Affranchis-moi T1

Eva Adams · Chapitre 24 sur 32

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Affranchis-moi T1

Chapitre 24

 

À peine les portes fermées, je m’écroule sur le canapé, fatiguée par toutes ces émotions et par ce qui nous attend demain. Je commence à enlever mes escarpins, mes pieds sont épuisés eux aussi.

 

— Remets ça tout de suite !!!

 

Esteban est dans l’encadrement de la porte, il me regarde, depuis combien de temps ? Je n’en sais rien mais il est beau et a l’air serein.

 

— Je suis fatiguée Esteban.

— Oh non ma douce, la journée n’est pas finie. Viens là !

 

Il m’attire vers lui et me masse délicatement le dos, je suis lovée au milieu de ses bras, ses mains chaudes parcourent chaque centimètre de ma peau endolorie en guise de détente.

— Raconte-moi Emma.

— On se connaît depuis quatre jours Esteban, je n’ai pas envie de tout te dire.

— Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui te retient ?

— J’ai peur que tu aies une mauvaise image de moi et que tu me rejettes.

— Arrête Emma ! Je n’aurai jamais une mauvaise image de toi et rien ne sera assez fort pour nous séparer.

— Tu ne me connais pas, j’ai des zones d’ombre.

— Ma douce, je te connais, et j’ai aussi des zones d’ombre.

 

On s’assied sur le canapé, je tente à nouveau de me déchausser mais je me prends une claque sur la fesse.

 

— Remets ta chaussure tout de suite !

— Pourquoi ?

— La soirée n’est pas finie et tes chaussures te seront utiles.

 

Malgré ma fatigue, je suis soulagée qu’il ait un plan pour la fin de soirée, je peux donc profiter encore un peu d’être avec lui, avant qu’il ne me congédie lorsqu’il connaîtra toute l’histoire avec Jules.

 

— Déshabille-toi ! Enlève ta jupe et ton chemisier mais garde tes escarpins, on sort.

— Je ne vais pas dehors en pareille tenue ?!

— Mets ça ! Il me tend un pardessus noir qui arrive à mi-cuisses.

— Mais tu ne vas pas oser me faire sortir en sous-vêtements ?! Tout le monde va… savoir que je suis en porte-jarretelles et soutien-gorge, sans culotte ! N’importe qui pourrait me voir.

— Personne n’en saura rien, on va aller faire un tour en voiture et ensuite, on sera dans un lieu à l’abri des regards.

— Et toi comment comptes-tu t’habiller ?

— Comme je suis.

 

Il est vêtu d’un jean et d’un tee-shirt noir moulant qui fait ressortir sa musculature. Il passe rapidement ses mains dans ses cheveux et se plante devant moi dans une posture théâtrale, il fait beaucoup plus jeune, plus sexy aussi et plus vulnérable, que derrière son costume.

 

— Si je comprends bien, nous n’allons pas dans un endroit où des journalistes pourront être présents.

— Bien joué Sherlock ! T’es prête ?

— Oui, je pense.

 

Je ne suis pas rassurée, on est toujours sortis dans des lieux où il y avait beaucoup de monde et en étant habillés sur notre 31, mais là je suis en sous-vêtements sous mon pardessus et lui est en jean. Où va-t-on ?

— Choisis une clé !

— La rouge.

— Très bon choix Madame. Je vois que tu aimes la puissance !

— J’ai un homme avec un super moteur.

 

On descend au sous-sol et j’ouvre les yeux sur un parking de voitures de luxe, des couleurs magnifiques, des formes que je n’ai jamais vues, ouah.

 

— Elles sont toutes à toi ?

— Non, elles appartiennent aux propriétaires de l’immeuble, mais à New York j’ai toute ma collection, tu seras ravie.

— Je n’en doute pas.

— À ton avis, c’est laquelle ?

 

Toutes pourraient lui appartenir. Il appuie sur la clé, une voiture sonne derrière nous. Énorme… la voiture typiquement masculine, féline, de couleur noire et rouge, une bombe qui doit honorer Esteban à chaque demande.

 

— C’est une Ford Mustang, elle n’est pas encore sur le marché, c’est un prototype.

— Qu’est-ce qu’elle est belle.

— C’est pour ça que je l’ai choisie, pour ses courbes généreuses, sa puissance, son confort, son côté rebelle, et surtout elle m’obéit !

 

Il m’ouvre la porte, me met une claque sur les fesses et me fait monter dans la voiture, je lui souris, charmée.

 

— De plus en plus docile, j’aime ça !

 

Il monte à côté de moi, boucle sa ceinture et la mienne puis pose un baiser dans mon cou.

 

— Accroche-toi bébé, ça va décoiffer.

 

J’ai des papillons dans le ventre, ma peau se parsème de chair de poule. Je ne sais pas à quoi m’attendre, mais mon corps lui, s’attend à de l’extraordinaire si j’en crois l’appréhension qu’il véhicule dans mes veines. Malgré tout, cette voiture donne un sentiment de protection, les sièges sont plus masculins, plus hauts, il y a plus de place que dans la Ferrari et la couleur noir mat des cuirs et du tableau de bord lui confère un aspect chic et glamour. Je regarde Esteban, il est comme un enfant, des étincelles dans les yeux. Il me jette un regard rapide et dans un clin d’œil, donne un tour de clé. Mon Dieu, cette voiture va décoller, elle fait un bruit d’enfer qui se propage dans les sièges, je sens ses vibrations jusque dans mes fesses et mon dos.

 

— Ouah ! C’est le seul son que j’arrive à sortir.

— Ça te plaît ?

— Cette voiture est très excitante.

— C’est exact, mais pas autant que toi, me dit-il en me caressant la joue de l’index.

 

Il démarre, je suis collée dans mon siège, je ferme les yeux, l’extase, tout mon corps sent le ronronnement du moteur. Je commence à comprendre pourquoi les hommes aiment les voitures qui font du bruit, c’est enivrant et palpitant et surtout cela donne une sensation de toute-puissance, la sensation que rien ne peut nous arriver. Arrivé au périphérique, il accélère et resserre sa main sur ma cuisse. J’ai l’impression d’être dans un autre monde, j’ouvre les yeux, je veux tout voir, cette voiture m’émoustille, j’ai des ailes, je veux qu’il aille plus vite. Il écarte mes cuisses, je les resserre.

 

— Laisse tes jambes écartées.

— Pourquoi ?

— Parce que je le veux !

 

Le cocktail voiture surpuissante, moteur vrombissant et sous-vêtements sous un pardessus m’enflamme. Il pose sa main sur mon sexe mouillé et me guette.

 

— J’ai envie de toi, tu m’excites habillée comme ça dans ma voiture.

J’aimerais qu’il s’arrête et me prenne sur le capot brûlant. Le bruit du moteur est tellement puissant que j’ai du mal à me concentrer à la fois sur la route et sur ses doigts qui me cherchent.

 

— C’est moi qui te fais cet effet ou la voiture ?

— La voiture bien sûr, lui dis-je en souriant intérieurement.

— Tu ne vas pas me dire que ce bon vieux truc marche encore sur les femmes d’aujourd’hui ? s’étonne-t-il, un rien vexé.

— Faut croire que si.

— OK, je vais t’en donner pour ton plaisir, et il s’engouffre sur l’autoroute.

 

Cette fois, je fixe la route, je veux voir où on va. Il roule vite, trop vite même mais rien n’arrête Esteban Cruise, pas même les radars. J’ai l’impression qu’on traverse une partie de la France, encore une forêt, très longue forêt, mais cette fois, nous débouchons sur une bâtisse noire avec pour seule indication un diamant lumineux de couleur pourpre apposé sur la façade. Pas de porte visible, nous entrons directement dans un garage immense, dans lequel des dizaines de voitures sont garées. Un voiturier nous attend. Le parking est très éclairé avec une enseigne lumineuse elle aussi, « Bienvenue au Diamant Pourpre ». Mon cœur s’accélère.

 

— On ne va pas là-dedans ?

— Pourquoi pas ?

— T’as vu comment je suis habillée ?

— Justement, c’est parce que tu es habillée comme ça que nous sommes venus ici.

 

À notre arrivée, une jolie jeune femme, trop jolie d’ailleurs, nous accueille avec un large sourire.

 

— Monsieur Cruise, cela faisait longtemps. Voulez-vous que l’on prépare votre table privée ? lui demande-t-elle, tout en lui caressant très lentement l’avant-bras et attendant nos vestiaires, avec lesquels elle finit par s’éloigner.

 

Il me regarde rapidement, je plante mes yeux dans les siens et croise les bras en guise de protestation. Non mais c’est qui celle-là encore ? Il l’a baisée aussi ? Vu la tenue et les talons, je n’en doute pas !

 

— Tu la connais ?

— Pas de la manière que tu penses.

 

Elle revient, se place à côté de lui et lui montre le chemin sans se soucier de moi, en effleurant son corps, je n’aime pas ça du tout. Caressant à nouveau son avant-bras du bout des doigts, elle ouvre la marche pour nous guider vers notre table.

 

— C’est quoi ce bordel ? Tu m’as dit que tu ne la connaissais pas !

— Erreur ma douce, choisis mieux les mots que tu emploies, je t’ai juste dit que je ne l’avais jamais baisée.

— OK, donc tout va pour le mieux ?!

— Tout à fait, je ne vois pas pourquoi tu t’emballes.

— Tu vas me dire où on est ?

— Dans un club qui m’appartient.

— Encore ? Tu ne serais pas un peu narcissique ? Tu ne fais confiance qu’à toi ma parole.

— Faux, j’ai confiance en toi aussi. Bon tu viens où tu me fais une scène ? On se donne en spectacle et tu sais que je n’aime pas ça.

 

Tout est calfeutré, tamisé, les odeurs sont subtiles, ça sent les huiles essentielles de vanille, d’ylang-ylang, de rose musquée, c’est enivrant et excitant. Des rideaux pendent des murs et desservent de petites alcôves avec des banquettes et des tables, certaines occupées par des filles très peu vêtues et des hommes enchantés. Je commence à comprendre dans quel club il m’a conduite et je doute d’avoir envie de me promener de ce côté du rideau. On nous installe au fond de la salle avec une vue imprenable sur la scène vide, qui ne joue qu’un air de musique des années 80. Je m’assieds face à la salle et la scène, un peu embarrassée.

 

— Prends celui-ci, me propose-t-il, en me montrant le fauteuil en face.

— Non, cela me rend nerveuse de ne pas voir ce qui arrive derrière moi.

— Pourtant quand c’est moi tu ne t’inquiètes pas ! Fais-moi confiance, ma douce.

— Ai-je le choix ?

Je prends place sur le fauteuil et n’ai comme vue qu’Esteban, mon bel Esteban.

 

— Je n’ai pas envie qu’on te saute dessus toutes les deux secondes, renchérit-il.

— Pourquoi veux-tu qu’on me saute dessus ? m’inquiété-je, à l’idée que nous ne soyons pas les seuls à savoir que je suis en dessous en dentelle et sans culotte.

 

Il se contente de jeter un œil à ma tenue, ce qui me rend très mal à l’aise. Pourquoi diable m’a-t-il amenée dans un club de strip-tease avec cette tenue-là, pour ensuite vouloir me protéger de tous les regards ?

La serveuse arrive vers nous, encore moins vêtue que l’hôtesse d’accueil, eh bien cela promet ! Elle lui demande s’il souhaite la même chose que d’habitude, ce à quoi il répond que oui. Je bouillonne, c’est quoi comme d’habitude ? Une pipe ? Une partie de jambes en l’air ? Vu la façon dont elle le regarde, je me doute bien que cela est en lien avec le sexe, mais Esteban n’a d’yeux que pour moi, il me dévisage et me scrute. Il affiche l’air mystérieux qui rend impossible de percer ses pensées et ses secrets, il me commande une coupe de champagne rosé, ma parole il veut me saouler ?

 

— Je préférerais un thé, lui dis-je doucement.

 

Elle pouffe dans son plateau.

— On n’a pas de thé ici Madame, nous n’avons que des boissons pour adultes !

 

Je suis estomaquée, elle vient de m’insulter en public ma parole ?! Je commence à me lever pour lui dire ce que je pense de sa tenue plus qu’outrageuse quand Esteban pose sa main sur mon bras et gronde :

 

— Je vous prie d’être polie avec ma compagne, Mademoiselle… ? Il attend qu’elle donne son nom.

— Laure, Monsieur.

— Savez-vous qui je suis Laure ?

— Un client très VIP, Monsieur.

— Je suis Esteban CRUISE, votre Patron.

 

Sur quoi elle devient toute rouge et se confond en mille excuses.

 

— Pardonnez-moi, je ne voulais pas être désobligeante, je tentais juste de faire un peu d’humour.

— Votre humour est mal placé. Dans mon établissement, ce genre de comportement est réprimandable, nous accueillons des personnalités, des gens qui veulent être discrets et obtenir un service de qualité. Qui vous a choisie comme hôtesse ?

— C’est Anne-Lyse, Monsieur.

— Très bien, appelez-la-moi, s’il vous plaît, et prenez vos affaires, vous êtes renvoyée.

— Mais Monsieur…

— Voulez-vous aussi un renvoi pour faute grave ?

— Non Monsieur. Excusez-moi, Madame.

— Y’a pas de quoi, lui dis-je plus que gênée.

 

Je me sens très mal à l’aise pour cette jeune fille, je ne pensais pas qu’il la licencierait sur-le-champ.

 

— Tu y as été un peu fort non ?

— Qu’elle s’estime heureuse que je sois de bonne humeur.

 

Ah il est de bonne humeur ? Ben tant mieux alors. Sur ce, celle que je suppose être Anne-Lyse, arrive.

 

— Monsieur Cruise, vous m’avez fait demander ?

— Je viens de renvoyer Laure. Elle a été désobligeante et impolie avec ma compagne. Est-ce vous qui l’avez choisie pour travailler ici ?

— Oui mais… elle était très bien.

— J’espère ne pas recevoir de plaintes d’autres clients. Je serais obligé de vous en tenir rigueur.

— Pardonnez-moi Monsieur, je ne me doutais pas qu’elle pouvait avoir un comportement déplacé.

— Soyez vigilante Anne-Lyse, je ne serai pas toujours aussi magnanime que ce soir.

— Bien Monsieur, cela ne se reproduira pas. Que puis-je pour vous ? Je vais m’occuper de votre commande.

— Comme d’habitude pour moi, une coupe de champagne rosé pour Madame et que l’on ne nous dérange plus de la soirée, merci.

— Bien Monsieur, dit-elle en s’éloignant à grands pas.

 

Mon Dieu, je suis devant un tyran, mais il est tellement beau quand il est mécontent qu’il me donne encore plus envie de lui.

 

— Quoi ? me lance-t-il.

— Je me disais que tu pouvais être effrayant quand tu t’y mets, mais que tu es très excitant avec cette autorité.

— Tu aimes mon ton autoritaire ?

— Parfaitement Monsieur.

 

Il pose sa main sur la mienne et son regard se fait tendre. C’est la première fois que je le vois comme ça. De son autre main, il vient délicatement jouer avec la dentelle de mon bas, tout en me déshabillant des yeux.

— Comment te sens-tu ?

— Ça va pour le moment.

— Tu te poses des questions ?

 

Je n’ai pas le temps de répondre qu’un inconnu s’approche de nous, un très bel homme avec la chemise ouverte, et des boutons de manchette révélant son statut d’homme d’affaires.

 

— Esteban ! Ça fait longtemps mon vieux.

 

Mon bel amant se lève à moitié et lui serre la main.

 

— Arthur, comment vas-tu ?

— Bien, et toi aussi à ce que je vois, en jetant un œil sur moi.

— Je te présente Emma, ma compagne.

 

Lorsque je me lève pour le saluer, Esteban passe sa main sous mon imper et me pince les fesses. Je me rends compte qu’elles sont à moitié à l’air, je suis mortifiée ; je referme mon pardessus en songeant aussi que je ne porte qu’un soutien-gorge. Je me rassieds humiliée, mais il garde sa main posée sur ma croupe. Je le surprends défiant Arthur du regard et je comprends à ce moment-là que ce dernier a tout vu. Malgré mes suppliques visuelles, Esteban n’enlève pas sa main, bien au contraire cela semble l’amuser. Arthur regarde cette scène, intéressé et impudique.

— Je peux me joindre à vous pour boire un verre ?

— NON ! dit sèchement Esteban.

 

Je suis étonnée du ton qu’il emploie, si c’est un ami pourquoi s’adresser à lui de cette façon ?

 

— Et quand pourrais-je connaître cette ravissante femme ?

— Je ne sais pas Arthur, il est bien trop tôt, reprend Esteban très calmement.

 

Trop tôt ? Mais il n’est que minuit et demi. Je ne comprends rien à cette discussion, j’ai l’impression d’être de trop.

 

— Veux-tu nous excuser Arthur !

— Très bien, je vous laisse les amoureux. Au revoir Emma et à très vite, j’espère.

— Au revoir Arthur, lui dis-je.

— Sois mignon, ferme le rideau en sortant ! le congédie Esteban.

 

Le pauvre Arthur, essayant de dissimuler son air vexé, s’exécute et nous isole du reste de la salle. Esteban me regarde en buvant une gorgée de son verre, l’œil vif et prédateur dans la représentation parfaite du mâle dominant.

 

— C’était quoi cette discussion ?

 

Il vient dans mon cou, m’enlace et m’embrasse tendrement, il a toujours sa main posée sur ma cuisse, je perçois son excitation monter. Je me sens dans les griffes d’un prédateur nocturne, incapable d’échapper à son attraction. Mon cerveau essaie de comprendre toutes les informations de la journée, toutes ces émotions vécues et croisées durant les dernières heures, trop dur, je n’arrive pas à tout classer. Je me laisse donc dominer par la situation et mon sensuel Esteban. Il ouvre mon pardessus fougueusement, mon corps est tout à coup exposé dans un endroit où des dizaines de personnes dansent, parlent et respirent à côté de moi.

 

— Arrête, tu fais quoi là ? paniqué-je, à l’idée que l’on me voie sans culotte.

— De quoi as-tu peur ma douce ? Le rideau est tiré, personne ne viendra nous déranger. Et on est chez moi !

— Ben justement, je préférerais ton appartement.

— Moi je te veux ici pour le moment.

 

Avec son pied, il m’écarte une jambe, je rabats l’autre, il recommence avec plus de force et d’autorité.

 

— On ne peut pas faire ça là, lui dis-je sans grand espoir d’être entendue.

— Bien sûr que si, il te suffit de te laisser faire, je m’occupe de tout.

 

Aussitôt dit, ses mains se posent sur mes cuisses brûlantes de désir, ses doigts s’insinuent en moi, mon corps est électrisé. Non ! Pas ici, c’est incorrect. Mais pourquoi mon corps ne se rebelle pas ? Et pourquoi c’est lui qui l’emporte sur ma raison ? Esteban dévoile ma poitrine et se met à la lécher, la sucer.

 

— S’il te plaît pas ici !

— Laisse-toi faire ma douce.

— On va nous voir…

 

Il lâche mes seins et vient m’embrasser goulûment en serrant mes cheveux dans sa main, m’obligeant à le fixer.

 

— Je décide où et quand tu jouis ! Tu te souviens, tu m’as accordé ta confiance.

— Mais…

 

Il pose son doigt sur ma bouche et reprend.

 

— Plus un mot ou je devrai te faire jouir tellement fort que tout le monde t’entendra. Cela ne t’excite pas de savoir qu’il y a des gens juste à côté ?

— Si, mais… si on nous voit…

— Et alors ? T’as jamais vu quelqu’un faire l’amour ?

— Bien sûr que non !

— Il faudra remédier à cela aussi.

 

Je n’ose plus parler, ses doigts se font très présents, il me titille le lobe de l’oreille, descend vers mon sein et en mord le téton. Ah… stop je vais jouir. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je me retrouve allongée sur la banquette en velours, les jambes écartées enroulées autour de sa taille. Il enlève la ceinture de mon pardessus.

 

— Lève tes mains !

— Non ! Il m’assène une fessée. Aïe.

— J’ai dit… Lève tes mains !

 

Il enroule la ceinture autour de mes poignets et l’accroche au portant sur le mur derrière moi. Sa respiration se fait plus forte, plus rapide, cela l’excite de me voir vulnérable dans un lieu public. Je suis ligotée, presque nue, les jambes enroulées autour de lui. Il va oser ! Il va me baiser là, au milieu de tout le monde. Il me pénètre rapidement, tout au fond de moi, je crie de surprise et de plaisir, il met sa main sur ma bouche.

 

— Doucement ma douce, crier trop fort est une invitation à venir regarder.

J’essaie de me dégager, non je ne veux pas qu’on me mate, mais une petite voix, au fond de moi, me dit « Vas-y, t’en meurs d’envie, dis-lui oui ! ». C’est terrible, je voudrais hurler de plaisir. Les odeurs, la musique, mes mains attachées, mon corps dévoilé, ce cocktail libère mon orgasme instantanément, faisant disparaître mes craintes. Peu importe que l’on me voie.

 

— Ne t’arrête pas, lui dis-je.

— Ce n’est pas mon intention.

— Ah… continue.

— Tu n’as pas peur qu’on te regarde ?

— Je m’en fiche, t’arrête pas !

 

Je lis un sourire sur son visage, comme s’il avait gagné une manche. Mon orgasme m’a ensevelie avec l’impression d’être dispersée dans la salle, dans cette musique. Il jouit, je l’accompagne en resserrant mes jambes autour de lui, il crie et se relâche.

 

— Oh ma douce, t’es incroyable ! Je ne pensais pas que tu accepterais tout ce que je te propose, tu vas au-delà de mes espérances et j’aime te voir comme ce soir, vulnérable et à ma merci.

 

Il m’embrasse et se retire, enlève son préservatif qu’il range dans la poche de son jean, s’assied à côté de moi, caresse mes cheveux, tendre et admiratif.

— Pourquoi m’as-tu emmenée là ? C’est fou ce besoin de baiser partout !

— Everywhere, every time !

— Mais c’est quoi ce club exactement ?

— C’est un club échangiste.

— Quoi ? Détache-moi, vite détache-moi, criais-je apeuré.

— Il ne peut rien t’arriver, les personnes qui viennent ici ne sont pas des sauvages.

— Je n’ai pas envie d’être dans un club échangiste.

— Bien sûr que si !

— Je ne veux pas te prêter à qui que ce soit.

— Qui a dit que cela me concernait ? interroge-t-il, une lueur féline dans les yeux.

 

Je ne réplique pas, il a compris que j’ai saisi ce qu’il veut dire, mais de là à venir ici, sans m’en parler en plus, je me sens un peu devancée. Je passe le trajet du retour les yeux fermés, bercée par le ronronnement de la voiture et repensant à ce que je viens de vivre. On rentre à l’appartement, je suis exténuée mais pourtant je n’ai pas envie de dormir. Il me déshabille lentement tout en m’embrassant la nuque, je frissonne.

 

— Tu devais me dire ce qui s’est passé entre toi et Jules.

— Je sais mais… je n’en ai pas la force.

— C’est sûrement difficile mais tu vas devoir me parler, ma douce.

— Je te promets de le faire mais pas ce soir, s’il te plaît.

 

Il me serre dans ses bras et pose son menton sur ma tête, tout en soupirant.

 

— Bien, allonge-toi maintenant et dors.

— Je n’ai pas sommeil, j’ai eu trop d’émotions aujourd’hui et je suis bien trop stressée.

— Je te propose quelque chose : je vais travailler dans mon bureau une heure et je reviens, en attendant prends ton livre.

— Non ne me laisse pas, j’ai besoin de te sentir contre moi.

— Très bien, mais tu me fais enfreindre une règle majeure.

— Ah oui laquelle ?

— Pas de travail au lit !

— Transgresse-la s’il te plaît.

— Je travaille un peu, tu t’endors et demain, on se lève tôt pour aller courir, d’accord ? Comme ça tu arriveras en forme et tu passeras haut la main cette fichue expertise.

— Tu n’es pas fatigué toi ?

— Non. J’ai une bonne hygiène de vie : je mange parfaitement bien, je dors le nombre d’heures dont mon corps a besoin, je fais du sport et j’ai un bon équilibre cérébral. Donc tu vois, tout va bien pour moi, j’ai de la réserve ! me dit-il avec un clin d’œil.

On s’allonge dans le lit, je me mets sur le côté, il se positionne derrière moi, m’enlace et m’embrasse les cheveux.

 

— On ne se quittera plus, jamais, tu m’entends ? Tu es à moi !

 

Ses mots m’enveloppent dans une étreinte qui me fait frissonner, je resserre mes mains sur ses bras et me collant un peu plus à lui, je m’endors.

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