Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!

Amélie Dubois · Chapitre 88 sur 103

Pages du PDF

Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!

Chapitre-85

Jour 5

Playa Luna Resort

Cancún, Mexique

 

Après environ une heure de marche, les filles s’accordent une courte

pause pour apprécier la brise marine, les yeux fermés, les cheveux au vent. La plage, qui s’étend à perte de vue de chaque côté d’elles, semble ne former qu’une mince pointe de sable doré à son extrémité. En contemplant l’horizon, elles ont l’impression que la mer a une forme arrondie comme si elle épousait la courbe naturelle de la Terre. Quelques volatiles gracieux passent au-dessus de leur tête, formant une ligne parfaitement transversale. Cela donne à la scène un air paradisiaque inégalé.

— C’est tellement beau, apprécie Vicky, zen et calme, en respirant l’air salin à pleins poumons.

— Hum…

Elles se retournent finalement dos à la mer pour poursuivre leur activité

principale, c’est-à-dire commenter l’allure des différents complexes hôteliers. En quittant le rivage, elles s’intéressent à l’imposante structure architecturale qui s’élève devant elles.

— Débile, cet hôtel-là, hein ! Regarde les espèces de lits de plage là-bas, c’est tellement romantique.

En effet, de grands lits à baldaquin s’alignent devant l’hôtel en une

rangée bien droite. De grands voilages blancs et légers, attachés de façon plus ou moins serrée à chaque poteau de l’armature de bois, ballottent doucement au gré du vent.

— Surtout très luxueux comme endroit ! Probablement un cinq étoiles hyper dispendieux !

— On se rapproche pour y faire du lèche-vitrine ?

Les deux vacancières avancent discrètement vers le complexe afin de

bien voir l’aménagement intérieur, dont l’accès est psychologiquement bloqué par un alignement de grands cocotiers symétriques.

— Wow !

Contrairement au Playa Luna Resort, la superficie du terrain de l’hôtel

paraît plus petite, mais tout semble central et, de ce fait, plus près de la plage. Il n’y a donc pas une multitude de petits sentiers menant aux différents attraits du complexe. Les chambres sont situées dans deux immeubles d’environ quinze étages de haut qui se font face. La piscine en forme de couloir sinueux semble faire le tour des bâtiments. Les chaises de plage qui jonchent le parterre sont recouvertes d’épais coussins blancs moelleux à souhait. Tout paraît visiblement très fastueux.

— Écœurant !

Un couple qui quitte justement cet hôtel salue poliment les deux filles

en se rendant sur la plage. Le poignet de la femme qui agite la main n’échappe pas à Vicky, qui est soudainement prise d’une illumination.

— T’as vu leur bracelet ?

— Non, quoi ?

— Bleu foncé, comme nous !

— Et après ?

— Viens ! ordonne Vicky en lui tirant le bras.

— Non, on ne peut pas aller se balader dans le complexe le plus dispendieux de Cancún ; on va se faire pincer !

— Ben non ! ben non ! Comme dit l’autre : « No problemo ! » Il faut juste avoir l’air sûres de nous !

Les filles pénètrent par l’enceinte de la plage et se dirigent sans hésiter

au premier bar qu’elles aperçoivent. Elles prennent place sur deux immenses et confortables tabourets de cuir.

— Tu vois ! Pas de problème !

— Pas encore !

Elles observent tout autour d’elles. Un groupe de musiciens anime

l’ambiance du bistro-bar. Un serveur, habillé d’un complet très chic, leur propose d’emblée une boisson de choix, en brandissant une bouteille déjà ouverte. Il ne s’agit de rien de moins que du champagne.

— Si ! Gracias ! accepte volontiers Vicky, très à l’aise dans toute cette somptuosité.

— Mon Dieu ! Ça change des cocktails cheaps, trop forts, trop sucrés ou encore fabriqués avec du jus en poudre…

— Ça change aussi du même disque qui semble tourner en boucle depuis le début de la semaine à notre bar !

— Je suis en train de les connaître par cœur et je ne parle pas un mot d’espagnol, imagine !

— C’est juste plate qu’on soit mal habillées !

— Ouin, j’avoue qu’on ne fait pas trop jet set avec nos shorts en coton ouaté, approuve Caroline, en jetant un œil à leur tenue.

— J’avais apporté ça pour le yoga…

— Le yoga que t’as jamais fait ?

— Pas eu le temps. J’étais trop occupée à ce que toutes les mésaventures du monde entier m’arrivent !

Le serveur dépose les deux flûtes devant elles. Sans tarder, les deux

copines les saisissent avant de se dire :

« Salud ! » en gloussant.

OceanofPDF.com