Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!
Chapitre-20
Jour 3
Playa Luna Resort
Cancún, Mexique
— Middle West ? It’s a state ? demande Vicky, encore plus confuse des explications de Dawson quant à son État d’origine.
— Whatever ! lance-t-il en l’entourant de ses bras pour l’embrasser de nouveau, tous deux allongés sur la plage.
Dans un élan de passion et d’ivresse, Vicky a accepté sans hésiter la
proposition de Dawson d’aller « marcher » sur la plage. Finalement, ils ne sont pas allés plus loin que près de la mer devant l’hôtel. Depuis qu’ils s’enlacent langoureusement, Vicky réalise que le prude Dawson possède finalement une belle fougue sexuelle assez torride. « Wow ! Un top partenaire de voyage pour la semaine, ça ! », cogite-t-elle, en se laissant enivrer par les caresses de son séducteur.
L’Américain propose à Vicky une baignade nue. Comme il constate la
présence de vacanciers près de l’escalier qui sert de passerelle du bar à la plage, Dawson lui pointe un secteur de la mer moins fréquenté. Elle accepte de se soustraire un peu de la zone entourant le complexe hôtelier, afin d’éviter d’être vus par des passants désireux de réellement marcher sur la plage.
Après un effeuillage coordonné, le couple s’esclaffe en courant vers la
mer. Trois secondes après être entrés dans l’eau salée, leurs rapports se sexualisent dangereusement. Vicky, les bras accrochés au cou de Dawson et les jambes enroulées autour de son corps mouillé, sent bien que l’excitation l’a totalement gagné lui aussi. Enivrée de boisson et d’érotisme, elle n’oppose aucune résistance quand il commence à lui faire l’amour, en la maintenant dans cette position. Les yeux fermés de plaisir, Vicky est soudainement rappelée à la réalité lorsqu’elle entend des mots espagnols au loin. Dawson, qui a aussi entendu quelqu’un, cesse son va-et-vient pour se tourner vers la grève. Un agent de sécurité semble avoir surpris, avec sa lampe de poche, un jeune couple près de l’escalier menant au complexe hôtelier, à quelques dizaines de mètres d’eux. Dans l’intervalle, Vicky aperçoit un autre couple sortir d’un buisson, près de la plage, et grimper d’un bond un muret de pierres pour regagner l’hôtel. En voulant voir les fugueurs, l’agent de sécurité éclaire la mer au passage. Vicky et Dawson se retrouvent ainsi illuminés par le faisceau. De la mer, et en raison de l’obscurité de la nuit, il est impossible de distinguer le visage de qui que ce soit à cette distance. « Pas de panique, on n’ira pas en prison pour s’être mis tout nus dans la mer, quand même ! », se rassure mentalement Vicky, désinvolte.
Complice et amusé de s’être ainsi fait prendre, le couple file vers la
plage, en évitant d’être éclairé par la lampe. Ils agrippent leurs vêtements au passage et escaladent le même muret que le couple de fuyards a emprunté quelques minutes plus tôt.
Après avoir ri pendant de longues minutes, Vicky s’habille en toute hâte
et se colle contre Dawson, étendu sur une chaise longue, près de la piscine. En regardant sa montre, il propose d’aller dormir. Comme tous les deux partagent leur chambre avec d’autres personnes, ils prennent des directions opposées en se promettant de se voir le lendemain.
Rendue dans le couloir de son module, Vicky entend les filles rire, bien
que la porte soit fermée. « Elles ne dorment pas ? », se surprend celle-ci vu l’heure tardive. Dès qu’elle pénètre dans la chambre, les filles cessent leur conversation. Elles la dévisagent, le regard interrogateur. Vicky s’assoit sur le lit en laissant échapper un soupir de contentement ; elle leur exécute un large sourire, arborant toutes ses dents.
— Raconte ! crie presque Katia, trop curieuse de connaître la fin de soirée de son amie.
— Attends, termine ton histoire avant, l’implore Caroline, déjà captée par le récit farfelu de Katia.
— Donc, on s’est réellement fait prendre sur la plage par l’agent de sécurité…, poursuit celle-ci, avant que Vicky la coupe en beuglant :
— C’était toi ?
— T’étais là ? gueule à son tour Katia, toujours dans le néant.
— Oui, dans la mer.
— Dans la mer ? Ah ! C’est pourquoi Fernando m’avait dit avoir entendu des clapotis venant de l’océan, mais il n’en était pas certain…
— Coudonc ! Vous étiez combien à forniquer dans ce coin-là ? s’insurge Caroline avec dégoût, littéralement traumatisée par le pluralisme sexuel simultané sur la plage.
Les filles récapitulent alors les faits, chacune racontant son aventure,
selon sa perspective.
— Donc, tu t’es fait baiser in English !
— Mets-en, et c’est quand le garde a voulu vous éclairer près du petit mur qu’il nous a illuminés avec sa lampe, relate Vicky en rigolant. L’autre couple, c’était qui ?
— Le voisin avec la pétasse ! dévoile Katia, qui avait eu le temps de les reconnaître de loin.
— Quoi ? Shit ! panique Vicky. C’est certain qu’il m’a vue en dessous du spotlight, toute nue dans la mer, alors !
— Peut-être pas…
— Eille, moi qui m’en vais loin du bar pour avoir la paix, il se retrouve à la même place que moi, au même moment ! Coudonc ! Il me suit, ou quoi ? s’inquiète Vicky, ne trouvant plus l’histoire drôle du tout.
— Tu verras demain, par son attitude, s’il t’a vue ou non, la rassure Katia, navrée d’avoir appris ce détail à son amie.
— Toi, tu t’es bien amusée ? s’informe tout de même Vicky, un peu démoralisée de la conclusion de cette échappée.
— Oui… Nous aussi, il faut qu’on se cache, mais pas à cause d’un voisin : Fernando ne peut pas fréquenter de touristes vu qu’il travaille ici. C’est formellement interdit ; sinon, il peut perdre son emploi.
— Tant que ça ?
— Alors, vous avez couché ensemble ou pas ?
— On n’a pas couché ensemble, on se pelotait sur la plage quand le surveillant est arrivé. Après, il est rentré chez lui.
— Ah !
— Toi, euh, Madame la sirène…, t’as mis un condom dans la mer avec ton Anglais, j’espère ? s’informe Caroline, un peu moralisatrice.
— Ouin, dans le feu de l’action… Euh, disons que… Je suis vraiment épaisse…, se lamente Vicky, en se prenant la tête à deux mains.
— Vicky ! Tu ne le connais pas, ce gars-là ! On fait la morale à nos élèves de se protéger en tout temps ! rugit Caroline, sur un ton désapprobateur.
— Il est gêné, super timide, ce n’est pas un courailleux certain ! la rassure Vicky tout en tentant de se réconforter elle-même.
— Toi, Caro, le beau Thomas ? lâche Katia en envoyant un clin d’œil appuyé à son amie.
— Vous êtes fatigantes avec lui ! Je vous ai dit ce que j’en pensais ! Bonne nuit ! fait-elle, un peu vexée, en se retournant dans son lit portatif en guise de réponse.
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