Confinement torride

July Mazart · Chapitre 66 sur 89

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Confinement torride

65 - Macan GTS

 

Nina

Tout ne logeait pas dans ma sacoche alors j’ai emprunté une valise à sa colocataire, et surtout, je pense à garder près de moi mon précieux sac à main. Je suis excitée comme une puce, c’est comme si on était des hors-la-loi, risquant à tout moment de se faire pincer par la police, tout ça pour vivre la grande aventure.

— Mince ! Le commissaire Bonneim. Il m’avait demandé de lui signaler quand je partirais de chez toi.

— Ça tombe bien, ici ce n’est pas chez moi, je te rappelle que je suis locataire. Tandis que, là-bas, c’est vraiment ma maison, me dit-il avant d’ajouter : ne t’inquiète pas, j’ai déjà tout réglé avec lui.

Ce mec est un génie, il a tout prévu. C’est dingue comme il est doté d’un sens inné de l’anticipation. Pendant qu’on descend jusqu’au sous-sol par l’ascenseur, Nathan m’explique qu’il a investi une partie de son capital dans l’immobilier et qu’il rentabilise par des locations, à la semaine, pendant la saison estivale.

— Ça marche plutôt pas mal, me dit-il fièrement. Merde ! J’ai oublié la poubelle, tu peux retourner à l’appart pendant que je sors la voiture du parking ? Je t’attendrai juste devant l’immeuble.

Le haut soleil m’éblouit et je suis obligée de mettre ma main en visière pour chercher Nathan et son véhicule. Je l’aperçois enfin de l’autre côté de la rue, dos appuyé sur la porte d’une Porsche Macan GTS noire. Putain ! La passion pour les voitures, que je partage avec mon père, me permet d’identifier sans peine ce modèle reconnaissable entre tous. Et celle-ci coûte un bras.

Nathan ne m’a pas vue, occupé qu’il est avec son téléphone, alors je prends mon temps pour digérer cette information, puis m’élance d’un pas décidé.

— Je mets ça où ? je demande, en soulevant le sac poubelle.

Nathan me sourit et me répond naturellement.

— Ah, te voilà ! Grâce à l’application, je pense avoir trouvé un itinéraire qui devrait nous éviter les ennuis. Euh, ça… tu n’as qu’à le mettre dans la benne, juste là.

Il me regarde, surpris, puisque, justement, la fameuse benne est à dix pas. Non, monsieur, je n’ai pas subitement perdu la vue ! Je balance le sac dedans, puis je ne résiste pas longtemps pour l’interroger :

— C’est ta voiture ? C’est une Porsche Macan GTS ?

— Tu t’y connais en bagnoles !? Elle est sympa, tu aimes ?

Si j’aime ? Vraiment, il ne réalise pas !

Nathan ouvre la porte et s’apprête à s’installer derrière le volant lorsque je lui fais la remarque :

— En fait, t’es carrément friqué comme mec. Non, parce que je sais qu’au bas mot cette voiture neuve vaut dans les soixante-dix, voire quatre-vingt-dix mille euros. T’es trafiquant de drogue, c’est pas possible ?

Il éclate d’un rire franc, puis s’exprime d’un ton grave et séducteur.

— Que veux-tu, Princesse, j’ai le sens des affaires et je suis un as du placement, il faudra t’y habituer !

Oui, ben, pas trop quand même. Si mes souvenirs sont bons, dans une semaine je retourne chez moi. Puis, soudainement, de manière totalement irréfléchie et absurde, je m’entends lui demander si je peux conduire sa Porsche. Ses yeux se plissent et sa réponse est sans appel.

— Si je laisse un jour quelqu’un me conduire, c’est que je suis mourant, allongé dans une ambulance.

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