Confinement torride

July Mazart · Chapitre 28 sur 89

Pages du PDF

Confinement torride

27 - Footing

 

Nathan

Je me réveille le premier, l’âme et le cœur léger. Un poids s’est envolé de ma poitrine et c’est grâce à Nina. Je regrette de ne pas lui avoir tout détaillé en intégralité – trouille, lâcheté ? –, alors qu’il le faudra tôt ou tard… ou pas ! Pfff, sonder ma conscience ne m’empêche pas d’apprécier ce réveil grisant à ses côtés. Je la regarde comme si je la voyais pour la toute première fois. Elle semble différente d’hier ou bien c’est moi, je ne sais pas. J’attrape une de ses mèches brunes et lui chatouille le nez qu’elle retrousse aussitôt. Trop mignon. Le sien est fin, assez petit et bien équilibré au milieu de son visage ovale, pas une bosse pour le déformer. Ce n’est pas comme le mien qui a été cassé par deux fois.

En fait, je pourrais contempler Nina pendant des heures, fasciné par sa bouche sexy en forme de cœur. Sa lèvre inférieure est naturellement pulpeuse, celle du dessus, presque aussi charnue, est superbement bien dessinée. Rien d’étonnant si j’ai constamment envie de l’embrasser. À bien la regarder, je me rends compte que de légères taches de rousseur constellent ses pommettes. J’imagine que dès qu’on pourra se balader, le soleil printanier devrait les faire ressortir encore plus.

Rien qu’à évoquer l’extérieur, l’air frais et cette météo exceptionnelle, je suis hyper motivé pour un footing matinal et, curieusement, je rechigne à l’idée de me séparer de Nina, même pour un court moment. Euh, deviendrais-je… romantique ? L’idée d’être accroché comme un toutou à son maître me secoue les neurones et m’oblige à sortir du lit rapidement. Non mais, c’est qui le mâle alpha ici ?

Et d’ailleurs la marmotte pourrait en profiter pour se dégourdir les jambes elle aussi. Après tout, elle m’a bien confié sur MB.Y qu’elle courait pour des associations, sur de petites distances aux alentours de chez elle. J’ai envie de voir ce qu’elle donne.

— Nina, réveille-toi, il fait super beau. Ça serait sympa d’aller courir tous les deux, lui proposé-je en la secouant gentiment, espérant que ses yeux endormis soulèvent instantanément ses longs cils, noirs et épais.

Peine perdue, je récolte un grognement pour toute réponse. J’insiste. Je sais être persuasif, s’il le faut. Je glisse un doigt sur ses lèvres – ça, c’est pour mon plaisir personnel –, remonte et appuie sur son nez – ça, c’est pour jouer – puis termine sur ses paupières, les relevant chacune leur tour – ça, c’est très agaçant ! Le résultat est immédiat, deux prunelles noisette se fixent sur moi, totalement réveillées à présent.

Hou, ça passe ou ça casse. Je connais Nina depuis peu de temps, et ça va être l’occasion de découvrir si elle est du matin. Finalement, un grand sourire étire sa bouche. J’aurais dû me méfier ! Un oreiller très épais s’abat sournoisement sur ma tête, déclenchant un fou rire de la part de ma Princesse d’un soir – mmh… pour tous les soirs ?

C’est que je tombe dans le sentimentalisme, moi. Sauf pour des bagarres d’oreillers, je me métamorphose et je deviens impitoyable !

OceanofPDF.com