Du feu de Dieu (French Edition)

Marie Bona · Chapitre 10 sur 37

Pages du PDF

Du feu de Dieu (French Edition)

Chapitre 8

 

 

OceanofPDF.com

GARY

 

D’un bond, je me lève pour gagner la cuisine avec la curieuse sensation que ses iris couleur whisky m’accompagnent pas à pas. Hors de question que je me retourne pour vérifier si ma théorie est fondée ou non. Dans un cas comme dans l’autre, je deviendrais aussi rouge qu’un homard que l’on ébouillante.

Tout en remplissant le porte-filtre d’une bonne dose de café moulu, je me fais chauffer un mug de lait au micro-ondes. J’appuie sur le bouton et laisse la technologie faire son travail. Rares sont les jours où j’en bois, j’ai surtout acheté cette machine pour Dany qui aime les onctueux cappuccino. En ce qui me concerne, la vieille cafetière de Grand-père est amplement suffisante.

Pendant que le liquide brûlant coule, que l’arôme subtile commence à envahir la pièce, je prends quelques secondes de réflexion. Quand Cops a raccroché tout à l’heure en disant : « j’arrive », je me suis ruée à l’étage pour m’habiller. J’ai pris ce qui me tombait sous la main : le short que Dany avait laissé ici, un samedi, après sa douche. Il avait ratissé le jardin toute la matinée. J’avais pris soin de laver ses affaires qui depuis, attendaient sagement sur le meuble de la salle de bains. Quant au gilet, il était là, jeté sur une chaise. Je n’ai eu qu’à le passer par-dessus mon débardeur et l’attacher à l’aide de la broche en or blanc de Grand-mère. Dix minutes plus tard, l’inspecteur de la brigade criminelle du BPD était sur le pas de ma porte. En dévalant l’escalier, fébrile, j’ai noué mes cheveux à la va-vite avec un crayon, afin de paraître… professionnelle. Étant donné ma tenue, cette tentative demeurait plus que ridicule, j’en conviens. Saperlipopette, où avais-je la tête ? L’homme qui sonnait chez moi n’était autre que ce flic mal élevé. J’aurais dû anticiper. Enfiler un jeans, un jogging… C’était sans compter sur son regard surpris et frondeur lorsque le battant s’est ouvert. Néanmoins, je n’allais pas le laisser m’ébranler. Pas cette fois ! Prête à lui montrer ce dont j’étais capable ! Au fur et à mesure de notre échange, j’ai réalisé qu’il me prenait enfin au sérieux.

Avec précaution, j’attrape la tasse fumante, la dépose sur un petit plateau, tout près du mug de lait chaud dans lequel je verse un soupçon de cannelle en poudre. Pivotant machinalement vers le salon, je hèle pour faire entendre ma voix :

— Votre café… vous le prenez comment ?

— Dans une tasse ! répond-il du tac au tac.

Durant une fraction de seconde, je reste déconcertée. Qu’est-ce qu’… ? Puis, je secoue la tête avant qu’un sourire discret ne vienne étirer l’un des coins de ma bouche. Je rêve ou il se paye ma tête ? Je n’ai pas le temps de répliquer qu’il ajoute :

— Noir, s’il vous plait !

Évidemment ! Monsieur le bourru n’est sûrement pas un ami de Mary Poppins qui mettra un morceau de sucre dans son café pour rendre sa vie plus belle !

Un profond soupir passe mes lèvres et je quitte la pièce en emportant le plateau. Cops est toujours par terre, absorbé par les documents que nous avons déjà étudiés. Doucement, je me baisse, m’assieds en tailleur. Ce n’est qu’au moment où je lui tends sa boisson qu’il s’autorise enfin à lever les yeux. Grimaçant, il observe la tasse avec méfiance, comme s’il était face à une maladie contagieuse. J'arque un sourcil. Il s’empare du contenant, le fait pivoter entre ses doigts afin de l’examiner sous tous les angles. Il cherche quoi au juste ? S’il s’avise à critiquer le service en porcelaine entièrement décoré de liserés dorés, je...

— Vous avez quel âge, Gary ? lance-t-il en me fixant. Parce que… à en juger par votre maison au style high-tech et ce service à café Design, je dirais un peu plus de quatre-vingt-deux ans.

La lueur espiègle qui brille dans ses iris me fait automatiquement rougir.

— Vous y étiez presque… J’ai vingt-sept ans.

— Wow, bientôt la retraite ! Pensez à vite vous inscrire au club de tricot.

Je le regarde porter la tasse à ses lèvres pour boire une gorgée tandis que l’envie de m'expliquer m’envahit soudain.

— Nous sommes dans la maison de ma grand-mère.

L’inspecteur lance un rapide coup d'œil autour de lui.

— La boîte aux lettres est à votre nom, pourtant.

— Oui… Grand-mère est morte il y a près de six mois, déclaré-je, la gorge nouée. Elle qui espérait tant me voir intégrer la Divinity, elle aurait été tellement fière ! Malheureusement, le cancer l’a emportée quelques semaines avant que l’université ne me contacte.

Je déglutis sans trop savoir si je dois en dire davantage ou pas. D’autant plus à un homme comme lui… et malgré tout, je m’entends ajouter :

— Juste après son décès, on m’a annoncé qu’elle avait fait le nécessaire pour me léguer cette maison dès le premier jour où elle a appris sa maladie. Je n’étais même pas au courant.

Le silence prend place. Cops m’écoute, attentif. Un seul mot s’échappe de ses lèvres.

— Désolé.

Je hoche la tête, reconnaissante, puis récupère le livre sur les Arts divinatoires.

— Bon…hum, si on reprenait ?

Il baisse le menton en signe d’approbation, m’encourageant ainsi à donner suite.

— Bien… On disait qu’Abigail Donovan vivait de la cartomancie. Au Moyen-Âge, c’était une pratique très souvent condamnée par l'Église ou la religion chrétienne car elle ne respectait pas l’esprit saint. Le tueur a voulu punir cette femme à travers l’Ordalie de l’eau froide.

— Les experts nous ont éclairé là-dessus. Ils ont dit qu’une Ordalie était un jugement de Dieu réalisé par des moyens naturels ; le feu, l’eau… Pour moi, il l’a tout simplement noyée.

Je secoue la tête, convaincue que ça va beaucoup plus loin que ça… Essayons de faire des liens, de jouer sur la transversalité, comme le répétait mon mentor Richard Watkins. Je tente tant bien que mal de me concentrer. Si Cops pouvait cesser de me dévisager aussi intensément, ce serait moins difficile. Au moment où il détourne le regard et termine son café, je peux enfin lui poser une question :

— Avait-elle des marques au niveau des jointures ? Poignets, chevilles ?

— Effectivement, confirme-t-il en posant la tasse vide sur le plateau. Ce cinglé l’a probablement attachée pour la transporter, il est évident qu’il ne l’a pas noyée au bord de la Marina, il a dû faire ça au large et la ramener ensuite. On a retrouvé son corps flottant à la surface, la main liée à une corde passée autour d’un poteau.

— Il a en effet attaché ses articulations, mais pas dans le sens où vous l’entendez, affirmé-je, sûre de moi. L’Ordalie n’a pas pour but de réunir les chevilles ou les poignets ensemble. Souvent, lors de cette torture, le bourreau reliait la main droite au pied gauche et la main gauche au pied droit. Regardez…

Je cherche parmi le tas de feuilles devant moi, la reproduction d’un croquis représentant une femme s’apprêtant à être jugée de cette manière. Nue, allongée sur le sol, pieds et poings liés en croix. Je montre l’image à Cops. Silencieux, celui-ci analyse le dessin, les yeux ronds. Il penche la tête d’un côté, puis de l’autre en une moue dubitative. Son mutisme dure plusieurs secondes.

Qu’est ce qui l’intrigue ?

— Sympa comme position ! À tester…

Mon regard étonné rencontre le sien, pétillant de malice. J’ai peur de comprendre à quoi il fait allusion. Tu délires, Gary ! Non, il n’oserait pas, le mufle… Quoique…

J’enchaîne comme si de rien n’était, même si le petit sourire qu’il essaie de dissimuler ne trompe personne.

— Le… Le corps ainsi attaché était jeté à l’eau. Si celui-ci s'enfonçait pour ne plus jamais remonter, l’accusée était innocente. À l’inverse, si le corps flottait, elle était coupable.

L'enquêteur ricane ouvertement face à l’absurdité de cette démarche religieuse.

— C’est contraire aux lois de la physique ! Tout le monde sait qu’un corps sans vie remonte forcément à la surface. Surtout celui d’Abigail Donovan. Cette bonne femme devait peser moins de cinquante kilos ! s’alarme-t-il en s’emparant de la feuille qu’il ne cesse d’examiner.

— Oui, mais la foi religieuse ne raisonnait pas ainsi.

— Putain de malade ! lâche Cops en un soupir tandis qu’il envoie valser le document au loin avant de fermer les paupières.

Il pince ensuite son arête nasale, qui à mon sens semble déjà avoir été cassée.

Je profite de ce moment d'inattention pour observer sa main gauche du coin de l'œil. Entrer dans son monde. Juste quelques secondes. Comprendre ces lignes d’encre qui vagabondent, qui se fondent et se confondent. Démêler. Percer son secret. Trop tard… Ses yeux ambrés m’ont prise sur le fait.

Tête baissée, le souffle court, les joues empourprées, je respire, me ressaisis. Sous le regard à la fois charmeur et inquisiteur de cet homme qui se trouve chez moi -un homme, autre que Dany- je perds tous mes moyens. L’air de rien, je récupère le portrait de la quatrième victime.

— Euh… Je… Concernant Rosie Tyler, je n’ai pas beaucoup d’informations sur elle… Je voulais vous demander…

— Si je m’en tiens à votre idée, je sais ce que vous allez me demander. Vous voulez savoir si elle avait des prothèses mammaires, je me trompe ?

Aussi cynique et puant d’orgueil soit-il, ce flic a toutefois oublié d'être bête, il a déjà compris ma théorie concernant la pureté originelle de la Création. Je le fixe médusée, puis secoue la tête par l’affirmative.

— Oui. Rosie Tyler a été retrouvée morte dans le sous-sol d’une clinique privée, les seins arrachés par cet objet ô combien sympathique que vous nommez L’Araignée espagnole. Elle avait subi, il y a quelques mois auparavant, une intervention de chirurgie esthétique, d'où les fameuses prothèses.

Dieu du ciel ! Les images qui me viennent à l’esprit en cet instant me filent la chair de poule, j’en frissonne et réajuste les pans de mon gilet. J’imagine sans même le vouloir, la souffrance que cette pauvre femme a dû endurer. Quelle horreur ! Cops ne cesse pas pour autant ses explications.

— On a longuement interrogé le médecin qui l’a opérée. Il aurait pu être un suspect potentiel, mais… c’est peu probable.

— Pourquoi ?

— En fait, sa relation avec Rosie Tyler allait bien au-delà du domaine médical. Il aimait… utiliser son bistouri, vous voyez ?

Je grimace.

— Ils avaient une liaison ?

— Oui… Et vu la tête du toubib, je peux vous dire que cette nana aurait dû subir une opération de la cataracte au lieu d’une chirurgie plastique des miches !

Je ne tiens pas compte de ses railleries, mon cerveau carbure à vitesse grand V. Les pièces du puzzle s'emboîtent petit à petit. Tout me paraît de plus en plus clair.

— J’ai lu un article de presse tout à l’heure… C’était un témoignage de son mari, énoncé-je en fouillant avec empressement dans la pile de feuilles sur ma gauche. Rosie Tyler avait donc une relation extra-conjugale avec ce chirurgien ?

— Exactement… Vous cherchez quoi, Gary ?

— Ça !!! clamé-je en brandissant une page sous les pupilles curieuses du grand brun. Ce document retrace les principes et le pourquoi de l’utilisation de cet instrument au Moyen-Âge. Vous savez à qui on destinait la torture de L’Araignée Espagnole ? Précisément aux femmes adultères.

Cops m’arrache le document des mains afin d’en prendre connaissance. Un sourire franc illumine son visage d’ordinaire si fermé.

— Je commence à penser que vous avez raison, Professeur Olden !

Je lui renvoie à mon tour mon plus beau sourire, contente de moi.

— À propos de la dernière victime, qu’est-ce que vous pouvez m’apprendre ? m’interroge-t-il.

— Malheureusement, pas grand-chose. Je comptais sur vous pour plus de renseignements, parce que je n’ai rien lu qui puisse nous être vraiment utile. La Fourchette hérétique était un objet qui empêchait la personne torturée de dormir. Est-ce que Margaret Wilcox avait des soucis à ce niveau-là ? Insomnies, terreurs nocturnes, somnambulisme ?

— Je ne sais pas. La famille n’a rien précisé à ce sujet, il faudrait retourner les interroger. En tous cas, d’après le rapport de l’autopsie, aucune substance médicamenteuse ou autre n’a été détectée.

— Bizarre…

— Il y a peut-être un lien avec les citations.

— Quelles citations ? demandé-je, étonnée.

Cops masse sa nuque du plat de la main, pince les lèvres. La nervosité émane de tout son être. On dirait qu’il hésite à divulguer ces nouvelles informations.

— Il laisse une phrase écrite en latin près du corps de sa victime. C’est comme ça qu’on a compris avoir affaire à un tueur en série. C’est… sa signature.

Cette précision me laisse pantoise, voire glacée de l’intérieur. Dans un besoin de me réchauffer, j’attrape le mug de lait pour en vider le contenu qui malheureusement a refroidi. Des citations… Il me faut savoir !

— En latin vous dites ? Est-ce que…

Cops me fait un petit signe, ce qui a pour conséquence de m’interrompre illico. Il désigne sa lèvre supérieure de son index. Je fronce les sourcils sans comprendre. Il réitère son geste. Qu’y a-t-il encore ?

— Vous avez une moustache… de lait, dit-il, amusé.

Saperlipopette !

Le plus vite possible, je m’essuie d’un revers de la main, puis me redresse, le dos bien droit. Agacée, je fais mine d’ôter un peu de poussière invisible sur mon gilet.

— C’est bon ? Suis-je assez décente pour vous, Monsieur l’inspecteur du Boston Police Department ? demandé-je, m’appliquant à détacher les trois derniers mots.

Durant une fraction de seconde, je suis moi-même déroutée. Ce n’est pas dans mon habitude de m’exprimer ainsi.

— Hum… Tout est relatif, Gary, répond-il pensif, alors qu’il me scrute de haut en bas en frottant sa joue mal rasée. Décente oui, néanmoins, je me demande si porter ce genre de chaussettes est légal. Vous cachez quoi là-dessous, une pointure 44 ?

— J’ai une mycose ! rétorqué-je sans réfléchir.

Cops me regarde d’un air dégouté. Face à sa mine déconfite, je pouffe bruyamment. Choquée par mon propre comportement et ce qui sort de ma bouche, je plaque ma main sur celle-ci. J’ai du mal à contenir mon amusement. Qu’est ce qui m’arrive ? Le policier ne me quitte pas des yeux. Comprenant que je plaisante, il secoue la tête et me sourit à son tour. Au bout de quelques minutes, je retire ma paume, humecte mes lèvres. Mes éclats de rire cessent, mais nos iris n’ont pas l'air de vouloir se détacher. Un ange passe. Connexion déconcertante, troublante, étourdissante. Je n’ai plus froid du tout… L’enquêteur est le premier à briser le charme en se relevant.

— Bien… Il est grand temps que je vous abandonne.

— Et ces citations ? m’alarmé-je en bondissant sur mes pieds.

— Je vous en reparlerai bientôt, conclut-il alors qu’il enfile en vitesse son blouson de cuir, lequel rend sa carrure encore plus impressionnante. Envoyez-moi un message sur mon portable, comme ça j’aurais votre numéro.

Son portable ?

À grandes enjambées, Cops se dirige tout droit vers la sortie sans perdre une minute tandis que je le suis de près. D’un geste déterminé, il ouvre la porte à la volée. Le vent frais de novembre nous saisit.

Son portable ?

— Euh… pardonnez-moi, Inspecteur mais… je n’ai pas votre numéro personnel, l’informé-je d’un ton embarrassé en dansant d’un pied sur l’autre.

Sa tête pivote. Il est tard, la fatigue nous guette, toutefois son air joueur et rebelle ne semble jamais l’abandonner.

— Je vous l’ai écrit sur une feuille avec le crayon que vous m’avez filé tout à l’heure.

— Oh…

Le crayon ? Ah oui… !

Au moment où il s'apprête à tourner les talons, j’attrape celui planté sur le haut de mon crâne pour le faire glisser hors de sa prison torsadée. Dès lors, mes longues boucles rousses ainsi délivrées, retombent en cascade désordonnée autour de mon visage. J’enfouis naturellement mes doigts dans ma chevelure, masse, agite plusieurs fois l'ensemble. Cops marque un temps d’arrêt. Son expression égarée, si éloignée de ce qui fait généralement sa forte personnalité m’interpelle. Puis, il cligne des yeux, plisse le front et souffle un bon coup avant de s’en aller.

— Bonne nuit, Gary, me hèle-t-il tout en regagnant sa voiture.

— Bonne nuit, murmuré-je, ma timidité ayant repris le dessus.

Doucement, je referme le battant, tourne le verrou. Je m’autorise enfin à respirer. Le moteur de l'automobile qui vrombit m’indique qu’il est bel et bien parti. Je ne saurais définir ou mettre un nom sur ce qui vient de se passer. Ce qui est certain, c’est qu’en présence de ce flic, mon cœur joue les montagnes russes. Alors que je mordille l’extrémité du crayon, je traverse le couloir afin de revenir sur mes pas. Immobile, main sur la hanche, j'étudie l'amas de feuilles au centre du grand tapis. Mon Dieu, il y en a tellement ! Tu ne fais jamais les choses à moitié, Gary… Me voilà à quatre pattes en train d’examiner chaque page recto verso lorsqu’enfin, au bas de l’une d’elles, je distingue ledit numéro accompagné d’un mot. Et quel mot !

« Tâchez de ne pas trop rêver de moi cette nuit, Gary »

Saperlipopette !

Comme si j’allais penser à cet homme des cavernes, rustre et primaire ! Jamais ! Jamais ? Encore faudrait-il que j’en sois moi-même convaincue… Je secoue la tête, récupère mon portable sur le bureau dans le but de lui répondre comme il me l'a demandé. Je réfléchis, tape une phrase, hésite à tout effacer… Oh, puis zut ! Je clique sur « envoyer ». Mes yeux s’écarquillent lorsque je constate qu’il vient déjà de lire mon texto que je regrette aussitôt. J’ai osé écrire :

[Ça ne risque pas d’arriver !]

Vu les trois petits points qui apparaissent au bas de l’écran, sa réplique ne devrait pas être longue à arriver. Seigneur, je vais m’évanouir ! Mon palpitant semble battre en rythme avec ces points qui clignotent. L’attente est insupportable. J’y suis peut-être allée un peu fort…

Le front en sueur.

Le mal au cœur.

Répondre était une erreur.

Le bip retentit. Je lis.

Un mot. Un seul.

[Menteuse]

J’ouvre la bouche, interloquée, pour en rire la seconde d’après.

Ainsi, il pense pouvoir envahir mes rêves ?! Pfff... c’est lui qui rêve !

Amusée, je quitte le living-room,

Pour me vautrer sur mon lit devant un cartoon,

Pressée de rêver d’un monde où mon cœur fera boum !

Omnis homo est propria ejus in mundo

somnium13

OceanofPDF.com