Éroshima

Dany Laferrière · Chapitre 30 sur 32

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Dany Laferrière chronologie. - 103 -

DANY LAFERRIÈRE

CHRONOLOGIE

 

1953 Le 13 avril, naissance de Dany Laferrière à Port-

au-Prince. Il est le fils de Windsor Klébert Laferrière, journaliste et syndicaliste, et de Marie Nelson, archiviste.

1957 L’enfant est envoyé à Petit-Goâve chez sa grand-

mère Amélie Jean-Marie, dite Da, et son grand-père Daniel Nelson, officier d’état civil et spéculateur en denrée (café). Cette enfance heureuse sera longuement décrite dans deux livres de l’auteur : L’Odeur du café et Le Charme des après-midi sans fin. « J’ai tout appris de cette époque que je considère comme une parenthèse de bonheur dans ma vie », dira l’auteur en 1991 dans une interview au quotidien La Presse. François Duvalier prend le pouvoir.

1959 Windsor Laferrière est envoyé comme diplomate

en Italie et, quelque temps plus tard, en Argentine. Un exil déguisé. Il ne retournera plus jamais dans son pays.

1964 Une épidémie de malaria force Da à envoyer

l’enfant à Port-au-Prince où il rejoint sa mère et ses tantes.

1964-1972 Études secondaires au Collège canado-haïtien,

chez les frères du Sacré-Cœur.

1971 Mort de François Duvalier, président à vie depuis

1964. Son fils Jean-Claude lui succède.

1972 Dany Laferrière commence à publier de petits

portraits de peintres dans les colonnes du Nouvelliste, le plus vieux quotidien d’Haïti. Le directeur, Lucien Montas, guide le jeune chroniqueur en lui suggérant de faire court dans un style simple. « Je n’ai jamais oublié ces deux conseils », dira-t-il plus tard.

1973 L’auteur fréquente assidûment les grands peintres

primitifs (Rigaud Benoit, Jasmin Joseph, Saint-Brice) qui se réunissent chaque samedi au Centre d’art de la Rue du centre. Il visite les galeries d’art, court les expositions des nouveaux peintres modernes dont les chefs de file sont Jean-René Jérôme et Bernard Séjourné. Il travaille alors au Nouvelliste, à l’hebdomadaire politico-culturel Le Petit Samedi Soir et à Radio Haïti-inter.

1974 L’auteur s’intéresse à un nouveau groupe littéraire

qui fait sensation à Port-au-Prince : le spiralisme. Leur credo : « rien n’est définitif en littérature, une œuvre pourrait être achevée… » L’auteur interviewe pour Le Petit Samedi Soir l’écrivain Franck Étienne qui vient de faire paraître une bombe : Ultravocal, un livre qui va changer la littérature haïtienne, la sortir, selon la critique de l’époque, du ronron folklorique.

1976 La situation politique se complique, de nouveaux

partis voient le jour. La presse montre les dents. Le gouvernement américain exige des élections. On conteste la présidence à vie de Jean-Claude Duvalier. L’auteur, comme journaliste au Petit Samedi Soir, est aux premières lignes de ce combat. Le pouvoir réplique en faisant assassiner le journaliste le plus intrépide : Gasner Raymond, ami intime de Laferrière. Lui-

même en danger, il quitte Haïti en secret et arrive à Montréal.

1980 Naissance d’une première fille. 1976-1982 Au Québec, Laferrière fait divers métiers et

tente de s’adapter à son nouveau pays. Époque de la drague, du vin, des repas simples, du salaire minimum et des chambres crasseuses et ensoleillées.

1982 Sa femme et sa fille viennent s’installer avec lui à

Montréal. Fin de l’époque bohème. Il commence à écrire un roman.

1985 Parution de Comment faire l’amour avec un nègre

sans se fatiguer, premier roman de l’auteur. C’est un des événements marquants de la saison littéraire au Québec.

1986 La nouvelle télévision Quatre Saisons engage

Dany Laferrière qui devient le premier Noir à travailler dans une salle de nouvelles d’une chaîne nationale au Québec. Relégué très vite à la météo, il réinvente le genre en sortant le premier dans la rue et en introduisant dans ses capsules un mélange de gaieté et d’humour. L’auteur devient une figure aimée du grand public.

1987 Parution d’ Éroshima. 1989 Sortie du film tiré de Comment faire l’amour avec

un nègre sans se fatiguer. La critique est généralement négative, mais le public est enthousiaste. Le film sera projeté dans plus de cinquante pays. Laferrière devient chroniqueur à La bande des six, le magazine culturel de Radio-Canada. Le style des chroniqueurs, libre, direct, dur parfois, fera de cette bande de chroniqueurs des critiques redoutés.

1990 L’auteur quitte tout, surtout l’hiver, avec sa femme

et ses trois filles. Il s’installe à Miami (Floride). Il se consacre à l’écriture.

1991 Parution de L’Odeur du café (prix Carbet de la

Caraïbe) ; 1992, Le Goût des jeunes filles ; 1993, Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ? ; 1994, Chronique de la dérive douce ; 1996, Pays sans chapeau ; 1997, La Chair du maître et Le Charme des après-midi sans fin. Ces livres se sont retrouvés sur la liste des meilleurs vendeurs au Québec et ont bénéficié partout de critiques favorables.

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