Le Duc Galant

Darcy Burke · Chapitre 20 sur 20

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Le Duc Galant

Épilogue

 

 

Nous marchons dans le jardin, les mains entrelacées,

Ton amour m’appartient, entouré de beauté.

Nous ne faisons plus qu’un, ma chère, toi et moi,

Plus aucun au revoir, rien ne nous séparera.

 

-Le marquis de Northam à son épouse le jour de leur mariage

 

Devon, août 1818

 

— ont-ils déjà revenus ? demanda Rachel, la belle-mère de Beck, S

en le rejoignant dans le jardin.

Il posa sa guitare et l’appuya contre le banc où il était assis. Se levant, il scruta le sentier qui menait à la plage, à plus d’un kilomètre de là.

— Non.

Lavinia et George étaient partis à la recherche de fossiles, l’un de leurs passe-temps favoris par une belle journée d’été comme aujourd’hui. Le fait que George préfère la géologie à l’apprentissage de la guitare n’était qu’un des nombreux exemples de batailles qu’elle avait gagnées.

Beck sourit intérieurement. Sa femme était redoutable et extraordinaire.

— Pourquoi souris-tu ? s’enquit Rachel.

— Je pensais à ma femme, et à George.

Sa belle-mère le regarda de derrière le large bord de son chapeau.

— Tu as bien changé depuis ton mariage. Lavinia t’a fait du bien.

— Étais-je brutal avant ? demanda-t-il, feignant d’être offensé.

Elle rit doucement.

— Bien sûr que non. Tu sembles simplement plus… posé.

Oui, c’était un bon mot pour le décrire. Il souffrait toujours d’humeurs noires, mais elles étaient beaucoup moins envahissantes. Il les traversait et retrouvait le chemin vers la lumière. Et oui, il en attribuait le mérite à Lavinia.

Elle l’avait accompagné lors du procès particulièrement horrible de Haywood, au cours duquel avait témoigné l’une des autres femmes à qui il avait donné de la menthe pouliot, Lady Kipp-Landon. En larmes, celle-ci avait avoué qu’il l’avait mise enceinte et avait insisté pour qu’elle prenne l’herbe pour s’en débarrasser. Elle n’en avait pas eu besoin, car elle avait fini par faire une fausse couche. Mais son témoignage avait scellé le destin de l’homme, qui était actuellement en route pour l’Australie. S’il survivait au voyage, il passerait probablement le reste de sa vie à l’autre bout du monde.

Haywood avait imploré qu’on lui fasse grâce, et même Beck s’était laissé fléchir. Un jour, il avait vu la femme et les enfants de cet homme et s’était senti terriblement affecté par leur perte. Lavinia avait eu raison de dire que tuer Haywood l’aurait anéanti. Le simple fait de savoir qu’il ne reverrait jamais sa famille avait failli mener au même résultat.

Après le procès, Lady Kipp-Landon s’était excusée auprès de Beck d’avoir tourmenté Helen. Lorsqu’il lui avait demandé pourquoi elle et Lady Abercrombie, qui s’était retirée de la société pour le reste de la saison, avaient pris Helen pour cible et pourquoi elles lui avaient suggéré de se suicider, elle avait craqué et expliqué que c’était à cause de Haywood. Lady Kipp-Landon était amoureuse de lui, et elle voulait écarter toutes les autres femmes auxquelles il accordait de l’attention.

S’il avait voulu connaître la vérité, Beck ne pouvait pas dire qu’il était satisfait. Cette situation était tout simplement triste. Pourtant, avec l’aide de Lavinia, il avait trouvé le courage de laisser les ténèbres s’évanouir.

Apparemment, le pardon n’était pas une chose que l’on accordait à quelqu’un, mais un cadeau que l’on s’offrait à soi-même. Il s’était senti libre après l’avoir fait.

— George l’aime énormément, dit Rachel, les yeux rivés sur le sentier au moment où Lavinia et son fils arrivaient. Les voilà.

Elle se tourna vers son beau-fils.

— Moi aussi, je l’aime bien.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Lavinia était gentille, généreuse, drôle et terriblement intelligente. Dans les faits, elle avait pris en charge les cours de sciences de George. Lorsqu’il retournerait à l’école, il en saurait plus que la plupart de ses camarades.

Quelques instants plus tard, George et Lavinia entrèrent dans le jardin, et le garçon portait un panier contenant les trésors du jour.

— Avez-vous faim pour le déjeuner ? leur cria Rachel.

— Je suis affamé ! répondit George.

Il tendit le panier à Lavinia, puis se mit à courir vers la maison.

Rachel éclata de rire.

— On se voit à l’intérieur.

Lavinia s’approcha de Beck et l’embrassa, ses lèvres s’attardant sur les siennes.

— Tu as le goût du sel et du vent, lui dit-il, respirant son parfum. Et tu sens la perfection.

Elle plissa le nez.

— Et qu’est-ce que ça sent ?

Riant, il jeta un coup d’œil dans le panier.

— Je vais devoir te construire une deuxième bibliothèque.

— C’est absurde, la bibliothèque de Waverly Court est immense. Je pourrais ramasser des fossiles tous les jours jusqu’à la fin de ma vie sans jamais la remplir.

— Oui, mais si tu y ajoutes des roches des Hébrides extérieures ?

Elle leva le nez vers lui, les yeux écarquillés.

— Est-ce que nous y allons ?

Il hocha la tête.

— Dans quinze jours, si cela te convient.

Elle déposa le panier sur le banc à côté de sa guitare et passa les bras autour de son cou.

— Oh, que oui ! s’exclama-t-elle.

Puis elle embrassa le côté de son visage, près de son oreille, et murmura :

— Merci, Beck.

Il l’entoura de ses bras et posa une main sur son cou pour l’embrasser. Le temps et l’espace cessèrent d’exister alors qu’il se perdait dans son étreinte, et il se passa un certain temps avant qu’elle ne détache ses lèvres des siennes.

— Nous devrions aller déjeuner, dit-elle.

— Ou je pourrais te prendre avec passion, juste ici.

— Ils peuvent nous voir depuis la maison, répondit-elle, et il entendit son sourire dans sa voix.

— T’ai-je déjà dit que tu étais parfois trop raisonnable ?

— Souvent.

— Après le déjeuner, pourrais-je te prendre avec passion ? Je te laisserai même choisir le lieu.

— Comment pourrais-je refuser une demande aussi polie ? Tu es toujours tellement poli !

— Toujours ? Qu’en est-il de la fois où j’ai déchiré ta chemise de nuit ? Ou quand je t’ai surprise dans le bain ?

— Tu as tout de même réussi à rendre ces occasions charmantes.

— Mmmh… Peut-être devrais-je écrire une ode à la marquise raisonnable et à son mari poli.

— Bonté divine ! Ils ont l’air terriblement ennuyeux !

Il baissa les yeux sur elle et lui adressa un sourire sensuel.

— Je les rendrai passionnants. Tu voudrais bien me donner quelques idées ?

— Oh, oui ! Après le déjeuner. Dans la bibliothèque, je pense, proposa-t-elle, baissant les paupières d’un air séducteur. Tu pourrais m’aider à ranger mes nouveaux trésors.

— C’est ainsi que tu appelles ça ?

Elle déposa un autre baiser sur ses lèvres, puis se détournant de lui, elle ramassa le panier et repartit vers la maison. Elle jeta un œil par-dessus son épaule.

— Tu viens ?

— Pas encore, mais je le ferai après le déjeuner.

Il prit sa guitare tandis qu’elle riait du sous-entendu.

Lorsqu’il la rattrapa, elle passa son bras dans le sien et leva les yeux vers lui.

— Je t’aime tellement, mon poète fou, mais tellement poli.

Il contempla son visage adoré. Il éprouvait tant de sentiments qu’il se demandait comment il avait pu y avoir un vide en lui, mais il avait existé. Jusqu’à elle.

— Et je t’aime, ma scientifique raisonnable et impatiente. Aussi longtemps que la terre vivra.

Les yeux de Lavinia étaient remplis d’amour.

— Et pour l’éternité.

 

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vieil ami. Il n’y aura sûrement jamais d’étincelles entre eux…

 

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