Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!

Amélie Dubois · Chapitre 14 sur 103

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Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!

Chapitre-13

Jour 7

Vol AQ993

Cancún-Montréal

14h52

 

— Ce n’est pas l’homme qui est là-bas, justement ? murmure Caroline tout en pointant du menton un type assis quelques sièges devant elle, mais de biais.

— Je pense que oui ! Mais je n’en suis pas sûre, j’étais encore soûle ce matin-là ! avoue Katia. On ne comprendra jamais pourquoi il avait mes affaires…

— C’était de te voir l’air, quand tu as ouvert la porte pour lui dire poliment : « Excusez-moi, monsieur. Désolée de vous réveiller, mais je vais reprendre mes effets personnels, s’il vous plaît… »

— Je me souviens juste qu’on l’a rencontré au bar de la plage, tard en fin d’après-midi. Mais ce n’était pas notre ami tant que ça, si ma mémoire est bonne ! Du moins, pas au point qu’on ait rigolé en lui attachant ta brassière sur la tête ! précise Vicky, qui semble la seule capable de rassembler quelques souvenirs concernant la fameuse première journée.

— Peut-être s’agit-il d’un maniaque-masturbateur-de- pied-fétichiste ?

— Arrrrk !

— On ne l’a pas revu de toute la semaine non plus…, se rappelle Vicky.

— Tout compte fait, vraiment pas brillant, notre brosse au gros soleil et mes noix de coco au lait caillé, ou au je-ne-sais-pas-quoi ! Tourista extrême la première journée de voyage… Pas fort ! Ça valait vraiment le coup que je paie 500 $ de vaccins pour tomber malade avec des noix de coco !

Caroline continue de faire dérouler les photos sur son appareil. Elle

s’écrie avec émotion :

— Voici justement la meilleure photo de voyage : toi, au bar, quand t’as enlevé le soutien-gorge en question pour le faire tourner au-dessus de ta tête ! Après, tu l’as tout bonnement accroché après ton verre et tu te promenais avec comme ça : y a pas de problème ! Euh… no problemo, je veux dire !

— Pas drôle ! On avait dit qu’on effaçait cette photo-là. Quand je vous disais que j’étais à risque de perdre mon brevet d’enseignement… C’était quoi mon idée ? réagit vivement Katia, qui arrache l’appareil des mains de son amie pour détruire à jamais le cliché compromettant.

— Tu voulais mettre la photo avec mon chapeau sur Facebook… Moi, je vais afficher celle-là dans la salle des profs !

— Compte tenu de ton état ce soir-là, je crois que tu n’étais même pas en mode « idée », glousse Caroline en reprenant son bien. Par contre, tu n’étais pas toute seule sur le party ! Moi, quand j’ai vu le gars le matin couché devant notre « porte patio », je me suis dit : « Coudonc, on l’a ramené avec nous hier soir et on ne s’en souviendrait plus ? »

— Disons que cette journée de vacances-là ne compte pas dans notre voyage. On est comme parties six jours seulement, nous autres ! rappelle Vicky, en se souvenant de la journée assez calme que les filles ont passée après ce difficile réveil.

— Le gars couché devant la porte, c’est une chose ; mais l’autre, le grand Québécois qui est venu me voir le lendemain, je ne saurai jamais…, réfléchit Katia, en haussant les épaules en guise d’incompréhension.

— On ne peut pas vraiment t’aider. Cette journée-là, tu allais souvent au bar toute seule, tu parlais à tout le monde. À un moment donné dans la soirée, je me souviens t’avoir perdue de vue. Quand je t’ai retrouvée, tu dansais, ton soutien-gorge dans les mains, avec ce grand gars-là pas trop loin de toi ! se souvient vaguement Caroline, qui se trouvait aussi dans un état d’ébriété avancé.

— Une question s’impose : est-ce que je veux vraiment savoir ce qui s’est réellement passé avec lui ? s’autoquestionne Katia à haute voix.

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