Affranchis-moi T1
Chapitre 19
Esteban remonte la vitre occultante nous séparant d’Edouardo, créant ainsi une atmosphère intime. Tout à coup, je sens une chaleur parcourir mon dos et me monter à la tête, je ne me sens pas bien, j’étouffe.
— Ça ne va pas, je crois que je vais m’évanouir, lui dis-je fébrilement.
Il me secoue vigoureusement et m’oblige à le regarder dans les yeux.
— Hors de question Emma ! Reste avec moi, ne fuis pas.
Ses mots et sa force emplissent chacune de mes cellules, j’ordonne à mon corps de ne pas me lâcher. La chaleur redescend petit à petit de ma tête à mon dos pour totalement disparaître. J’enlève mes chaussures et m’allonge contre lui, ma tête sur ses cuisses, son érection grandit, je souris.
— Tu profites de ma détresse ?
— Bien sûr que non, mais tu es tellement belle aussi, encore plus quand tu es vulnérable. Je n’ai qu’une envie c’est de te serrer fort et de crier au monde entier que je tuerai toute personne qui te voudra du mal. Qu’est-ce qu’il y a de plus beau pour un homme qu’être le défenseur et le protecteur de la femme qu’il aime ?!
Il prend ma tête entre ses mains, m’embrasse, glisse sa langue entre mes lèvres et ses doigts dans mes cheveux, il m’attire à lui.
— Non, pas là ! Edouardo est devant.
— Il n’entend rien et ne voit rien, l’habitacle est insonorisé, et quand bien même il sait être discret.
— Tu n’en sais rien.
— Bien sûr que si je le sais !
— Ah OK ! Tu as déjà testé le pouvoir de discrétion d’Edouardo, dans ta voiture ?
— Oui, affirme-t-il sûr de ses propos.
— Ben, dis-m’en plus…
— Ce n’est pas nécessaire, c’est avec toi que je veux faire des choses cochonnes dans cette voiture, déclare-t-il, en appuyant ses caresses.
— Et tu crois que j’ai envie de faire l’amour là où tu as déjà baisé d’autres fem… ?
Il ne me laisse pas finir, il prend mes lèvres dans sa bouche et m’attire à lui avec une telle fougue que je sens sa respiration s’accélérer dans ma poitrine collée à la sienne. Il glisse sa main sous mon manteau, passe sur mes seins, mon ventre, descend mon pantalon, effleure mes cuisses et remonte le long de ma peau parsemée de chair de poule jusqu’à atteindre ma culotte déjà très mouillée.
— Ça, c’est fini à partir de maintenant ! affirme-t-il en m’arrachant ma culotte.
— Hé… Je n’allais pas m’habiller en jupe pour venir récupérer mes affaires et quitter Carl ?!
— Hum… tu mériterais une punition. Bien sûr que si tu aurais dû, il aurait vu la sublime femme qu’il a perdue.
— Qu’est-ce que je ne ferais pas pour une punition ! ironisé-je en lui lançant mon regard le plus sexy.
Cela l’amuse de voir que je commence à me prendre au jeu.
— Je t’ai regardée avec tes enfants. J’aurais aimé avoir une relation de ce type avec ma mère. Son regard se perd dans le défilement des immeubles et des rues.
— Tu veux en parler ?
— S’il te plaît Emma… ne joue pas à la psy avec moi.
— Je voulais juste te donner la possibilité de m’en dire plus. J’ignore tout de toi alors que tu connais beaucoup de choses de moi.
— Je t’en parlerai un jour mais là ce n’est ni le lieu ni le moment. Ne t’inquiète pas, je n’ai pas été battu étant petit, ni prostitué.
— Mais… tu les vois toujours ?
— Je vois ma mère, mes sœurs et mon frère à l’occasion de fêtes de famille, mais je ne m’éternise pas en général.
— Et ton père ? questionnais-je.
— Parle-moi de tes parents plutôt, coupe-t-il.
— Oh, je n’ai pas envie de parler d’eux, mon enfance était compliquée et difficilement racontable. En bref je suis fâchée avec ma mère depuis qu’elle m’a fait enfermer en hôpital psychiatrique, quant à mon père… je ne lui parle plus depuis des années. J’ai de leurs nouvelles de temps en temps par mail, mais je ne réponds jamais. Mes enfants les ont très peu vus, Marie ne les connaît pas. Un frisson me parcourt le dos à l’idée que mes enfants pourraient un jour me reprocher le choix que j’ai fait de suivre Esteban.
— Qu’y a-t-il ma douce ?
— J’ai peur de perdre mes enfants, qu’ils m’en veuillent, qu’ils ne m’aiment plus.
— Tout va bien aller, ce sont tes enfants et tu es une bonne mère, ils te pardonneront, me dit-il en me caressant le bras. Et demain, on part à New York, je t’ai dit que mes affaires demandaient que je sois présent.
— Mais je ne peux pas partir aux États-Unis, je ne laisserai pas mes enfants.
— Et tu comptes aller où ? Qui va te protéger des coups bas de ton mari ?
— Je ne sais pas, chez mon frère ? suggéré-je tout en me disant que cette éventualité n’est pas jouable du tout.
— Tu as un frère ? s’étonne-t-il.
— Oui enfin, si on peut appeler ça un frère, il est drogué depuis des années. La vie ne l’a pas épargné non plus, c’est le seul moyen qu’il ait trouvé pour survivre.
— Hors de question que tu ailles chez lui !!!
— Je ne peux pas aller chez ma sœur, mon beau-frère a toujours eu un comportement étrange avec moi.
— Étrange comment ?
— Je ne sais pas, quelque chose dans ses yeux me rendait mal à l’aise. J’irai chez Jules, il acceptera sans problème.
— Emma, me dit-il en me tournant vers lui, tu ne resteras pas ici toute seule. Tu viens avec moi, je te protégerai, je ne peux pas vivre sans toi.
Je vois la peur dans ses yeux, la peur que nous soyons loin l’un de l’autre. Cette vision me donne froid dans le dos, je le sens vulnérable et fragile. Mais d’un autre côté, il y a ma famille, comment assumer mon rôle de mère, si je suis à l’autre bout du monde ?
— Je ne peux pas quitter toute ma vie, ma famille, mes amis, sur un coup de tête. J’ai besoin de voir Jules, Camille et Chloé, de leur expliquer ce que je vis. Il n’est pas question que je parte comme une voleuse.
— Bon écoute, mes avocats arrivent à 17 heures pour préparer ton divorce. Ensuite si tu veux, propose à tes amis de venir dîner chez moi, chez nous, se reprend-il. J’ai du travail ce soir, je serai dans mon bureau, ceci dit je garderai un œil sur Jules, ne perdant pas de vue qu’il est un danger potentiel à maîtriser.
Je ne relève pas sa boutade qui a l’air plus sérieuse qu’il n’y paraît. J’apprécie l’effort qu’il fait, je sais qu’il aime être tranquille quand il est chez lui et le fait d’avoir mes deux copines et mon meilleur ami pour la soirée doit représenter un gros sacrifice pour lui. Malgré tout, il souhaite dîner avec nous et faire leur connaissance. Il me regarde profondément dans les yeux, je le fixe et me sens rougir. Personne ne m’a regardée comme ça jusqu’à maintenant, avec l’impression de percer tous mes secrets. Il se jette sur ma bouche et m’embrasse comme si nous venions de nous retrouver après des années de séparation. Ses mains glissent sur mes seins, il les pétrit, descend le long de mon ventre, insère un doigt en moi, surprise je pousse un cri.
— Tu aurais dû te faire épiler intégralement ! dit-il en me tirant sur les poils.
— Je n’ai pas osé tout enlever, je me raserai une fois si tu veux, pour essayer.
— Non je veux que tu sois épilée, entièrement. C’est plus hygiénique et les sensations sont tellement plus fortes sans cette barrière.
J’ai juste le temps de dire OK qu’il me pénètre avec ses doigts tellement fort que je pourrais croire que c’est sa queue. Je gémis en me mordant les lèvres pour éviter de faire trop de bruit. Je ferme les yeux, c’est délicieux ses doigts en moi et son pouce sur mon clitoris qui bouge activement.
— Ouvre tes yeux ! me demande-t-il en me relevant la tête pour que je le regarde. Je veux voir le moment où tu te laisses submerger par l’orgasme.
Mais pourquoi cet homme me fait cet effet de dingue ? Il me baise avec ses doigts et j’en redemande, mon corps tout entier en redemande. Je ne peux rien contrôler, la porte du plaisir s’est ouverte et je ne peux plus rien faire d’autre que de me laisser envahir délicieusement. Ses doigts s’agitent en moi, plus loin, plus fort, son pouce gouverne mon orgasme qui littéralement jaillit de moi en me faisant pousser des cris qu’Esteban étouffe avec sa main libre. Comme à chaque fois, je me sens vide, épuisée et comblée. Il remonte mon pantalon et m’attire à lui pour me serrer dans ses bras. Il m’embrasse les cheveux et relève mon menton en douceur.
— Tu es à moi ! Et je compte bien te faire jouir chaque jour de notre vie.
Je comprends qu’il ne demande rien en retour, que son plaisir se trouve aussi dans ma jouissance. Il est autoritaire et fort mais tellement doux dans les mots qu’il choisit et qu’il distille toujours au bon moment !
Arrivée dans l’appartement, je n’ai qu’une envie, c’est prendre une douche. Je veux effacer cette matinée ô combien éprouvante et me préparer à recevoir les avocats d’Esteban. Dans un coin du salon, sont disposées mes affaires, ma vie, réunie ici, en quelques paquets. Une envie de vomir m’assaille le ventre. Je ne représente que ça ? Esteban s’approche de moi, prend ma tête dans ses mains et m’attire sur son torse qui sent merveilleusement bon. Je pleure, épuisée par tout ce remue-ménage.
— J’ai envie de prendre une douche, dis-je entre deux sanglots.
— Oui, très bonne idée, déclare-t-il en me lançant un regard de prédateur.
— S’il te plaît ! Je veux juste me laver de tout ce qui s’est passé ce matin.
— Pas de problème ma douce, je sais aussi me laver dans une douche, je ne fais pas que baiser ! Je le regarde en esquissant un sourire malgré mes larmes. - OK tu y vas seule mais tu n’as pas l’intention de t’étrangler avec le tuyau quand même ? me questionne-t-il avec une pointe d’ironie dans la voix.
— Non, juste me débarrasser de tout ça.
Je file sous la douche, m’enveloppe dans les effluves du gel-douche et du shampooing qui d’habitude me font chavirer. Démunie, appauvrie, inutile, dépossédée et criminelle, je me laisse tomber au rythme de mes sanglots et m’assois par terre, l’eau coulant sur mon visage et se confondant avec mes larmes. J’ai laissé mes enfants et je suis partie ! À ce moment, une envie fracassante de compter pour quelqu’un envahit mon corps, il faut que je compte pour quelqu’un, j’ai besoin d’être dans les bras d’un homme qui me serre aussi fort qu’il m’aime. Cela veut dire quoi d’être une femme si je ne peux pas exister dans le cœur d’un homme, si je ne peux pas me confondre en lui, s’il ne peut pas puiser sa force en moi ? Ces sensations sont horribles, des coups de poignard me transpercent le cœur comme si j’avais l’obligation de bien intégrer au fond de moi ce qui se passe. Ça fait mal, mes sanglots sont à la hauteur de ma douleur, cette envie de mourir qui me crie de venir à elle, tout s’arrêtera, elle promet, plus de souffrance, plus de trahison, juste la paix.
Mes cheveux me coulent sur le visage, malgré toutes les larmes que j’ai sorties je continue à pleurer. Je repense à ce qu’Eléonie m’a dit : « Et si c’était moi qui avais poussé Carl à aller voir ailleurs ? » Il a trouvé mieux parce que je n’ai pas été la meilleure des femmes. Je me recroqueville, je veux disparaître dans le trou de la douche avec toute cette eau. Dans la position du fœtus, allongée sur le carrelage, l’eau se déversant sur ma peau rougie par les larmes, je supplie que le monde autour cesse de respirer, par respect pour moi. Ne faites plus de bruit, ne pensez plus, arrêtez d’exister ! Je sens une chaleur contre moi, des bras m’enlacent et me sortent de la douche.
— Laisse-moi, lui dis-je presque en criant.
— Ça va aller ma douce, je suis là, je suis avec toi.
Il m’entoure puissamment de ses bras et me colle contre lui dans un mouvement de survie, et c’est seulement à cet instant que mon corps se détend jusqu’à venir se confondre avec le sien, mes muscles se relâchent, son odeur m’apaise, il est tout ce qu’il me fallait. Je me sens liquide, avec la possibilité de me vider de ce qui n’a plus lieu d’être, mes sanglots s’accentuent, mon corps se détend un peu plus. Il resserre son étreinte, pose sa main sur ma tête et me berce, tant de douceur dans un corps aussi fort et musclé, cela me touche. Levant les yeux vers un Esteban habillé et dégoulinant, je surprends son air apeuré et cela me fait mal, je suis la cause des doutes qui viennent de se graver sur son visage. Il me porte hors de la douche, me pose sur le tapis et m’enroule dans une serviette de toilette en me frottant le dos. Je grelotte mais j’arrive à articuler tant bien que mal des excuses, me comporter comme une petite fille désespérée est bien la dernière chose que je voulais faire.
— Je t’ai choisie Emma, c’était le moment de se retrouver, alors ce que tu vis je le vis avec toi. N’aie pas honte de tes émotions, libère-toi, fais-le quand tu es dans mes bras, je te soutiendrai. Il m’embrasse comme pour imprimer ses mots dans ma chair.
— Je ne pensais pas que ça ferait si mal.
— Tu es en train de déconstruire ta vie avec ton mari et de la reconstruire avec moi. Si on ne s’était pas retrouvés il y a quelques jours, il aurait tout cassé et tu serais au 36ème dessous.
— Oui tu as raison, encore !
— Ne le laisse pas te détruire Emma, c’est tout ce que je te demande. Fais-moi confiance et remets-t’en à moi si cela devient trop dur à gérer, mais ne t’enferme pas en me laissant dehors. D’accord ?
— Oui Esteban.
Il pose ma main sur son cœur et la sienne sur le mien, je le couve du regard, confiante.
— Ferme les yeux et écoute, nos cœurs battent à l’unisson, ensemble nous formons une seule âme. Nous allons dépasser tout cela, je t’assure.
Je ferme les yeux et me laisse bercer par ses mots et les battements de nos deux cœurs en harmonie qui vibrent et s’affirment. Je suis envahie d’électricité, elle parcourt l’ensemble de mon corps, tout comme lui, je le sais, je le sens.
— Tu changes Emma, et comme dans tout changement il y a des conséquences. La première est de t’offrir ce qu’il y a de mieux pour toi, et pour moi ! Je le regarde sans comprendre. Tu deviens plus docile ! me dit-il en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille.
— Arrête de te moquer de moi.
— Je ne me moque pas, tu commences à aimer ce que je te fais, et je sais que tu vas t’ouvrir de plus en plus, à mon grand plaisir.
Que dire ? En effet, en quelques jours, Esteban m’a fait découvrir la baise intense. Je n’aurais jamais pu imaginer que j’aimerais qu’un homme prenne le contrôle et me fasse l’amour, te baise !, comme il le fait.
— Préparons-nous, mes avocats vont arriver, les documents sont prêts et ils vont t’expliquer la procédure.
Je l’embrasse avec excitation, il me donne la force que je n’ai pas et surtout il est là, il m’écoute, m’accompagne, me soutient, et qu’est-ce que ça fait du bien. Il va s’habiller, j’en profite pour me sécher les cheveux et sortir de la salle de bain avec une serviette autour de la poitrine. Il a placé délicatement sur le lit une tenue : une jupe crayon fendue sur un côté, un chemisier blanc cintré, des bas couture noirs, un porte-jarretelles noir et son soutien-gorge assorti blanc avec des fleurs de cerisier noires, et des escarpins posés sur le sol. Je souris et me dis au fond de moi : « Ah OK tu veux jouer devant tes avocats ?! » Je ne suis plus à ça près et la crise de larmes passée, je suis d’humeur joueuse pour me changer les idées. Impossible d’aller taper dans le sac de boxe, je vais donc prendre cet appel comme défouloir et lui prouver que je peux être une femme très coquine. Je décide donc de transformer ma colère en amusement. Je m’habille, me maquille et me coiffe avec un chignon faussement négligé. J’ouvre les trois premiers boutons de mon chemisier, ce qui laisse apparaître subtilement mon soutien-gorge à balconnet qui amplifie ma poitrine déjà forte.
J’arrive dans le salon, Esteban est dans le canapé à m’attendre, vêtu d’un pantalon en lin gris, d’une chemise blanche entrouverte, une jambe posée sur l’autre et les bras sur le dossier, nu-pieds, ses chaussures étant placées sur le tapis, prêtes à être enfilées dès l’arrivée des avocats. Il est à tomber ! Mon ventre l’appelle, j’ai envie de lui tout de suite. Il se dégage tellement d’assurance et de puissance de cet homme que je désire lui grimper dessus et lui demander de me baiser, juste pour aspirer un peu de sa force. J’avance doucement tout en l’admirant, je m’assieds sur le fauteuil face à lui et le regarde, il me fixe dans les yeux mais je sens qu’il est attiré par mes seins, il essaie pourtant de maintenir le contact visuel. Je me penche doucement vers la table pour attraper le thé qu’il vient de me faire, ce qui ouvre un peu plus mon chemisier et découvre ma poitrine. Son regard tombe dans mon décolleté et je vois l’excitation s’installer sur son visage et gonfler son pantalon. Il acquiesce des yeux comme pour me dire : « OK, on joue donc ? ». Cela m’amuse mais ce n’est qu’un début. Combien de temps va-t-il tenir sans me sauter dessus ? Je prends la tasse entre mes mains et me cale au fond du fauteuil, puis j’écarte légèrement les jambes, ses lèvres s’entrouvrent, son regard se fait étincelant et son envie très pressante, tout comme la mienne d’ailleurs.
— OK Emma, tu es joueuse, mais là je ne vais pas tenir, tout en fermant les yeux pour casser la vision érotique de mes cuisses ouvertes que je venais de lui offrir.
— Ce sont tes règles, je ne fais que rentrer dans ton jeu Esteban.
— D’accord, je te prends au mot. Vas-tu tenir devant mes avocats ? J’ai hâte de voir ça.
Je souris et lui fais croire que je suis tout à fait capable d’aller au bout, mais au fond de moi je suis morte de trouille. Edouardo ouvre la porte et nous trouve les yeux dans les yeux, moi les jambes écartées devant Esteban. Il nous signale que les avocats sont dans le parking et sort en refermant les portes vitrées derrière lui.
— Alors ma douce, est-ce que la tenue que je t’ai choisie te plaît ?
— Oui beaucoup, mais c’est peut-être un peu osé pour ce rendez-vous, non ?!
— Mais tellement excitant ! Par contre, ne va pas trop loin.
— Comment ça ?
— C’est moi qui décide comment tu peux te comporter et avec qui ! Là ce sont mes avocats et ils travaillent pour ton divorce, donc ne les aveugle pas, on a besoin de toutes leurs facultés intellectuelles.
— En effet, je me suis laissé déborder par le jeu. Je referme mes jambes, le rouge me montant aux joues.
— Viens là, me dit-il en tapotant le canapé.
Je m’assieds près de lui, je croise les jambes mais il glisse sa main pour les décroiser. Je resserre les genoux or il fait monter sa main à l’intérieur de mes cuisses, lentement, très lentement, tout en me fixant.
— Voilà ce que j’aime, des vêtements très sexy, des dessous suggestifs et une jolie femme, qui plus est la mienne, excitée et qui mouille à mes jeux.
Il m’embrasse dans le cou, je frissonne d’envie, il glisse deux doigts en moi et respire plus fort en sentant ma chatte très humide. Je me mords les lèvres pour éviter de crier, l’idée me traverse subrepticement l’esprit d’annuler ce rendez-vous et de le laisser me posséder jusqu’à hurler de plaisir. Il fait des va-et-vient insoutenables, je n’arrive pas à me retenir et pousse des petits cris, c’est très gênant, les avocats sont sur le point d’arriver. Je commence à être perdue dans mon désir, je le veux en moi, je veux sentir sa queue maintenant. D’un seul coup, il s’arrête et me ferme les jambes.
— Pas tout de suite chérie, on a à faire ! Il porte à sa bouche les doigts qui étaient en moi, il y a quelques secondes. Je le regarde avec une petite grimace, ne croyant pas qu’il ose faire cela. - Tout ce qui vient de toi a bon goût. Tu ne te souviens pas de ton goût ?! dit-il goguenard.
— Arrête s’il te plaît.
Il s’approche, m’embrasse goulûment avec sa langue et pose ses mains sur mes seins, ce qui accélère ma respiration. Son intention n’est pas du tout de me baiser mais bien de me tester. Il referme un bouton de mon chemisier et réajuste mon col, à mon grand désarroi, il vient de clore le jeu. Il s’éloigne et va dans son bureau chercher de quoi prendre des notes et enregistrer la conversation, j’en profite pour appeler Jules, l’occasion de l’inviter avec les filles, pour leur donner les explications qui leur manquent et me faire pardonner de ne pas avoir été la meilleure des amies, ces trois derniers jours.
— Putain Emma, t’es où bordel ? Je t’ai laissé des milliers de messages, Carl m’a appelé et m’a engueulé comme du poisson pourri, en me disant qu’il allait me refaire le portrait. Selon lui, ce serait moi qui t’aurais monté le crâne, pour que tu partes avec un riche homme d’affaires et ses gardes du corps. Mais c’est quoi ce foutoir, je comprends rien ?
— Justement… je n’ai pas le temps d’en placer une, il me coupe.
— Ne me dis pas que tu es maquée avec Esteban Cruise ?
— C’est long à expliquer mais je voulais t’inviter avec les filles, pour vous dire ce qui se passe. Dis-moi que tu peux venir ?
— Où et quand ?
— Chez Esteban, je t’envoie l’adresse. On va dîner et passer la soirée ensemble, c’est ma dernière soirée ici. J’ai besoin de vous voir, je pars demain.
— Mais tu pars où ?
— Je vous dirai tout ce soir, je te demande d’appeler les filles pour qu’elles viennent aussi, je n’ai pas le temps de le faire moi-même, parce que j’ai rendez-vous avec les avocats d’Esteban, pour mon divorce.
— Ton divorce ?! Nom de Dieu, Emma, t’es sérieuse là ?
— Jules, tu me connais mieux que personne, ne me juge pas s’il te plaît, attends mes explications.
— Je ne te jugerai jamais ma puce, j’espère juste que tu sais ce que tu fais et que tes décisions sont prises en toute conscience. Je te rappelle que ça n’a pas toujours été le cas et ton histoire avec CRUISE est… très récente. Ceci dit, je te rejoins sur un point, Carl est un connard, alors « va te faire foutre, Carl ! ». On sera là, ce soir, avec les filles, ma puce.
— Merci Jules, je te confirme que je t’aime.
— Je t’aime aussi ma puce, mais s’il te plaît ne prends pas de décisions à la hâte, attends qu’on en parle, tu sais bien que je t’ai souvent évité des bourdes.
— Je sais ce que je fais Jules, et quand tu sauras, tu me féliciteras. À ce soir.
Je raccroche en soupirant, contente que mon meilleur ami me soutienne, mais tout de même un peu frileuse, à l’idée de lui annoncer que je quitte la France. De l’électricité me parcourt le dos, je me retourne, Esteban est dans l’encadrement de la porte, il me déguste des yeux.
— Fais-moi une promesse, ma douce, me dit-il langoureux, avec un air malicieux.
— Tout ce que tu veux, Esteban.
— Ne raconte pas à tes copines comment je te baise, elles auraient envie de me sauter dessus.
— N’importe quoi ! Tu n’es pas le seul homme à être une bête au pieu, dis-je, en souriant.
— Peut-être, mais je suis le seul qui sait ce que tu aimes, en tout cas pour le moment, déclare-t-il me décochant un clin d’œil. Les avocats vont entrer, tu es prête ?
— J’ai peur mais oui, finissons-en.
— Ils ont travaillé vite pour avoir un dossier qui, je l’espère, sera en béton. Donc, interdiction de pleurer, de t’évanouir, tu restes assise à côté de moi, tu écoutes et tu me laisses prendre les choses en main.
— Ai-je le choix ?
— Non !
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