La belle image

Marcel Aymé · Chapitre 2 sur 15

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La belle image

Chapitre II

 

En sortant du bureau de M. Boussenac, je me mis à marcher avec l’intention de gagner à pied la rue du Quatre-Septembre, une halte étant prévue à mi-chemin chez un client qui m’attendait vers trois heures pour étudier avec moi un contrat de publicité. Je songeais vaguement aux moyens d’enlever l’affaire. Il semblait en somme que la vie reprît son cours normal. Sans oublier tout à fait l’incident des photos, je n’étais nullement désemparé. C’est à peine si je ressentais une inquiétude légère et pour ainsi dire inconsciente. Au souvenir de ma mésaventure, j’opposai tout naturellement l’impossibilité qu’il pût en aucun cas se produire rien de tel. Ainsi m’abritais-je derrière les barrières du réel et sans beaucoup de curiosité, car j’avais un moyen bien simple d’en éprouver la valeur et je ne fus pas sans y songer. C’était de m’arrêter devant la vitrine d’un magasin et de me regarder dans une glace. Mais

 

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j’évitais justement de tourner la tête du côté des boutiques et m’appliquais à marcher au bord du trottoir. De temps à autre surgissait à ma mémoire l’image des deux grands yeux clairs, réfléchis par la vitre du bureau. J’en avais tout d’un coup le cœur serré d’angoisse, mais aussitôt je mettais cette apparition sur le compte d’un trouble hallucinatoire, et désinvolte, il faudra que j’aille voir un médecin, pensais-je. Il m’arrivait même de considérer avec une ironie amusée les transes par lesquelles je venais de passer. Je m’imaginais déjà racontant l’incident à ma femme ou à un ami. Je leur disais : « Il m’est arrivé une aventure bizarre que je n’arrive pas à m’expliquer. » Cette phrase, que je me plus à répéter, avait quelque chose de très amusant. Je me rappelais l’avoir entendue maintes fois dans ces termes mêmes. N’importe qui, me disais-je, pourrait trouver au fond de sa mémoire « une aventure bizarre qu’il n’arrive pas à s’expliquer ». Rien de plus banal. Au moment où on l’a vécue, elle était troublante, parfois effrayante et, racontée, elle n’est plus rien. En réalité elle n’avait jamais rien été.

 

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La fin de ce mois de septembre, chaude et lumineuse, était comme un retour de l’été. Il flottait dans l’air de la rue un relent de vacances que je humais avec délices. De plus en plus, ma mésaventure m’apparaissait comme un événement d’une autre saison. En descendant la rue du Bac, je fus arrêté par un rassemblement formé sur le trottoir auprès d’un taxi. Une contestation s’était élevée entre le chauffeur et son client au moment de régler la course.

« Sûrement que vous avez appris à lire aux Quinze-Vingts, disait le chauffeur en montrant le compteur de la voiture. Vous ne voyez pas qu’il y a marqué quatorze francs ? »

Le client, un minuscule vieillard à favoris et à melon beige, ripostait d’une voix de fillette :

« Cocher, vous aurez beau faire. Votre mécanique me paraîtra toujours moins sûre que ma vieille expérience de Parisien. Voici donc dix francs et j’estime que c’est largement payé. »

Le ton de discussion monta aussitôt, car le chauffeur se trouva froissé par l’appellation de cocher. En face de moi, de l’autre côté du cercle

 

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des badauds, j’observai qu’une jeune personne, élégante, et d’un charmant visage, me regardait avec un intérêt plutôt tendre et non pas à la dérobée, mais d’une façon insistante ou plus justement, comme si elle eût été charmée. Je dois dire que les femmes ne m’ont pas habitué à me voir ainsi l’objet de leur attention et, la nature m’ayant au berceau doté d’un visage ingrat, ce n’est qu’à force de présence que je puis espérer piquer leur curiosité. Du reste, j’aime ma femme, je me fais une idée très haute de mes devoirs de père et d’époux, et j’ai presque toujours résisté à la tentation des aventures. En somme, je ne risque pas grand-chose des hasards d’une rencontre. Je peux même m’enorgueillir de victoires remportées sur moi-même dans des occasions plus chaudes. Cela ne veut pas dire que les femmes me laissent indifférent, au contraire, et bien souvent le regret des plaisirs refusés dure longtemps dans mon cœur et dans ma chair, si vif que je ne me sens jamais aussi faible, aussi vulnérable, qu’après avoir surmonté ma faiblesse. Ce fut précisément ce genre de trouble que j’éprouvai après avoir perdu de vue la belle

 

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inconnue et tandis que je poursuivais mon chemin vers les quais. Le regard de tendre bête surprise qu’elle avait plongé dans le mien me laissait ému et j’imaginais avec une véritable détresse ce qui aurait pu s’ensuivre. J’avais oublié l’incident des photos. Encore alangui d’un regret, je traversai la Seine au pas de flâneur en me donnant le temps de regarder la perspective du fleuve et ses rives d’automne.

Au bout du pont, il me fallut attendre, pour traverser la chaussée, qu’une longue file de voitures s’écoulât. À côté de moi un autobus attendait également le passage et je m’aperçus que deux voyageuses fort jolies, assises l’une derrière l’autre, me considéraient à travers la glace, l’une avec langueur, l’autre d’un œil avide. J’aurais dû m’en étonner, mais tout au plaisir de plaire, je songeai simplement qu’il existait pourtant des femmes capables de me comprendre au premier regard. Comme je détournais modestement les yeux, je vis à côté de moi mon camarade Julien Gauthier, arrêté lui aussi au bord du trottoir. Depuis le temps de nos vingt-cinq ans où, avant de nous consacrer à d’autres activités,

 

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nous travaillions côte à côte dans l’étude d’un notaire, nos relations ont été assez lâches, mais nous avons toujours plaisir à nous rencontrer. Le regard perdu sur le flot des voitures, Gauthier rêvait peut-être à une profession nouvelle, car depuis qu’il a renoncé au notariat, environ un an avant moi, il a embrassé successivement les carrières de joueur de football, de libraire, de couturier, de directeur de cabaret artistique, et il est actuellement imprésario. D’une claque sur l’épaule, je le tirai de sa méditation et lui dis affectueusement :

« Bonjour, vieux. Comment vas-tu ? »

Gauthier se tourna vers moi et sa physionomie, déjà empreinte d’une lumière cordiale, se ferma aussitôt avec une expression de surprise. Après m’avoir toisé une seconde, il eut un sourire poli, à peine amusé et me dit d’un ton froid :

« Certainement vous faites erreur. »

Julien Gauthier est un garçon sérieux, aussi peu enclin que possible à la plaisanterie. De toute évidence, il ne me reconnaissait pas. À ce coup,

 

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la peur qui m’avait étreint dans le bureau de M. Boussenac me ressaisit tout entier. C’était une panique, une débâcle qui emportait tous mes retranchements, jusqu’au moindre doute auquel j’aurais pu me raccrocher. Je me mis à trembler, et mon visage devait être effrayant, car Julien se mit à parler avec douceur. Je le regardais fixement, sans entendre ses paroles, et je voyais vaciller le monde dans ses yeux qui ne me connaissaient plus. Prenant mon épouvante pour de la folie, il posa la main sur mon épaule d’un geste amical, mais aussi avec une certaine fermeté persuasive qui me parut redoutable, car elle me fit supposer qu’il voulait me conduire à un agent ou au commissariat. Je me dégageai d’un mouvement brutal en lui disant d’une voix basse, enrouée par la peur :

« Non, Julien. Lâche-moi. Je t’en prie, Julien. »

Le laissant à sa stupéfaction, je m’élançai parmi les voitures, sans égard aux injures des chauffeurs, ni aux coups de sifflet de l’agent qui réglait la circulation. Toujours courant, je

 

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traversai le jardin des Tuileries et ne m’arrêtai que sous les arcades de la rue des Pyramides, devant une boutique d’objets en ivoire. Avant de regarder mon image dans l’une des glaces qui encadraient la vitrine, je m’efforçai de remettre de l’ordre sinon dans mon esprit, au moins sur mon visage, dont je sentais tous les traits altérés par la peur. La curiosité aidant, je parvins à retrouver l’apparence du calme.

En me voyant dans la glace, je ne pus m’empêcher de jeter un coup d’œil derrière moi pour m’assurer que je n’avais pas en face de moi le visage d’un étranger. Mais j’ouvris la bouche, je fronçai le nez, les sourcils, et le visage inconnu ouvrit pareillement la bouche, fronça le nez, les sourcils. Sur le pas de la porte, le propriétaire de la boutique et une jeune employée s’amusaient de mes grimaces, et leur curiosité ironique me mit en fuite. L’opinion qu’ils avaient pu se faire de ma conduite me parut même si importante que je songeai sérieusement à revenir sur mes pas, afin de leur fournir une explication qui leur parût plausible. Pour la première fois, j’éprouvais ce sentiment de crainte et d’humilité, que doit

 

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provoquer chez certaines catégories de fous la conscience d’un état exceptionnel échappant nécessairement à l’appréciation raisonnable et qui leur fait désirer par-dessus tout de passer pour des êtres normaux.

Fuyant les regards de ces deux personnes qui auraient pu témoigner de l’étrangeté de mon attitude, je tournai dans la rue Saint-Honoré et dès cet instant, je compris que tous mes efforts, toute mon activité, je les consacrerais désormais à me réfugier sous les apparences d’une vie normale. Jusqu’à ma mort je porterais le poids d’une vérité inadmissible, je souffrirais en silence d’être cette espèce de paria en qui les lois naturelles les plus simples, les plus évidentes, ont accompli leur rupture secrète. La nature m’avait élu pour être le témoin et l’instrument d’un écart monstrueux et la nécessité de vivre m’en faisait aussitôt le complice. Je sentais tout ce que comportait pour moi de périlleux cette métamorphose partielle, et l’instinct de conservation m’obligeait déjà de songer aux moyens de la compléter. Il fallait éviter de vivre sur deux registres à la fois, autrement dit de

 

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laisser paraître en moi la présence de deux personnages dont le désaccord, s’il était trop visible, pouvait facilement me conduire au cabanon. Ma voix, qui n’avait pas changé, mon écriture, mes habitudes, mes relations, certaines façons de sentir et de réagir étaient autant de pièges à redouter. Je devais autant que possible me façonner une personnalité qui parût ajustée à mon nouveau visage.

Je me livrais à ces réflexions dans l’arrière-salle d’un petit café proche de l’église Saint-Roch. Après m’avoir servi, le garçon me laissa seul et, tout à loisir, je pus m’examiner dans la glace. Il n’y avait pas un trait, dans mon nouveau visage, qui rappelât l’ancien. Je pris l’une des photos d’identité pour apprécier plus exactement ma transformation. Il me fallut convenir que j’avais beaucoup gagné en jeunesse et en séduction. Je me voyais maintenant sous l’aspect d’un homme de trente ans tout au plus, au visage fin et gracieux, d’un dessin noble, d’un modelé à la fois ferme et fondu, propre aux personnes bien nourries et d’une vie élégante, et qui fait ordinairement grande impression sur les femmes.

 

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Mes yeux, d’un gris bleu très clair, avaient un éclat d’une douceur charmante et mes cheveux, autrefois noirs, étaient devenus châtains et, il me sembla, plus fournis et plus souples. Il ne restait rien de mon vrai visage, pas même une expression et ce ne fut pas le moindre de mes étonnements. Une expression n’est après tout que le reflet d’un état de conscience dont le visage se fait l’interprète.

J’étais agenouillé sur la banquette, ma photo à la main et le nez contre la glace, effaçant parfois la buée qu’y déposait mon haleine. Tout en mesurant l’étendue de mon malheur, j’y trouvais un adoucissement relatif en songeant qu’au lieu d’être embelli, j’aurais pu être affligé d’une trogne repoussante ou aussi bien d’une tête d’âne, comme il arrive dans Le Songe d’une Nuit d’Été. J’en vins à considérer mon ancien visage avec une sympathie presque apitoyée. Cette large face écrasée que j’observais sur la photo, cette mâchoire et ce nez de bouledogue, plissés, renfrognés, ces petits yeux noirs enfoncés au regard vif et méfiant, je ne les avais jamais vus avec autant de liberté. Ce portrait, qui n’était plus

 

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le mien, je le regardais un peu comme celui d’un ami absent, avec le recul de la séparation, et mon caractère, mon attitude dans la vie, m’apparaissaient soudain en gros traits qui n’étaient pas tous flatteurs. Je découvrais ou croyais découvrir sous leur vrai jour ce souci constant d’équité qui me rendait souvent mesquin et injuste, ma peur d’être dupe qui tournait à une espèce de suffisance agressive, un besoin vaniteux d’éprouver mon autorité sur les gens de mon entourage, certaine soumission trop empressée à l’argent, au pouvoir, à l’idée que l’inégalité des conditions est le ressort du monde, et aussi un robuste sentiment du devoir, de l’honnêteté considérée comme un placement, un dévouement fidèle à mes affections, une réelle générosité qui eût été plus agissante si elle n’avait été tempérée par une trop grande méfiance. Ces travers et ces qualités, inscrits sur mon ancien visage, je les sentais encore remuer en moi, mais déjà différents, ayant perdu en partie la convergence et la solidarité qui en faisaient une synthèse et conféraient à l’ensemble une individualité. C’était comme si un élément

 

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directeur leur eût manqué tout d’un coup. Il me semble qu’un visage ne soit pas seulement un miroir reflétant nos pensées et nos sentiments, mais qu’il réagisse lui-même sur ceux-ci et se compose avec eux. Chacun sait, par exemple, ce que le caractère d’une femme peut devoir à l’idée qu’elle a de sa beauté. Nous vivons presque constamment avec une certaine vision de nous-mêmes. Pour moi, lorsqu’un cas de conscience me fait hésiter, mon visage m’apparaît comme un assesseur sévère et je ne prends une détermination qu’après la lui avoir soumise ou plutôt m’être assuré qu’elle lui « va », un peu comme si je lui essayais un chapeau. Du moins en était-il ainsi autrefois.

Je me concentrais sur ces problèmes de correspondance, comme si rien n’eût été plus important pour moi dans un pareil moment. Mais c’était une feinte, un parti pris de procéder par paliers et de n’entrer que peu à peu dans mon malheur en réservant les points les plus douloureux. Surtout, j’écartais farouchement la pensée de ma femme et de mes enfants. J’aurais voulu, pour y échapper, m’anéantir dans une peur

 

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religieuse de l’absurde, mais je n’avais plus qu’une peur bien humaine, celle d’un avenir immédiat dont la perspective me tordait le cœur. Je finis par m’asseoir sur la banquette pour ne plus voir mon visage et j’essayai encore de rêver qu’il ne m’était rien arrivé, mais malgré moi, je me posais la question, je la formulais : ce soir, dans quelques heures, je devais rentrer chez moi, embrasser ma femme, ma fille, mon fils. Qu’allais-je faire ? expliquer à ma femme que j’avais changé de visage ? impossible. Pour accepter une telle fable, il aurait fallu qu’elle eût l’esprit dérangé. À vrai dire, sa crédulité aurait été moins surprenante que ma métamorphose, mais je ne m’arrêtai pas à cette idée. Au fond, j’étais pénétré du caractère accidentel de l’absurde. Après avoir fourni à la réalité un départ sur des données nouvelles, il s’effaçait discrètement. Cette conviction, gratuite, était encore une exigence de ma raison qui, pourtant, venait d’être contrainte d’admettre l’inadmissible.

Je sortis à trois heures un quart sans avoir rien arrêté. Il n’était pas trop tard pour mon rendez-

 

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vous de trois heures, mais le moyen de me présenter à un client qui me connaissait déjà ?

Machinalement, je dirigeai mes pas vers la rue du Quatre-Septembre où se trouvait mon bureau. Chemin faisant, l’idée me vint que ma métamorphose me dépossédait de l’affaire que j’avais fondée et qui me faisait vivre. Elle n’existait que par moi, par la confiance, le crédit que certains individus et certains milieux accordaient à ma personne. Courtier en publicité, les hasards de ma profession m’avaient mis un jour en rapport avec des importateurs de métaux et j’avais été amené ainsi à annexer à ma première affaire un bureau de vente d’étain et de plomb, qui devait finir par absorber le principal de mon activité. La mise en train de cet office de vente m’avait donné beaucoup de mal et, quoique satisfait des premiers résultats, j’étais en droit d’espérer davantage, pour un avenir proche. Tout finissait soudain.

J’arrivai en vue de l’immeuble où était mon bureau, mais qu’avais-je à y faire désormais ? Ma secrétaire m’y eût accueilli comme un étranger.

 

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Je passai devant la porte en jetant un coup d’œil timide vers l’entrée et je poursuivis mon chemin vers la Bourse. Ainsi mon nouveau visage s’interposait entre ma vie et moi comme un mur aveugle. Je le savais déjà, mais l’épreuve de la réalité familière me rendit l’évidence plus sensible, plus agressive, et me jeta dans un accès de rage. Je me révoltai, refusant de tout abandonner et de me laisser emmurer vivant. Il n’y a pas de prison d’où l’on ne puisse s’échapper et j’étais prêt à tout risquer. J’avais besoin de lutter, même sans espoir.

Il semblait que la colère m’eût tout d’un coup aiguisé les esprits. Certes, ma situation restait ce qu’elle était, mais j’entrevoyais certaines possibilités de me survivre discrètement, de durer peut-être quelque temps sous mon nom et sous ma raison sociale, sans rien laisser soupçonner de ce qui venait de m’arriver. Je revins sur mes pas, décidé à pénétrer dans mon bureau.

 

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