Du feu de Dieu (French Edition)
Chapitre 32
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GARY
Une odeur forte mais familière me tire du sommeil. Une odeur que je connais par cœur. Celle de l’essence de térébenthine. En revanche, j’ai beaucoup de mal à ouvrir les yeux tant mes paupières sont lourdes. Malgré tout, je lutte pour sortir de l’épais brouillard qui m’enveloppe. La première chose que je perçois tout près de moi, ce sont des livres, puis des flacons, ou des bouteilles, je ne sais pas trop car l’endroit est peu éclairé. Ce n’est que lorsque ma vision se fait plus nette que je reconnais la salle de restauration de la bibliothèque. Une douleur lancinante le long de la colonne vertébrale m’arrache une plainte. Assise sur une chaise, les mains liées dans le dos grâce à une corde qui me lacère les poignets, la panique me gagne. J’essaie de bouger, remuer, me redresser… Impossible car ma tête est coincée. Alors que mon menton repose sur une barre de fer, le haut de mon crâne est maintenu par une sorte de coupole. Dieu tout puissant, je suis sous L’Écraseur de tête ! Affolée, je tente de crier, néanmoins seuls quelques gémissements s’échappent difficilement de ma bouche entravée par un bout de tissu.
— Du calme, Garance…, souffle une voix derrière moi.
Aussitôt, mes sens sont en alerte. Le claquement des pas qui avancent lentement sur le sol me donnent la chair de poule. L’air se raréfie. Je tire encore une fois sur cette maudite corde qui doit être sanglée aux barreaux de la chaise. Mes yeux font des va-et-vient afin de repérer mon agresseur. Malheureusement, je ne peux me détourner, mon crâne étant prisonnier de cet objet de torture installé sur la table de restauration, au milieu des ouvrages et des solvants.
— Se débattre est inutile, j’ai moi-même réalisé ce magnifique outil de torture italien, précise Reynolds en apparaissant enfin dans mon champ de vision. Voyez-vous, je l’ai quelque peu modernisé, il suffit que j’appuie sur ce bouton pour que la coupole débute son processus de compression. Je vais vous montrer.
De son index, Reynolds active l’appareil. Le bruit d’un mécanisme retentit. Grinçant. Discordant. À vous glacer le sang. Je sens le petit dôme de fer comprimer doucement le sommet de mon crâne. Par instinct de survie, je force en sens inverse. Les hurlements meurent dans ma gorge et mon cœur bat à tout rompre. Épouvantée, je m’acharne désespérément pour me dégager lorsque mon bourreau met fin au supplice. L’action a duré trois secondes, pourtant j’ai bien cru que c’était la fin. Je tremble comme une feuille, tellement que je suis sur le point de vomir. Mes larmes coulent. À présent, j’ai la certitude que je vais mourir ici. Tandis que je pleure, certaine de vivre mes derniers instants, mes pensées sont pour Cops.
— Qu’en pensez-vous, Garance ? Une véritable œuvre d’art, n’est-ce pas ? demande le blond en croisant les bras sur sa poitrine. Suis-je bête, vous ne pouvez pas parler ! Je vais ôter votre bâillon si vous me promettez de ne pas hurler. Cela ne servirait à rien, la bibliothèque est entièrement vide à cette heure-ci. Au moindre cri, je me ferai un plaisir de rappuyer sur le bouton, on est d’accord ?
Pour toute réponse, j’abaisse les paupières. D’un geste délicat, Reynolds retire le tissu de ma bouche. Je déglutis péniblement, remue autant que ma position me le permet.
— Reynolds, détachez-moi, par pitié. Vous…
Le simple bruit de sa langue claquant contre son palais me fait taire sur le champ.
— Impossible, ma chère. Vous faites partie du plan, il en a toujours été ainsi. Vous étiez la dernière sur la liste, la douzième plus exactement, mais étant donné votre esprit déductif peu commun, vous m’auriez démasqué tôt ou tard et je n’aurais pu achever l’œuvre du Maître. Ce n’était guère envisageable.
Sur ces mots, je pleure de nouveau. Cette fois, c’est sûr, je vais mourir ici. Dans les pires souffrances. À cause de mes cheveux. Pour satisfaire les élucubrations d’un fou furieux qui se dit guidé par la main de Dieu. Consumée par le désespoir, je force sur mes liens à m’en déchirer l’épiderme.
— C’est aussi pour cela que vous avez été choisie, poursuit-il, le visage semi éclairé par les deux lampes à huile présentes sur la table. Les femmes n’ont pas été créées pour penser. « Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. » Votre esprit vous a détourné du Seigneur, vous raisonnez toujours trop vite, trop loin, c’est contraire à la Création.
— Vous dites n’importe quoi ! Vos propos ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux que prônait l’Église du Moyen-âge en Europe. Une église qui voyait les femmes trop instruites d’un mauvais œil. Tout ça est révolu !
Un rire diabolique le secoue.
— Vous essayez de me duper ? De me détourner de mon objectif ? C’est bien dans votre nature.
— Ma nature ? répété-je, les sanglots plein la gorge.
Les prunelles bleues de Reynolds deviennent plus aiguisées que jamais. Ce jeune homme qui affichait au quotidien un sourire si doux, montre aujourd’hui son vrai visage : celui d’un monstre. Il s’approche, pose ses deux mains à plat de chaque côté de ma tête. Face à moi, il me surplombe. Durant de longues secondes, il m’examine avec dégoût tandis que j’ose soutenir son regard.
— Aussi loin que remonte l’histoire de l’humanité, la rousseur est une anomalie au sens propre du terme, ce n’est pas l’œuvre de Dieu, mais… celle du Diable, dit-il pensif, en prenant une mèche de mes cheveux entre ses doigts. Douze offrandes nous apporteront peut-être un avenir meilleur…
— Vous êtes cinglé, chuchoté-je, tremblante.
Les mots sont sortis tout seuls et je les regrette aussitôt. Son visage s’abaisse encore, il est à présent au plus près de moi, ses lèvres à quelques centimètres des miennes. Je peux sentir son souffle sur ma peau. Ce souffle lascif qui me glace, me tétanise, me paralyse. Pendant cet instant, le seul son que j’entends est celui de mon cœur qui bat à cent à l’heure.
— Vous n’êtes que mensonge et calomnie, murmure-t-il en caressant ma joue du bout de son index. Un feu dévastateur. Des démones rusées à la sexualité exacerbée, envoyées pour nous séduire, nous contrer… et nous juger. Aujourd’hui, c’est à votre tour d’être jugée.
Je voudrais pouvoir me reculer, l’empêcher de me toucher, de me parler d’aussi près. Toutefois, je sais que mon temps est compté. Que l’espoir n’est plus autorisé. Je ferme les yeux, à la fois terrorisée et résignée, lorsqu’un bruit sourd résonne au loin. Brusquement, je rouvre les paupières. Surpris, Reynolds se redresse. Il pivote et jette un œil à la porte laissée ouverte.
— GARY ! … GARY !
Cops…
C’est lui ! Il est ici. Dans la bibliothèque !
Sans réfléchir, je hurle son nom :
— COOOPS ! AU SECOURS !
Pris de court, Reynolds me remet le bâillon et sort son arme. Rapidement, il retourne se placer derrière moi, la main juste au-dessus de l’instrument de torture. En alerte, je remue sur ma chaise, agite mes pieds, essaie d’appeler à l’aide malgré ce morceau de coton enfoncé jusque dans ma gorge. J’ai si peur. Pour moi. Pour Cops. Jamais mon palpitant n’a cogné si fort. Les yeux rivés sur la porte, je vois enfin mon sauveur surgir dans la pièce, revolver pointé droit devant lui. En dépit de la faible luminosité, je peux discerner la rage émaner de tous ses pores, laquelle décuple lorsqu’il m’aperçoit sous l’écraseur de tête. Il s’immobilise immédiatement. Son expression passe de la stupéfaction à l’horreur.
— Gary…
— Cops, j’avoue que je ne t’attendais pas, lance Reynolds d’un air de défi. Bravo pour ta déduction, j’en suis ébloui.
L’inspecteur focalise à présent son attention sur celui qu’il tient toujours en joue.
— Détache-la tout de suite, espèce de malade !
J’entends Reynolds pouffer de rire dans mon dos.
— Pour une fois, tu n’es pas en position d’ordonner, Cops. Vois-tu, mon doigt n’a qu’à presser cette touche et en quelques secondes, la cervelle de ta petite rouquine va se retrouver éparpillée sur tous ces bouquins qu’elle aime tant.
Déconcerté, le grand brun serre les mâchoires. Je sais qu’il se retient, il aimerait sauter à la gorge de mon agresseur. Une haine profonde se lit sur ses traits, de son froncement de sourcils jusqu’à ses lèvres retroussées.
— Connais-tu cet objet, Cops ? Garance a dû t’en parler bien évidemment. Quand le dôme de fer descendra sur sa tête, il fera pression de telle sorte que ses dents exploseront en premier, puis ce sera le tour de ses jolis yeux qui sortiront de leurs orbites, et pour finir son cerveau se répandra sur cette table.
Le sentiment d’effroi qui me traverse semble ralentir le temps, comme si ce qu’il venait d’énumérer m’apparaissait dans les moindres détails. Le lieutenant de police grimace, sans pour autant quitter son adversaire du regard.
— Si tu la touches, je…
— Tu ne feras rien du tout, hormis jeter ton arme ! Sinon, j’actionne le mécanisme et tu seras aux premières loges pour le spectacle.
Mes prunelles embuées rencontrent celles de l’homme que j’aime. Je sais qu’il livre un combat intérieur sur la décision à prendre.
— JETTE CE PUTAIN DE FLINGUE, COPS ! brame Reynolds d’un ton implacable.
Je pleure en silence, toujours prisonnière de la plaque de métal glacée qui maintient mon crâne. Vaincu, Cops capitule, levant les mains en signe de reddition.
— OK. OK, ne lui fais pas de mal.
En se baissant légèrement, il lance son arme qui glisse sur le sol.
— Tu ne t’en sortiras pas si facilement, dit-il.
— Ah oui ? Je pense au contraire avoir toutes les cartes en main. Tu étais le seul obstacle, il fallait donc que je sois au plus près du flic chargé de l’enquête, explique-t-il alors qu’il s’éloigne enfin de moi. M’infiltrer comme stagiaire au BPD était un jeu d’enfants. C’est facile quand on est un pro du piratage informatique. Faux diplômes. Faux papiers. Il suffisait juste d’un candidat plus brillant que les autres sur la liste.
Le visage de Cops est déformé par la colère. Reynolds nous a dupés, et nous voilà tous deux à sa merci.
— Je dois admettre qu’être flic a ses avantages, poursuit-il en ricanant. Comme se procurer de la drogue dans des pièces à conviction, le GHB par exemple.
— Espèce de pourriture…
— Relax, Cops. Tu vas me dire que tu n’as jamais profité de la situation ? D’ailleurs, je me suis aperçu que les femmes font aisément confiance aux forces de l’ordre, elles ouvrent très vite leur porte ou… autre chose. Et j’ai compris qu’avec un badge de police, on pouvait se faufiler partout, dans n’importe quel endroit. Clinique, bar, boutique… sans qu’on ne soit jamais soupçonné. Cela m’a beaucoup facilité la tâche.
— Alors c’est comme ça que tu as tué ces pauvres filles ? l’accuse Cops dont la hargne ne faiblit pas. Tu as misé sur leur crédulité, leur fragilité…
Reynolds frappe du poing sur la table. Je sursaute. Les flacons chancellent quelque peu. Je sursaute.
— Elles n’avaient rien de fragile, PUTAIN ! Toute mon enfance, j’ai prié pour que Dieu m’envoie un signe. Il l’a fait ! Crois-moi, Cops, ces diablesses méritent leur châtiment. Moralisatrices, tentatrices, manipulatrices, ouvre les yeux et regarde autour de toi ! REGARDE-LA ! crie-t-il en se retournant vivement vers moi pour me pointer de son arme.
Par ce geste aussi brusque qu’imprévu, les bouteilles sur la table se renversent. L’essence de térébenthine se répand intégralement sur les vêtements de Reynolds qui jure et baisse la tête une fraction de seconde. Profitant de ce manque de vigilance, Cops bondit sur le criminel. Leurs deux corps se percutent contre la table. Sous le choc, Reynolds ne voit pas le premier coup de poing arriver. Pas plus que le second. Son arme tombe au sol. Impuissante, je ne peux toujours pas bouger malgré mes efforts incessants et mes gémissements permanents.
Le jeune homme tente de se défendre, cependant comparé à l’armoire à glace qui lui envoie un dernier direct dans la mâchoire, il ne peut rivaliser. Sonné, il tombe sur le parquet tel un poids mort.
Je cesse de me débattre.
Un bref silence prend place.
Cops récupère son souffle en restant sur le qui-vive avant que ses yeux ne retrouvent les miens.
— Gary…
En trois secondes, il se précipite afin de me retirer le bâillon. Je racle ma gorge asséchée, humecte mes lèvres. Rapidement, il disparaît derrière moi. J’entends qu’il dévisse quelque chose, après quoi la coupole de fer remonte. Je me dégage enfin de cet objet de malheur tandis que Cops détache les liens qui m’emprisonnent. Une fois libérée, je me lève et me jette à son cou. Mes jambes tremblotent, ma nuque me lance horriblement, mais le simple fait de me blottir dans ses bras me donne la sensation d’être enfin en sécurité. Je pleure contre son épaule, le serrant aussi fort que je le peux pendant qu’il caresse mon dos.
— C’est fini, Bouchon. Ça va aller…
— J’ai… J’ai eu si peur…, sangloté-je sur le cuir de son blouson. J’ai cru que…
Sa main incline mon visage sans ménagement et ses lèvres capturent les miennes. Je ressens dans ce baiser tout le soulagement qu’il ne peut exprimer par les mots. Lorsque nous nous détachons, nos souffles se mêlent. Front contre front, nous respirons le même air, le même sentiment d’apaisement.
— Je savais que je te trouverais ici, la tête dans les bouquins, remarque-t-il en concluant sa phrase d’un clin d’œil.
Un coin de ma bouche s’étire. Je l’aime tant ! Me pressant encore un peu plus, je l’enlace. Parce que j’en ai besoin. Sa chaleur m’enveloppe. Au moment où je commence à me détendre, un mouvement sur la gauche attire mon attention. Oh Seigneur ! J’ai tout juste le temps de voir Reynolds se relever et viser le dos de Cops avec son revolver. Je sens émaner en moi un parfum de panique. Mon cœur l’emporte sur ma raison.
— NON ! hurlé-je en me positionnant devant Cops.
Le coup part.
Mon corps fait rempart.
La détonation brutale laisse place à un vide sonore.
Immobile, face aux pupilles dilatées du tireur, le temps semble suspendu. La douleur ne se manifeste qu’après une dizaine de secondes. Ma respiration se bloque. Ne tenant plus sur mes jambes, je m’écroule lourdement au sol.
— GARY ! crie Cops qui me rattrape et s’effondre avec moi. GARY !
Mes oreilles bourdonnent, toutefois je l’entends me parler.
— Gary… Pourquoi as-tu fait ça ? Reste avec moi. Je t’en prie, regarde-moi…
Son corps penché au-dessus du mien, il examine l’endroit même où la balle s’est logée. Une brûlure atroce irradie au niveau de mon épaule. Je suis à deux doigts de perdre connaissance. Cops prend ma main. Ce geste si intime me donne la force de tenir. D’un côté, j’écoute sa voix me répéter de ne pas l’abandonner, de l’autre je discerne l'infâme ricanement de Reynolds qui se rapproche petit à petit.
— Nous avons tous un destin, Cops, insiste-t-il. Le mien est de suivre les instructions du Maître…
Je sens celui que j’aime se raidir. Une larme roule sur sa joue.
À son regard dérouté, je comprends qu’il sombre, renonce, s’enfonce.
Moi, étendue et blessée.
Lui, à mes côtés, désemparé.
Une scène répétée.
Un ricochet.
Réveillant les stigmates du passé.
Sa main serre la mienne, encore plus lorsqu’il la pose contre son cœur. Derrière, Reynolds avance tel un spectre, une ombre menaçante, son arme pointée sur nous. Ainsi, il affiche le masque parfait du traître qu’il est.
— Rien ne pourra se mettre en travers de mon chemin. Rien ne pourra changer le destin. Il me guide…
Mes doigts cheminent sur le torse de Cops. Je détecte alors quelque chose dans la poche intérieure du blouson de cuir. Le briquet !
Bien que je baigne dans une sorte de brume, je me fais violence en guidant sa main vers cet endroit précis, espérant qu’il comprenne. Fronçant les sourcils, il attrape et sort le petit étui en métal. D’un air dubitatif, il l’observe avant de me fixer.
Une étincelle traverse ses iris.
Un coup d’œil complice.
Nos pensées se réunissent.
La toile se tisse.
— Tu es fini, Cops, nargue le blond dont le doigt est toujours sur la détente. Je ne souhaitais pas en arriver là, mais… vous irez brûler tous deux en enfer !
D’un seul geste du pouce, Cops allume le zippo. La flamme jaillit.
— À toi l’honneur, Blondin, dit-il alors qu’il se retourne et jette l’objet qui embrase immédiatement la chemise du tueur.
À cause de l’essence de térébenthine, le feu se propage très vite. Le costume en lin de Reynolds s’enflamme. Stupéfait, ce dernier s’agite, tente d’éteindre le brasier qui ne cesse de grimper sur son cou, léchant son visage, puis ses cheveux. Dans l’affolement, il recule, son buste heurte violemment la table. Une lampe à huile tombe et se brise parmi les produits, ravivant les flammes de plus belle. Les hurlements épouvantés de Reynolds deviennent insoutenables. À demi-consciente, ma vue se brouille. Je ne perçois qu’une silhouette rougeoyante et imprécise qui danse au loin, cependant mon imagination fait le reste.
Soudain, un coup de feu éclate. Je sens Cops me protéger, formant un barrage de son corps au-dessus de moi, puis…
Il n’est plus là…
Le vide.
Le froid.
Des bruits de pas.
Une deuxième déflagration résonne.
Une déflagration qui met définitivement fin aux cris de Reynolds.
Après de longues secondes, mes doigts retrouvent ceux de Cops, je devine son inquiétude à sa voix chevrotante.
— Gary, tout va bien se passer à présent. Les secours arrivent. Il faut juste que…
— Reynolds ? murmuré-je en sentant mes facultés diminuer.
— C’est terminé, dit-il en serrant davantage ma main. Il ne peut plus faire de mal à personne. Tiens le coup, Bouchon, je t’en supplie.
Il me couvre de son blouson. Le silence qui suit traduit son appréhension. Dans un demi sourire, je chuchote :
— Ne t’inquiète pas, Jonas Cops. Je ne suis pas prête à t’abandonner.
Le feu qui nous anime lui et moi. Celui-là, jamais ne s’éteindra.
Au loin, les sirènes retentissent. Je savais qu’il y aurait une justice.
C’était écrit. C’était notre office.
Ubi ignis cadit ignis.35
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