L’accélération de l’histoire - Des Lumières à l’Anthropocène
5. Trois régimes d’historicité concurrents ?
Qu’on raisonne en termes de faille, de symptôme ou de dette, il semble
que certains phénomènes résistent à l’analyse et échappent à la lecture globalisante du présentisme, en particulier, pour ce qui est du rapport au passé, le devoir de mémoire et, pour l’avenir, l’éthique de la responsabilité
qui inspire les débats actuels sur le réchauffement climatique 94. Ces attitudes ne cherchent pas à étendre l’emprise du présent, ou à utiliser le passé et le futur au service du présent, même si, bien entendu, elles peuvent parfois donner lieu à des récupérations présentistes. C’est plutôt la logique politique et économique du court terme, à laquelle l’éthique de la responsabilité s’oppose frontalement, qui peut illustrer la force du présentisme aujourd’hui. On trouve ici un critère normatif possible pour critiquer les stratégies présentistes, en tant qu’elles confisquent leur avenir
aux générations présentes et futures 95 (stratégies dont le principe serait : « Après moi, le déluge »). D’une manière plus générale, ce sont toutes les catégories de responsabilité, de précaution, de patrimoine, de mémoire et de commémoration qui peuvent jouer pour ou contre le présentisme, en fonction des contextes et des cas étudiés. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à cette catégorie, qui a une valeur heuristique indéniable pour le monde contemporain. En particulier, le présentisme est un outil conceptuel fécond pour mettre en perspective la tyrannie de l’instant, l’obsession du temps, pour décrire l’hégémonie des normes sociales qui survalorisent le présent et le court terme, telles que la vitesse, l’accélération ou l’urgence,
l’« un des mots clés du présentisme 96 ». Jeffrey Andrew Barash donne d’autres exemples qui montrent comment le présentisme saisit des tendances significatives de notre temps. Cette catégorie rend compte du fait que « les différentes formes de progrès, qu’elles soient économiques, techniques ou scientifiques, dépendent d’un processus constant de mise à jour, dans lequel ce qui n’est pas conforme aux normes les plus récentes est
mis de côté comme obsolète 97 » – ce qu’on pourrait appeler la dialectique permanente de l’obsolescence et de l’actualisation. Une autre tendance présentiste des sociétés occidentales est incarnée par les médias de masse, qui privilégient le présent immédiat et ne considèrent le passé que submergé sous les préoccupations de ce présent. Le culte de l’actualité est aussi une forme de présentisme, dont on ne peut méconnaître l’importance. Cependant, Barash ajoute à juste titre que cette catégorie « est trop générale pour tenir compte de la diversité des perspectives sociologiques dans nos
sociétés de masse contemporaines 98 ». Elle laisse passer hors des mailles de son filet d’autres tendances, comme l’intérêt nostalgique pour la tradition qu’on observe également dans les médias de masse, et qui ne correspond pas au présentisme.
Il ne s’agit donc pas de rejeter en bloc le présentisme, mais d’en limiter
les domaines d’application, c’est-à-dire de ne pas en faire une catégorie totale qu’on poserait au départ comme le régime actuel d’historicité, même à titre d’hypothèse, et qu’il faudrait ensuite tester dans sa dimension « pleine » ou « par défaut ». Pourquoi ne pas considérer que la modernité donne lieu à plusieurs expériences du temps, à plusieurs régimes d’historicité qui sont parfois en tension les uns avec les autres ? L’opposition entre le présentisme et la responsabilité envers les générations futures a été citée à l’appui de cette proposition. En ce qui concerne la relation au passé, on peut évoquer les thèses « Sur le concept d’histoire » de Walter Benjamin. Hartog mentionne cette figure emblématique du XX e siècle, tout en soulignant que sa pensée de l’histoire n’entre pas dans sa
typologie des régimes d’historicité : « Homme de la brèche du temps, du présent assurément, mais en aucun cas du présentisme, son aura n’a cessé de grandir, justement, depuis que le régime moderne d’historicité s’est trouvé mis en question. Du passé, il ne fait nullement table rase, tout en
formulant une pensée de la révolution 99. » Comme on va le voir dans le prochain chapitre, le concept de « remémoration » (Eingedenken) de Benjamin, plus encore que son eschatologie révolutionnaire, offre un exemple de rapport au temps historique qui n’est pas de l’ordre du présentisme.
Dans la suite de ce livre, je vais développer l’hypothèse qu’à côté du
régime présentiste il est possible d’identifier aujourd’hui au moins trois autres régimes d’historicité concurrents. Les deux premiers sont des formes renouvelées des régimes précédents, le passéisme et le futurisme, qui n’ont pas disparu mais se sont modifiés lors de leur passage dans la modernité. Loin d’avoir été totalement évincé par le régime moderne d’historicité, le passéisme, fondé sur le topos de l’historia magistra vitae, le rôle d’exemple de l’histoire « maîtresse de vie », a perduré, au prix de maintes transformations, tout au long du e e XIX et du XX siècle, où il s’est traduit par
les nombreux usages pratiques du passé qu’on observe sur cette période et qui sont toujours d’actualité. Au e XIX siècle, l’accélération de l’histoire,
dans ses aspects économique et technologique, a scindé le futurisme en deux sous-régimes opposés : contre le culte du progrès, les utopies sociales ont affirmé une autre relation au temps et à l’avenir, dont on trouve plusieurs résurgences aujourd’hui. Parallèlement à cette évolution, on peut considérer le concept d’Anthropocène, apparu au début des années 2000, comme l’expression d’un régime d’historicité totalement inédit, qui est né d’une nouvelle phase d’accélération de la modernité : la « Grande Accélération ». L’utopie, le rêve d’un monde meilleur, côtoie désormais
l’« eutopie 100 », le souci de préserver la planète afin qu’elle reste dans le futur un lieu de vie, un espace habitable pour l’humanité et les autres espèces. Dans ce contexte, le souci de l’avenir n’a pas le sens heideggerien,
ontologique, d’un souci de soi 101, il nomme une préoccupation, une responsabilité qui est également, et peut-être le plus souvent, un souci des autres. Ces trois régimes d’historicité – rapport pratique au passé, relation utopique à l’avenir et Anthropocène – ne sont pas réductibles aux anciens modèles du passéisme et du futurisme. Il n’y a par ailleurs aucune raison de considérer qu’ils sont de simples réactions au présentisme, encore moins des produits dérivés de celui-ci : ils coexistent avec lui sous une forme plus ou moins conflictuelle. Ce point de vue s’accorde pleinement avec la thèse de Koselleck d’un temps historique pluriel et stratifié. Il me semble également compatible avec les analyses proposées par Hartog, qui autorisent une grille d’interprétation de la modernité où cohabitent plusieurs régimes d’historicité, puisqu’on a vu qu’il insiste sur la diversité – diachronique et synchronique – des régimes qui peuvent être requis, à des
degrés variables, dans la lecture d’une même époque 102. Si l’on résiste à la tentation de résumer le spectre de ses significations en un seul concept global, de réduire sa polychronie à un seul régime dominant, censé en livrer la clé, on découvre ainsi une modernité plurielle, potentiellement agonistique, structurée selon une multiplicité de régimes de temporalité et d’historicité en harmonie ou en tension les uns avec les autres. Telle est en tous les cas l’hypothèse avancée en conclusion de ce chapitre. Charge à nous maintenant de l’instruire, en faisant ressortir le mieux possible les nuances de cette polychronie.
1. Auquel nous empruntons la formule qui donne le titre à ce chapitre (P. Nora,
« Difficile enseignement de l’histoire », p. 5).
2. H. Lübbe, « The Contraction of the Present », p. 159. Voir aussi Id., Im Zug der Zeit.
Verkürzter Aufenthalt in der Gegenwart, Heidelberg, Springer, 1992.
3. Hans Ulrich Gumbrecht, Our Broad Present : Time and Contemporary Culture, New
York, Columbia University Press, 2014.
4. Jérôme Baschet, Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs
inédits, Paris, La Découverte, 2018, p. 6.
5. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 92-107, 137 et 205.
6. Il a été traduit dans de nombreuses langues, dernièrement en anglais chez Columbia
University Press (2015).
7. François Hartog, « Marshall Sahlins et l’anthropologie de l’histoire », Annales ESC,
n o 38/6, 1983, p. 1256-1263.
8. François Hartog et Gérard Lenclud, « Régimes d’historicité », in Alexandre Dutu et
Norbert Dodille (dir.), L’État des lieux des sciences sociales, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 18-38.
9. Cf. le titre de la préface de François Hartog à l’édition de poche de Régimes
d’historicité (Paris, Seuil, coll. « Points histoire », 2012, p. 11) : « Présentisme plein ou par défaut ? ».
10. Chris Lorenz et Berber Bevernage (dir.), Breaking up Time. Negotiating the Borders
between Present, Past and Future, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2013. Dans leur introduction, Lorenz et Bevernage notent qu’« étonnamment, cependant, très peu d’[historiens] ont étudié en profondeur la question du temps historique » (p. 7). Ils mentionnent en particulier (par ordre chronologique) Reinhart Koselleck, Krzysztof Pomian, David Carr, Lucian Hölscher, Jörn Rüsen, François Hartog, etc.
11. C. Lorenz et B. Bevernage, « Introduction », ibid., p. 9.
12 o . Claude Lévi-Strauss, « Histoire et ethnologie », Annales ESC , n 38/6, 1983, p. 1218,
cité par F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 34.
13. Claude Lefort, « Société “sans histoire” et Historicité », Cahiers internationaux de
Sociologie o , n 12, 1952, p. 104.
14. Cf. Marshall Sahlins, Des îles dans l’histoire, trad. sous la direction de Jacques Revel,
Paris, Gallimard/Le Seuil, 1989. Pour la recension de F. Hartog, cf. supra, note 7.
15. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 40-43.
16. Marshall Sahlins, « Other Times, Other Customs : The Anthropology of History »,
American Anthropologist o , n 85/3, 1983, p. 517-544.
17. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 118.
18. Dans son dernier livre, Chronos. L’Occident aux prises avec le Temps (Paris,
Gallimard, 2020), François Hartog a étudié en détail la formation, l’expansion et le reflux du « régime chrétien d’historicité », en lequel il voit un « présentisme de type apocalyptique » (p. 15).
19. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 21 et 160.
20. Ibid., p. 22.
21. R. Koselleck, « Champ d’expérience et horizon d’attente : deux catégories
historiques », in Le Futur passé, p. 307-329.
22. Ibid., p. 311.
23. Ibid., p. 315.
24. Cf. R. Koselleck, « “Historia magistra vitae”. De la dissolution du “topos” dans
l’histoire moderne en mouvement », in ibid., p. 37-62, et F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 85.
25. F. Hartog, ibid., p. 218. On peut entériner le diagnostic d’épuisement du régime
moderne d’historicité tendu vers l’avenir sans forcément adopter celui du présentisme
et la critique de la « culture mémorielle » qui l’accompagne. Voir Aleida Assmann (à laquelle j’ai emprunté la métaphore shakespearienne du temps « out of joints »), Ist die Zeit aus den Fugen ? Aufstieg und Fall des Zeitregimes der Moderne, Munich, Carl Hanser Verlag, 2013.
26. F. Hartog, « Présentisme plein ou par défaut ? », p. 15. Voir aussi Id., « The Modern
Regime of Historicity in the Face of the Two World Wars », in C. Lorenz et B. Bevernage (dir.), Breaking up Time, p. 124 : « Cette notion [le régime d’historicité], telle que je l’ai esquissée, intervient, en effet, après les faits ; c’est un artefact et elle fonctionne sur le mode d’un idéal-type. »
27. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 19-20.
28. Ibid., p. 20.
29. François Hartog, « Sur la notion de régime d’historicité. Entretien avec François
Hartog », in Christian Delacroix, François Dosse et Patrick Garcia (dir.), Historicités, Paris, La Découverte, 2009, p. 142.
30. Id., Régimes d’historicité, p. 11 et 118.
31. Krzysztof Pomian, L’Ordre du temps, Paris, Gallimard, 1984.
32. P. Ricœur, La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, p. 198.
33. François Hartog, « Présentisme et émancipation », entretien avec Sophie Wahnich et
Pierre Zaoui, o Vacarmes , n 53, 2010 (<https://vacarme.org/article1953.html>) : « Et à cet égard Mai 68 est peut-être un tournant plus fort du passage du futurisme au présentisme. Car il y avait encore la perspective révolutionnaire, mais avec cet élément contradictoire du “tout, tout de suite”. Et cela c’était déjà du présentisme, certes pétillant, où tout paraît encore possible, mais qui rompt avec les régimes d’historicité précédents. » J’évoquerai par la suite une lecture différente de Mai 68,
centrée sur la notion d’utopie, au chapitre V (section 4).
34. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 21.
35. Ibid., p. 116.
36. Ibid., p. 119.
37. Ibid., p. 151.
38. Ibid., p. 49.
39. Cf. R. Koselleck, Zeitschichten, p. 9 : l’histoire (Geschichte) est un ensemble de
strates temporelles (Zeitschichten), qui « tout comme leur modèle géologique, se réfèrent à divers niveaux temporels de durée et d’origine diverses, qui pourtant existent toujours et sont effectifs simultanément ».
40. Roger Chartier, « Lire Hartog. Une tétralogie et trois questions », L’Atelier du Centre
de recherches historiques o , n 14, 2015, p. 8 ; accessible en ligne :
<https://journals.openedition.org/acrh/6612>.
41. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 153.
42. Elle serait le « principal opérateur du présentisme » (F. Hartog, Chronos, p. 300).
43. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 125. Hartog se réfère ici aux travaux de Luc
Boltanski et Ève Chiapello sur Le Nouvel Esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.
44. J. Baschet, Défaire la tyrannie du présent, p. 173-174.
45. Zaki Laïdi, Le Sacre du présent, Paris, Flammarion, 2000.
46. Cf. Chris Lorenz, « Out of Time ? Some Critical Reflections on François Hartog’s
Presentism », in Marek Tamm et Laurent Olivier (dir.), Rethinking Historical Time. New Approaches to Presentism, New York, Bloomsbury, 2019, p. 23-42.
47. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 216.
48. Ce point a été aussi relevé par C. Lorenz, « Out of Time ? », p. 29.
49. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 26.
50. Deborah Blocker et Élie Haddad, « Le présent comme inquiétude : temporalités,
écritures du temps et actions historiographiques », Revue d’histoire moderne et contemporaine, o 2006/3, n 53, p. 169.
51. F. Hartog, « Présentisme plein ou par défaut ? », p. 16.
52. Ibid., p. 13.
53. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 121, 125, 132 et 200.
54. Ibid., p. 217.
55. Ibid., p. 126.
56. François Hartog, « Historicité/régime d’historicité », in Christian Delacroix, François
Dosse, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.), Historiographies, II. Concepts et débats, Paris, Gallimard, 2010, p. 770.
57. Id., Régimes d’historicité, p. 126.
58. Ibid., p. 137. Hartog cite Jules Thiénot, Rapport sur les études historiques, Paris,
Imprimerie impériale, 1868, p. 356.
59. Ibid., p. 127.
60. Ibid., p. 128.
61. Allan Megill, Historical Knowledge, Historical Error : A Contemporary Guide to
Practice, Chicago, The University of Chicago Press, 2007, p. 32-33.
62. F. Hartog, « Historicité/régime d’historicité », p. 770.
63. P. Nora, « Entre mémoire et histoire », p. XXIV : les lieux de mémoire sont comme
« ces coquilles sur le rivage quand se retire la mer de la mémoire vivante » (cité par F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 139).
64. F. Hartog, ibid., p. 137.
65. Ibid., p. 138. Hartog ajoute : « importe, avant tout, pour l’analyse de l’aujourd’hui sa
valeur contrastive ».
66. Cf. Kenan Van De Mieroop, « The “Age of Commemoration” as a Narrative
Construct : A Critique of the Discourse on the Contemporary Crisis of Memory in France », o Rethinking History , n 20/2, 2016, p. 187 : « Contrairement à Nora, Hartog admet volontiers que ses “régimes d’historicité” sont “construits par l’historien” et ne sont pas une “réalité donnée”. Mais la qualification minutieuse qu’a faite Hartog de ses propres catégories d’analyse contraste avec son adoption relativement peu critique de la conception historique de la mémoire de Nora. »
67 o . Pierre Nora, « Pour une histoire au second degré », Le Débat , n 122, 2002, p. 27, et
F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 138.
68. F. Hartog, ibid., p. 140, 159, 163 et 204.
69. Cf. P. Nora, « L’ère de la commémoration », p. 977-1012.
70. Ibid., p. 989, et F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 133.
71. P. Nora, « L’ère de la commémoration », p. 984-985.
72. Cf. Patrick Garcia, Le Bicentenaire de la Révolution française. Pratiques sociales
d’une commémoration, Paris, CNRS Éditions, 2000.
73. François Hartog l’évoque à la fin de l’ouvrage dans une note, à propos du discours de
Jacques Chirac du 16 juillet 1995, qui avait introduit la notion de « dette imprescriptible » (Régimes d’historicité, p. 251, note 30).
74. Cf. F. Hartog, ibid., p. 18.
75. H. Rousso, La Dernière Catastrophe, p. 201-202.
76. Patrick Garcia, « “Il y avait une fois la France”. Le Président et l’histoire de France
(1958-2007) », in C. Delacroix, F. Dosse et P. Garcia (dir.), Historicités, p. 189. Cela vaut aussi pour François Hollande et surtout Emmanuel Macron, qui aime à évoquer, dans ses nombreux discours d’hommage, la « grandeur » et les « héros » du passé.
77. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 131.
78. Ibid., p. 132.
79. Cité par François Hartog, ibid., p. 122 et 217.
80. Ibid., p. 28, je souligne.
81. Ibid., p. 200, je souligne.
82. Ibid., p. 206. Voir aussi p. 159 : « Mais le présent contemporain et le présentisme qui
l’accompagne se sont révélés difficilement tenables. Si bien que la demande de mémoire peut s’interpréter comme une expression de cette crise de notre rapport au temps ainsi qu’une façon de chercher à y répondre. »
83. Cf. F. Hartog, « Présentisme et émancipation » : « Mais le présentisme est une éponge,
il récupère tout. »
84. Id., Régimes d’historicité, p. 206.
85. Ibid., p. 212.
86. Ibid., p. 216.
87. Ibid.
88. Voir P. Ricœur, La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, p. 108 : « Le devoir de mémoire est le
devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi. […] le moment est venu de faire intervenir un concept nouveau, celui de dette, qu’il importe de ne pas refermer sur celui de culpabilité. L’idée de dette est inséparable de celle d’héritage. Nous sommes redevables à ceux qui nous ont précédés d’une part de ce que nous sommes. »
89. P. Nora, « L’histoire au second degré. Réponse à Paul Ricœur », p. 411.
90. H. Jonas, Le Principe responsabilité, p. 88.
91. C. Lorenz, « Unstuck in Time. Or the Sudden Presence of the Past », in Karin
Tilmans, Frank van Vree et Jay Winter (dir.), Performing the Past. Memory, History and Identity in Modern Europe, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2010, p. 83.
92. Ibid., p. 70.
93. Comme le note K. Van De Mieroop, « The “Age of Commemoration” as a Narrative
Construct », p. 187.
94. Cf. Denis G. Arnold (dir.), The Ethics of Global Climate Change, Cambridge/New
York, The Cambridge University Press, 2011.
95. Selon l’expression de Daniel Innerarity, Le Futur et ses ennemis. De la confiscation de
l’avenir à l’espérance politique, trad. Serge Champeau et Éric Marquer, Paris, Climats, 2008.
96. F. Hartog, Chronos, p. 279.
97. Cf. Jeffrey Andrew Barash, Collective Memory and the Historical Past, Chicago, The
University of Chicago Press, 2016, p. 122-123.
98. Ibid., p. 123.
99. F. Hartog, Régimes d’historicité, p. 143.
100. Je reviendrai sur ce concept dans les deux derniers chapitres.
101. Cf. Martin Heidegger, Être et temps, § 41, « L’être du Dasein comme souci ».
102. Dans Chronos, François Hartog a d’ailleurs accentué cette approche plurielle,
puisqu’il souligne que le temps inédit de l’Anthropocène a fait « éclater la bulle présentiste » (p. 297) en une multiplicité de temporalités « à jamais incommensurables les unes avec les autres et qui, pourtant, ne peuvent être tenues séparées » (p. 311).
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