Confinement torride
17 - Cauchemar
Nina
J’ai dormi comme un bébé, lovée tout contre Nathan, et je me réveille, dos contre son torse, son bras posé sur ma poitrine. Le jour est déjà levé et de chauds rayons de soleil pénètrent par la fenêtre de sa chambre. Le printemps est au rendez-vous pour célébrer ma deuxième journée avec Nathan. Je ne sais pas quelle direction elle va prendre, ni cette journée ni cette semaine… encore moins les prochaines. Seule certitude, ce que j’éprouve pour lui, au plus profond de mon être, je ne l’ai jamais ressenti pour qui que ce soit.
Le temps écoulé sur MB.Y, à débattre de tout et de rien était déjà génial. Mais là, le côtoyer de façon assidue imprime une dimension plus intense à nos échanges. Je le trouve brillant, drôle, un brin agaçant – juste ce qu’il faut –, et grosse cerise sur le gâteau, c’est un dieu au lit ! Je suis avide de ses caresses fantastiques, du plaisir inouï qu’il sait me donner, sans même en attendre de contrepartie. Non, mais jamais ! jamais ! je n’ai vécu ça ! Être à la merci des cajoleries de Nathan devient une délicieuse addiction.
Mon Dieu, on dirait que je tombe amoureuse ! C’est trop rapide ; ce n’est pas normal. Je ne suis pas normale ! On se connaît si peu et pourtant, je tiens déjà à lui. Je suis accro à sa belle gueule, à son corps parfait, aux attentions qu’il me prodigue, à sa maturité aussi. D’un côté – je ne vais pas me mentir –, il existe une indéniable compatibilité physique entre nous. Et alors ? Une attirance uniquement liée au plaisir n’est-elle pas censée être éphémère ? Mais, j’éprouve surtout un attachement envers lui, qui va bien au-delà de son rôle d’amant – qu’il interprète à la perfection, ceci dit. Je me rassure en supposant que le confinement exacerbe mon émotivité ; j’imagine que cette promiscuité de chaque instant aiguise mes sentiments. Néanmoins, je ne suis pas dupe. Avant même de le découvrir physiquement, j’en étais déjà amoureuse. Ce constat me laisse songeuse…
J’essaie de décrypter ce capharnaüm qui bouillonne dans mon esprit, lorsque je suis interrompue par des geignements dans mon dos. Nathan se réveille. Mais les murmures se transforment en une plainte déchirante. Je n’ose pas bouger malgré son bras qu’il resserre sur moi à m’en faire mal.
— Non, Cloé, je t’en prie… Ne fais pas ça ! JE T’AIME, noooon !
Je suis tétanisée.
Nathan
Je me redresse en sursaut sur cet horrible cauchemar… encore une fois ! Un tambour tape contre mes tempes, la sueur inonde ma poitrine, je suis oppressé. Je pousse Nina sans délicatesse, j’ai besoin d’être seul. Il faut que je me reprenne avant qu’elle ne se réveille, alors je fonce jusqu’à la salle d’eau. Je dois m’éclaircir les idées et, pour cela, rien de tel qu’une bonne douche froide !
Bon sang ! Je pensais que tout ça était derrière moi. L’avoir verbalisé devant le psy n’a visiblement pas suffi. En même temps, il m’avait prévenu, deux séances ne le permettront pas. Mais, c’est comme ça ! Se confier à un inconnu, déballer sa tristesse, son incompréhension, sa colère à un mec qui ne connaît rien de votre vie… Très peu pour moi !
Je ne sais pas ce que ça va donner avec Nina, mais je ressens, au plus profond de moi, l’absolue nécessité de sa présence à mes côtés. Son relâchement total d’hier soir, le fait qu’elle m’ait fait confiance, qu’elle m’ait abandonné son corps et que je fasse passer son plaisir avant mes propres besoins me laisse présager d’une direction bien différente de celle que devrait prendre un plan cul. Sans vraiment pouvoir me l’expliquer, je désire la traiter comme une princesse et vivre intensément ces deux semaines de confinement, puisqu’elles seront uniques.
OceanofPDF.com