Confinement torride
19 - Ouragan
Nina
Après notre partie de jambes en l’air, ma douche et notre en-cas composé d’une banane écrasée sur du pain de mie – normal, il n’y a plus rien dans le frigo – me voilà enfin partie à la recherche des numéros.
Monsieur Dubosse, mon adorable patron, pas plus inquiet que ça de ne pas m’avoir vue ce matin, pensait que j’avais eu des problèmes de transport entre chez moi et mon travail. Très compréhensif suite à mes explications, il m’informe qu’avec cette épidémie et le confinement qui en découle, la clinique va de toute manière fermer et qu’il n’a d’autre choix que de me mettre au chômage partiel.
Ça me fait un choc, mais rien à côté de l’ouragan « Élise » qui me tombe dessus lorsqu’elle décroche son téléphone. Elle est furibonde. Elle s’est inquiétée comme une folle en ayant confirmation que mon train était annulé et que je ne donnai plus signe de vie. Et puis, cette histoire d’épidémie, non vraiment, je n’ai pas l’air de réaliser la situation. Elle vocifère dans le combiné à tel point que Nathan, qui bosse sur son ordinateur, lève sur moi un regard interrogateur. Je le rassure par un haussement d’épaules et m’éloigne un peu.
En même temps, je comprends Élise. J’agirais de la même manière en sens inverse, la pauvre ! Cependant, j’ai beau lui expliquer ma mésaventure du sac à main perdu, et donc de l’impossibilité pour moi de la joindre, aucune excuse n’est recevable à ses yeux. Bon, j’ai fait le tour de mes arguments et m’éclipse dans la chambre pour amadouer ma petite sœur.
— Écoute, Élise, calme-toi un peu. Si tu crois que ça a été facile pour moi de savoir que je ne pouvais pas rentrer. Mais rassure-toi, Nathan est un garçon charmant, il est génial. Tout se passe pour le mieux.
— Ouais, ben, ma grande, il aurait été sociopathe-cul-de-jatte ou le petit frère d’Hannibal Lecter que, de toute manière, tu n’aurais pas eu d’autre choix et serais quand même restée bloquée chez lui. Et pour quinze jours… en plus !
Sa remarque me fait rire. Ma pauvre petite sœur a toujours flippé devant le « Silence des agneaux » ! Eh bien, si elle savait le beau gosse chez qui j’ai la chance de squatter, et que c’est lui qui a le plus à craindre des morsures que l’inverse. Je rougis en repensant à ma réaction en cuisine. De plus, il ne lui manque rien à mon cher Nathan, tant physiquement que psychologiquement… à part, peut-être ce problème de cauchemar, la nuit dernière.
Je la tranquillise à nouveau sur l’organisation que je compte mettre en place pendant ce confinement. Bosser mes cours par correspondance, prendre des nouvelles des parents – si elle daigne me donner leur numéro – et la joindre régulièrement pour qu’elle sache que je vais bien. J’ai finalement réussi à l’apaiser, car mademoiselle fait sa petite curieuse.
— Bon, et sinon, euh, côté hum hum, ça se passe comment ? Vas-y raconte…
Ah, je retrouve notre complicité et je ne me fais pas prier.
— De ce côté-là, rien à redire. Élise, tu ne peux pas t’imaginer. Non seulement Nathan est parfaitement bien constitué, je t’assure que les photos ne lui rendent pas hommage, mais, en plus, c’est un amant comme je n’en ai jamais rencontré. Tu ne le croiras pas, mais avec lui, j’arrive à prendre mon pied plusieurs fois, il est…
— Ouais, bon ça va, la dévergondée, je ne veux pas non plus connaître tous les détails de tes ébats sexuels.
On a toujours parlé librement de nos aventures, entre sœurs c’est normal, mais c’est vrai qu’on a une certaine pudeur tout de même, et là, j’étais prête à tout lui dévoiler comme je l’aurais fait avec Katy, ma meilleure amie.
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