À sa merci - 3 (French Edition)

Christine Bell · Chapitre 2 sur 16

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À sa merci - 3 (French Edition)

Chapitre 2

 

P rise entre la panique et un besoin profond, Courtney regardait le visage

qui dominait maintenant ses pensées depuis des semaines. Ses mâchoires

étaient serrées, et son regard, si intense qu’elle ne pouvait s’empêcher de se

demander ce qu’elle éprouve-rait si elle était le véritable centre d’intérêt de

cette intensité. Nue. Sur un lit. Merde, pourquoi pas sur un plancher ?

Un éclat de rire — celui de Lacey ? — interrompit le sortilège sensuel

que lui avait jeté Rafe et elle secoua brusquement la tête.

Ça n’allait pas. Pas du tout. Le plaisir qu’elle éprouvait sous la poigne

ferme de Rafe, son envie tordue de lui présenter son autre pied pour qu’il

fasse de même. L’idée folle de le voir changer de place avec elle, qu’il

plante son joli cul sur cette chaise de cabaret et qu’il la tire sur ses genoux.

Pour quoi ? lui murmura son inconscient. Pour qu’il puisse lui appliquer

une fessée ?

Son corps se raidit et elle se sentit envahie par une sensation de chaleur

torride qui s’installa entre ses cuisses. Son sentiment de panique s’accrut

quand elle retira vivement son pied des doigts serrés de Rafe.

— Les gens regardent, Court, murmura-t-il. Si tu te lèves et t’enfuis,

ç’aurait l’air vraiment étrange. Je sais que tu es nerveuse et que tu as peur

de ce que tu ressens, mais, crois-moi, je ne te ferai jamais rien que tu ne

veuilles pas.

Les yeux de Rafe exprimaient une sincérité absolue, et elle se força à

rester assise.

Il avait raison. C’était une chose que de se cacher pendant quelques

instants avant le début des festivités, mais c’en était une toute autre que de

fuir ce qui apparaîtrait aux spectateurs comme rien de plus qu’une tradition

nuptiale de mauvais goût.

Ils n’avaient aucun moyen de savoir qu’elle se désintégrait

intérieurement.

— D’accord. Alors, bon sang, ce que je veux, c’est que tu en finisses au

plus vite.

Il hocha la tête et l’inclina lentement avant de glisser la jarretière le long

de sa jambe sans plus de manières. Elle se fixa sur sa cuisse, et Courtney se

cambra pour résister à son toucher alors qu’il redescendait sa main le long

de sa jambe, mais il fit attention pour éviter même le contact le plus fortuit.

— Tes désirs sont des ordres.

Une seconde plus tard, il redéposait doucement son pied sur le sol,

s’assoyait sur ses talons et remettait en place le bas de sa robe.

La musique cessa, et Courtney s’efforça de sourire tandis que la foule

applaudissait à tout rompre. Il avait fait exactement ce qu’elle avait

demandé et c’était finalement terminé.

Alors, pourquoi se sentait-elle si démunie ?

Avant qu’elle ait eu le temps de réfléchir davantage à la réponse à cette

question, une voix forte résonna dans son oreille.

— Wow ! Vous aviez tous les deux l’air de sortir d’un documentaire sur

la vie animale pendant une minute, dit Cat en la tirant de la chaise.

Rafe se leva en lui adressant un demi-sourire moqueur et fit une

révérence dans leur direction avant de pointer un pouce en direction du bar.

— Maintenant que la jarretière est bien cachée, je peux vous offrir un

verre, mesdames ?

Courtney porta une main à ses joues rougies et bredouilla un « non merci

», puis secoua la tête au cas où il ne l’aurait pas entendue.

Peut-être était-ce un mélange de beauté et de confiance, ou peut-être

était-ce la sensualité presque palpable de l’homme entouré d’une aura de

puissance masculine brute, mais quoi qu’il en soit, elle ne pouvait tout

simplement pas composer avec ça et elle le savait. Elle avait besoin de se

remettre les idées en place.

— Je viens tout juste d’en prendre un, dit Cat en lui montrant son verre

plein d’un liquide rouge rubis. Mais merci.

Courtney laissa son amie l’entraîner vers un coin tranquille où elle lui jeta

un regard beaucoup trop perspicace.

— Tu sais, Rafe fait partie de la bande. Il va falloir que tu comprennes ce

qui se passe entre vous et soit l’oublier, soit t’y accrocher. Il vaut mieux le

faire maintenant que de laisser traîner les choses.

Elle jeta un bref regard par-dessus son épaule dans la direction de Rafe et

agita ses sourcils de manière comique.

— Et si tu es intelligente, tu t’y accrocheras. Il est presque aussi mignon

que Shane.

Courtney réussit à émettre un faux reniflement de dégoût.

— Tu penses vraiment ce que tu dis en ce moment ? Tu sais ce qui le

branche. C’est le genre de truc qui fait reculer le féminisme d’un siècle.

Elle déposa le bouquet sur la table recouverte d’une nappe de lin et

essaya de ne pas grimacer en entendant la piété outrancière dans sa voix, se

demandant qui elle essayait de convaincre exactement.

Après avoir essayé pendant des semaines de garder ses distances, elle

avait finalement accepté que son problème n’eût rien à voir avec le mode de

vie de Rafe. Ses répliques vertueuses n’étaient maintenant qu’une suite de

mots insignifiants, jetés comme des boucliers pour la faire dévier du cœur

du sujet. Elle ne craignait pas les fessées et les menottes. Ce qu’elle

craignait, c’étaient les relations avec les hommes. Ce qui la faisait trembler,

c’était la crainte de s’abandonner complètement à un homme — en

particulier un homme fort avec qui ce serait si facile. Mais elle n’était pas

prête à avouer ça à Cat.

Son amie secoua violemment la tête, fai-sant voler en tous sens ses

mèches d’un blond cuivré.

— Tu as tort. Je ne fréquenterais pas un gars qui me donnerait des ordres

hors du lit, mais dans la chambre à coucher ? fit-elle en secouant les épaules

avant de sourire. C’est sexy, en quelque sorte. Quand Shane joue au mâle alpha avec moi, je me sens fondre. Sérieusement, tu ne devrais pas renoncer

à ça avant de l’avoir essayé.

Courtney croisa les bras sur sa poitrine pour chasser l’étrange frisson qui

l’avait envahie.

— Je suis pratiquement certaine que nous ne parlons pas de petits jeux

sado-maso ordinaires, Cat. Je pense que c’est davantage que ça.

Mensonge. Elle savait que c’était davantage que ça. Même pendant leur

petit jeu de trois minutes sur la piste de danse, elle pouvait sentir la force de

la volonté de Rafe l’envelopper tranquillement, l’attirant vers quelque

endroit sombre et caché. Qu’arriverait-il si les choses allaient plus loin et se

transformaient en une situation qui aille au-delà de la domination sexuelle ?

Le capital émotionnel. C’est ce qu’elle ne pouvait se permettre de risquer

de nouveau.

Ça s’était produit si lentement avec Wes. Sur une période de 18 mois.

Premièrement, ça avait été de « s’assurer que tous deux possédaient les

mots de passe pour les courriels et l’ordinateur de l’autre ». Un « geste de

bonne foi pour favoriser un sentiment de confiance et de respect mutuel ».

Puis de s’assurer que tous les deux étaient attentionnés en appelant pour

confirmer qu’ils étaient d’accord pour faire des projets qui n’impliquaient

pas l’autre personne. Et ainsi de suite.

Pas une seule fois au cours de la première année, tout cela ne l’avait

alarmée. Elle avait tout accepté aveuglément en pensant à quel point leur

relation était beaucoup plus efficace et civilisée par rapport aux autres

couples qu’ils connaissaient. Jusqu’à ce que leur route à deux voies

devienne un sens unique et qu’elle se retrouve à demander la permission

pour aller à l’épicerie.

Au moment où elle avait atteint son point de rupture et eu le courage de

partir, il était trop tard. Quand elle se sentait triste et seule, elle prenait le

téléphone et se rendait compte qu’elle n’avait plus personne à appeler. Ses

amies s’étaient éloignées une à une après que des projets soient tombés à

l’eau au moment où Wes avait décidé qu’elle n’avait finalement pas besoin de sortir, ou après des appels non retournés quand Wes avait décidé que

finalement, son téléphone cellulaire ne lui était d’aucune utilité.

Courtney réprima un soupir en souhaitant pouvoir partager ses craintes

avec Cat, mais elle n’était pas encore prête à parler de Wes. Non pas parce

qu’elle n’avait pas confiance en son amie, mais parce qu’elle avait honte de

sa faiblesse… honte d’avoir laissé les choses se détériorer à ce point.

— Mais sans blague, quoi que tu décides, sois prudente avec Rafe, dit Cat

tandis que le sourire qu’elle avait habituellement dans les yeux était

remplacé par de l’inquiétude. Je suis tout à fait d’accord pour avoir du

plaisir, mais j’ai beau l’aimer, ce n’est pas le genre de gars qui reste. Plus

maintenant, en tout cas.

Est-ce que Rafe avait lui aussi été blessé ? Le cœur de Courtney lui

manqua en voyant la tristesse sur le visage de Cat. Avant qu’elle puisse

insister auprès d’elle pour obtenir les détails qu’elle n’était pas vraiment

sûre de vouloir connaître, la mariée un peu ivre apparut entre elles, le visage

radieux.

— Viens faire la danse en ligne avec moi ! Dépêche-toi avant que ce soit

fini, dit Lacey.

Courtney écarta ses pensées mélancoliques, puis prit la main de Lacey et

toutes trois retournèrent sur la piste. Elles dansèrent pendant un moment, se

plièrent au rituel du gâteau de noce et, avant qu’elles s’en rendent compte,

les gens faisaient leurs au revoir, elle la première. De toute façon, Galen et

Lacey avaient un avion à prendre dans quelques heures, alors son malaise et

sa confusion n’auraient qu’une durée clairement limitée.

Puis, avec ou sans la bénédiction de Cat, l’opération Évitement reprit à

plein régime, au moins jusqu’à ce que Courtney renforce ses défenses après

cette récente brèche.

Ouais, pourvu qu’elle reste hors du chemin de l’ouragan Davenport

pendant quelques semaines, tout irait pour le mieux.

Paaas de problème.

* * *

Rafe laissa échapper un long soupir et resserra sa poigne sur le volant en

essayant de ne pas se souvenir de ce qu’il avait éprouvé quand il avait serré

la même poigne sur la cheville soyeuse de Courtney. Il allait vivre une autre

longue nuit alimentée de rêves érotiques. Ça ne faisait pas de doute après

avoir touché cette peau délicate. Il allait devoir prendre le temps et déployer

des efforts pour résoudre son problème parce qu’il commençait à réellement

avoir des répercussions sur sa vie.

Avec un grognement de frustration, il alluma la radio. Peut-être qu’une

musique bruyante noierait ses pensées. Il réussit à passer trois minutes

entières sans songer à elle quand une lumière diffuse devant lui capta son

attention. Il fronça les sourcils en regardant à travers son pare-brise pendant

qu’il se glissait jusqu’au coupé argenté qu’il connaissait bien dans l’obscure

rue flanquée d’arbres.

Quelles étaient les foutues possibilités que ça se produise ?

Il ravala un gémissement et se rangea sur le côté, s’arrêtant avant de garer

la voiture.

Courtney avait quitté la réception une bonne trentaine de minutes avant

lui et maintenant, elle se trouvait ici, assise dans sa voiture, éclairée

seulement par la lumière de son téléphone, sur lequel elle était en train de

pianoter. Qu’est-ce qui était important au point qu’elle ne puisse pas

attendre d’arriver chez elle ? Un appel dans le but de s’envoyer en l’air,

peut-être ?

Cette pensée n’aurait pas dû générer une poussée d’agacement chez lui,

mais ce fut le cas. La vie sexuelle de Courtney ne le regardait en rien, et elle

avait le droit de s’envoyer en l’air autant qu’elle le pouvait. Il s’en fichait.

Peut-être que le fait de s’arrêter sur une route étroite et déserte à la nuit

tombée sans aucun lampadaire autour n’était pas l’idée la plus brillante,

mais il supposa que c’était bien mieux que de texter tout en conduisant.

Toutefois, il n’allait pas la laisser là s’il pouvait y faire quelque chose. Il

fouilla dans sa boîte à gants pendant une seconde, puis plaça sur le toit le

gyrophare de police, qu’il alluma avant de se ranger devant elle.

Il laissa la lumière clignoter pendant qu’il sortait de son véhicule et

marchait jusqu’à elle. La fenêtre descendit et elle le regarda d’un air

furieux.

— C’est vraiment nécessaire ? marmonna-t-elle en déposant son

téléphone sur le siège passager.

— Nécessaire ?

Il y réfléchit pendant un long moment tout en regardant son joli visage

empourpré avant de secouer lentement la tête.

— Peut-être pas, mais si quelqu’un tournait ce coin en étant distrait, il

pourrait accrocher l’arrière de ton véhicule. De cette façon, on peut au

moins voir la lumière clignoter.

Elle se mordilla la lèvre inférieure et détourna le regard.

— D’accord. Quand tu partiras, je vais allumer les feux de détresse.

Il se pencha, puis déverrouilla sa porte de l’intérieur en réprimant un bref

éclat de rire quand elle s’écarta aussi loin que le levier de vitesses le lui

permettait.

— Je ne vais pas te molester, Courtney, fit-il en ouvrant la portière et en

lui faisant signe de sortir. À moins, bien sûr, que tu le demandes.

Elle lui lança un regard morne, puis posa ses jambes sur l’asphalte.

— Tu peux éteindre ton gyrophare, s’il te plaît ? fit-elle en étirant le bras

vers le tableau de bord pour allumer les feux de détresse. Si quelqu’un que

je connais passe, il va penser que je me fais arrêter.

Puisque deux des quatre personnes au mariage qui auraient emprunté

cette route pour retourner chez eux se dirigeaient vers l’aéroport et que les

deux autres avaient choisi de passer la nuit dans le chalet, il était bien peu

probable que quelqu’un qu’ils connaissaient puisse passer, mais ce n’était

pas ce qui l’inquiétait pour le moment.

— Devrais-tu conduire ?

Il se souvenait vaguement l’avoir vue prendre plusieurs verres de vin plus

tôt et un verre de champagne que Cat lui avait donné, mais après que le

gâteau ait été servi, elle avait semblé beaucoup plus intéressée à fixer sa tasse de café pendant la dernière heure que de tenir une conversation avec

quiconque ou de s’amuser.

— Je vais bien. Si ça n’était pas le cas, j’aurais passé la nuit au chalet

avec Cat et Shane.

Il la regarda d’un air interrogateur et elle pinça les lèvres.

— Avais-tu besoin de jauger mon degré de sobriété, Monsieur l’agent ?

— Je suis inspecteur, tu te souviens ?

Il l’aida à sortir de la voiture, à la fois agacé par ses piques et songeant à

toutes les manières dont elle pourrait mieux se servir de sa bouche si

seulement elle voyait les choses à sa façon.

— O.K., inspecteur. Mais à titre de renseignement, je conduisais tout à

fait bien jusqu’à ce qu’un lapin surgisse devant moi et que je doive donner

un coup de volant vers le trottoir pour l’éviter, puis que j’aie une crevaison.

J’atten-dais que les gens de l’assistance routière me rappellent quand tu t’es

arrêté pour me harceler.

Heureusement qu’elle n’avait pas dévié et frappé un arbre. Elle aurait dû

frapper le lapin et composer avec la culpabilité. Mieux valait tuer un lapin

que de devoir être tirée d’un tas de métal tordu avec des pinces de

désincarcération et conduite à l’hôpital sur une civière. Il ouvrit la bouche

pour le lui dire, puis la referma brusquement.

De toute évidence, elle n’était pas d’humeur à subir un sermon et il était

déjà sur le point de poser un geste stupide. Il n’était pas nécessaire de faire

en sorte que ça se produise en amorçant avec elle une sorte de concours de

l’ego le plus fort qui ne pourrait se terminer que par encore plus d’étincelles

entre eux.

Il contourna la voiture et elle le suivit.

Il regarda le pneu et inclina la tête.

— Ouais, il est vraiment crevé. Mais tu peux appeler l’assistance routière

et tout annuler. Si tu as un pneu de rechange, je vais le changer pour toi.

— C’est une possibilité, acquiesça-t-elle. Ou bien je pourrais rester assise

ici, me porter tout à fait bien toute seule et attendre quelques minutes pour

qu’ils me rappellent pendant que je domine dans 3 Words With Friends.

Elle semblait fière d’elle-même jusqu’à ce qu’elle prenne conscience de

son choix de mots, puis qu’elle commence à balbutier.

— Je veux dire… pas dominer comme dans dominer. Mais je suis

excellente à ce jeu. Words With Friends, je veux dire. Sur mon téléphone.

— J’avais compris ce que tu voulais dire, répondit-il.

Il avait presque réussi à se convaincre de la laisser tranquille, mais le

diable s’empara de lui de nouveau.

— Je suis excellent à ça aussi. Et je ne parle pas de Words With Friends.

Elle cligna des yeux dans sa direction ; le bout de sa langue rose qui sortit

pour humidifier ses lèvres capta son attention, lui faisant souhaiter qu’elle

s’en serve sur lui.

N’importe où.

Partout.

Elle se racla la gorge, puis croisa les bras sur sa poitrine et le geste fit se

soulever ses seins dans le décolleté en cœur de sa robe.

— Pourquoi fais-tu ça ? demanda-t-elle, sa voix rauque faisant enfler son

membre contre la fermeture éclair de son pantalon de smoking.

— Faire quoi ?

Il s’approcha, comme un poisson sur un hameçon, attiré vers elle d’une

façon qu’il ne pouvait expliquer, oubliant toute maîtrise de soi. Il ne s’arrêta

qu’à quelques centimètres, et elle pencha la tête vers l’arrière pour lever les

yeux vers lui.

— Ça, dit-elle d’une voix brisée. Ça, ajouta-t-elle en agitant une main

entre eux deux. Ne joue pas les idiots, Rafe. Tu sais exactement ce que je

veux dire. Pourquoi est-ce que tu continues à jouer avec moi ?

L’atmosphère était tendue et le son des insectes remplissait l’air, amplifié

par leur silence assourdissant. Va-t’en, lui intima aimablement, presque

frénétiquement, son cerveau. Contente-toi de partir. Mais le reste de son

corps ne comprit pas le message parce que ses pieds refusaient de coopérer.

Ce fut plutôt sa stupide bouche qui prit les devants.

— Je n’en ai aucune idée, dit-il en secouant lentement la tête.

Ses pieds choisirent ce moment pour se remettre à fonctionner et

réduisirent l’écart entre eux. Au fond de lui, il se réjouit en la voyant retenir

son souffle quand leurs cuisses se heurtèrent.

— J’aimerais bien prendre la responsabilité de — il imita le geste de

Courtney — ça. Et franchement, si ce n’était que moi, ce serait facile

d’arrêter. Mais ce n’est pas que moi, n’est-ce pas ?

— Oui, insista-t-elle tandis que son visage affirmait le contraire.

— Non. Toi et moi nous sommes déjà bien comportés avant.

Il était suffisamment près pour sentir son parfum discret et il se sentit

étourdi par le besoin de presser son visage contre son cou et de respirer

davantage son odeur.

— La tension était là, mais nous avons gardé nos distances et quand

même réussi à rester avec le groupe sans problème.

Sauf quand il fantasmait sur elle, mais il ne voyait pas ça comme un

problème et ce n’était pas important. Qu’est-ce qui était important, déjà ?

— L’important, poursuivit-il, c’est qu’avant il y a quelques semaines, tu

ne savais pas ce qui m’attirait et tu t’en fichais. Je n’en parlais pas et ce

n’était pas comme si j’avais essayé de te convertir à mon point de vue.

Ça ne servait à rien de mentionner qu’il avait envisagé de faire

exactement ça à plus d’une occasion.

— Puis ton attitude a changé envers moi dès l’instant où tu as entendu

dire — d’une tierce personne, qui plus est — que j’aimais dominer

sexuellement mes femmes.

La panique croissante sur son visage s’évanouit et elle leva le menton.

— Tu vois ? fit-elle en frappant la poitrine de Rafe de son index pointé.

Tu as dit « mes femmes ». C’est tellement archaïque. Nous sommes au

XXIe siècle. Les femmes n’appartiennent à personne.

Elle affichait un regard triomphant, alors que sa posture était agressive et

qu’elle semblait dire « je t’ai bien eu cette fois ».

Sa réplique aurait probablement dissuadé un tas de gars. Son refus

d’accepter ce qui se trouvait droit devant elle. Son besoin de faire semblant

qu’elle n’était pas au moins curieuse et au plus excitée à l’idée qu’ils soient

ensemble. Il y avait tout plein de femmes dans le monde qui n’avaient nul

besoin d’être convaincues.

Mais malheureusement, depuis qu’elle avait commencé à occuper ses

pensées, il ne vou-lait pas d’autres femmes. C’était elle qu’il voulait, et elle

le voulait.

Peut-être qu’il ne pouvait s’empêcher de relever un défi. Peut-être était-ce

parce qu’il savait qu’il possédait la clé pouvant déverrouiller quelque chose

qu’elle avait clairement enfermé en elle pendant si longtemps. Merde,

c’était peut-être parce qu’elle était si foutrement belle et que l’idée de la

voir à genoux devant lui, le suppliant de lui accorder davantage de ce qu’il

avait à donner rendait son membre dur comme un diamant. Peu importait ;

il ne pouvait certainement pas se convaincre de partir.

Pas encore.

Son intention devait s’être affichée sur son visage parce que le petit

sourire satisfait de Courtney s’évanouit et ses yeux s’écarquillèrent.

— Rafe, écoute, je…

— Je pense que j’ai suffisamment écouté, murmura-t-il en se pressant

contre elle jusqu’à pouvoir sentir son souffle sur sa mâchoire. Maintenant,

c’est ton tour.

Il lui saisit les hanches et la fit rudement pivoter, la poussant contre le

capot de la voiture en se servant de ses cuisses comme levier. Il se pencha,

moulant son corps contre celui de Courtney jusqu’à ce que sa bouche se

retrouve à quelques millimètres de son oreille.

— Ne te fais pas d’illusion, lui souffla-t-il en laissant ses lèvres frôler la

peau tendre de sa mâchoire tout en se délectant du frisson qui la parcourut

tout entière. Je ne suis peut-être pas sur le marché pour l’amour, mais

n’importe quelle femme qui veut coucher avec moi sera absolument et sans

équivoque ma femme dans la chambre à coucher. Si elle ne l’est pas ? Si elle ne croit pas que je puisse lui donner tout ce dont elle a besoin… tout ce

qu’elle pourrait possiblement désirer ? Alors, je n’aurais pas été à la

hauteur.

Sa respiration était saccadée, mais elle ne luttait pas. En fait, elle ne

bougeait pas du tout. Elle semblait attendre quelque chose. Le pouls de

Rafe s’accéléra tandis qu’il pétrissait doucement les hanches de Courtney.

Puis il la sentit. La pression contre son entrejambe au moment où elle

pressa à peine son cul contre lui. Ses couilles se serrèrent et son membre

s’épaissit.

Elle était peut-être trop têtue pour l’exprimer de vive voix, mais son corps

lui dit tout ce qu’il avait besoin de savoir. Elle voulait davantage et il n’était

pas question de le lui refuser.

Il se plia vers l’avant, pressant son érection contre elle tandis que ses

mains remontaient le long de son torse pour caresser les côtés de ses seins

plantureux. Il ne s’arrêta pas, entrela-çant les doigts de Courtney avec les

siens et étirant ses mains sur le capot de la voiture jusqu’à ce qu’elles se

trouvent bien au-dessus de sa tête.

Elle laissa échapper un gémissement involontaire.

— Rafe…

Il la désirait au point où c’en était effrayant. Suffisamment effrayant pour

qu’il commence à douter de lui-même, mais il ne pouvait se résoudre à

s’arrêter. Il fallait que ce soit elle qui lui dise d’arrêter, sinon il ne

s’arrêterait pas.

Une chaude brise d’été les enveloppa tandis qu’il serrait fortement ses

doigts autour des poignets de Courtney pendant qu’il la clouait contre le

capot avec ses hanches, assez brutalement pour qu’elle retienne son souffle.

— Dis le mot, Court. Dis-moi non et nous allons repartir tous les deux

comme si rien n’était arrivé.

Il pressa son torse contre le dos de Courtney jusqu’à ce que sa poitrine et

sa joue se retrouvent à plat contre le capot et qu’elle laisse échapper un petit cri aigu. Le sang lui monta à la tête alors qu’une dizaine de scénarios lui

traversaient l’esprit, chacun plus érotique que le dernier.

— Dis-moi non, murmura-t-il contre son oreille, et je ne vais pas glisser

mes mains sous cette petite robe et caresser ta chatte jusqu’à ce que tu

hurles.

Les jambes de Courtney commencèrent à trembler contre les siennes,

mais elle demeurait quand même silencieuse. Un grognement de

satisfaction masculine surgit dans sa poitrine, mais il le réprima, désireux de

s’assurer qu’il lui offrait une dernière porte de sortie avant de se laisser aller

complètement.

— Dernier avertissement, mon chou.

Il fit descendre sa main le long de son bras nu, la faisant glisser entre le

capot et son sein avant de titiller le mamelon durci qui faisait saillie contre

ses doigts.

— Dis-moi non ou je vais te faire jouir. Et quand ce sera terminé ? Je vais

remettre ça.

3. N.d.T.: Jeu semblable au Scrabble.

 

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