Affranchis-moi T1
Chapitre 6
À l’issue de cette brève discussion, Esteban me prend par le bras et m’emmène, Jules tape des mains en silence et m’adresse un sourire qui en dit long. J’ai beau me débattre, la main qui enserre mon bras se referme un peu plus.
— Finis les enfantillages maintenant, attendez-moi là, je vais serrer quelques mains, embrasser quelques dames et je vous ramène.
— Mais je n’ai pas dit que je voulais partir maintenant.
— La soirée n’est pas finie. Ne bougez pas d’ici !
Je croise les bras, en signe de protestation. Je vois Jules au loin tout à ses négociations, je vais lui faire payer cette audace, il n’a pas fini de m’entendre. Décidée à lui arracher des excuses, je m’avance quand je constate qu’il est en grande discussion, je ravale ma colère et lui tape sur l’épaule. Il se retourne et me dit à l’oreille :
— Putain, Emma, c’est le genre de mec que tu attends depuis toujours, il va te faire monter au septième ciel. Avec lui, tu vas voir monts, merveilles, étoiles, et comètes. Rappelle-toi les bêtes de sexe qu’on était avant que tu sois avec Carl.
— Ce n’est pas pareil et tu le sais parfaitement.
— Fonce, ma puce, laisse-le te convoiter et si tu as envie de te lancer dans l’aventure, fais-le. Personne ne t’en voudra, ton mari te délaisse depuis bien trop longtemps.
Il m’embrasse et retourne à ses affaires. Esteban est derrière moi, je le sens, tout mon corps est électrisé, il m’attend. L’espace d’un instant, je suis encore tentée de refuser catégoriquement et puis je me dis que je n’ai pas envie de rentrer, c’est vrai, qu’est-ce que je ferais, chez moi toute seule ?
— Je voulais profiter encore un peu de la soirée, il est trop tôt pour rentrer chez moi.
— Je n’ai pas non plus précisé quand je vous ramènerai chez vous.
— Ah bon, et où va-t-on ?
— Vous verrez !
On traverse la salle de gala, des gens s’approchent d’Esteban, le saluent, lui glissent des mots dont je ne comprends pas le sens, des chiffres, des sourires, des « À bientôt ». Il continue à me tenir le bras et commence à me faire mal et me rendre mal à l’aise. On traverse le grand hall et on passe devant le vestiaire. Il s’y arrête et présente son ticket, prend son manteau et nous sortons sur le perron. Des voituriers s’affairent à polisher des voitures, toutes plus belles les unes que les autres. Je m’amuse à deviner quelle voiture un homme comme lui peut avoir, m’arrête sur une décapotable et me dis « trop facile », il a plus d’audace, une Porsche « trop attendu ». Voilà que se gare devant nous une limousine, je suis déçue… je pensais qu’il avait plus d’originalité. Il me sourit du coin de la bouche mais ne dit rien, qu’est-ce qu’il est prévisible, une limousine pffff. Puis, il me désigne une voiture derrière, je découvre alors un bolide, bleu ciel avec deux griffes blanches sur le capot. Je n’ai jamais vu une telle couleur et un tel charisme pour une voiture.
— Elle vous plaît ? C’est une Ferrari F430. Cette voiture détient tous les records. Schumacher l’a pilotée et gagné plusieurs courses à son volant.
— Celle-ci ?!
— Non, celle-ci n’est pas équipée pour les courses automobiles mais elle le pourrait, si je le voulais.
— Mais vous n’allez pas jouer à Schumacher ?
— Bien sûr que non, je ne vous mettrai pas en danger, sauf si vous me le demandez, réplique-t-il, en me faisant un clin d’œil.
Il m’ouvre la porte, je monte et découvre un intérieur en alcantara bleu nuit, doux et sensuel au toucher. Le tableau de bord est épuré, un volant avec le logo Ferrari au cas où on l’aurait oublié, c’est assez sobre, pas de fioritures... les sièges sont baquets, j’ai plus l’impression de me retrouver dans une voiture de ville, que dans une voiture de sport. Esteban me regarde, sourire aux lèvres, pose sa main sur ma cuisse et démarre, le cocktail voiture de sport et homme séduisant me donne la chair de poule. Tout mon corps vibre à l’unisson, je n’ai jamais rien ressenti de tel auparavant, il s’en aperçoit et ça l’amuse. Je ne dis rien, je ferme les yeux et me laisse envahir par les vibrations, quand soudain il accélère, je suis plaquée sur le siège et ne peux plus bouger. Il resserre sa main sur ma cuisse, je me laisse envahir par ce bruit qui se répand dans tout mon corps, n’arrivant même plus à entendre mon cœur battre. Il prend une bretelle qui nous mène sur l’autoroute et accélère de plus belle. J’ouvre les yeux après m’être habituée au bruit du moteur et aux sensations dans tous mes organes. Il me regarde et d’une voix calme et posée :
— Ça va ?
— Oui, pourquoi ?
— Pour être sûr. Vous voulez faire demi-tour et rentrer ?
— Non pas pour le moment, je veux continuer à me sentir hors du temps.
— Très bien, alors on continue ?
— Oui.
— Plus vite ?
— Oui.
Je me laisse griser par la vitesse, surprise de découvrir que la puissance de cette petite merveille me permet de me sentir hors de la vie et j’aime cela, je n’ai plus peur, ni de la voiture, ni de lui, ni de moi. Mon cœur se remet à battre dans ma poitrine, les afflux de sang reprennent, mon corps reprend le dessus et je crois qu’il en redemande. Esteban le ressent et accélère, je ferme les yeux plus fort, comme pour ancrer un peu plus les sensations en moi. Je veux tout ressentir et faire partie de cette puissance, la laisser me gouverner et m’emmener au-delà du monde dans lequel je vis. Je suis enivrée par la situation, la vitesse et mon excitation, je me sens comme dans mon rêve, le chevalier sauveur venant me chercher dans sa belle voiture et m’emporter loin de ma vie sans goût. Sa main remonte le long de ma cuisse, ses doigts touchent ma culotte très mouillée, me faisant sortir de ma rêverie, ça fait du bien de se sentir attirée et attirante. Je lui redescends la main à hauteur de mon genou, il comprend que je ne le repousse pas totalement, je me demande bien pourquoi d’ailleurs, quelque chose en moi me dit qu’il n’y a rien de mal et c’est ce moment qu’il choisit pour remonter sa main au milieu de ma cuisse.
— Vous voulez toujours avoir le dernier mot ? lui dis-je les yeux mi-clos.
Il ne répond pas mais sourit. Qu’est-ce qu’il m’énerve quand il fait ça, mais qu’est-ce qu’il est sexy aussi.
— La prochaine étape c’est quoi, pour vous remercier de m’avoir fait monter dans votre joujou, je vais devoir vous faire une pipe ?
— Ce n’est pas de refus mais quand vous le ferez, ce sera parce que vous en aurez envie, ou parce que je l’exigerai dans un jeu sexuel.
Il ne manque pas de culot ce con. Il a de la chance d’être aussi craquant parce que sinon je l’aurais planté là. En même temps, il est le seul homme à me parler de cette façon et j’avoue que ça me plaît et m’excite au plus haut point.
— Vous savez, Emma, vous méritez mieux. Je peux vous offrir la vie qu’il vous faut, parce que vous êtes la femme qu’il me faut, la femme qui est faite pour moi.
— Vous n’êtes pas l’homme qui est fait pour moi, Monsieur.
— Détrompez-vous, Madame ! Vous me désirez tout autant que je vous désire.
Je ne réponds pas parce que c’est vrai, tout mon corps est attiré vers lui mais je ne peux pas me laisser aller, je suis à deux doigts de craquer mais les conséquences seraient terribles, pour ma vie de couple et de famille. La route paraît silencieuse, comme si le monde s’était tu pour nous. Je pose mes yeux sur ses avant-bras dénudés et me sens encore plus émoustillée, qu’est-ce qu’ils sont beaux ses bras. Sa musculature, son teint doré, son odeur, la force qui s’en dégage me rassurent et me donnent envie de me lover contre lui. On prend une sortie dans une ville que je ne connais pas, j’attends de savoir où on va mais il ne me dit rien, il me regarde et cela devient gênant, il me scrute, il sait que je me questionne mais je ne lui ferai pas l’honneur de lui demander.
— Quand allez-vous quitter votre mari ?
— Je ne quitterai pas mon mari, je vous l’ai déjà dit.
— Bien sûr que si vous le quitterez ou c’est lui qui le fera. De toute façon, cet homme n’est pas l’homme qu’il vous faut et ça fait déjà longtemps que vous le savez. Ne vous mentez pas et ne me mentez pas, je déteste ça et pourrais devenir méchant.
Méchant ? Mais comment ? Ça veut dire quoi, qu’il pourrait être violent ?
— Je ne vous ferai jamais de mal, soyez-en sûre, mais le mensonge est la pire des trahisons, et vous êtes en train de vous leurrer ; c’est moi, l’homme qu’il vous faut !
— Si vous le dites, Merlin ! ironisé-je.
— Maintenant que vous avez mémorisé le contact de mes mains sur votre peau, mon odeur, mes intentions… vous n’arriverez pas à vous défaire de moi. Vous m’aurez dans la peau jusqu’à la fin de vos jours. Tout comme je vous ai dans la peau.
— Vous m’épuisez, Monsieur.
— Un p’tit café, ça vous tente ?
— Je ne bois pas de café ! répliqué-je, en remarquant qu’il esquive encore la discussion précédente.
Il tourne, s’engouffre dans une forêt, prend un petit chemin qui nous mène à un hôtel-restaurant, mais où sommes-nous ? Je ne sais pas combien de temps on a roulé, j’étais déconnectée du monde. Il se gare, il y a peu de voitures sur le parking. Il sort de la Ferrari et m’attend devant ma porte. Quel con, il ne m’ouvre même pas !
— Ce n’est pas la galanterie qui va vous étouffer !
— Vous m’avez fait remarquer que vous n’aviez besoin de personne, je n’allais pas vous contrarier.
Il m’énerve quand il a raison, je suis prise à mon propre piège. J’essaie de sortir, résignée à ne demander aucune aide, mais la voiture est tellement basse que j’ai besoin de lui, il le remarque et me tend sa main que je prends bien malgré moi. Il me scrute.
— Quoi ?
— Rien. Vous êtes comme je l’avais imaginé.
Arrivée dans le hall, je ressens tout de suite une vague de confort, comme si ce lieu m’attendait. Une jeune femme vient à nous, nous souhaite la bienvenue et remarquant Esteban, s’empourpre et baisse les yeux. Je regarde ce petit manège mais je ne comprends rien. Elle nous invite à la suivre, nous installe au fond de la salle et nous demande si nous souhaitons commander maintenant. Je n’ai pas le temps de voir la carte qu’Esteban annonce :
— Un bourbon pour moi et un thé noir pour Madame, sans sucre et sans lait.
— En plus de mon nom de jeune fille et de mon activité sexuelle, vous connaissez mes goûts en matière de thé ?!
Je décèle sur son visage un brin de lubricité qui me fait examiner plus attentivement les lieux, toutes les tables sont espacées les unes des autres et chacune dispose de son espace fermé par un paravent garantissant une inquiétante intimité.
— C’est là que vous emmenez vos poules, pour les draguer ?
— Ce lieu est un repère secret dans lequel je viens, quand je suis de passage et que je veux échapper aux paparazzis, je n’y emmène pas de poules !
La serveuse revient avec nos boissons, les pose sur la table et dans une espèce de courbette, regardant Esteban avec des yeux de chienne en chaleur et les joues roses, nous demande s’il nous faut autre chose. Il la congédie, d’un geste de la main.
— Vous voyez ce que vous faites à cette gamine !
— Ce n’est pas une gamine, elle a 22 ans.
— Vous la connaissez ?
— C’est mon employée.
— Ce lieu est à vous ?
— Tout à fait !
Je ne dis plus rien, ce mec est vraiment le propriétaire des lieux, en plus d’être con, il a du goût en matière de décoration.
— Pourquoi m’avez-vous emmenée ici ?
— Pour discuter des délais, des dispositions, des échéances.
— Des échéances de quoi ?
— Quand allez-vous quitter votre mari ?
— Vous pensez que vous êtes mon prince charmant et que vous pouvez arriver dans ma vie et tout changer, que je vais vous suivre à l’autre bout du monde et qu’on va vivre heureux jusqu’à la fin de notre vie ?
— Pas l’autre bout du monde mais suffisamment loin de toute cette vie. Je vous l’ai dit, on est faits l’un pour l’autre. Si vos amis étaient de vrais amis, ils vous auraient dit que vous dépérissiez.
— Vous êtes exaspérant, j’ai envie de vous planter là et de rentrer.
— Je me sens d’humeur à vous courir après, vous rattraper et vous donner une bonne leçon. Je vous collerais contre un arbre, soulèverais votre jupe et vous fesserais copieusement.
Mille et une images me passent par la tête, je n’ai qu’une envie en cet instant, c’est de m’enfuir pour qu’il me rattrape et me punisse, j’imagine déjà sa main sur mes fesses et son corps collé contre le mien. La chaleur commence à envahir mon corps, l’agitation dans mon ventre grandit, je mouille à nouveau et bouge d’une fesse à l’autre, je me sens mal assise et j’ai envie de lui sauter dessus. Bien évidemment, il le remarque.
— Vous savez que je peux vous plaquer contre ce mur, tout de suite ?!
— Vous n’oseriez pas, on est dans un restaurant.
— Mon restaurant !
— Ne me touchez pas ou je me mets à crier.
Il se rapproche de moi dangereusement, pose ses deux mains sur mes genoux, je brûle d’impatience mais essaie de contrôler la situation et de croiser les jambes. Il m’en empêche, plante son regard dans le mien et me dit :
— Donnez-moi une date. Quand quittez-vous votre mari ?
Il s’approche un peu plus, remonte ses mains tout doucement jusqu’à l’ourlet de ma jupe. Comme je ne proteste pas, il continue son ascension et se positionne entre mes deux cuisses, juste à l’entrée de mon sexe. Ma culotte fait barrage, pour le moment. Puis il retire ses mains et me relève, colle son corps au mien, je fonds littéralement et n’arrive plus à me contrôler, pourtant je veux résister, enfin une petite partie de moi essaie. Il me pousse dans l’angle et me colle contre le mur, referme le paravent, son odeur est merveilleuse, je me sens excitée et apeurée comme une bête prise au piège. Il insère son genou entre mes cuisses et me les écarte violemment, un cri s’échappe alors de ma bouche qui s’entrouvre. Il pose ses lèvres sur les miennes et m’embrasse avec empressement, sa cuisse gauche appuie sur mon sexe, je me sens liquide, je mouille comme jamais et il doit le sentir. Toute ma circulation sanguine est au niveau de ma chatte, je sens mon cœur battre et les afflux de sang gorger mon vagin. Mon ventre l’appelle, n’a qu’une envie c’est sentir sa bite, là, maintenant. D’un petit sourire malicieux il me dit :
— J’ai tellement de choses prévues pour nous.
Il prend mes bras et les monte au-dessus de ma tête, de sa main gauche il les tient tandis que la droite descend sur mes seins, je suis prise dans un tourbillon d’électricité et de jouissance.
— Laissez vos mains en l’air, vous entendez ! Sinon, je devrai vous corriger.
Sa bouche descend dans mon cou, puis il ouvre ma robe pour découvrir mes seins qu’il sort de leurs dentelles ; il prend mon téton dans la bouche et tourne avec sa langue, tire dessus, l’aspire, c’est terriblement jouissif. Mon corps est submergé par des vagues de plaisir, je ne sens plus mes jambes, seules les siennes me maintiennent, je baisse les bras machinalement quand je reçois une belle claque sur les fesses.
— Ne baissez pas les bras !
Sa voix se fait plus autoritaire, plus suave, plus grave et mon corps ne peut y résister, je pousse des gémissements, il remonte mes mains avec force, remet sa bouche sur mon téton et pose sa main sur mon autre sein. De ses doigts, il fait rouler mon téton, ce qui provoque en moi un plaisir extrême jusqu’à l’explosion, un orgasme ravageur me submerge, je n’ai jamais connu d’orgasme, juste en me faisant toucher les seins. Il ouvre son pantalon de costume, descend sa braguette, je me languis mais je reviens furtivement à la raison et arrive à articuler :
— Arrêtez…
— Impossible ! Arrêtez ou stop ne sont pas des mots qui conviennent, vous devez trouver un mot que seulement, vous et moi puissions comprendre, un mot d’arrêt.
Mais pourquoi devrais-je trouver un mot d’arrêt, je n’ai jamais eu besoin de cela auparavant. Je sens son érection sur mon sexe, j’ai envie de lui mais ma bonne conscience me l’interdit, je ne dois pas, je n’ai rien fait de mal pour le moment, pas d’adultère.
— Alors ça vient ce mot ?!
— Maintenant ?
— Tant qu’il n’y en a pas je peux continuer à ma guise, c’est peut-être ce que vous voulez ?
Je réfléchis à toute vitesse, « connard » peut être, « allez-vous faire foutre » aussi conviendrait bien. Sa main passe sur mes fesses et m’attire à lui pour sentir un peu plus l’effet que je lui fais, mes seins sont hyper sensibles, il les contourne, ralentit ses gestes, effleure mon sexe, passe lentement sur ma culotte mais n’y insère pas sa main, je crois mourir d’envie quand je comprends qu’il attend le mot.
— Panama ! lancé-je.
— Pourquoi « Panama » ?
— C’est loin, intouchable et tout y est permis, Panama, ça va ?
— Parfait.
Il tire sur ma culotte et l’arrache, écarte un peu plus mes jambes et insère un doigt en moi, de son autre main, il remonte dans mes cheveux et attire mon oreille à lui.
— Vous avez la chatte toute mouillée et toute ouverte pour moi, j’aime ça.
Je gémis plus fort, le son de sa voix mêlé à son doigt qui fait des va-et-vient est un vrai supplice. Il ajoute un doigt, va plus loin en moi, je suis au bord de l’orgasme.
— Je vais vous baiser et vous allez adorer ça. Dites-moi que vous voulez que je vous baise !
Comme je ne dis rien, il enlève ses doigts et me met une claque assez forte, je sens mon cul rougir et brûler sous l’effet de la surprise. Il tire mes cheveux, effleure mon sein de ses lèvres, effleure ma chatte de ses mains, je suis frustrée et comprends que si je le veux en moi, je vais devoir jouer. J’attends un peu et me dis qu’il va changer d’avis, qu’il va me prendre là tout de suite, mais non.
— Si vous me mentez je vous laisse là, je vous appelle un taxi et je sors de votre vie. Dites-moi que vous voulez que je vous baise !
Il n’osera pas quand même, il ne me laisserait pas là dans l’état dans lequel je suis. Je décide de mettre de côté mes aprioris, j’enferme ma bonne conscience, je ferme les yeux et je me jette :
— Baisez-moi maintenant, s’il vous plaît.
— Oh oui, je vais vous baiser et jusqu’à la fin de nos jours.
Il sort un préservatif et l’enfile, tout en me maintenant les jambes écartées et proche de l’orgasme. Je sais qu’il veut contrôler les choses et étrangement, cela ne me gêne pas, je me sens en sécurité même si je ne le connais pas, je suis à la merci de cet homme et j’aime ça. Je le veux, en moi, tout au fond de moi, je serais prête à le supplier, il me l’a dit tout à l’heure que je le supplierais. Il me colle, me fait sentir qu’il maîtrise les choses, qu’il a le contrôle. Il remonte sa main le long de mes seins, de mon cou, jusqu’à mon visage qu’il caresse lentement, j’attends avec excitation et empressement de le sentir en moi. Il frotte sa queue contre mon clitoris et après avoir posé sa main sur ma bouche, me pénètre d’un coup. Malgré sa main, je pousse un cri de plaisir, un cri sauvage presque animal, incontrôlable.
— OK… je me doutais que vous aimeriez ce que je vous ferais et j’adore votre voix mais il va falloir être plus discrète.
J’ai peur que tout le monde nous entende mais son sexe va tellement loin que je me perds dans cette sensation de jouissance ultime. Il va plus fort et appuie un peu plus sa main sur ma bouche, tout ce mélange est délicieux, mon corps est gorgé d’électricité, mon vagin est aux anges, mon ventre en redemande. Je reçois une grande claque sur les fesses qui me fait revenir à la réalité.
— Mais pourquoi ?
— Vos mains ! répond-il, avec autorité.
Je ne me suis pas rendu compte que j’avais baissé les mains et les avais posées sur ses épaules. Il prend mes jambes et les coince autour de sa taille ; dans cette position, je n’ai plus aucune prise, mon cul est découvert, ma chatte grande ouverte, mes mains en l’air, je suis à sa merci. Il s’enfonce en moi, plus loin au fond de moi, je sens la pointe d’un orgasme arriver, mes cris se perdent dans la paume de sa main, recouvrant ma bouche.
— Doucement, ou je vais devoir vous bâillonner, me susurre-t-il à l’oreille.
L’ascension vers mon orgasme est proche, je le sens monter de plus en plus, quand sa queue en moi ralentit.
— Ne jouissez pas tout de suite ! Vous jouirez quand je vous le dirai.
— Mais je ne sais pas jouir sur commande.
— Vous jouirez quand je vous en donnerai l’ordre ! réplique-t-il, tout en s’enfonçant en moi très lentement mais profondément. Et ne me répondez pas !!!
Je n’arrive qu’à articuler « OK ». Il reprend sa cadence, une sorte de caverne dans mon vagin se remplit et est prête à exploser, son sexe gonfle et appuie dessus.
— Je viens ! Jouissez avec moi.
— Mais je ne sais pas j…
Le rythme s’accélère, ses lèvres contre mon oreille, son souffle chaud sur ma peau, libèrent en moi un orgasme explosif, qui l’oblige à presser plus fort sa main sur ma bouche, mais rien n’y fait, je ne peux m’empêcher de crier, c’est trop bon. Ça dure le temps d’un éclair foudroyant et mon corps réclame, encore, encore, mais c’est fini. Il repose mes jambes sur le sol, je me laisse glisser contre le mur, comme une marionnette, vide, la jupe toujours relevée au-dessus de la taille, je me sens comblée, entière, quand tout à coup l’évidence me frappe au visage : « Oh putain, j’ai merdé ! ». Comment je vais me sortir de ce faux pas, Carl ne me pardonnera jamais. Esteban s’approche de moi, me prend sous les bras, et me porte jusqu’à ma chaise, il redescend ma robe, lisse le tissu et me caresse le visage tendrement.
— Votre mari n’en saura rien. Tout ira bien, je suis là maintenant, je vous ai trouvée.
— Comment saviez-vous que j’étais en train de penser à mon mari ?
— Que croyez-vous que pense une femme, qui vient de commettre l’adultère ?
Je fonds en larmes, je me sens idiote et je sais que j’ai gâché le peu qui restait entre Carl et moi.
— Ne pleurez pas, je ne veux pas que vous soyez triste, en tout cas pas à cause de moi.
— Vous m’avez poussée au péché, mon mariage est foutu, mon mari ne me pardonnera jamais !
— Je ne vous ai poussée à rien, vous pouviez me dire d’arrêter à tout moment, il suffisait d’un mot.
Merde le mot, j’avais complètement oublié.
— Votre mariage était déjà abîmé, ce n’est pas à cause de moi. On est faits pour être ensemble, Emma, et moi, je ne vous délaisserai jamais, je prendrai toujours soin de vous, je vous protégerai. Vous pouvez avoir confiance en moi.
Il prend ma main et la pose sur son cœur, je me rends compte que je n’ai pas encore touché son corps, avec les bras en l’air, c’était difficile, et cela me fait un effet dingue, j’ai à nouveau envie de lui.
— Sentez mon cœur, il ne bat que pour vous. Je suis à vous, Emma, tout comme vous êtes à moi. Regardez-moi.
Je garde les yeux baissés.
— Regardez-moi, Emma !
Je lève les yeux, apeurée et excitée.
— Vous savez que la vie que vous menez n’est pas la vie dont vous rêviez, je n’invente rien, vous savez que vous méritez mieux. Je peux vous donner tout ce qu’il vous faut, pour être heureuse.
— Je suis heureuse comme ça et je ne peux pas abandonner ma famille.
— On trouvera une solution, je suis là, je vais vous rendre heureuse, je connais vos désirs.
Tout à coup, il me paraît gentil et sincère, je vois même une lueur de peur, comme si je pouvais briser tous ses espoirs. Je me demande à ce moment pourquoi j’ai choisi de me marier avec Carl, pourquoi j’ai choisi cette vie ? Je sais que je passe à côté de plein de choses et que j’ai mis mes rêves de côté.
— Eh ! me dit-il en me caressant la joue doucement, restez avec moi, restez là, personne ne saura ce qui s’est passé.
— Vous croyez ? Vous avez tout pouvoir de démolir les gens.
— Je ne veux pas vous démolir, je souhaite vous créer, vous embellir et poser un sourire sur ce beau visage. Vous méritez la vie dont vous rêvez et je vais vous l’offrir.
— Mais pourquoi moi ? Pourquoi a-t-il fallu que vous entriez dans ma vie et que vous me fassiez découvrir ça ? questionné-je, en repensant à la partie de jambes en l’air.
— Je vous attends depuis toujours, Emma, ce soir était l’occasion, tout était réuni.
— Ramenez-moi, s’il vous plaît, je dois rentrer, je ne sais pas ce que je vais dire à mon mari.
— Rien du tout, vous m’entendez ! Vous ne direz rien à votre mari ! s’exclame-t-il, en me prenant la tête dans ses mains et en collant son front au mien.
Le ton devient ferme et presque menaçant, il me redresse et m’oblige à le regarder, attendant que je comprenne que je risque de tout abîmer entre nous, si je parle à Carl de mon escapade sexuelle.
— Mais il va le savoir, il va le voir sur mon visage, il va sentir mon odeur, votre odeur.
— Écoutez-moi. Vous allez rentrer, vous doucher et vous coucher, demain je vous appelle et on en discute, d’accord ? Votre mari dormira certainement quand vous arriverez et il ne remarquera même pas votre présence.
Il m’attire à lui et me serre dans ses bras, ces bras que j’ai imaginés dans la voiture, je m’enivre de cette étreinte, cette force, cette musculature, cette odeur.
— Je suis désolée.
— Désolée de quoi ?
— De vous avoir fait croire que j’étais intéressée.
Il ne dit rien mais m’embrasse les cheveux, me serre plus fort et me soulève jusqu’à ce que je mette mes jambes autour de sa taille. N’ayant plus de culotte, mes lèvres frottent sur son pantalon et l’excitation reprend, il le voit.
— On dirait que vous avez encore envie.
— Non ! lancé-je rapidement.
— Ne me mentez pas, Emma, dit-il, en me levant le menton.
— Oui, j’ai envie de vous mais il ne faut pas, il est tard et je dois rentrer.
Il m’embrasse et me repose au sol, passe mon gilet autour de mes épaules et me prend la main. On repart. La sensation du moteur ne me fait plus aucun effet, je suis ailleurs. Il me caresse la cuisse, relève ma jupe et laisse entrevoir mon sexe nu, mais il ne fait rien de plus, il a compris que je suis mal à l’aise. Le trajet passe dans le silence, juste mes soupirs de temps à autre. Il se gare à quelques rues de chez moi, je n’allais tout de même pas lui donner mon adresse, met le frein à main et se retourne vers moi.
— Parlez-moi, Emma, dites-moi quand vous quitterez votre mari.
— Ne recommencez pas, s’il vous plaît, je ne sais déjà pas de quoi demain sera fait. Je ferme machinalement les jambes et croise les pieds.
— Ne fermez pas vos jambes, ne me punissez pas, restez avec moi, je suis là, Emma.
Tout en me déliant les jambes avec ses mains, il m’embrasse la joue.
— J’ai honte de moi, qu’est-ce qui m’a pris ?
— C’était une baise tranquille... sans le laisser finir je le coupe.
— Tranquille ? Attendez, vous m’avez coincée contre le mur d’un restaurant, certes le vôtre mais tout de même, et ce n’était pas une baise tranquille comme vous dites mais une baise sauvage. Vous m’avez arraché ma culotte, d’ailleurs, ma culotte… elle est où ?
Il sourit et semble satisfait de mon analyse, il sort le petit bout de tissu de sa poche, que je reconnais.
— Rendez-la-moi, mon mari va se demander où elle est.
— Votre mari ne sait pas combien de culottes vous avez et laquelle vous avez mise aujourd’hui et NON je la garde.
Il se rapproche de moi, m’embrasse le cou, glisse sa main jusqu’à mon sexe et appuie son pouce sur mon clitoris tout en insérant deux doigts dans mon vagin.
— Prenez soin de cette petite chatte, elle est à moi maintenant !
Je retire sa main, ouvre la porte et commence à sortir quand il me tire sur le bras, pour me coincer contre lui. Je ferme les yeux, j’ai envie de pleurer mais je ne veux pas qu’il le voie.
— Emma, regardez-moi.
Je l’évite. Il m’empoigne la nuque et m’oblige à me tourner vers lui, la sensation d’emprise me fait mouiller, j’ai envie de lui tout de suite en pleine rue s’il le faut.
— Nous sommes connectés, Emma, je peux vous donner envie de moi, quand je le souhaite et vous ne pourrez résister. Son ton se fait plus doux, je sens que ses yeux sont humides et qu’il a peur. - Je vous appelle demain matin.
— Vous n’avez pas mon numéro de téléphone. Si ? Vous l’avez ?
Il me sourit pour acquiescer, il est là presque vulnérable et tellement beau. Il veut m’embrasser mais je me détourne.
— Embrassez-moi, Emma.
— Non, c’est trop personnel.
— Tout à l’heure, vous ne disiez pas ça, contre le mur, avec ma bite en vous.
— Arrêtez. Je me cache les yeux, honteuse, pourtant j’ai tellement aimé ce qui s’est passé. Je l’embrasse rapidement et sors de la voiture.
Je lisse ma robe et me retourne furtivement, pour le regarder une dernière fois, car c’est la dernière fois que je le vois. J’essuie une petite larme et tourne au coin de la rue. Il a disparu. J’ouvre la lourde porte de mon immeuble, la referme et je me laisse tomber en larmes sur le sol.
— Adieu, Esteban.
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