Affranchis-moi T1
Chapitre 9
On entre dans son bureau et là je suis ébahie. C’est un grand espace lumineux qui s’ouvre sur une vue privilégiée de Paris, composé d’un bureau en acajou, d’un petit salon comprenant deux banquettes et une table basse sur laquelle un magnifique bouquet de fleurs nous offre ses parfums. Je lui demande ce qu’on fait ici.
— J’ai très envie de vous, me dit-il en se rapprochant dangereusement de moi après avoir posé sa veste sur une chaise.
— On vient déjà de… Il pose son doigt sur mes lèvres.
— Plus un mot, tu m’entends ?!
— Pas ici, on pourrait nous voir à travers les parois vitrées.
Je pense gagner du temps en disant cela mais c’est mal connaître Esteban Cruise. Il me prend la main et m’entraîne au fond du bureau, dans ce que je crois être le cabinet de toilette, pas du tout. On accède à un ascenseur dans lequel il n’y a pas d’étage indiqué. Il appuie sur un bouton et on monte quelques secondes, pour déboucher dans un appartement luxueux et baigné de lumière. Les parois sont aussi en verre, notamment pour la pièce d’entrée qui sépare du salon. Je ne le quitte pas des yeux, je suis subjuguée quand je réalise que cet homme doit être pris au mot, il n’exagère pas quand il dit posséder la moitié du monde. Il me fait passer devant lui, en me mettant une claque sur les fesses, je fais un petit bond en avant et avance dans le salon. Une immense bibliothèque est adossée au mur, un salon de couleur taupe et camaïeu de gris avec deux fauteuils et deux canapés trône au milieu de la pièce, une table basse en pierre et un tapis extrêmement épais complètent le tableau. Je regarde les ouvrages de la bibliothèque et suis étonnée de ne voir que des livres en français et des classiques de la littérature française.
— Vous comprenez la littérature française ?
— Je parle français, je vous rappelle, me remet-il à ma place.
— Je ne vous parle pas de lire le français mais de comprendre toutes les subtilités de la littérature française, ses allusions, ses métaphores, ses présupposés.
— La littérature française faisait partie de mes matières préférées lorsque j’étudiais en France. Ne dit-on pas que les Français sont les êtres les plus énigmatiques du monde ? J’ai voulu comprendre pourquoi. Ensuite, je suis allé à Cambridge. La littérature anglaise n’est pas mal non plus.
— Eh bien, ce n’est pas banal. Il n’y a pas assez de grandes écoles aux États-Unis ?
— Si bien sûr, mais je voulais voir le monde.
— Et les femmes, dis-je.
— Ça va de soi, répond-il sans gêne.
— Et dans cette grande bibliothèque, il n’y a même pas un livre érotique ?!
— Non, pas un.
— Je rêve ! Je viens de trouver le seul homme qui n’aime pas les livres pornographiques. Vous regardez des vidéos alors ?
— Non plus. Je ne suis pas homme à vivre par procuration, et j’aime les vraies femmes, pas celles qui sont plaquées sur une pellicule.
— Oui mais ça veut dire qu’il vous faut une femme pour chaque envie.
— Ce n’est pas ça qui manque, j’en ai plus d’une par envie.
— Oui, c’est sûr avec toutes vos groupies.
— Ces groupies ne servent qu’à me satisfaire alors que vous, Madame, c’est moi qui suis là pour vous satisfaire.
Il s’assied sur le canapé, pose sa cheville gauche sur son genou droit et le bras sur l’accoudoir. Il défait sa cravate et déboutonne sa chemise, son odeur est divine, je me demande comment il fait pour sentir toujours aussi bon. Je suis debout, je le regarde se dénuder sans bouger, on dirait un bonbon que l’on déballe et qui ne demande qu’à être mangé. À nouveau, il tape sa main droite sur le canapé :
— Venez vous asseoir avec moi.
Cette fois, je ne discute pas. Je sais pertinemment qu’il aura le dernier mot et si je veux être honnête, je dois avouer que j’aime bien qu’il prenne les choses en main. Il m’attire contre lui, me glisse un coussin sous la tête et me demande de mettre les jambes sur le canapé. Je n’ose pas, on dirait qu’il est neuf.
— Enlevez vos chaussures et mettez vos jambes sur le canapé.
— Non, je ne suis pas chez moi, je ne vais pas me vautrer dans votre canapé, et après nos ébats dans la voiture, j’aurais besoin d’une bonne douche.
— Levez-vous ! Je m’exécute sans attendre. - Vous allez vous doucher, je vous apporterai de quoi vous sécher et vous essaierez ce que vous avez acheté chez Divine Lingerie.
— Non ! Ce n’est pas pour vous !
— Regardez-moi, Emma.
Je suis à quelques centimètres de lui et l’observe, il passe sa main dans mes cheveux, me les tire d’un coup et m’embrasse avec ardeur.
— Vous méritez une punition, Madame, qu’est-ce que je vous ai dit ? Pas de mensonges !
J’arrive juste à balbutier :
— Oui, Monsieur.
Je me lève, attrape mon téléphone et la pochette Divine Lingerie, il me met une claque sur les fesses et m’accompagne à la salle de bain en traversant un long couloir et une chambre.
— Vous ne venez pas avec moi ?
— J’ai ma propre salle de bains.
— Ah bon, on ne prend pas une douche ensemble ?
— On le fera quand j’estimerai que vous êtes prête !
— Prête pour me doucher avec vous ?
— Prête pour baiser sauvagement dans une douche !!!
J’entre dans la salle de bains et à mon grand étonnement, l’aménagement est très féminin, avec deux vasques en forme de galet et une baignoire creusée dans le sol, superbe, en galets blancs. Au fond de la pièce une douche à l’italienne, elle aussi couverte de galets blancs, m’invite à me dénuder. De grands miroirs, fixés au-dessus des deux vasques et devant la baignoire, me renvoient l’image de ma transformation. L’odeur est fraîche, c’est un mélange de lys blanc et de myrtille, tandis que des vases posés sur le sol apportent une touche zen à cet ensemble.
Je profite de ce moment d’intimité pour envoyer un SMS à Camille : « Changement de programme, je vais être “prise” cette après-midi. » Je pense qu’avec cette allusion elle comprendra pourquoi je ne l’ai pas attendue. « Peux-tu, s’il te plaît récupérer les enfants et les ramener à la maison, je te revaudrai ça. Je te rappelle ce soir pour tout t’expliquer. Bisous. » Puis, j’entre dans la douche, me déshabille et pose mes vêtements sur le portant, appuie sur le bouton et en fais jaillir un jet d’eau colorée, accompagné d’une musique relaxante. Cet homme sait comment plaire à une femme, il pense à tout le confort. En quelques secondes, l’eau est chaude et un thermomètre digital permet de choisir la température idéale, quand celle-ci convient, elle se colore en violet ; si c’est trop chaud, c’est rouge et si c’est trop froid, c’est bleu. Je me glisse dessous, me mouille les cheveux et prends le shampooing sur le présentoir. Tiens ?! C’est le même que le mien, celui qui m’a coûté un bras. Je me lave les cheveux dans des gémissements très suggestifs, j’applique l’après-shampooing que j’ai convoité en boutique, mais que je n’ai pas acheté car bien trop cher et le laisse poser sur ma tête. Pendant ce temps, je répands sur mon corps le gel-douche de la même marque, un vrai bonheur... Il faut vraiment que je me l’offre. « La femme qui a laissé ces produits a de très bons goûts ». Je chasse cette idée, je ne veux pas penser à toutes celles qui ont pu passer par là. Une fois rincée, je trouve des serviettes posées sur le portant de la douche, pourtant je suis sûre qu’elles n’y étaient pas quand j’y suis entrée. J’en enroule une autour de mes cheveux, une autre autour de ma poitrine, et ouvre ma pochette Divine Lingerie. Je mets le string et le soutien-gorge. Quel bonheur, ce soutien-gorge ! Je remonte ma poitrine avec mes mains et d’un coup, je suis fière de mes seins, trois grossesses et toujours de beaux seins. J’enfile le porte-jarretelles et passe une éternité à accrocher les bas aux clips. Une fois habillée, je me regarde et rougis. Je ne peux pas sortir comme ça, je ressemble à une pute ! Je me recouvre avec le seul peignoir accroché derrière la porte. Grrrrr, il est en soie, je n’aime pas cette matière, mais je ne pourrai pas me présenter comme ça, devant un homme que je connais à peine. Ce peignoir est superbe, violet avec des fleurs de cerisiers dans le dos, le même violet que la robe que je portais lors de la soirée de remise de prix. Je sors de la salle de bain et il est là, assis sur le canapé, le pied gauche sur son genou droit, les bras posés sur le dossier et l’accoudoir, dans la posture de l’homme d’affaires décontracté. Il me regarde, il m’attend, vêtu d’un pantalon en lin blanc, torse nu, les pieds nus. Je suis un peu fébrile et pas très à l’aise.
— Ouah… vous êtes superbe ! s’exclame-t-il, ses mots outrepassant sa maîtrise habituelle.
— N’exagérez pas quand même, réponds-je, le rouge me montant aux joues.
Il tapote le canapé de sa main, je comprends que je dois venir à lui.
— Allongez vos jambes sur le canapé.
— Je vais avoir froid habillée, déshabillée, comme ça.
— Arrêtez ! Vous ne vous cacherez pas, vous l’avez fait pendant des années. Moi je veux tout voir.
Je pose ma tête sur ses jambes et il passe sa main dans mes cheveux, il sent mon parfum préféré, vétiver, bergamote et gingembre.
— Vos cheveux sont doux et sentent bon, cette odeur vous va bien.
— Vous remercierez la femme qui a laissé ses cosmétiques, dis-je pincée.
— Aucune femme n’est jamais entrée ici. Ces produits de beauté, je les ai achetés pour vous.
— Vous êtes allé m’acheter des cosmétiques ?
— Pas tout à fait, j’ai mandaté mon assistante.
— Vous la remercierez.
Je ferme les bras sur ma poitrine, vulnérable dans cette tenue. Les pans du peignoir sont coincés entre mes jambes. Il pose sa main sur ma cuisse, sort mon livre et reprend la lecture. Je ferme les yeux et suis envoûtée par sa voix qui me berce, quand d’un coup il le ferme bruyamment et le pose sur la table basse.
— Oh non… c’était bien, continuez.
— J’ai prévu autre chose ! Levez-vous, je vais vous faire visiter l’appartement.
Il prend ma main et m’attire dans la cuisine, immense, lumineuse, le rêve de tout cordon bleu.
— Ah quoi bon une telle cuisine ? Un homme de votre statut doit manger au restaurant tous les jours.
— Pour votre gouverne, je cuisine, Madame ! Et français, s’il vous plaît ! se rengorge-t-il.
Nous contournons l’îlot central et nous traversons un couloir qui mène à une salle de sport. Et quelle salle de sport ! Tapis de course, vélo elliptique, banc de musculation, sac de boxe et au centre, un grand tapis ressemblant à un tatami.
— Pourquoi y a-t-il un tapis ?
— Les combats.
— Les combats de quoi ?
— Du Sanda. C’est un art martial chinois, une boxe particulière. Il faut toucher l’autre ou le faire tomber, tandis qu’il doit conserver sa stabilité tout en essayant de toucher son adversaire. C’est très physique et libérateur, mais surtout c’est du self défense.
Nous ressortons et empruntons à nouveau le couloir, jusqu’à une grande bibliothèque. Hum… j’adore cette odeur de pages usées par les mains qui les ont tournées, tous ces neurones couchés sur la cellulose et ces couleurs disposées avec goût, tous ces mots mis bout à bout pour raconter des histoires… Je suis perdue dans mes pensées, quand tout à coup Esteban claque des doigts devant moi.
— Eh oh, on se réveille !
— Excusez-moi, j’adore les livres.
— Je ne vous ai pas emmenée ici pour les compter.
On termine par sa chambre, celle que j’ai traversée pour aller à la salle de bains sur la droite, un lit immense recouvert de satin noir, avec une couette épaisse et moelleuse et des oreillers de couleur écrue, et une seconde salle de bains sur la gauche, tout en bois avec des notes musquées et boisées, très masculines. J’en conclus que c’est la sienne, car elle est attenante à son gigantesque dressing qui ferait pâlir n’importe quelle femme. Tout est rangé par couleur, les costumes en haut bien pendus, les chaussures impeccables en bas disposées sur des étagères et des tiroirs tous bien alignés, le contrôle jusque dans sa garde-robe. Il prend une télécommande et appuie sur un bouton qui fait baisser les volets électriques, juste suffisamment pour installer la pénombre. Il appuie sur un autre bouton et une musique douce sort des murs. Aucune chaîne hifi n’est visible pourtant, pas plus que les enceintes.
— Allongez-vous sur le lit.
— Non, je ne suis pas une de vos groupies à qui vous donnez des ordres.
Il me pousse doucement, pose ses doigts sur ma bouche :
— Fermez-la maintenant et allongez-vous !
Mon vagin fait des cabrioles, mon cœur est descendu d’un coup dans mon string et bat la chamade, mon ventre appelle au sexe.
— La porte est ouverte si vous voulez arrêter, mais si vous restez, vous n’en ressortirez pas indemne.
Je regarde la porte, dois-je fuir ? Malgré la tentation de quitter cet homme, je choisis d’écouter mon corps et je reste où je suis. Je m’allonge en me demandant si j’ai fait le bon choix, rajuste les pans du peignoir sur mes cuisses, et ferme les yeux pour valider ma décision.
— Mettez les bras au-dessus de votre tête !
— Pas encore… c’est humiliant.
— Bien sûr que non. C’est gratifiant, c’est excitant, c’est enivrant mais en aucun cas humiliant.
Je m’exécute, lève les bras et mon peignoir dévoile mes cuisses. Il pose ses mains sur mes pieds et les remonte tout doucement le long de mes jambes, dans des gestes lents et à peine effleurés. Ma peau se meurt, c’est tellement frissonnant. J’entends sa respiration de plus en plus rapide quand il prend mon pied et le pose sur sa queue.
— Vous sentez ce que vous me faites ?
— Oui, dis-je contente de mon petit effet.
— Vous me rendez fou.
— Mais je n’ai rien demandé.
Il me claque la cuisse.
— Taisez-vous, vous parlerez quand je vous le dirai !
Je soupire mais ne dis rien, je suis prise entre l’envie qu’il continue et l’envie de pleurer. Il poursuit son ascension sur mes cuisses, insinue ses doigts sous mon string et tire dessus, outré.
— Qu’est-ce que vous avez fait ???
— Quoi ?
— Il faut mettre le string en dernier, après le porte-jarretelles, sinon je ne peux pas vous l’enlever.
— Désolée, je n’ai pas l’habitude de m’habiller en prostituée, dis-je en rigolant.
Il me met une claque sur la fesse.
— Aïe !
— Attention aux mots que vous employez, me lance-t-il sérieux. Laissez-moi faire.
Il pose ma jambe gauche sur sa cuisse et défait doucement les attaches de mon porte-jarretelles, puis fait glisser le string sur ma jambe ; il m’embrasse le haut de la cuisse, je crois défaillir, il fait pareil de l’autre côté et m’enlève totalement le string. Il passe sa langue sur l’intérieur de ma cuisse mais j’ai le réflexe d’y mettre les mains. Il se lève d’un bond comme furieux mais son regard trahit son excitation.
— Puisque vous n’écoutez rien, je vais devoir vous punir !!! Il fouille dans mon sac Divine Lingerie et en sort une paire de bas. Il les examine d’un air lubrique. Quel dommage que vous n’ayez pas le temps de les essayer.
Il enroule le bas autour de mon poignet puis le passe autour du montant du lit et tire dessus, mon bras se lève, il fait la même chose avec l’autre, je suis totalement ligotée et à sa merci.
— S’il vous plaît, ne faites pas ça, dis-je dans un sourire sensuel qui trahit mon accord.
Il me redresse pour que je n’aie pas les bras trop tendus et ouvre le peignoir tout doucement en faisant glisser la ceinture sur mon ventre. Je me retrouve découverte, en porte-jarretelles et bas couture sur un lit qui n’est pas le mien et avec un homme qui n’est pas le mien. Je palpite et brûle d’envie de le sentir en moi.
— Ne bougez plus ! C’est compris ?
— Oui, dis-je tout bas.
— Il suffit d’un mot Emma, un mot et j’arrête et vous pourrez partir.
Je ne dis toujours rien, je le veux, en moi, maintenant. Je suis tellement excitée, je pourrais jouir s’il me soufflait dessus. Il écarte mes jambes avec ardeur, glisse ses mains à l’intérieur de mes cuisses et se met à me caresser les lèvres, frôle mon clitoris et me fait frémir, insère ses doigts et me fait crier.
— Arrêtez, lui dis-je timidement.
Il ne lève même pas les yeux vers moi. J’ai compris, le jeu est enclenché et tant que je ne dirai pas « le mot » il continuera. Je gesticule, un peu gênée d’avoir les bras attachés au-dessus de ma tête.
— Ne vous cachez pas, je veux vous voir. Vous êtes très belle comme ça, tout en déchirant l’emballage d’un préservatif.
Il s’allonge sur moi, passe mes jambes autour de sa taille et me pénètre d’un coup. Mon corps tout entier se cambre et se délecte de cette sensation. Ma respiration se saccade au rythme de ses va-et-vient, c’est trop bon. Il coince mes genoux sous ses bras, je suis ouverte devant cet homme, attachée aux montants du lit. Je sens l’orgasme arriver, il est là…
— Oui… Continuez, c’est trop bon… Il va plus vite et je le laisse exploser en moi et envahir mon ventre de son plaisir.
Allongé à côté de moi, il me détache juste des montants du lit, se colle dans mon dos et me serre dans ses bras. Je vais pour enlever les bas enroulés autour de mes poignets quand il m’ordonne :
— Ne touchez pas à ça ! Pas pour le moment.
Et il tire les bas pour faire passer mes bras derrière mon dos. L’envie de le sentir en moi revient d’un coup. Mais qu’est-ce qui se passe, on vient de faire l’amour à l’instant ?
— Je pourrais vous baiser toute la nuit, mais je ne sais pas si vous résisteriez longtemps.
Je me sens toute puissante à ses côtés, il me fait exister en tant que femme, même les mains attachées dans le dos et sous son contrôle, je vis. Je ne me suis jamais sentie autant en vie. Il tire sur les bas et me fait cambrer les reins, mon cou se retrouvant à sa merci, sa langue plonge dans mon oreille et tendrement il m’embrasse la nuque, le cou, les épaules. Je me laisse tomber sur le dos et sa bouche se referme sur mon sein, sa langue descend en zigzag le long de mon ventre, tourne autour de mon nombril, jusqu’à se loger sur mes lèvres, chaudes et humides. On vient de faire l’amour mais mon corps en redemande. Il glisse sur mon clitoris, puis aspire mes petites lèvres… la sensation est exquise. Je guette le moment où il remonte pour plonger dans les abîmes du plaisir, dès qu’il s’en approche l’orgasme arrive, mais comme s’il le savait il redescend, c’est cruel ! Je me tords pour qu’il revienne, je me cambre, mais il esquive à chaque fois. Mes gémissements n’y font rien, il continue sa torture. Intimement je l’appelle, « là, là ! ». Il m’attrape les seins, les serre fort et joue avec mes tétons, un supplice de plus. Je sens que je viens, que cet orgasme va être puissant, mon corps, empreint de notre désir précédent, fourmille de sensations.
— Pas maintenant ma douce ! me dit-il d’un ton autoritaire en arrêtant tout.
— Non, continue !!! Mon vagin humide crie, réclame, supplie. S’il te plaît, ne t’arrête pas.
Je sens son sourire sur mes lèvres, proche de mon clitoris. Il suffirait juste qu’il mette ses doigts en moi. Cela lui plaît, il voulait m’entendre le supplier et c’est ce que je suis en train de faire. Il exprime toute sa puissance, serre mes fesses dans ses mains, expire doucement sur mon sexe, la chaleur est douce et sensuelle, je pourrais jouir s’il continuait encore quelques respirations. Sa langue se fait à nouveau chercheuse, il arpente une lèvre puis l’autre, et les aspire. « Mon Dieu que c’est bon, encore ! ». Il met un doigt puis deux, ses yeux se font questionneurs, instigateurs, lentement il commence à insérer un troisième doigt puis s’arrête brusquement. Il m’embrasse l’intérieur de la cuisse et m’ordonne :
— Lève-toi ! dit-il, ton orgasme attendra.
— Quoi ? Pourquoi ? Mais non, ne me laisse pas comme ça !
Ne tenant aucun compte de mes supplications, il me laisse pantelante au bord du gouffre, attendant une délivrance qui n’arrive pas. Debout devant le lit, je me sens frustrée. Les bas pendent encore à mes poignets et je le regarde tel un animal affamé, il attrape les deux liens et me tire vers lui.
— Viens.
— Non, je veux jouir, j’y étais presque.
— Tu vois que tu commences à aimer ce que je te fais ! Je t’avais dit que tu me supplierais.
— Je vous croyais prêt à finaliser toute affaire commencée, Monsieur Cruise.
— Vous allez devoir apprendre la frustration, Madame !
— Je ne veux pas être frustrée, je veux jouir.
— Pas si je t’en empêche, me dit-il tout en tirant un grand coup sur les liens et en me calant entre ses jambes, debout, devant lui. Il me met une claque sur les fesses et attrape mon sein dans sa bouche.
— S’il te plaît, le supplié-je.
— Suis-moi !
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