Histoire du Bas-Empire. Tome 04

Charles Le Beau · Chapitre 1 sur 1 · partie 18/18

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Histoire du Bas-Empire. Tome 04

Chapitre 1

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 18 parties.

[Note 777: L’antique cité d’Elusa fut détruite dans le courant du neuvième siècle par les Normands. Son nom a donné naissance à celui de la ville moderne d’Eause, dans le département du Gers. Celle-ci n’occupe cependant pas tout-à-fait le même emplacement. Il reste encore quelques vestiges de l’ancienne ville; ils conservent le nom de Ciutat.—S.-M.]

[Note 778: On voit, par une lettre de Symmaque (l. 3, ep. 82), que Rufin avait déja beaucoup de crédit auprès de Théodose en l’an 384.—S.-M.]

[Note latérale: XXXV.

Massacre de Thessalonique.

Ruf. l. 12. c. 18. Theod. l. 5, c. 17.

Soz. l. 7, c. 25.

Paulin, vit. Amb. § 24.

Hermant, vie de S. Ambr. l. 6. c. 12.

Till. vie de S. Ambr. art. 57.]

Les officiers chargés de cette barbare exécution ayant reçu la lettre du prince, annoncèrent une course de chars pour le lendemain, et passèrent la nuit à faire toutes les dispositions nécessaires à leur dessein. Le jour venu, le peuple ne sachant pas qu’il courait à la mort, se rendit en foule dans le cirque, sans s’apercevoir du mouvement des soldats, dont il fut tout à coup enveloppé. Ceux-ci avaient ordre de passer tout au fil de l’épée, sans distinction d’âge ni de sexe. Au signal donné, ils poussent un grand cri et se jettent avec fureur sur la multitude. On frappe, on égorge, on précipite, on tue les enfants sur le sein de leurs mères; les habitants, renfermés dans cette vaste enceinte, morts, blessés, vivants, accumulés les uns sur les autres, ne font bientôt plus qu’un monceau. Ceux qui fuient trouvent la mort dans les rues de la ville: Thessalonique est jonchée de cadavres. Des étrangers, des citoyens pacifiques, qui n’avaient eu aucune part à la sédition, furent sacrifiés à cette aveugle vengeance. Jamais l’humanité ne montre plus de vigueur que dans ces scènes cruelles ou l’inhumanité triomphe. L’histoire a conservé seulement la mémoire d’une action généreuse; les autres se perdirent dans la confusion de cet horrible massacre. Un esclave voyant son maître saisi par les soldats, l’arrache de leurs mains, et, pour lui donner le temps de s’échapper, il se livre lui-même et reçoit la mort avec joie. Un marchand nouvellement entré dans le port, courut à ses deux fils qu’il voyait prêts à périr; il demanda en grâce de mourir à leur place, et offrit, à cette condition, tout ce qu’il possédait d’or et d’argent. Les soldats, par une indulgence brutale, lui permirent d’en choisir un; et le malheureux père les regardant tour-à-tour, pleurant, gémissant, et ne pouvant se déterminer dans ce choix funeste, qui déchirait ses entrailles, les vit enfin égorger tous deux. Le massacre dura trois heures. Sept mille hommes y périrent; quelques auteurs en font monter le nombre jusqu’à quinze mille. On dit que Théodose, touché de repentir, peu de temps après le départ des courriers, en avait dépêché d’autres pour révoquer l’ordre; mais que ceux-ci arrivèrent trop tard, ainsi qu’on a vu presque toujours que plus les ordres méritent d’être révoqués, plus ils volent rapidement et s’exécutent avec promptitude779.

[Note 779: Il est extraordinaire que Zosime qui, dans son histoire, ne ménage pas la mémoire de Théodose, n’ait pas dit un seul mot du massacre de Thessalonique.—S.-M.]

[Note latérale: XXXVI.

Remontrances de S. Ambroise.

Ambr. ep. 51, t. 2, p. 997-1001.

Ruf. l. 12, c. 18.

Hermant, vie de S. Ambr. l. 6, c. 13.]

Cette cruelle tragédie répandit par tout l’empire, l’étonnement et la consternation. Ambroise et les évêques assemblés à Milan furent pénétrés de la plus vive douleur. Le saint prélat, aussi affligé de la faute de Théodose qu’il aimait tendrement, que du malheur des Thessaloniciens, ne différa pas d’écrire au prince pour le rappeler à lui-même. Non, lui disait-il, je n’aurai pas la hardiesse d’offrir le saint sacrifice, si vous avez celle d’y assister: il ne me serait pas permis de célébrer ces augustes mystères en la présence du meurtrier d’un seul innocent; et comment le pourrais-je devant les yeux d’un prince qui vient d’immoler tant d’innocentes victimes. Pour participer au corps de Jésus-Christ, attendez que vous vous soyez mis en état de rendre votre hostie agréable à Dieu; jusque-là contentez-vous du sacrifice de vos larmes et de vos prières. Nous avons encore cette lettre; on y sent respirer une tendresse respectueuse jointe à la fermeté épiscopale.

[Note latérale: XXXVII.

S. Ambroise refuse à Théodose l’entrée de l’église.

Theod. l. 5, c. 17.

Soz. l. 7, c. 25.

Ruf. l. 12, c. 18.

Aug. de civ. l. 5, c. 26, t. 7, p. 142.

Ambr. orat. in fun. Theod. t. 2. p. 1207.

Till. vie de S. Ambr. art. 59, 60, 61.]

Mais la conscience de Théodose lui parlait encore avec plus de force et de liberté. Sa bonté naturelle ayant enfin dissipé les noires vapeurs de sa colère, lui montrait Thessalonique en pleurs et ses sujets égorgés. Il ne se voyait lui-même qu’avec horreur; et pour se laver d’un forfait si énorme, tremblant de crainte et déchiré de remords, il revint à Milan, et marcha droit à l’église. Ambroise sort au-devant de lui, et s’opposant à son passage, semblable à cet ange redoutable qui défendait l’entrée du jardin d’Éden après la chute de notre premier père: «Arrêtez, prince, lui dit-il: vous ne sentez pas encore tout le poids de votre péché. La colère ne vous aveugle plus, mais votre puissance et la qualité d’empereur offusquent votre raison, et vous dérobent la vue de ce que vous êtes. Rentrez en vous-même; considérez la poussière d’où vous êtes sorti; et où chaque instant s’empresse à vous replonger. Que l’éclat de la pourpre ne vous éblouisse pas jusqu’à vous cacher ce qu’elle couvre de faiblesse. Souverain de l’empire, mais mortel et fragile, vous commandez à des hommes de même nature que vous, et qui servent le même maître: c’est le créateur de cet univers, le roi des empereurs comme de leurs sujets. De quels yeux verrez-vous son temple? Comment entrerez-vous dans son sanctuaire? Vos mains fument encore du sang innocent; oserez-vous y recevoir le corps du Seigneur? Porterez-vous sur la coupe sacrée ces lèvres qui ont prononcé un arrêt injuste et inhumain? Retirez-vous, prince; n’ajoutez pas le sacrilége à tant d’homicides. Acceptez la chaîne salutaire de la pénitence, que vous impose par mon ministère la sentence du souverain juge. En la portant avec soumission, vous y trouverez un remède pour guérir vos plaies, encore plus profondes que celles dont vous avez affligé Thessalonique.» L’empereur voulant excuser sa faute par l’exemple de David: Vous l’avez imité dans son péché, lui repartit Ambroise; imitez-le dans sa pénitence. Théodose reçut cet arrêt comme de la bouche de Dieu même. Il avait l’ame trop élevée pour rougir de l’humiliation qu’il essuyait à la vue d’un grand peuple; il ne sentait que la confusion de son crime et retourna à son palais en pleurant et en soupirant. Il y demeura renfermé pendant huit mois, excepté un voyage qu’il fit à Vérone, où il séjourna une partie des mois d’août et de septembre.

[Note latérale: XXXVIII.

Théodose demande à être réconcilié.]

Selon la discipline ordinaire de l’Église, les pénitents n’étaient alors publiquement réconciliés que vers la fête de Pâques, et les meurtres volontaires n’étaient remis qu’après plusieurs années de pénitence. Aux approches de la fête de Noël, Théodose sentit redoubler sa douleur. Rufin, moins affligé que lui, quoiqu’il fût la principale cause de ses regrets, entreprit de le consoler; et comme ce courtisan lui demandait pourquoi il s’abandonnait à une si profonde tristesse, l’empereur poussant un grand soupir qui fut suivi de larmes: Hélas! Rufin, lui dit-il, se peut-il que vous ne sentiez pas mon malheur? Je gémis et je pleure de voir que le temple du Seigneur est ouvert aux derniers de mes sujets, qu’ils y entrent sans crainte, qu’ils y adressent leurs prières à notre commun maître, tandis que l’entrée m’en est interdite, et que le ciel même est fermé pour moi. Car je me souviens de cette divine parole: Celui que vous aurez lié sur la terre, sera lié dans le ciel. Prince, répondit Rufin, j’irai, si vous le permettez, trouver l’évêque, et je l’engagerai par mes prières à vous affranchir de vos liens. Il n’y consentira pas, répliqua l’empereur; je connais Ambroise, je sens la justice de son arrêt; jamais il ne violera la loi divine par déférence pour la majesté impériale. Sur les instances de Rufin, qui promettait avec confiance de fléchir Ambroise, l’empereur lui permit de le tenter; et se flattant lui-même de quelque succès, il le suivit de loin. Dès qu’Ambroise aperçut le ministre: Rufin, lui dit-il, quelle est votre impudence? C’est vous dont le pernicieux conseil a rempli Thessalonique de carnage et d’horreur, et vous ne rougissez pas? vous ne tremblez pas? vous osez approcher de la maison de Dieu, après avoir si cruellement déchiré ses images vivantes! Rufin se jetant à ses pieds, le suppliait de recevoir avec indulgence l’empereur qui allait arriver; alors Ambroise enflammé de zèle: Je vous avertis, Rufin, lui dit-il, que je l’empêcherai d’entrer dans le lieu saint: et s’il veut continuer d’agir en tyran, il pourra m’égorger encore. J’accepterai la mort avec joie. A ces paroles, Rufin manda promptement à Théodose qu’il ne pouvait rien gagner sur l’inflexible prélat; que pour éviter un éclat scandaleux, il lui conseillait de ne pas aller plus loin. L’empereur, qui était déja dans la grande place de la ville, continua sa marche, en disant: J’irai, et j’essuierai l’affront que je n’ai que trop mérité.

[Note latérale: XXXIX.

Entrevue de S. Ambroise et de Théodose.

Theod. l. 5, c. 17.

Soz. l. 7, c. 25.

Ruf. l. 12, c. 18.

Cod. Th. l. 9, tit. 40, leg. 13 et ibi God.

Till. vie de S. Ambr. art. 62.

Pagi ad Baron.]

Ambroise était dans une salle voisine de l’église, dans laquelle il avait coutume de donner ses audiences. Voyant approcher Théodose, il s’avança en lui reprochant de vouloir user de tyrannie contre Dieu même, et de faire violence à la discipline de l’église en prétendant s’affranchir de la pénitence: Non, répondit Théodose; je ne viens point ici pour violer les lois, mais pour vous conjurer d’imiter la clémence du Dieu que nous servons, qui ouvre la porte de sa miséricorde aux pécheurs pénitents. Et quelle pénitence avez-vous faite d’un si grand crime, répliqua l’évêque? C’est à vous, lui dit Théodose, d’appliquer le remède sur mes plaies, et c’est à moi de le recevoir et de le souffrir. Alors Ambroise touché de son humble résignation, lui dit, que puisqu’il n’avait écouté que sa colère dans l’affaire de Thessalonique, il devait pour toujours imposer silence à cette passion téméraire et furieuse, et ordonner par une loi que les sentences de mort et de confiscation n’auraient leur exécution que trente jours après qu’elles auraient été prononcées, pour laisser à la raison le temps de revenir à l’examen et de réformer les jugements dans lesquels elle n’aurait pas été consultée. Théodose approuva ce conseil, et fit sur-le-champ dresser la loi que le prélat proposait. Il nous en reste une tout-à-fait pareille datée de l’an 382 et attribuée à Gratien. Entre les critiques, les uns prétendent que la suscription et la date de cette loi sont également fausses, et que ce n’est autre chose que la loi même de Théodose. D’autres pensent que celle de Théodose ne subsiste plus, et que la loi qui nous reste est véritablement de Gratien; mais qu’elle ne fut faite que pour l’Occident et qu’elle fut abolie dès l’année suivante par la mort de ce prince. Quoi qu’il en soit, la loi de Théodose ne faisait qu’étendre aux jugements rendus par le prince, ce qui se pratiquait à l’égard des sentences prononcées dans les tribunaux. Le sénat, sous l’empire de Tibère, avait déja ordonné que les sentences de condamnation ne seraient exécutées, qu’au bout de dix jours.

[Note latérale: XL.

S. Ambroise lui impose la pénitence.]

Le saint évêque permit aussitôt à l’empereur l’entrée de l’église. Alors Théodose prosterné, baignant la terre de ses pleurs et se frappant la poitrine, prononça à haute voix ces paroles de David: Mon ame est demeurée attachée contre la terre; rendez-moi la vie, Seigneur, selon votre promesse. Tout le peuple l’accompagnait de ses prières et de ses larmes; et cette majesté souveraine, dont l’impétueuse colère avait fait trembler tout l’empire, n’inspirait plus alors que des sentiments de compassion et de douleur. Saint Ambroise régla le temps de sa pénitence; l’empereur l’accomplit avec soumission et fidélité: il s’abstint pendant cet intervalle de porter les ornements impériaux. C’est ainsi qu’Ambroise sut réparer le crime de Théodose: exemple à jamais mémorable, mais unique dans tous les siècles. Il ne pouvait naître que d’un heureux concours de circonstances. Pour le donner au monde, il était besoin de la rencontre d’un prélat et d’un prince également extraordinaires: il fallait un évêque digne de représenter la majesté divine par l’éminente sainteté de sa vie, par la sublimité de son génie, par une fermeté prudente et éclairée, par la force d’une éloquence invincible, autant que par l’autorité de son caractère: il fallait aussi un empereur vraiment pieux, humble dans la grandeur, mais assez relevé par ses qualités personnelles, pour s’abaisser sans s’avilir. De plus, les bornes des deux puissances, spirituelle et temporelle, posées par Jésus-Christ même et affermies sous le long règne du paganisme, étaient encore si solidement établies, qu’un prince publiquement suspendu de la communion, ne courait alors aucun risque de rien perdre du respect et de l’obéissance de ses sujets.

[Note latérale: XLI.

Loi sur les diaconesses.

Paulus ad. Timoth. c. 5.

Cod. Th. l. 16, tit. 2, leg. 27, 28 et ibi God.

Marcian. nov. 1 et 5, de testam. Cleric.

Soz. l. 7, c. 16.

Fleschier, vie de Théod. l. 4, art. 17.

Giann. hist. Nap. l. 2, c. 8, § 4.]

Théodose soumis aux lois de l’Église, n’en était pas moins attentif à mettre un frein à la cupidité des ecclésiastiques. Dès l’origine du christianisme, les diaconesses étaient des veuves qui se consacraient à des œuvres de charité et de dévotion. Elles instruisaient les femmes et les filles, elles distribuaient les aumônes des fidèles; elles s’acquittaient encore de quelques autres fonctions qui convenaient à leur sexe. L’avarice s’introduisant peu à peu dans la maison du Seigneur, et les rapports de ministère formant une liaison entre le clergé et ces femmes pieuses, il arrivait souvent qu’elles se laissaient engager à frustrer leurs héritiers naturels, pour laisser leurs biens aux églises ou même aux ecclésiastiques, sous le spécieux prétexte du soulagement des pauvres. Saint Paul avait recommandé de n’admettre ces diaconesses qu’à l’âge de soixante ans: Théodose en fit une loi; il ordonna de plus, qu’elles feraient nommer un curateur à leurs enfants, s’ils n’étaient pas en âge de majorité, qu’elles se déchargeraient elles-mêmes entre des mains fidèles de l’administration de leurs biens, qu’elles n’auraient la disposition que des revenus, que les fonds et les meubles passeraient après leur mort à leurs héritiers, et qu’elles n’en pourraient rien aliéner ni par donation entre-vifs, ni par testament, ni par quelque autre acte que ce fût, en faveur des églises, des ecclésiastiques et des pauvres. Cette loi, sans doute, excita des murmures, puisque deux mois après, Théodose fut obligé d’en restreindre l’étendue; il laissa aux diaconesses la liberté de disposer seulement de leurs meubles par donation entre-vifs, mais le reste de la loi subsista dans son entier. L’empereur Marcien dans la suite voulut bien supposer que Théodose avait entièrement révoqué sa première loi, quoiqu’il n’en eût abrogé que la moindre partie.

[Note latérale: XLII.

Loi sur les moines.

Cod. Th. l. 16, tit. 3, leg. 1, 2, et ibi God.

Giann. hist. Nap. l. 2, c. 8, § 1.]

Ceux qui avaient renoncé au commerce des hommes, pour servir Dieu dans la retraite, commençaient à s’écarter de leur institut. Ils fréquentaient les villes, ils y portaient cette âpreté de caractère qui s’acquiert aisément dans la solitude, ils se mêlaient des affaires civiles et ecclésiastiques, ils troublaient même quelquefois l’ordre de la justice, en employant la violence pour sauver les accusés. Quelques-uns échauffaient les esprits par des disputes publiques sur les points de foi; leur zèle contre l’idolâtrie n’était pas toujours réglé par la charité et par la prudence. L’empereur, sur les représentations des magistrats, leur défendit l’entrée des villes, et leur enjoignit de se tenir dans leurs retraites780. Mais deux ans après, il céda sans doute à d’autres sollicitations, et leur rendit leur première liberté781.

[Note 780: Ce fut par une loi donnée à Milan, le 3 septembre 390.—S.-M.]

[Note 781: Cette nouvelle loi est du 17 avril 392.—S.-M.]

[Note latérale: XLIII.

Obélisque et statue de Théodose à Constantinople.

Marcel. chr.

Prosp. chron.

Grut. inscr. 185, nº 6, 7.

Anthol. l. 4, c. 16.

Busbeq ep. 1.

Spon, voyage t. 1, p. 137.

Ducange, Constantinople, l. 1, p. 71, l. 2, p. 105.

Banduri, Imp. Orient. t. 1, p. 11, t. 2, p. 612.

Gyll. topog. Constant. l. 2, c. 11.]

Pendant le séjour de Théodose en Italie, Arcadius, qu’il avait laissé à Constantinople, ne pouvant apparemment s’accorder avec l’impératrice Galla, sa belle-mère, l’obligea de sortir du palais. On ne sait ni la cause ni les suites de ce traitement injurieux. En mémoire de la victoire remportée sur Maxime, Proculus782, préfet de Constantinople, fit dresser dans le cirque un obélisque, qu’on voit encore dans l’ancien Hippodrome783. C’est une seule pièce de granit d’Égypte, de vingt-quatre coudées de haut et dont chaque face a six pieds de large vers la base. Il est chargé d’hiéroglyphes784, et soutenu sur quatre dés de bronze. La base est ornée de bas-reliefs, et porte deux inscriptions785. On y apprend que cette pierre, après avoir été long-temps négligée et couchée par terre, fut dressée en trente-deux jours. Les Grecs racontent que cet obélisque fut ensuite abattu par un tremblement de terre, et que plusieurs siècles après, sous les derniers empereurs grecs, un architecte l’éleva au moyen d’une infinité de cables et de poulies, mais qu’il s’en fallait un travers de doigt qu’il ne fût à la hauteur des dés sur lesquels il devait poser. Que tout le peuple, témoin de cette mécanique étonnante, crut alors toutes les peines et les dépenses perdues; mais que l’entrepreneur, sans perdre courage, ayant fait apporter une grande quantité d’eau, passa plusieurs heures à imbiber les cables qui soutenaient cette masse énorme, et qui se raccourcirent assez pour l’élever au-dessus des dés et la poser en sa place. Arcadius fit aussi ériger une statue à son père, sur une colonne dans l’Augustéon, près de l’église de Sainte-Sophie. Cette statue était d’argent et pesait sept mille quatre cents livres, qui font onze mille cent de nos marcs. On rapporte que cette année on vit en l’air pendant trente jours une colonne de feu.

[Note 782: Ce Proculus est nommé Proclus dans les inscriptions grecques et latines qui ont été placées sur la base de l’obélisque qu’il fit ériger. Il était fils de Tatianus, qui fut consul l’année suivante.—S.-M.]

[Note 783: Voyez tom. 2, pag. 407, l. XII, § 13.—S.-M.]

[Note 784: On trouve une représentation grossière de cet obélisque dans l’Œdipus Ægyptiacus de Kircher, t. 3, p. 305. Quoique les hiéroglyphes y soient fort mal figurés, on y reconnaît cependant fort bien le cartouche destiné à contenir le nom du roi d’Égypte qui érigea ce monument. C’était Thethmosis II, roi de la 18e dynastie des souverains de l’Égypte, dont le règne commença en l’an 1676 avant J. C.—S.-M.]

[Note 785: La première de ces inscriptions est composée de quatre vers grecs, qui correspondent à peu près, pour le sens, à cinq vers latins placés sur un autre côté. Voici ces deux inscriptions.

Κίονα τετράπλευρον, ἀεὶ χθονὶ κείμενον ἄχθος, Μοῦνος ἀναστῆσαι Θευδόσιος βασιλεὺς, Τολμήσας, Πρόκλῳ ἐπεκέκλετο· καὶ τόσος ἔστη Κίων, ἠελίοις ἐν τριακόντα δύο.

L’inscription latine était du côté de l’orient.

Difficilis quondam dominis parere serenis Jussus, et extinctis palmam portare tyrannis, Omnia Theodosio cedant: subolique perenni: Terdenis sic victus, ego duobusque diebus Judice sub Proclo sublime elatus ad auras.

—S.-M.]

[Note latérale: AN 391.

XLIV.

Lois de Théodose.

Idat. fast.

Cod. Th. l. 3, tit. 3, leg. 1, l. 9, tit. 14, leg. 2 et ibi God.]

L’année suivante, Tatianus et Symmaque étant consuls, Théodose crut qu’il était temps de retourner en Orient786. Mais pour ne laisser en Occident aucun des désordres qu’il s’était proposé d’y réformer, il publia encore plusieurs lois. La misère inséparable des guerres civiles avait réduit plusieurs pères à la triste nécessité de vendre leurs enfants. Il remit en liberté ces malheureuses victimes de l’indigence, sans les obliger de rien payer à leurs maîtres787. Les soldats de Maxime et ceux que Théodose avoit licenciés après la défaite du tyran, infestaient les campagnes, pillaient de nuit les métairies, faisaient des vols et des massacres sur les grands chemins. Le port des armes était défendu aux particuliers: Théodose leur permit de les prendre et de pourvoir à leur propre sûreté788.

[Note 786: Les lois du Code Théodosien font voir que l’empereur resta à Milan au moins jusqu’au 22 mars 391. Il était à Concordia le 9 mai, à Vicence le 27 du même mois. On le trouve à Aquilée depuis le 16 juin jusqu’au 14 juillet.—S.-M.]

[Note 787: Cette loi fut donnée à Milan, le 11 mars 391.—S.-M.]

[Note 788: Par une loi donnée à Aquilée, le premier juillet 391.—S.-M.]

[Note latérale: XLV.

Ravages des Barbares en Macédoine.

Socr. l. 5, c. 18.

Marc. chr.

Zos. l. 4, c. 48 et 49.]

Après qu’il eut ainsi rétabli la paix et le bon ordre en Italie et dans les contrées voisines, il prit le chemin de Constantinople avec son fils Honorius. Étant arrivé à Thessalonique, il trouva la province désolée. Les Barbares qui s’étaient détachés de son armée pour se retirer dans des marais et dans des bois inaccessibles, lorsqu’il se disposait à les conduire contre Maxime, ne l’avaient pas plutôt vu éloigné que, pressés par la disette et entraînés par leur férocité naturelle, ils traitèrent le pays comme ennemi, et remplirent de meurtres et de ravages la Macédoine et la Thessalie, qui étaient dépourvues de troupes. A ces déserteurs s’étaient joints un grand nombre d’autres Barbares, les uns échappés des défaites précédentes et dispersés dans la Thrace, les autres attirés des pays situés au-delà du Danube par le désir du pillage; en sorte que cette troupe formait une armée nombreuse. Dès qu’ils apprirent que Théodose revenait victorieux, ils abandonnèrent le plat pays. Cachés dans les forêts et dans les montagnes, ils n’osaient plus en sortir que pendant la nuit; et, dès que le jour paraissait, ils regagnaient leurs retraites, emportant avec eux leur butin. Il était plus difficile de découvrir les repaires de ces brigands, que de les vaincre. Théodose qui, dès sa jeunesse s’était familiarisé avec les plus grands dangers, ne voulut s’en rapporter qu’à lui-même. Sans communiquer son dessein à personne qu’à Promotus, de crainte que les Barbares de son armée n’en donnassent avis à leurs compatriotes, il prit avec lui cinq cavaliers, qui menaient chacun en main trois ou quatre chevaux, pour s’en servir à mesure que leur monture serait fatiguée. S’étant déguisé en simple cavalier, il alla lui-même à la découverte, côtoyant les bois et les marais, traversant les campagnes, logeant et mangeant chez les paysans, dont il n’était pas reconnu.

[Note latérale: XLVI.

Théodose découvre leur retraite.]

Après deux ou trois jours de courses continuelles, il arriva sur le soir à une méchante cabane, habitée par une vieille femme, à laquelle il demanda le couvert et quelque chose à manger. Elle lui servit ce qu’elle avait. Dès qu’il fut couché, il aperçut, à la lueur d’une lampe, un homme qui se glissait avec précaution dans un coin de la chaumière, et qui semblait craindre d’être vu. Ayant aussitôt appelé l’hôtesse, il lui demande en secret ce que c’est que cet homme. Elle lui répond qu’elle n’a aucune connaissance ni de ce qu’il est, ni de ce qu’il fait; que tout ce qu’elle en peut dire, c’est que, depuis l’arrivée de l’empereur, cet inconnu vient toutes les nuits fort fatigué prendre son repas et coucher chez elle, et que le matin, après avoir payé sa dépense, il sort et va passer la journée où bon lui semble. L’empereur espérant en tirer quelque lumière, se lève, le fait saisir par ses gens, l’interroge. Comme on ne pouvait lui arracher une parole, il le fit fouetter avec violence: ce traitement ne surmontant pas encore son obstination à garder le silence, il ordonne à ses cavaliers de lui déchiqueter le corps avec la pointe de leurs épées, et lui déclare en même temps qu’il est l’empereur. Alors ce misérable, saisi d’effroi, avoue qu’il est l’espion des Barbares, qu’il a soin de les avertir de la marche du prince, et de la route qu’ils doivent tenir pour faire leurs pillages avec sûreté. Théodose, après s’être instruit de la position des ennemis, lui fait couper la tête et retourne à son camp, dont il n’était pas éloigné.

[Note latérale: XLVII.

Ils sont taillés en pièces.]

Dès le point du jour, s’étant mis à la tête d’un détachement, et ayant laissé dans le camp le général Promotus avec le gros de l’armée, il va chercher les Barbares. On les surprend dans leurs forts; on les égorge la plupart dans les marais où ils s’étaient enfoncés pour éviter la mort. Théodose fit dans cette journée admirer sa bravoure personnelle; mais il manqua de prudence. Le carnage avait déja duré long-temps, lorsque, par le conseil de Timasius, il fit sonner la retraite pour laisser rafraîchir et reposer ses soldats, qui étaient encore à jeun et épuisés de chaleur et de fatigue. La joie de la victoire les ayant invités à boire sans modération, ceux des Barbares qui avaient échappé par la fuite, informés de ce désordre, se rallièrent, revinrent charger les vainqueurs dispersés et plongés presque tous dans le vin et dans le sommeil; ils en massacrèrent un grand nombre. Théodose, qui se reposait sous une tente, aurait lui-même péri dans cette surprise, s’il n’eût été averti assez à temps pour prendre la fuite avec quelques-uns de ses officiers. Le général Promotus, qu’il avait mandé sur-le-champ avec le reste de l’armée, étant accouru au-devant de lui, le pria de mettre sa personne en sûreté, et lui promit de lui rendre bon compte de ces déserteurs rebelles. Promotus double le pas, trouve les ennemis encore acharnés au carnage, fond sur eux avec tant de furie, qu’il n’en laisse échapper qu’un très-petit nombre.

[Note latérale: XLVIII.

Mort de Promotus.

Zos. l. 4, c. 50 et 51.

Claud. de laud. Stilic. l. 1; et in Ruf. l. 1.]

Ce fut le dernier exploit de Promotus, auquel l’empereur pouvait seul disputer la gloire d’être le plus grand capitaine de son temps. Il avait contribué plus que personne aux grands succès de Théodose contre Maxime. Il servait l’État et son prince avec des intentions pures et détachées de tout intérêt. Mais ce qui augmente encore aux yeux de la postérité le prix de ses éminentes qualités, c’est qu’il ne retira d’autre fruit de ses services, que de périr par les cruelles intrigues d’un ministre jaloux et pervers, du moins on le crut ainsi. Rufin, dont la faveur est une tache sur la vie de Théodose, affectait de s’élever au-dessus des généraux, et de les traiter avec hauteur. Promotus et Timasius, après s’être exposés à tant de dangers pour le salut de l’État, ne pouvaient voir sans indignation l’ascendant que prenait sur eux un vil courtisan, qui ne se faisait valoir que par son esprit fourbe et artificieux. Dans un conseil auquel Théodose n’assistait pas, Rufin, qui ne croyait devoir ménager que l’empereur, laissa échapper une parole insolente contre Promotus; celui-ci ne lui répondit que par un soufflet. Cette promptitude ne coûta pas moins à Promotus, que n’avait autrefois coûté au jeune Drusus, la même insulte faite à Séjan. Rufin alla sur-le-champ s’en plaindre à l’empereur, qui en fut très-irrité: Si toutes ces jalousies ne cessent, dit-il en colère, ceux qui ne peuvent souffrir Rufin pour égal, le verront bientôt leur maître. C’était menacer de lui donner le titre d’Auguste. Le ministre, habile à profiter de l’affront qu’il avait reçu, détermina l’empereur à éloigner Promotus de la cour, sous prétexte de l’employer à exercer les troupes; et ce général, pendant qu’il traversait la Thrace, fut massacré dans une embuscade par un parti de Bastarnes. L’empereur fut le seul qui n’attribua pas ce meurtre à la méchanceté de Rufin789; et, toujours aveuglé sur le compte de son favori, il le désigna consul pour l’année suivante avec Arcadius. Mais Stilichon, en attendant qu’il pût venger la mort de son ami sur celui qu’il en croyait l’auteur, ne perdit pas l’occasion d’en punir ceux qui en avaient été les ministres790. Il était alors en Thrace pour défendre le pays contre des troupes de Barbares, qui tantôt séparés, tantôt réunis, faisaient des courses dans la province791. C’étaient des Bastarnes, des Goths, des Alains, des Huns, des Sarmates792. Il tomba séparément sur un corps de Bastarnes, et les tailla tous en pièces793. Il en enferma dans un vallon un autre corps joint avec les autres barbares; et il était prêt à les passer au fil de l’épée, lorsqu’il reçut ordre de l’empereur de les éloigner, pourvu qu’ils convinssent de sortir de la Thrace794. Cet ordre était un effet des mauvais conseils de Rufin795, qui, selon l’opinion publique, payait de ce service important l’assassinat de Promotus.

[Note 789: Cette imputation est rapportée par Zosime, lib. 4, c. 51; mais on doit remarquer que Claudien, qui a fait un poëme entier contre Rufin, et qui ne le ménage pas, ne l’accuse pas d’un crime aussi lâche.—S.-M.]

[Note 790:

Tu neque vesano raptas venalia curru Funera, nec vanam corpus meditatus in unum Sævitiam, turmas equitum peditumque catervas Hostilesque globos tumulo prosternis amici. Inferiis gens tota datur.

CLAUD. de laud. Stilich. l. 1, v. 100 et seq.—S.-M.]

[Note 791:

...................Tot barbara solus Millia, jam pridem miseram vastantia Thracen, Finibus exiguæ vallis conclusa tenebas.

CLAUD. ibid. v. 106 et seq.—S.-M.]

[Note 792:

Non te terrisonus stridor venientis Alani, Nec vaga Chunorum feritas, non falce Gelonus, Non arcu pepulere Getæ, non Sarmata conto.

CLAUD. ibid. v. 109 et seq.—S.-M.]

[Note 793:

.........Quis enim Visos in plaustra feroces Reppulit, aut sæva Promoti cæde tumentes Bastarnas una potuit delere ruina?

CLAUD. ibid. v. 94 et seq.—S.-M.]

[Note 794:

Exstinctique forent penitus, ni more maligno, Falleret Augustas occultus proditor aures, Obstrueretque moras, strictumque reconderet ensem Solveret obsessos, præberet fædera captis.

CLAUD. l. 1, ibid. v. 112 et seq.—S.-M.]

[Note 795: Voici comment Claudien rapporte (in Rufin. lib. 1, v. 316 et seq.) cette trahison de Rufin. Il s’adresse en ces termes à Stilichon, déja vainqueur des Barbares:

Nam tua cum Geticas stravisset dextra catervas, Ulta ducis socii letum, parsque una maneret Debilior, facilisque capi; tunc impius ille Proditor imperii, conjuratusque, Getarum, Distulit instantes, eluso principe, pugnas, Hunnorum laturus opem quos affore bello, Norat, et invisis mox se conjungere castris.

CLAUD. in Ruf. l. 1, v. 316 et seq.—S.-M.]

[Note latérale: XLIX.

Théodose à Constantinople.

Socr. l. 12, c. 18.

Ruf. l. 12, c. 19.

Gyll. topog. Constant. l. 4, c. 9.

Ducange, Constant. l. 1, p. 52.

Banduri, Imp. Orient. t. 2. p. 595.]

Théodose étant arrivé à Constantinople le 10 de novembre, s’appliqua plus que jamais à rendre ses sujets heureux. Accessible aux plus petits, affable, libéral, il prévenait même les demandes. Il travaillait à éteindre les hérésies, mais avec un esprit de modération, ménageant la personne des hérétiques, en même temps qu’il proscrivait leurs erreurs. Aussi religieux que ferme et prudent, il honorait sans faiblesse les ministres sacrés; il distinguait leurs passions de leur caractère, il les écoutait sans se laisser conduire aveuglément. Il fit bâtir des églises, il en embellit d’autres; et partout brillait sa magnificence. Ce fut alors qu’il décora la principale porte de Constantinople, qui fut pour cette raison appelée depuis ce temps la porte dorée. Il en fit un arc de triomphe et un monument de sa victoire sur Maxime. Cette porte, située au midi, donnait entrée dans la grande rue qui traversait toute la ville jusqu’au Bosphore. Ce fut par là que les empereurs firent dans la suite leur entrée solennelle. On plaça au-dessus la statue de Théodose, une victoire et une croix. La porte fut ornée de colonnes et revêtue de marbre: c’était des bas-reliefs antiques, où les travaux d’Hercule et d’autres sujets de la fable étaient traités avec beaucoup d’art. Pierre Gilles, savant voyageur du seizième siècle, en admirait encore les précieux restes, qui s’étaient conservés malgré la barbarie des Turcs, destructeurs des anciens monuments.

[Note latérale: L.

Église de S. Jean-Baptiste.

Soz. l. 7, c. 21 et 24.

Prosp. chr.

Chron. Alex. p. 305.

Ducange, Constant. l. 4, p. 100.

Till. Théod. art. 65 et note 46.]

Il y avait, à quelques lieues de Chalcédoine, dans un bourg nommé Cosilas, une relique célèbre qu’on croyait être le chef de saint Jean-Baptiste. Elle y avait été transférée du temps de Valens, qui voulait la faire apporter à Constantinople. Mais on raconte que les mules qui traînaient le chariot, avaient refusé d’aller plus loin, quelque effort qu’on employât pour les faire avancer jusqu’au rivage du Bosphore. Théodose s’étant transporté en personne sur le lieu, ne voulut pas user d’autorité pour enlever ce pieux trésor; il eut beaucoup de peine à l’obtenir par prières de ceux qui le gardaient; et sans éprouver d’autres difficultés, l’ayant enveloppé de sa pourpre, il le porta lui-même à Chalcédoine, où il le laissa en dépôt jusqu’à ce qu’il eût fait bâtir en l’honneur du saint Précurseur, une magnifique église à Constantinople dans le faubourg de l’Hebdome. Rufin fut chargé de la construction de cet édifice, et dès qu’il fut achevé, Théodose y exposa cette sainte relique à la vénération des fidèles. Selon Ducange, c’est le même chef de saint Jean qu’on révère aujourd’hui dans l’église cathédrale d’Amiens, où il fut transféré de Constantinople en 1206. M. de Tillemont apporte plusieurs raisons pour prouver que c’est le chef d’un autre saint, et non celui de saint Jean-Baptiste.

FIN DU LIVRE VINGT-QUATRIÈME ET DU TOME QUATRIÈME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES

DANS LE TOME QUATRIÈME

DE L’HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.

LIVRE DIX-NEUVIÈME.

1. Complots formés contre Valens. 2. Devins consultés pour savoir quel sera son successeur. 3. Caractère de Théodore. 4. Découverte de cette intrigue. 5. Théodore est arrêté. 6. Punition de quelques conjurés. 7. Interrogatoire de Théodore et des principaux complices. 8. Leur supplice. 9. Funeste crédit de Palladius et d’Héliodore. 10. Histoire d’Héliodore. 11. Innocents condamnés. 12. Funérailles d’Héliodore. 13. Persécution excitée contre les philosophes. 14. Cruautés de Festus. 15. Mort du philosophe Maxime. 16. Para, roi d’Arménie, attiré à Tarse. 17. Para s’échappe. 18. Il regagne l’Arménie. 19. Il est assassiné. 20. Négociations avec Sapor. [21. Varazdat est nommé roi d’Arménie par Valens.] 22. Assassinat de Gabinus, roi des Quades. 23. Les Quades vengent la mort de leur roi. 24. Le jeune Théodose repousse les Sarmates. 25. Paix avec Macrianus. 26. Débordement du Tibre. 27. Lois de Valentinien. 28. Saint Ambroise évêque de Milan. 29. Valentinien marche en Pannonie. 30. Il apprend les vexations de Probus. 31. Il ravage le pays des Quades. 32. Mort de Valentinien. 33. Valentinien II empereur. 34. Conduite de Gratien à l’égard de son frère. 35. Caractère de Gratien encore César. 36. Qualités de Gratien empereur. 37. Mort de Théodose. 38. Punition de Maximin. 39. Lois de Gratien. 40. Irruptions des Huns. 41. Origine des Huns. 42. Caractère et coutumes des Huns. 43. Idée générale de leur histoire. 44. Origine des Alains. 45. Mœurs des Alains. 46. Les Huns passent en Europe. 47. Ils chassent les Ostrogoths. 48. Défaite des Visigoths. 49. Les Goths s’assemblent sur les bords du Danube. Page 1.

LIVRE VINGTIÈME.

1. Les Visigoths obtiennent la permission de passer en Thrace. 2. Ils passent le Danube. 3. Mauvaise conduite des Romains. 4. L’Arianisme s’établit chez les Goths. 5. Les Ostrogoths demandent le passage, qui leur est refusé. 6. Avarice des Romains. 7. Révolte des Visigoths. 8. Horribles ravages de la Thrace. 9. Siége d’Andrinople. 10. Valens et Gratien y envoient des secours. 11. Les deux armées se préparent au combat. 12. Bataille de Salices. 13. Suites de la bataille. 14. Ravages de toute la Thrace. 15. Succès de Frigérid. 16. Préparatifs de Valens. 17. Irruption des Allemans dans la Gaule. 18. Bataille d’Argentaria. 19. Gratien réduit les Allemans Lentiens. 20. Il se met en marche pour aller joindre Valens. 21. Valens à Constantinople. 22. Sébastien général. 23. Il taille en pièces un grand parti de Goths. 24. Valens marche aux ennemis. 25. Ruse de Fritigerne. 26. Valens range son armée en bataille. 27. Nouvelle ruse de Fritigerne. 28. Bataille d’Andrinople. 29. Fuite des Romains. 30. Mort de Valens. 31. Perte des Romains. 32. Divers traits du caractère de Valens. 33. Les Goths assiégent Andrinople. 34. Belle défense des assiégés. 35. Les Goths assiégent Périnthe. 36. Ils sont repoussés de devant Constantinople. 37. Massacre des Goths en Asie. 38. Ravages des Goths. 39. Théodose est rappelé. 40. Victoire de Théodose. 41. Gratien rétablit en Orient les affaires de l’Église. 42. Ausone consul. [43. État de l’Arménie sous le règne de Varazdat. 44. Assassinat du connétable Mouschegh. 45. Manuel son frère se révolte contre Varazdat. 46. Varazdat est détrôné. 47. Manuel est maître de l’Arménie. 48. Alliance des Arméniens avec les Perses.] 49. Théodose empereur. 50. Partage de l’empire. Page 91.

LIVRE VINGT-UNIÈME.

1. Théodose à Thessalonique. 2. Belles qualités de Théodose. 3. Calomnies de Zosime réfutées. 4. Fautes de Théodose. 5. Caractère de Flaccilla. 6. Famille de Théodose. 7. Théodose délivre la Thrace. 8. Exploit du général Modarius. 9. Gratien à Milan. 10. Il retourne dans les Gaules. 11. Baptême de Théodose. 12. Lois de Théodose concernant la religion. 13. Lois civiles. 14. Théodose envoie en Égypte un grand nombre de Goths. 15. Division entre les Goths. 16. Gratien se prépare à repousser les Goths. 17. Avantages de Gratien et de Théodose sur les Goths. 18. Théodose à Constantinople. 19. Loi contre les hérétiques. 20. Théodose se concilie l’amour des peuples. 21. Athanaric vient à Constantinople. 22. Intrigues de Maxime le Cynique. 23. Concile de Constantinople où saint Grégoire est confirmé dans l’épiscopat. 24. Troubles dans le concile au sujet du successeur de Mélétius. 25. Saint Grégoire abdique l’épiscopat. 26. Il obtient le consentement de Théodose. 27. Élection de Nectarius. 28. Décrets du concile. 29. Lois de Théodose contre les hérétiques à l’occasion de ce concile. 30. Lois en faveur des évêques. 31. Concile d’Aquilée. 32. Suite des intrigues de Maxime. 33. Concile de Rome et de Constantinople. 34. Troisième concile de Constantinople. 35. Loi sur les sacrifices. 36. Exploits de cette année. 37. Les Goths se soumettent à l’empire. 38. Divers effets de la clémence de Théodose. 39. Famine à Antioche. 40. Lois de Théodose. 41. Lois de Gratien. 42. Saint Ambroise obtient la grace d’un criminel. 43. Gratien travaille à la destruction de l’idolâtrie. 44. Famine dans Rome. 45. Discours d’Anicius Bassus. 46. Gratien se rend odieux. 47. Caractère de Maxime. 48. Il est proclamé empereur. 49. Il marche contre Gratien. 50. Mort de Gratien. 51. Circonstances de sa mort. Page 168.

LIVRE VINGT-DEUXIÈME.

1. Alarmes de Justine et de Valentinien. 2. Saint Ambroise va trouver Maxime. 3. Accommodement de Maxime et de Valentinien. 4. Maxime veut faire périr Bauton. 5. Il ôte la vie à plusieurs officiers de Gratien. 6. Saint Martin à la cour de Maxime. 7. Honneurs que la femme de Maxime rend à saint Martin. 8. Théodose reconnaît Maxime pour empereur. 9. Arcadius Auguste confié aux soins d’Arsène. 10. Théodose donne à son fils des leçons de clémence. 11. Barbares vaincus en Orient. 12. Consuls. 13. Thémistius préfet de Constantinople. 14. Proculus et Icarius comtes d’Orient. 15. Nouveaux efforts de Théodose pour détruire l’idolâtrie. 16. Il est trompé par les Lucifériens. 17. Ambassade des Perses. 18. Stilichon envoyé en Perse. [19. Situation politique de l’Arménie. 20. Les Arméniens font la guerre aux Perses. 21. Les Perses sont battus par les Arméniens. 22. Mort de Méroujan. 23. Arsace fils de Para est déclaré roi d’Arménie. 24. Mort de Manuel, régent de l’Arménie.] 25. Divers événements de cette année. 26. Loi qui défend les mariages entre cousins germains. 27. Sarmates vaincus. 28. [Théodose prend l’Arménie sous sa protection.] 29. Mort de Prétextatus. 30. Symmaque préfet de Rome. 31. Requête de Symmaque en faveur du paganisme. 32. Extrait de la requête. 33. Elle est approuvée par le conseil. 34. Combattue par saint Ambroise. 35. Rejetée par Valentinien. 36. Vestale punie. 37. Symmaque, accusé de maltraiter les chrétiens, s’en justifie. 38. Sirice succède à Damase. 39. Commencement des Priscillianistes. 40. Concile de Sarragosse. 41. Rescrit de Gratien contre les Priscillianistes. 42. Priscillien obtient un décret contraire. 43. Concile de Bordeaux. 44. Saint Martin s’efforce de sauver la vie aux hérétiques. 45. Punition de Priscillien et de ses sectateurs. 46. Lettre de Maxime au pape Sirice. 47. Toute l’Église blâme le supplice des Priscillianistes. 48. Saint Martin se sépare de communion d’avec les Ithaciens. 49. Le supplice des Priscillianistes étend leur hérésie. 50. Consuls. 51. Justine favorise les Ariens. 52. Elle tente de leur donner une église à Milan. 53. Entreprises contre saint Ambroise. 54. Nouveaux efforts de Justine. 55. Résistance de saint Ambroise. 56. L’empereur se désiste. 57. Mort de Pulchérie et de Flacilla. 58. Lois de Théodose. Page 235.

LIVRE VINGT-TROISIÈME.

1. Opiniatreté de Justine en faveur des Ariens. 2. Valentinien les autorise par une loi. 3. Nouvelles entreprises contre saint Ambroise. 4. Saint Ambroise rassure son peuple. 5. Fin de la persécution. 6. Maxime s’intéresse pour les catholiques. 7. Actions de piété de Valentinien. 8. Théodose interdit aux chrétiens toute participation à l’idolâtrie. 9. Guerre des Gruthonges. 10. Leur défaite. 11. Théodose épargne les vaincus. 12. Histoire de Gérontius. 13. Théodose épouse Galla. 14. Sénateur accusé pour des songes. 15. Lois de Théodose. 16. Sédition d’Alexandrie. 17. Nouvel impôt. 18. La sédition commence à Antioche. 19. Elle s’allume dans toute la ville. 20. On abat les statues de la famille impériale. 21. Fin de la sédition. 22. Prodiges fabuleux. 23. Crainte des habitants. 24. Ils prennent la fuite. 25. Interrogatoires. 26. Punitions. 27. Changement des habitants d’Antioche. 28. Discours de saint Jean Chrysostôme. 29. Flavien part pour aller fléchir l’empereur. 30. Colère de l’empereur. 31. Arrivée des commissaires à Antioche. 32. Conduite qu’ils y tiennent. 33. Informations nouvelles. 34. Courage des moines. 35. Hardiesse de Macédonius. 36. Les commissaires remettent l’affaire au jugement de l’empereur. 37. La joie renaît dans Antioche. 38. Césarius va trouver l’empereur. 39. Flavien se présente à Théodose. 40. Discours de Flavien. 41. Clémence de l’empereur. 42. Le pardon est annoncé aux habitants d’Antioche. 43. Joie de toute la ville. 44. Maxime se prépare à la guerre. 45. On lui députe saint Ambroise. 46. Saint Ambroise devant Maxime. 47. Maxime passe les Alpes. 48. Valentinien se réfugie à Thessalonique. 49. Théodose ramène Valentinien à la croyance orthodoxe. 50. Succès de Maxime. 51. Généraux et officiers de Maxime. 52. Tatianus succède à Cynégius dans la dignité de préfet du prétoire d’Orient. 53. Dispositions de Théodose. 54. Lois de Théodose. 55. Trahison punie. 56. Soulèvements des Ariens à Constantinople. 57. Flotte de Maxime. 58. Bataille de Siscia. 59. Bataille de Pétau. 60. Théodose poursuit Maxime. 61. Mort de Maxime. 62. Mort d’Andragathe. 63. Guerre des Francs. 64. Clémence de Théodose. 65. Actions de justice. 66. Théodose refuse de rétablir l’autel de la Victoire. 67. Synagogue de Callinicus. 68. Théodose exclus du sanctuaire. Page 312.

LIVRE VINGT-QUATRIÈME.

1. Désintéressement de Théodose. 2. Il vient à Rome. 3. Désordres abolis. 4. Lois contre les Manichéens et les magiciens. 5. Réglements qui concernent le sénat et les jugements. 6. État de l’idolâtrie dans Rome. 7. Plusieurs sénateurs s’obstinent en faveur de l’idolâtrie. 8. Elle est détruite à Rome. 9. Imposture d’un prêtre payen. 10. Occasion d’une sédition des payens dans Alexandrie. 11. Fureur des payens. 12. Olympe se met à leur tête. 13. Ils résistent aux magistrats. 14. Les séditieux prennent l’épouvante. 15. L’empereur ordonne de détruire tous les temples d’Alexandrie. 16. Description du temple et de l’idole de Sérapis. 17. Fourberies des prêtres de Sérapis. 18. On met en pièces sa statue. 19. Destruction du temple. 20. Débordement du Nil. 21. Idolâtrie abolie dans Alexandrie. 22. La ville de Canope purifiée. 23. Le paganisme détruit dans toute l’Égypte. 24. Temples abattus en Syrie. 25. Lois contre l’idolâtrie. 26. État où Théodose laissa l’idolâtrie. 27. Libanius demande une loi contre les sollicitations faites aux juges. 28. Il se plaint des protections que les officiers de guerre accordent aux paysans. 29. Valentinien en Gaule. 30. Météores. 31. Lois. 32. [Partage de l’Arménie entre les Romains et les Perses.] 33. Sédition de Thessalonique. 34. Rufin excite Théodose à la vengeance. 35. Massacre de Thessalonique. 36. Remontrance de saint Ambroise. 37. Saint Ambroise refuse à Théodose l’entrée de l’église. 38. Théodose demande à être réconcilié. 39. Entrevue de Théodose et de saint Ambroise. 40. Saint Ambroise lui impose la pénitence. 41. Loi sur les diaconesses. 42. Loi sur les moines. 43. Obélisque et statue de Théodose à Constantinople. 44. Lois de Théodose. 45. Ravages des Barbares en Macédoine. 46. Théodose découvre leur retraite. 47. Ils sont taillés en pièces. 48. Mort de Promotus. 49. Théodose à Constantinople. 50. Église de Saint-Jean Baptiste. Page 387.

FIN DE LA TABLE DU TOME QUATRIÈME.

Vous avez terminé Histoire du Bas-Empire. Tome 04

Charles Le Beau

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