Affranchis-moi T1
Chapitre 22
— Ce soir, je te veux sexy, avec des escarpins aux pieds. Même dans l’appartement, je veux toujours te voir avec des escarpins, tu m’entends ?
— Oui Monsieur CRUISE.
— Ça m’excite de te voir passer d’une pièce à l’autre, tes longues jambes perchées sur de hauts talons.
— T’es vraiment un obsédé !
Il m’attire à lui, colle mon corps au sien et pose sa main sur mes fesses.
— Totalement obsédé par toi, par ton cul.
Je récupère mon chemisier et ma jupe en lambeaux tandis qu’Esteban remet son pantalon sans caleçon, je regarde ce corps magnifique en train de se rhabiller.
— Ce que tu vois te plaît ?
— Oh oui ! avoué-je dans un large sourire.
— Tant mieux, je suis tout à toi, tu peux abuser de moi autant que tu veux.
Je lui souris tout en me passant de multiples scénarios d’Esteban nu à ma merci. Effectivement, j’ai bien l’intention d’exploiter cette opportunité. On arrive dans la chambre, direction la douche.
— La tienne ou la mienne ? lui demandé-je.
— La tienne.
J’enlève mes bas filés, mon porte-jarretelles et j’allume l’eau, Esteban me rejoint et vient se coller contre moi. Mon dos contre son torse, il me bloque les bras et m’embrasse les cheveux.
— Il n’est que 18h20, je peux encore user de mon charme, tu sais.
Il colle ses mains sur mes seins, dans un réflexe, je ferme les jambes, bon sang j’ai encore envie de lui, c’est dingue !
— Tu crois m’avoir avec le sexe ?
— C’est bien mon intention.
— Laisse-moi me laver avant tu veux ?
Il prend un peu de gel-douche dans ses mains qu’il pose sur mes épaules, je suis tellement contractée après cette séance de musculation sexuelle que ce massage est délicieux. Il se lave, je le regarde, prête à le dévorer.
— Tu me reluques ? me questionne-t-il.
— Oui.
— Et alors ?
— Peut mieux faire !
— Ah bon ? répond-il, stupéfait.
— Rince-toi ! lui dis-je avec autorité.
— Vous comptez me donner des ordres Madame Jourdan ?
— Tout à fait.
Il accepte et se rince avec une lenteur à me faire pâmer.
— Et maintenant ? Je peux te baiser ?
— Non je n’ai pas fini avec mes cheveux.
Je prends tout mon temps, je sais qu’il me regarde et qu’il a envie de moi mais je compte bien le faire languir.
— Le spectacle vous plaît Monsieur Cruise ?
— C’est un bon début… ce sera mieux quand ma queue sera à l’intérieur de toi.
Mes cheveux sont rincés, j’accroche la pomme de douche et je n’ai pas le temps d’arrêter l’eau qu’il me colle à lui dans un geste brusque.
— Viens là bébé, il est temps de mettre un joli sourire sur ce visage.
Je cogne ma tête dans son bras, il fait une grimace. Son biceps commence à être bleu suite au coup de poing que je lui ai mis tout à l’heure.
— Ça va, tu n’as pas trop mal ?
— Non je n’ai pas mal et je ne vais pas me faire démonter par une fille.
Il me provoque et ça marche, je lui recolle un coup de poing au même endroit, plante mes yeux dans les siens, cela le fait rire. J’embrasse son épaule et son torse, pose mes mains sur ses poils, l’embrasse à la base du cou, sur ses pectoraux, son ventre, son nombril, il halète.
— Oui ma douce, continue.
Je m’agenouille devant lui et embrasse son pubis tout en lui caressant les fesses. Je pose mes mains sur sa queue mais il me les enlève et les plaque sur son ventre.
— Sans les mains, juste ta bouche !
OK, sans les mains, pas de problème. Je positionne ma bouche sur son gland et aspire sa queue, je fais des va-et-vient lentement. Il relève mes cheveux pour me regarder, me fixe, ses yeux sur ma bouche, mes yeux le découvrant me scruter, cela m’excite. Son visage est détendu, paisible et satisfait. Il gémit doucement en fermant les yeux et les rouvre.
— Que c’est bon ma douce, continue.
Je passe mes dents tout le long de sa queue, il geint, je l’aspire puis le reprends totalement dans ma bouche, je reste au fond quelques secondes, quand il me tire les cheveux pour me faire lâcher sa queue.
— OK, on va se calmer parce que sinon je vais jouir et je veux te prendre maintenant.
Il me relève, me retourne et me colle les mains contre le mur, appuie sur mes épaules et tire sur mes hanches. Les jambes écartées, il me pénètre fortement en me claquant les fesses à chaque va-et-vient, le plaisir, la douleur, le plaisir, la douleur… mon orgasme arrive. Je sens des micros décharges électriques dans mon vagin qui enveloppe Esteban, il gonfle en moi, il arrive, nous jouissons ensemble.
Il me porte dans ses bras, ma tête reposant dans son cou, je respire son odeur, me remplis de cet homme. Il retire son préservatif, nous sortons de la douche et nous séchons. Il s’approche de moi et me tire les cheveux jusqu’à avoir ma tête renversée en arrière.
— Ne fais plus ça, tu m’entends ?
— Quoi, te sucer ?
— Non, m’ordonner !
— Tu n’as pas aimé ? Pourtant tu ne disais pas ça sous la douche.
— Si. J’ai aimé, et justement je te demande de ne plus le faire.
— Monsieur Cruise a peur d’être contrôlé ?! lui dis-je en rigolant.
— Emma, ne me chauffe pas !
Je le regarde dans le miroir, son érection s’amorce, son visage devient félin, il me veut.
— Mais tu es insatiable !
— C’est de ta faute, c’est l’effet que tu me fais, d’autant plus quand tu n’écoutes rien et que tu me mets en contradiction avec moi-même.
— Va falloir ranger tout ça beau gosse, réponds-je, en lui montrant du doigt sa bite en érection, mes amis vont arriver.
Il me tire par le bras et me pousse sur le lit, s’allonge de tout son long sur moi et m’embrasse avidement. Il passe ses mains sur mon corps encore endolori de nos ébats sous l’eau et caressant mon sexe, il insère un doigt, je me cambre pour aller à sa rencontre, c’est trop bon. Son pouce sur mon clitoris bouge à toute vitesse, je suis excitée. Il enlève ses doigts, me regarde, se relève, sort du lit et me balance :
— Dépêche-toi, tes amis vont arriver.
Argggg qu’est-ce qu’il me fait là ? Il ne peut pas me laisser comme ça, encore ! Il se retourne furtivement en prenant un boxer dans son tiroir du dressing et le passe. Donc c’est fini, je vais rester frustrée toute la soirée. Je commence à m’habiller, je mets mon soutien-gorge, il n’y a aucune culotte ici donc je décide de glisser mon jean sans culotte.
— Non ! Pas question que tu portes un jean. Enfile ça et ça, me demande-t-il, en me lançant sur le lit de quoi m’habiller.
— Je ne vais pas mettre un porte-jarretelles et une jupe, c’est une soirée avec mes amis.
— Et alors ? Je t’ai dit que quand tu es avec moi tu t’habilles en jupe et en porte-jarretelles !
— Tu veux pouvoir profiter de moi ? C’est ça ?
— Exactement.
— Tu ne feras pas ça avec mes amis ici ?! Par pitié !
— On verra. En tout cas, je veux être le seul à savoir que tu ne portes pas de culotte et que je peux te prendre à la moindre envie.
— Et toi, tu vas les recevoir avec un costume trois-pièces ou en queue de pie ? ironisais-je. Je veux juste être à l’aise pour passer la soirée avec mes amis.
— Ne me pousse pas Emma, ou on va devoir les faire attendre le temps que je te baise et quand j’en aurai fini, tu n’arriveras plus à t’asseoir.
— Que des mots ! lancé-je en glissant dans mes bas.
Je m’habille avec le chemisier et la jupe qu’il m’a sortis, loin de l’ordinaire, celle-ci est cintrée à la taille, boutonnée sur l’arrière et fendue sur un côté. Quelle nouveauté ! Cela m’aurait étonnée qu’elle ne soit pas fendue. Je chausse mes escarpins, à ma grande surprise je n’ai presque plus mal et je me sens… femme. Arrivée dans la salle à manger, Esteban m’interpelle. Il glisse sa main sous ma jupe, sur mes fesses, passe ses doigts sous la dentelle de mon bas et le fait claquer, remonte ma jambe sur l’accoudoir du canapé et pose mon pied dessus. Découverte devant lui, je n’ai d’autre choix que de le laisser embrasser mon mont de Vénus et passer sa langue sur mon clitoris.
— Mais qu’est-ce que tu fais ?
Il se met à me lécher tout doucement, c’est bon. Je le tire par les cheveux pour le décoller mais il maintient sa position.
— Arrête, ils vont arriver.
— Alors fais vite !
Merde alors, il va vraiment me faire jouir ici, tout de suite. Il insère ses doigts en moi et m’écarte les lèvres tout en me léchant. La possibilité d’être vue par mes amis m’excite tellement que je jouis en quelques secondes. J’essaie d’étouffer mes cris dans mes mains mais Esteban y met tout son cœur, à croire qu’il souhaite que tout le monde m’entende. Mes jambes flanchent, il cesse et se relève, m’embrasse à pleine bouche.
— Tu es bon pour aller te relaver les dents.
— Pourquoi ? Tu as honte de ton goût ?
— Non mais…
— Mais quoi ma douce ? Tu penses qu’ils vont sentir que je viens de te faire jouir avec ma langue ?
Dit comme ça non, mais l’idée qu’il vient de me lécher et qu’il va les rencontrer pour la première fois me rend un peu nerveuse, même si je trouve cela très excitant.
— Allons ouvrir à tes amis.
— Tu as fini juste à temps, dis-je, soulagée.
— Pas tout à fait… en réalité, ils sont dans le sas depuis cinq minutes, avoue-t-il, en esquissant un sourire malicieux.
— Mon Dieu, ils ont donc tout entendu ? Pire, ils ont peut-être tout vu !
Pas de réponse, il me sourit juste. Je me refais un semblant de coiffure, je vire au rouge, je le sens. La honte ! Camille va vouloir des détails que je serai incapable de lui donner. Les portes s’ouvrent, ils sont là, superbes. Tout s’efface, il n’y a qu’eux et moi dans la même pièce. Les larmes montent, je suis tellement contente d’être avec eux, mes piliers. Chloé se jette sur moi en pleurs.
— Mais qu’est-ce qui se passe, Emma ? Carl m’a appelée, il m’a insultée et m’a dit tout un tas de saloperies sur toi. J’ai eu peur qu’il te tue, vu l’état de rage dans lequel il était, j’ai failli appeler les flics.
— Ça va Chloé, je vais vous expliquer en mangeant.
Camille se plante devant moi et scrute Esteban, et tout en le détaillant, me crache :
— Alors, c’est avec lui que tu baises ?
— Camille !
Puis elle envoie son venin à Esteban :
— Je vous préviens vous, si vous faites du mal à ma Emma, je vous coupe les couilles et vous les fait bouffer !!!!
— Le message est clair, je tiens à mes couilles ! dit Esteban, surpris par la férocité de mon amie.
— Ah d’accord, tu préfères tes couilles à moi ? lui dis-je en faisant semblant d’être vexée.
— Ben si tu veux, je les connais depuis plus longtemps que toi et si je n’en ai plus, je vais avoir du mal à te satisfaire, et Dieu sait que tu es gourmande !
Il me fait un clin d’œil, merci de me faire ça devant mes amis, c’est cool. Puis Jules me prend les mains, il me fait tourner devant lui et me sort :
— Putain ma puce, qu’est-ce que t’es belle ! T’as un cul d’enfer.
Mon Dieu, Jules, pourquoi me dire ça devant Esteban, qui est rouge de colère et lance des flammes dans notre direction, il lui arrache les mains des miennes et le regarde méchamment. Jules lui tend la main mais Esteban hésite quelques secondes à le saluer.
— C’est bon, c’est mon meilleur ami, il blague.
— De toute façon, on ne peut pas se connaître mieux Emma et moi, vous n’y changerez rien, mais tout est fini donc pas de soucis mec. Elle est à toi, mais si tu lui fais mal… quand Camille t’aura arraché les couilles et te les aura fait bouffer, je traînerai ton corps dans toute la ville, accroché au pare-choc de ma bagnole.
— Je vois que vous avez un humour très français, conclut Esteban.
Il me regarde, je suis gênée, j’imaginais différemment cette première rencontre. Il m’arrache à mes amis, me prend la taille et m’embrasse comme au cinéma, un long baiser langoureux. Tous les trois me regardent, la mâchoire qui tombe dans les chaussettes, stupéfaits.
— Allons manger ! lance-t-il en me tirant par la main, content de son petit numéro.
Assis à table, tout le monde me dévisage dans un silence d’église, attendant que je m’explique. Jules prend les devants et s’indigne :
— Ton mari est un dingue, il me harcèle au téléphone pour savoir où tu es et me faire parler. J’ai beau lui dire que je ne sais rien, il est devenu fou, il m’a même suivi un soir. J’te jure, il faut qu’il arrête où je vais lui casser la gueule.
— Alors, t’accouches, c’est quoi ce merdier, là ?! me gueule Camille.
Chloé surprise, se met à pleurer. Esteban commence à se lever, je pose ma main sur sa jambe pour qu’il se rasseye et reste avec moi. Il la prend et la pose sur la table tout en me serrant les doigts. Je me lance, j’ai la force.
— Carl m’a appris, il y a deux jours qu’il me trompait depuis des mois.
— Quatorze mois exactement, reprend Esteban.
Chloé met les mains sur sa bouche pour camoufler ses cris. Elle qui croyait que je filais le parfait amour, ses illusions viennent de faire une chute libre et de s’écraser sur le sol.
— Je vais vraiment lui casser la gueule ! Excuse-moi, ma puce, c’est ma faute, c’est moi qui t’ai poussée dans ses bras, dit Jules en culpabilisant.
— Quel connard ! Tu vois, je savais qu’il n’était pas bon pour toi. Il ne m’a jamais aimée et je vais te dire que c’était réciproque, vocifère Camille.
— Il te trouvait vulgaire et il a toujours cru que tu allais me dévergonder, dis-je en guise d’explications.
— Tu n’as pas besoin d’elle, un bon amant suffit, reprend Esteban en me regardant.
Purée, mais il va se taire. Il me sourit et appuie sa main sur ma cuisse pour me signifier qu’il a raison.
— Il a voulu me faire signer de force les papiers du divorce. Il voulait partir, avec sa greluche, sans dire au revoir aux enfants, ni même leur donner une explication. Quand je l’ai appris, je venais de rencontrer Esteban à la remise des prix de Jules, ça m’a tellement choquée que je suis partie.
— Mais Emma, t’es folle ? Tu le connais à peine ! Excuse-moi, Esteban mais de mon point de vue, c’est un peu rapide. Et toi, tu m’as rien dit ? crache Camille à Jules, en lui mettant un coup de coude dans les côtes.
— Je ne pouvais rien dire, j’avais promis à Emma, et je n’en savais pas plus que vous, reprend Jules.
— Emma et moi nous sommes certes rencontrés, il y a quatre jours, mais c’est la femme de ma vie, impose Esteban.
Chloé passe de l’un à l’autre, elle ne sait plus qui suivre.
— Il se crée une alchimie avec Esteban que je ne m’explique pas. Je vous assure que j’ai fait le bon choix.
— On voit ça, reprend Camille. Et donc…
— Carl a demandé que je fasse une expertise psychiatrique.
Jules se lève d’un coup, fait tomber sa chaise, passe les mains dans ses cheveux et crie :
— Putain de connard, je vais lui éclater la gueule !!! Mais comment j’ai pu te dire de te marier avec ce mec. Je vais le tuer, Emma, j’te jure, je vais le tuer !
— Il sait ? me demande Esteban en me fixant.
— Oui.
— Mais qu’est-ce qui se passe, je ne comprends rien, s’énerve Camille.
Je me lève pour aller à la rencontre de Jules mais Esteban me retient.
— C’est mon meilleur ami, il ne me fera aucun mal.
— Il t’a touchée ? Dis-moi qu’il ne t’a pas menacée parce que je monte chez toi tout de suite et je l’explose, hurle Jules.
— Il ne l’a pas touchée, j’étais là avec mes gardes du corps, réplique Esteban.
Jules essaie de se calmer mais je vois qu’il lutte contre de vieux souvenirs dont je suis la seule à connaître l’existence. Il me prend dans ses bras et s’excuse mille fois, mais je ne lui en veux pas, il n’est en rien en cause dans cette histoire. Nous retournons à table, Esteban est furieux mais cherche à comprendre ce lien qui nous unit Jules et moi.
— Carl veut montrer par l’expertise psychiatrique que je ne suis pas apte à faire des choix en toute conscience, et ainsi obtenir le divorce en sa faveur.
— C’est odieux, pourquoi fait-il ça ? dit Chloé en larmes.
Mes amis se battraient pour moi, ils me suivront coûte que coûte et peu importent les choix que je ferai. Je savais que je pouvais compter sur eux, ils ne me jugent pas. Esteban, ému par cette scène, presse ma cuisse et passe son autre main autour de mes épaules pour m’attirer à lui et m’embrasser les cheveux, puis de son index, attrape mon menton et tourne ma tête vers lui, plantant un regard amoureux dans le mien, en me déposant un baiser sur les lèvres. Puis nous reprenons la discussion avec mes amis :
— Je n’ai pas commis d’adultère à proprement parler, Carl me trompait depuis des mois.
— Mais quand on est mariés, c’est pour le meilleur et pour le pire, pleurniche Chloé.
— Oh Chloé, la ferme ! lui crie Camille. Tu nous saoules avec tes histoires de prince charmant, c’est la vraie vie là. Emma a droit au bonheur et a priori, elle l’a trouvé, braille-t-elle en regardant Esteban.
— Arrête d’emmerder Chloé, elle a le droit de rêver. Ce n’est pas parce que t’es incompatible avec l’amour que tout le monde doit l’être. Tu sais Camille, tu casses tout à chaque fois et là tu fais chier, Jules se lâche enfin.
— Je comprends pourquoi Emma vous aime, continue Esteban. Vous êtes là les uns pour les autres et malgré vos cris, vous êtes soudés, c’est beau. Mais toi, en désignant Jules du doigt, tu mates encore le cul d’Emma, je botte le tien !
Je rougis à ces mots. Il ne s’énerve pas, sa voix est posée et claire et il a l’air d’apprécier mes amis.
— Tu ne lui as rien dit ma puce ? me jette Jules.
— Qu’est-ce qu’elle aurait dû me dire ? demande Esteban, l’angoisse se lisant sur son visage.
— Pas encore, mais j’allais le faire, je te le dirai plus tard. S’il te plaît Esteban, fais-moi confiance.
C’est dans un gros effort qu’il acquiesce et que nous continuons le repas en parlant de nos projets précipités.
— Demain, je pars avec Esteban à New York. Je parle tout bas comme si j’avais peur de leur réaction.
— NEW YORK ? Mais c’est à l’autre bout du monde ! dit Chloé en faisant mine de s’évanouir.
— Génial, on pourra passer des vacances chez toi, euh chez vous, dit Camille.
— Il n’en est pas question ! crie Jules en tapant du poing sur la table. Pas question que vous emmeniez Emma !!!
— Elle est la seule à décider Jules, et Emma est avec moi maintenant, que cela vous plaise ou non. Son choix est déjà fait.
— On continuera à se voir.
— Ah oui et quand ? Une fois par an quand tu reviendras ? Comment veux-tu qu’on aille te voir tous les quatre matins à New York ? Tu crois qu’on va pouvoir se payer un billet d’avion aussi facilement que ça ?
— J’ai un jet privé ! lance Esteban de but en blanc. Les pleurs cessent, les cris s’arrêtent et tout le monde se tait. Vous conviendrez d’une date avec Emma et mon pilote viendra vous chercher. C’est aussi simple que ça, conclut Esteban.
Jules se lève et vient derrière moi, il m’enlace et respire mes cheveux.
— Ma puce, pardonne-moi, je suis un con. Je ne veux que ton bonheur, tu le sais bien, mais New York ?! C’est juste que tu n’auras plus besoin de moi pour te faire avancer et te protéger.
— Tout à fait, c’est moi qui me charge d’Emma maintenant, dit Esteban en essayant de l’arracher à mon cou.
Jules résiste et lui montre un doigt bien placé.
— Je baisais Emma bien avant vous !
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