Confinement torride
54 -… déshabilleur…
Nina
Nathan perd son polo. Il a tenté sans conviction le coup des trois boutons du col, mais évidemment, je n’ai pas cédé ; les mêmes règles pour tous. Puis, je le déleste de ses chaussures et chaussettes. Aux deux tours suivants – que je perds –, je choisis de baisser le haut de ma tenue et vire mon soutien-gorge, histoire d’être à égalité. Je joue avec ma poitrine que j’exhibe pour le déconcentrer un max, exagérant mes mouvements en frôlant mes seins, l’air de rien.
Ce mec est imperturbable et se permet de relancer alors que je pensais faire illusion malgré mon jeu pourri. Mon corps doit me trahir et envoyer des signaux que je ne maîtrise pas.
Nathan joue vite, mais de façon réfléchie. Ses attitudes sont figées sur un flegme impassible. Seules ses pupilles se dilatent subrepticement lorsqu’il suppose, et devine à propos, que je bluffe.
Ma main tremble quand je porte mon verre de rhum à mes lèvres sèches. L’alcool me brûle la gorge et je frissonne. Je vois son cerveau qui soupèse et évalue chacune de mes mises et, sur ce coup-là, je préfère me coucher. Alors, Môssieur, insiste pour me montrer son jeu – je sens que je ne vais pas apprécier – et je suis dépitée. Nathan se marre comme un perdu, se tenant les côtes à deux mains. J’espère qu’il a très mal, ce n’est que justice.
J’enrage, j’avais un brelan et lui que dalle. Mais quel salaud, il a osé ! Je m’apprête à lui faire comprendre qu’il ne m’aura plus avec son petit numéro lorsque deux éclairs, suivis d’un retentissant coup de tonnerre, zèbrent le ciel. L’orage est là, la coupure électrique aussi. Fin du jeu. Nathan ramène des photophores de toutes les formes et les dispose autour de nous.
— Tu ne crois pas t’en tirer à si bon compte, ma jolie. Tu perds, tu casques.
Ses yeux brillent dans la pénombre et il rajoute :
— Tout ce qui arrive à partir de ce moment n’est que bonus, allez hop, hop, hop, paye ton dû, petite allumeuse, enlève ton short ! J’ai louché sur ta poitrine toute la soirée, j’exige maintenant ta nudité complète.
Cette courte phrase, exacerbée par l’alcool ingéré, me donne le vertige. Il embarque son verre et s’installe dans un des confortables fauteuils en cuir comme s’il s’agissait du trône d’un château dont il était le roi. Il croise ses jambes, son pied nu reposant sur le genou opposé, et fait rouler ses épaules d’un mouvement sexy avant de se caler contre le dossier. Le spectacle est fascinant ! Fait chaud d’un coup ? Sa pose nonchalante contraste avec son regard de dominateur.
OceanofPDF.com