Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!
Chapitre-53
Jour 6
Playa Luna Resort
Cancún, Mexique
Après avoir été ardemment sollicités par des animateurs pour participer
à une activité de groupe sur la plage, les filles ainsi qu’une vingtaine de vacanciers se retrouvent debout sur le sable, séparés en deux rangées égales, à attendre les règles du jeu. Côte à côte, elles se questionnent :
— C’est quoi, au juste ?
— Je ne sais pas. C’est long, il fait chaud…, se plaint Vicky en s’éventant le visage.
Fernando ainsi que deux de ses collègues s’amènent afin de leur donner
les consignes. Ils remettent tout d’abord les rangées en parfaites lignes droites et divisent finalement les hommes et les femmes de chaque côté, de façon que la personne d’en face soit de sexe opposé. Comme il manque deux femmes pour arriver à un nombre pair, les deux G.O. repartent sur la plage, à la recherche de nouvelles concurrentes.
— Je pense qu’on a le temps de retourner au Québec et de revenir avant que le jeu commence ! exagère Katia, impatiente, en observant son danseur sexy qui discute avec les hommes recrutés.
— Il est beau, votre danseur, lui déclare une dame inconnue, tout près d’elle.
— Pardon ? fait Katia, surprise par le commentaire de la voyageuse, aussi québécoise.
— Ne soyez pas gênée, voyons. Tous les vacanciers du complexe ont remarqué !
— Ah bon…, lâche-t-elle tout en dévisageant ses amies, qui semblent faire fi de ce détail anodin en s’éventant toujours avec leurs mains.
Quelques instants plus tard, les « Gentils Organisateurs » reviennent,
accompagnés de deux femmes. Ils annoncent que le jeu va débuter en précisant que leur coéquipier est la personne qui se trouve en face d’eux. Trois jeunes Québécois, que les filles connaissent bien, se tiennent devant elles.
— Salut ! lance Vicky à son partenaire, en lui envoyant la main.
Le jeu s’avère simple : un œuf en coquille cru est remis à chaque couple
qui doit se le lancer sans le laisser tomber, en reculant d’un grand pas entre chaque lancer. Tous doivent faire le geste en même temps, au son du sifflet.
— Attention ! Ne lance pas trop fort, dit Caroline, pour mettre en garde son partenaire.
Le sifflet se fait entendre et le premier lancer a lieu, puis un deuxième,
suivi d’un troisième… L’exercice paraît facile lorsque les coéquipiers se trouvent à proximité l’un de l’autre, mais plus ils s’éloignent, plus les risques de bris augmentent. Un premier œuf casse dans la main d’une fille, puis un deuxième au tour suivant, et ainsi de suite. Tout le monde s’amuse follement en tentant d’attraper le plus doucement possible l’aliment délicat.
— C’est vraiment drôle, ça, apprécie Vicky en rigolant avec son partenaire.
Après un instant de jeu, il ne reste que cinq couples dans la course, dont
les trois filles.
— On est bonnes !
— Les filles de Gatineau sont des pros pour attraper des œufs !
Concentrée à souhait sur le lancer de son ami, Katia sursaute en
recevant soudainement un œuf dans le dos, qui s’écrase au contact de son corps.
— EILLE ! beugle-t-elle, en se retournant vers le groupe de participants éliminés qui s’esclaffent.
À son tour, Caroline en reçoit un dans le dos, puis Vicky, ainsi que les
deux autres participantes. En fait, c’est Thomas et son ami, éliminés depuis quelques tours, qui se sont installés près de la caisse d’œufs pour bombarder les filles. Fernando, bien d’accord avec le projet, n’y participe pas concrètement, mais approuve en riant à gorge déployée.
Deux tours plus tard, les filles reçoivent encore un œuf, mais par la tête
celui-là. En essayant de rester concentrée sur la réception de l’œuf, Katia promet, impuissante :
— On va se venger tout à l’heure, je vous en passe un papier !
***
Près d’une heure plus tard, tout le monde se retrouve sur la plage et
papote de nouveau, un verre à la main. Les filles, elles, chuchotent près du bar :
— On le fait par-derrière ?
— Non ! non ! Par le devant ! Carrément !
— Moi, je vous laisse faire et je prends les photos, planifie Caroline. Vous avez tout ce qu’il vous faut ? s’informe celle-ci, excitée par leur douce vengeance.
— Oui, madame ! Attrape mon « Kodak », propose Vicky, son appareil étant le plus proche.
L’air de rien, les filles reviennent du bar avec des daïquiris aux fraises
dans les mains. Elles se dirigent vers le groupe d’amis habituels. Thomas, confortablement étendu sur une chaise longue, près de son partenaire de voyage, se délecte de la douce vie de vacances. Les filles approchent en souriant.
— Les femmes nous rapportent des drinks, le gros ! Elles sont bien domptées, hein !
Rendues presque à leur hauteur, Katia et Vicky font mine de trébucher
dans le sable, sans réellement tomber, et renversent sur chacun d’eux trois daïquiris aux fraises bien glacés, mais surtout bien sucrés. Thomas sursaute :
— HÉÉÉÉ !
— CÂLISSE ! s’insurge l’ami de Thomas en écartant largement les bras, stupéfait de se faire ainsi attaquer.
Les gars se retrouvent ainsi maculés du nectar glacé rouge et collant.
Sans crier gare, ils se lèvent d’un bond pour courir après les fautives, qui décampent rapidement. Les gens autour s’amusent de la plaisanterie. Le tout se termine par une baignade de groupe dans la mer, les filles pour se rafraîchir, les gars pour se nettoyer.
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