Affranchis-moi T1

Eva Adams · Chapitre 13 sur 32

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Affranchis-moi T1

Chapitre 13

 

Je me sens rechargée, Esteban m’a redonné de l’énergie, je suis prête à défier Carl.

 

— Je voulais attendre pour te le donner, mais c’est le bon moment, je pense. Tiens !

— Un petit cadeau ? Ça fait très longtemps que je n’ai pas reçu de cadeau, sauf de mes copines. Camille et Chloé sont des adeptes des surprises, pour toutes occasions. Elles sont toujours là, quand je vais mal. D’ailleurs, il faut que je les appelle.

— Ça va devoir attendre, ma douce. Ouvre ! me dit-il en me tendant une boîte bleue, sur laquelle un petit mot est accroché « Ose… ».

 

J’ouvre la boîte et découvre une clé dorée sur laquelle des initiales sont gravées. E.C.

 

— C’est la clé de ton cœur ?

— Non, celle de mon appartement à New York.

Je pars dans un rire hystérique. Carl vient de m’annoncer qu’il me quitte pour une autre femme, je suis au trente-sixième dessous, et Esteban m’offre la clé de son appartement à New York ?!

 

— Tu ne le sais pas, mais mes deux plus grandes peurs sont les océans et l’altitude. De plus New York ? C’est à l’autre bout du monde ! C’est gentil Esteban mais je ne peux pas aller aux États-Unis, avec toi. Il n’est pas question que je prenne l’avion, ni que je laisse mes enfants.

— Mes avocats et moi avons discuté de ton divorce.

— Tu sais que Carl est avocat ?!

— Oui, avocat des affaires, pas avocat en droit familial, que je sache !

— Peut-être, mais il a certainement dans ses relations des collègues qui s’occupent de divorces.

— Il n’aura jamais d’aussi bons avocats que les miens. Quand on sait mettre le prix, on a le meilleur. Parlons pratique : tu as combien de patients à ton cabinet par jour ?

— Cela dépend, ça me fait une vingtaine de patients par semaine, je regroupe mes consultations au cabinet, sur quelques journées.

— Donc c’est une petite activité ?

— Oui merci, Carl me l’a assez répété. Le reste de la semaine je passe du temps à écrire des comptes-rendus, répondre à des confrères…

— Tu fais des expertises ? Tu travailles sur des recherches ?

— Non, je me contente de faire des entretiens individuels.

— C’est très bien ça ! On va pouvoir argumenter que tu ne peux pas te consacrer entièrement à ton métier car ton mari fait passer sa carrière avant la tienne.

— Mais c’est faux ! m’exclamé-je, prenant sa défense.

— Pas totalement, si tu y réfléchis. Si ton mari était moins égoïste et s’il t’avait mise sur le même piédestal, tu aurais peut-être ouvert ton cabinet d’expertises psychologiques, donc on peut jouer cette carte. Pour la logistique, tu laisses l’appartement à Carl et tu viens avec moi à New York.

— Mais je ne peux pas abandonner mes patients.

— Emma, tu as une vingtaine de patients par semaine. Et tu les consultes combien de fois par mois ?

— Une fois pour la plupart, mais j’ai certains patients que je consulte chaque semaine.

— Parfait, on reviendra une fois pour tes patients mensuels, et tu pourras faire des téléconsultations pour les séances hebdomadaires. Revenir une fois par mois me permettra de diriger mes filiales européennes depuis la France. Pour les enfants, vous choisirez une garde alternée, un mois/un mois ou deux mois pour lui et un mois pour toi.

— Mais t’es dingue ou quoi ? On ne parle pas de marchandises ou d’achat de sociétés que d’autres vont gérer, on parle de mes enfants, il n’est pas question que je les laisse en France, pendant que je suis à l’autre bout du monde.

— Tu viens à New York avec moi, un point c’est tout !

— Esteban…

— Quoi Emma, t’as une meilleure solution ? Je te veux auprès de moi, chaque jour. Il n’est pas question que je reparte sans toi.

— Et comment fera-t-on quand j’aurai mes enfants ?

— Soit nous serons en France et nous les accueillerons ici, soit ils viendront avec nous à New York !

— Je croyais que tu n’aimais pas les enfants ?

— Non erreur ! Je t’ai dit que je n’en voulais pas, mais ce sont tes enfants et pour toi, je ferai une exception. Et puis tu sais, il y a des enseignants privés, des jeunes filles au pair, des pensions...

— Tu es en train de me dire que mes enfants vont être sous la garde d’étrangers ?

— Emma, on se posera ces questions quand cela sera nécessaire, pour le moment ce n’est pas utile.

— Si je te suis, ça veut dire tout quitter ?

— Tout quoi, Emma ?

— Mes enfants, mes copines, Jules, mon cabinet…

— Tes enfants, la garde va être partagée, tes copines, ce n’est pas ta vie, Jules, ce n’est pas ton homme, ton cabinet, tu en ouvriras un à New York. Écoute, Emma, tu auras la clé de mon appartement à Paris aussi, tu auras de quoi te loger. On fera le trajet chaque mois, ou une fois tous les deux mois. Et si je ne peux pas venir avec toi, eh bien tu es assez grande pour le faire toute seule, non ? Il est temps de prendre ta vie en main, ma douce, et c’est l’occasion.

 

Tout va trop vite, je ne sais pas ce que je dois faire. Ça se bouscule dans ma tête, ça tourne, je dois m’asseoir. Je n’ai pas le temps de me morfondre, tout se transforme, mon malheur devient une opportunité. Mon téléphone sonne : c’est Yveline.

— Bonjour, Madame Vidarli, avez-vous réfléchi à ma demande de vous avoir à mes côtés, lors de mon gala de charité ?

— Bonjour Yveline, je n’ai pas eu le temps de m’y pencher, je vis… une période de grands bouleversements. C’est quand déjà ?

— C’est ce soir !

— Ce soir ?! Ce n’est pas possible, je ne pourrai pas venir, Yveline.

 

Je n’ai pas vu la nuit passer. J’ai découché de chez moi et j’ai passé ma première nuit avec Esteban, à dormir ! Il me fait les gros yeux. Je pose la main sur le micro du téléphone et lui explique :

 

— C’est une patiente, tu sais, Yveline, son mari était donateur à la soirée de remise des prix. Elle m’a invitée avec mon mari à son gala de charité, ce soir pour la soutenir, car le sien est en déplacement.

— Dis-lui, oui !

— Mais je n’ai pas envie d’aller à cette soirée, avec Carl.

— Qui t’a dit que tu irais avec ton mari ? C’est avec moi que tu y vas.

— Tu n’es pas mon mari et tout le monde te connaît. Crois-tu que ce soit sérieux ?

— Ta patiente Yveline, a déjà compris ce qui se passe entre nous, et dans peu de temps, tu seras entièrement à moi. Ce soir, je serai ton cavalier, pas ton mari.

— Je n’ai rien à me mettre, argumenté-je, dans une dernière tentative, pour éviter cette soirée.

— On ira te trouver une robe, dans la journée, clôt-il.

Je me sens émoustillée à l’idée de faire passer Esteban pour mon mari.

 

— Yveline ? Très bien, nous y serons.

 

Esteban s’éclipse quelques instants dans son bureau et revient avec un paquet dans les mains.

 

— Donne-moi une heure pour régler quelques affaires. Voici un cadeau pour te faire patienter.

 

Je défais le ruban et découvre les cinq tomes suivants de « Je te hais ». Quelle gentille attention, j’arrive à la fin du tome 1 et vais pouvoir commencer le 2 tout de suite. La vie de Lucy est aussi désordonnée que la mienne mais elle s’en sort mieux que moi. Peut-être devrais-je prendre exemple sur elle. Je me tourne vers Esteban, en le remerciant de son geste et du temps qu’il m’accorde.

 

— Je suis désolée, je prends tout ton temps, je t’empêche d’aller conquérir le monde.

 

Sa main qui me caresse le visage pour toute réponse, sent bon le gel-douche.

— Viens prendre une douche avec moi.

— Tu viens déjà d’y aller et je ne m’en sens pas la force, j’ai envie de rester couchée, encore un peu.

— Oh non, hors de question, lève-toi ! Il me tend la main.

— Je n’ai pas envie, vraiment, réponds-je, l’air boudeur.

— Tu te lèves, tu te douches et tu t’habilles.

— Mais pourquoi ? Je n’ai pas envie d’aller travailler.

— Ernest va aller avec toi au cabinet et tu vas prendre tes patients, du samedi matin comme d’habitude.

— Comment veux-tu que j’écoute les malheurs des autres alors que je ne fais que pleurer ?!

— Alors annule. Ernest peut passer chez toi récupérer ton ordinateur et quelques affaires, comme ça tu restes là, ce matin. Je prends mon après-midi et on ira faire les boutiques pour trouver ta robe de cocktail.

 

J’acquiesce, de toute façon, le samedi matin, les enfants sont au sport, Carl ne sera pas rentré avant 11h30, et pour une fois, il va comprendre ce que je vis tous les samedis matins. Je donne ma clé à Ernest, je lui dis que mon ordinateur est sur la table de la cuisine, mon chargeur dans le salon dans le tiroir de la table basse, et mon attaché-case à l’entrée. Ernest est très professionnel, droit, intègre, il prend la clé et sort. On arrive dans la chambre, je me dirige vers ma salle de bain quand Esteban me retient par la main.

 

— Pas si vite Madame. Vous n’allez pas vous doucher toute seule !

Il me tire par le bras pour aller dans sa douche. De là, je remarque que je suis toujours en sous-vêtements sous mon négligé en soie, apparemment Esteban ne m’a pas touchée cette nuit. Je lui en fais la remarque en me déshabillant et en posant les yeux sur mon corps.

 

— Non, je n’ai pas abusé de toi, cette nuit, tu étais trop malheureuse, cela n’aurait pas été correct !

 

Je le remercie de cette délicatesse, mais une partie de moi aurait aimé qu’il en abuse. Il s’approche avec son regard de braise et pose ses mains sur mes épaules.

 

— Laisse-moi faire.

 

Il fait glisser mon négligé et le laisse tomber par terre, je pose instinctivement mes mains sur mes seins, il va me voir avec des sous-vêtements dépareillés, telle une femme qui ne cherche plus à plaire à son mari. Au contact de mes mains sur mon soutien-gorge, je suis étonnée de la douceur que cela me procure.

 

— Il est très beau cet ensemble, il est neuf ? me dit-il en m’embrassant le cou.

 

Je ne rappelle même plus l’avoir mis, la vendeuse m’a encouragée à l’acheter car il allait parfaitement avec mon teint hâlé, a priori c’est un succès. Délicatement, Esteban effleure mes épaules en glissant les bretelles de mon soutien-gorge ; puis dans un geste doux et lent, il m’attire les mains dans le dos et enroule les deux lanières autour de mes poignets, il enlève ma culotte et me retourne contre la paroi de verre. Je suis toute émoustillée, que de sensations nouvelles ! Je le laisse faire. Mes seins reposent sur la surface froide, mais je ne bouge pas. Je me dis qu’il sait ce qu’il fait et surtout, c’est tellement bon. Il me colle, me serre et puis, d’un pied m’écarte les jambes. Je me retrouve à sa merci, ligotée, les jambes écartées, incapable de bouger, de toute façon je n’ai pas envie de bouger. Je suis une morte vivante, il faut me ranimer et il est le seul à pouvoir le faire.

Je le laisse m’empoigner et prendre possession de mon corps. Dieu que c’est bon ! Il m’assaille, il me tire sur les poignets, m’embrasse les cheveux. Il respire avec moi, dans mon cou, dans mon oreille. Je sens sa respiration s’accélérer au fur et à mesure qu’il me contrôle. Je me laisse aller dans cette délicieuse appartenance, cette délicieuse soumission. Mais pourquoi n’ai-je jamais été tentée par la soumission ? Peut-être par peur ? Peut-être fallait-il tout simplement que je trouve un homme assez fort pour prendre le contrôle et installer des limites pour deux ? Peut-être fallait-il que je tombe sur un homme ayant suffisamment de respect pour une femme, pour l’emmener sur un chemin non éclairé et accepter qu’elle se lâche ? En effet, il me fallait un homme comme Esteban, sûr de lui, expérimenté, ayant envie de satisfaire sa partenaire et assumant ses fantasmes.

 

— Ne crains rien, je suis là maintenant, je suis avec toi. On s’est trouvés, aie confiance, me souffle-t-il à l’oreille.

 

J’acquiesce de la tête, je ne peux pas parler. Tout est très fort, très puissant, je suis dans une bulle de plaisir qui me submerge. Il me plaque un peu plus vigoureusement contre la paroi, pose ses mains sur mes hanches et tire mes fesses à lui en me cambrant le dos, et il me pénètre, très loin. « Oui continue, oui… ! » et je me laisse envahir par un orgasme dévastateur. Je crie dans la douche, un cri qui n’est pas le mien, une voix qui n’est pas la mienne, je ne me reconnais pas. Je me laisse faire, je le laisse faire. Il me rejoint dans l’instant qui suit, crie contre mon cou en me pressant les fesses. Je le sens très présent, beaucoup plus présent, j’ai l’impression que nous ne faisons qu’un corps, lui-moi, moi-lui, nous. Nous respirons à l’unisson, nous sommes un. Pourtant dans cet instant de bestialité, on pourrait croire que l’un des deux prend le pouvoir sur l’autre, mais non, c’est un accord intime, mutuel, sans mot, juste un accord de deux corps qui acceptent ce jeu de pouvoir pour se libérer. Je consens à cela aujourd’hui. Je laisse tomber ma garde et franchir mes limites et je l’accueille en moi. Il jouit très longtemps et j’ai la sensation de lui donner du pouvoir sur ma vie, de lui dire Oui… Nous nous possédons l’un et l’autre, nous nous appartenons, il est moi à l’intérieur de lui et je suis lui à l’intérieur de moi, une fusion explosive. On se connaît, on se reconnaît.

Toujours sous l’eau qui coule, je le prends par surprise, pendant qu’il retire son préservatif, je le retourne et m’autorise à lui frotter le dos. Sur le moment, il n’est pas d’accord et proteste. J’enroule alors mes bras autour de son torse et embrasse ses épaules, tout en lui soufflant :

 

— Aie confiance.

— J’ai confiance, mais je n’aime pas avoir quelqu’un dans mon dos.

— Ce n’est que moi ! dis-je pour le rassurer.

 

Il pose ses mains sur la paroi vitrée et je sens ses phalanges se crisper, pourtant il me laisse faire. Essayant de garder le contrôle de la situation, sa main gauche descend sur ma fesse, je dois m’écarter pour qu’il ne me touche pas.

 

— Non Esteban, reste tranquille ! On a déjà fait l’amour, ça suffit pour aujourd’hui.

Il se retourne et se colle à mon corps, me plaquant contre le carrelage de la douche.

 

— Et puis quoi encore ? Je décide quand on aura assez baisé !

 

Il coupe l’eau. Tout en posant ses mains sur mes fesses, il me soulève, passe mes jambes autour de sa taille et se dirige vers la chambre. On est tout mouillés et j’ai froid. Malgré mes plaintes, il continue et m’embrasse dans le cou, m’empoigne les fesses, et me jette sur le lit. Je suis abasourdie. Je ne m’étais pas préparée à tomber en arrière, j’ai la tête qui tourne quelques secondes. Mes cheveux dégoulinent dans mon dos et sur le couvre-lit en satin, mais je m’en moque, je n’ai d’yeux que pour Esteban. Il se tient debout devant moi dans toute sa gloire : nu, tout luisant, les muscles saillants et en érection, tel un dieu païen de la virilité. Il me dévisage avec son regard de fauve qui a trouvé sa proie et prend sa voix la plus autoritaire :

 

— À plat ventre !

 

J’esquisse un tout petit mouvement de rébellion en faisant la moue. Je me mets à genoux et je le tire à moi, il tombe sur le lit et rigole. Je parviens à le retourner sur le dos et me mettre à califourchon sur lui, puis lui attrape les poignets que je lève au-dessus de sa tête, il se laisse faire.

 

— Alors, Madame veut prendre le contrôle ?

— Oui, m’aventuré-je timidement.

Mais cela n’a d’autre effet que de lui faire reprendre les choses en main. Il me pousse sur le lit en me saisissant par la taille, je tombe sur le dos et essaie de me défendre, en vain.

 

— Fini de jouer !

 

Il attrape une de mes chevilles pour me retourner, je me retrouve à plat ventre. Quelle force ! Tout mon corps palpite. Il m’agrippe les mains et me les plaque dans le dos. Je me retrouve le visage collé au matelas et aucune possibilité de prendre appui sur quoi que ce soit. De sa main gauche, il maintient les miennes.

 

— Alors, qui a le contrôle ?

— Toi !

— Comment ?

— Toi Esteban !

— Voilà ma douce, c’est bien. Il frotte la paume de sa main sur ma fesse, je sens qu’il va la faire rougir. Qu’est-ce que tu veux Emma ?

 

Je déglutis, j’attends. Jusqu’où va aller sa patience ? Et la mienne ? Je trouve cela très excitant, mon vagin s’ouvre, tout commence à crier en moi. Et là, une déferlante de claques s’abat sur mes fesses qui rougissent instantanément. Les picotements de ma peau enflammée m’excitent et me font en redemander.

— Continue ! le supplié-je.

— Je ne sais pas ce que cela veut dire ! Une dernière fois Emma. Qu’est-ce que tu veux ? Dis-le !

— Baise-moi !

 

Il attendait juste ces petits mots, je l’entends arracher l’emballage du préservatif, puis sa queue se pose sur mes lèvres déjà très mouillées quand d’un coup, il rentre violemment, brutalement. Et même si j’ai l’impression d’être déchirée de l’intérieur, c’est dans une exquise jouissance que je le laisse m’envahir. Mon corps est parsemé d’électricité, parcourant la longueur de mon dos jusqu’au sommet de ma tête. Tout devient électrique.

 

— Tu aimes ça quand je t’attache, quand je prends le contrôle ?!

 

Il m’appuie sur les mains en guise de « vas-tu répondre ? ».

 

— Oui, lancé-je essoufflée.

— Tu sais pourquoi tu aimes ça ?

 

Je n’ai pas le temps de lui répondre qu’il enchaîne :

 

— Tu aimes ça parce que tu as confiance, parce que tu sais que tu peux te lâcher, que je te soutiendrai, que je t’accompagnerai, que jamais je ne te laisserai, que jamais je ne te blesserai et parce que je suis l’homme qu’il te faut. Et grâce à toi, je peux aussi m’ouvrir. Ensemble, on ouvre une porte intime, une porte ultime à notre amour, dont nous seuls avons la clé et cette puissance-là nous permet d’être créateurs dans nos vies, de générer une force qui nous dépasse et que tu n’avais encore jamais rencontrée avant moi. C’est pour ça que tu te laisses faire, c’est pour ça que tu me laisses faire ! Parce que moi seul peux t’apporter cette énergie, parce qu’ensemble, on devient un seul corps, un seul orgasme, une seule puissance.

 

Ces mots très forts, je les respire, m’en imprègne, ils se gravent en lettres d’or au plus profond de moi, dans mes organes, dans mes os, dans tout mon être. Effectivement, je me sens forte à ce moment, belle et aimée. J’appartiens à quelqu’un et quelqu’un m’appartient. Je suis unie à moi-même, entière, forte au-delà de toute puissance, et surtout au bon endroit, avec la bonne personne, au bon moment. Cette sensation d’immensité me fait venir les larmes aux yeux, en un instant mon orgasme explose. Esteban le sent, il me lâche les mains, m’appuie sur les épaules pour que je reste bien cambrée.

 

— Ne bouge pas, me dit-il d’une voix suave. Ne bouge pas.

 

Et d’un seul coup, sa jouissance accompagne la mienne. Nous nous retrouvons dans un monde au-delà de toutes limites, unis, fusionnels, l’un dans l’autre mélangés, deux énergies qui ne forment plus qu’une seule couleur, une seule odeur, une seule existence. Il est à moi, je suis à lui, il est en moi, je suis en lui. Nous existons au même moment parce que l’autre existe à cet instant. On s’allonge en chien de fusil, lui toujours à l’intérieur de moi.

 

— Ne me quitte pas, lui dis-je dans un murmure.

— Jamais, me promet-il en me caressant les cheveux.

 

Je pleure de bonheur, de cette rencontre inespérée. Il se colle un peu plus à moi, m’enserre de ses bras puissants et m’embrasse le cou.

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