir de leur

histoire. Parce qu’il l’aimait. Elle commença à rire, mais s’interrompit

brusquement quand son large gland se pressa contre son sexe.

— Je t’adore, chuchota-t-il, et son souffle forma une buée blanche dans

l’air glacial de la nuit.

Il la pressa davantage contre le mur de briques et remonta son autre

jambe autour de sa taille jusqu’à ce qu’elle puisse y accrocher ses chevilles.

Le mouvement, pendant qu’il faisait pivoter ses hanches, le fit s’enfoncer

plus profondément et la vision de Courtney s’embrouilla.

— C’est… c’est tellement bon.

C’était vrai. La façon dont ils s’accordaient était sublime. La façon dont

son corps — comme Rafe lui-même — la poussait jusqu’aux limites,

sachant exactement quand s’arrêter. Surtout, n’arrête pas maintenant,

voulut-elle crier quand il bougea. Il prit ses fesses dans ses mains, s’en

servant comme d’un levier pour la faire monter et descendre sur son

membre en de longs coups rudes.

Elle serra davantage ses cuisses autour de lui et lutta pour empêcher la

vague de l’entraîner vers le fond avant le moment prévu.

— Je sens que je vais jouir. Dis-moi que je peux, bébé, s’il te plaît.

Elle se fichait d’être en train de le supplier, pourvu que ça fonctionne. Il y

avait des nuits où il la faisait tenir pendant plus longtemps qu’elle ne

l’aurait jamais cru, mais si c’était une de ces soirées, elle allait certainement

mourir.

— Merde, oui, dit-il entre ses dents serrées.

Ses mouvements devinrent frénétiques. Le frottement de ses fesses contre

la brique froide, le glissement de son membre gonflé la remplissant au point

d’éclater, la poigne familière de l’homme qu’elle aimait, tout cela, c’était

trop, et elle s’enfonça dans la jouissance.

Il l’embrassa à ce moment, en un écrasement de lèvres et de dents et de

langues, et elle hurla dans sa bouche alors qu’elle explosait en mille

morceaux. Il la suivit une seconde plus tard et ils frémirent ensemble, leurs

souffles haletant au même rythme.

— C’était…

Il avala difficilement sa salive et laissa échapper un rire bref avant de lui

appliquer un baiser sur le nez.

— C’était vraiment quelque chose, infirmière DeLollis.

Elle pouffa de rire et relâcha les muscles de ses jambes.

— Tu as tout à fait raison, inspecteur Davenport.

Il la remit sur pied et jeta un coup d’œil à sa montre.

— Il reste encore quatre minutes.

Il leva la main pour la claquer contre la sienne et elle fit de même. Il lui

agrippa le poignet à la dernière seconde et soutint son regard, le sourire

disparaissant de son visage.

— Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée, tu sais ça, Court ?

Elle hocha la tête, mais ses joues avaient de toute façon rougi de plaisir.

— Je suis heureuse que tu le penses parce que je t’aime à la folie.

— C’est vraiment bien. Parfait, en réalité.

Il prit son menton dans sa main et son sourire était revenu comme par

magie.

— Maintenant, va manger ton agneau et fais vite. Je viens de

m’apercevoir que je vis avec une infirmière et que nous n’avons jamais joué

au docteur.

Elle rajusta sa robe, puis retourna dans le restaurant, un petit sourire

secret jouant sur ses lèvres. Il ne s’en rendait peut-être pas compte, mais il avait joué au médecin longtemps auparavant, quand il avait réussi à guérir

son cœur brisé.

— Oui, monsieur, dit-elle avec un hochement courtois de la tête.

Maintenant, si nous pouvions seulement trouver un uniforme d’infirmière à

ta taille.

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