L’ennemie du Milliardaire (French Edition)

Julia Malone · Chapitre 14 sur 27

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L’ennemie du Milliardaire (French Edition)

Chapitre 14

Lizzie

Mon souffle se coupe. Comment en suis-je arrivée là ? Un instant, je sors de la douche, épuisée de ma journée et ne rêvant que de dormir. L’autre, je suis allongée sur mon lit de fortune, avec cet homme qui me déteste entre mes jambes.

J’ai beau essayer de me rappeler nos échanges, je suis incapable de savoir ce qui a été le déclencheur. Comment pourrais-je y parvenir, alors que sa bouche embrasse l’intérieur de mes cuisses ?

Je ferme les yeux, savourant chacun de ses baisers délicats. Sa barbe de trois jours enflamme ma peau de la plus érotique des manières. Je ne peux m’empêcher de me cambrer, espérant le convaincre de venir poser ses lèvres sur mon intimité palpitante. J’ai envie de lui. Maintenant.

Mais mon impatience ne fait que renforcer son désir de jouer. À chaque mouvement que je fais pour l’inciter à se rapprocher, il s’éloigne, redescendant vers mes genoux, comme s’ils avaient le moindre intérêt.

Je couine presque de frustration quand l’homme se retire, me faisant languir un peu plus. Bientôt, il se retrouve au-dessus de moi. Je me sens soudain petite face à lui. Et pourtant, je n’ai pas peur. Au contraire. Je veux me perdre dans ses bras. Qu’il m’engloutisse toute entière.

Je pousse un hoquet de surprise alors que ses mains s’attaquent à mon peignoir, me l’enlevant. Pendant un instant, il ne bouge plus, observant ma poitrine avec intérêt. J’en rougis presque. Je crois que personne ne m’a jamais regardée avec autant d’intensité.

Andrew se penche sur moi, capturant de nouveau mes lèvres. Ses doigts glissent sur ma peau désormais à nue, remontant vers mes seins sans jamais les toucher. À la place, c’est sa bouche qui y va. Lentement, comme pour me rendre folle.

Il embrasse d’abord mon cou, me faisant frissonner. Puis, il suit une ligne droite sur mon torse. Ce n’est qu’après ce qui me semble d’interminables minutes qu’il referme enfin ses lèvres sur l’un de mes tétons pointés.

Je gémis et me cambre, l’encourageant à aller plus vite. Mais il m’ignore totalement, gardant à son rythme, passant d’un sein à l’autre, caressant distraitement mon corps. Je me mords l'intérieur de la joue pour m’empêcher de parler. Je crois bien que je serais capable de le supplier, s’il venait à continuer comme ça.

Et ça, il n’en est pas question. J’ai ma fierté, et je n’oublie pas qui il est. Ce n’est pas parce que je couche avec lui que ça doit changer les choses entre nous. Je ne fais qu’indulger mes désirs les plus profonds. Je suis en manque, et Andrew est séduisant. C’est tout.

Ma respiration se coupe alors qu’il recommence à descendre sur mon corps, s’approchant de plus en plus de ma zone la plus sensible. Je fais tout mon possible pour ne pas bouger. Si je montre le moindre signe d’impatience, il me le fera payer.

Un long soupir s’échappe de ma gorge alors que sa bouche se pose enfin entre mes jambes. Il commence doucement, pinçant mon bouton de nerfs avec ses lèvres charnues. Puis, il finit par perdre patience.

Sa langue semble partout à la fois, me faisant trembler de plaisir. Je crois que c’est la première fois qu’un homme descend comme ça sur moi, sans que j'aie besoin de lui demander. C’est surtout la première fois que je trouve cela aussi bon. D’habitude, il y a toujours cette gêne dont je n’arrive pas à me défaire. Comme si je m’en voulais de prendre du plaisir seule.

Mais ici, c’est tout le contraire. Il n’y a aucune malaise, aucune sensation désagréable. Que du plaisir. Je m'abandonne contre sa bouche. L’une de ses mains s’est enroulée autour de ma cuisse pour la garder ouverte, alors que son autre bras appuie sur mon ventre, m’empêchant de bouger. Il me maintient parfaitement en place. C’est lui qui décide de l’intensité de cet échange. Et pour une fois, je suis ravie de lui laisser les commandes. Il sait clairement ce qu’il fait.

Ma tête tombe en arrière, mes doigts se glissent dans ses cheveux. J’ai de plus en plus de mal à rester immobile alors que ses coups de langue se font plus fort. Tout mon corps s’enflamme. J’ai l’impression que je vais perdre connaissance, tant le plaisir qui me traverse est fort.

Soudain, je me tends, me mordant la main pour étouffer mon cri de jouissance. La chaleur dans le creux de mon ventre se répand dans tout mon corps par longues vagues. Je tremble, incapable de lâcher les cheveux de l’homme tant je suis dévastée par cet orgasme.

Andrew attend patiemment, continuant à me donner quelques coups de langue paresseux pour m’accompagner jusqu’au bout du plaisir. Quand mon corps se relâche enfin, il se dégage de mon emprise. Lentement, il remonte jusqu’à mon visage, déposant çà et là des baisers sur ma peau humide.

Ce n’est que lorsqu’il se colle contre mon corps que je reprends ses esprits. À travers son pantalon, je peux sentir son érection appuyer contre ma jambe. Il a envie de moi. Et malgré l’orgasme qu’il vient de me donner, je réalise que j’en veux plus moi aussi.

Ma main se pose à l’arrière de sa tête, l’obligeant à m’embrasser. Il se laisse faire sans résister, sa langue rencontrant la mienne.

Fébrilement, j'attrape son t-shirt. C’est à peine si l’on prend le temps de rompre le baiser pour nous débarrasser de ce bout de tissu. Immédiatement, ses lèvres reprennent les miennes avec force.

Mes doigts se glissent jusqu’à la fermeture de son pantalon, sans parvenir à l’ouvrir. Mon amant décide de prendre les choses en main. Il se redresse, me laissant seule et pantelante sur le lit.

Avec moins de patience que tout à l’heure, il fouille dans sa poche pour en sortir son portefeuille. En un instant, il fait apparaître un préservatif. Puis, il s’attaque à son pantalon, le retirant avec son boxer d’un seul mouvement. Malgré la pénombre, j’arrive à distinguer les contours de son corps, aussi parfait que je l’avais imaginé.

L’homme ne perd pas un instant. À peine a-t-il fait glisser le petit morceau de latex sur sa virilité qu’il vient s’installer contre moi. D’un geste ferme, il écarte mes cuisses. Je me mordille la lèvre, me cambrant sans même m’en rendre compte.

Je n’ai plus la moindre retenue, plus la moindre honte. J'ai besoin qu’il me prenne, là, maintenant. Tant pis pour les conséquences. Même si je dois le regretter demain matin, je veux aller jusqu’au bout. Ne faire plus qu’un avec cet homme qui me rend si dingue.

Ma bouche s’entrouvre alors qu’il commence à plonger en moi. Immédiatement, mes mains se posent sur ses larges épaules, sur son dos. Mes doigts s’enfoncent dans sa peau, comme pour m’empêcher de sombrer totalement. Il est mon roc, autant qu’il est mon tourmenteur.

Ses lèvres s’approchent de mon visage, frôlant les miennes de la plus sexy des manières, avant de glisser jusqu’à mon oreille. Alors qu’il va et vient en moi, il mordille mon lobe, me faisant gémir un peu plus fort encore.

Je me mords l’intérieur de la joue alors que mes hanches se soulèvent au rythme de ses coups de reins, cherchant à accompagner ses mouvements. Il a beau être tard, je ne peux pas prendre le risque que des clients passent par là et nous entendent. Je serais morte de honte devant leurs regards au petit déjeuner demain matin.

Andrew accélère, me rendant la tâche plus difficile. Ses mains parcourent ma peau enflammée, ses lèvres aussi. J’ai l’impression que je vais m’évanouir tant le plaisir est fort. Je n’ai jamais rien connu de tel. C’est comme si nos corps se comprenaient, quand nos esprits sont si souvent en opposition. Cette nuit, nous sommes en parfaite symbiose.

Je finis par perdre le contrôle. Sans même que je ne le réalise, mes dents se plantent dans l’épaule de l’homme, alors que des déchargent électriques parcourent tout mon corps, enflammant la moindre parcelle de mes nerfs.

Si Andrew a mal, il ne le montre pas. Il me laisse faire sans jamais faiblir dans ses mouvements, désormais moins précis. Haletante, je le regarde venir à sa fin à son tour. Il capture mes lèvres, étouffant son grognement de jouissance contre ma bouche. Un geste que je trouve incroyablement sexy.

Sans un mot, il se laisse tomber sur le côté. J’observe le plafond, pas bien sûre de ce que je dois faire à présent. Moi qui ai d’habitude réponse à tout, je me retrouve face à une situation inédite. Au moins, ici c’est comme ma chambre. S’il veut que ça s’arrête là, il n’a qu’à partir.

Je pousse un discret hoquet de surprise quand je le sens m’attirer à lui. En quelques secondes, je suis entourée de ses bras. Je laisse tomber ma tête sur son épaule, soupirant d’aise. Mes doigts se posent sur son torse, traçant délicatement les lignes de ses muscles affutés.

De son côté, Andrew caresse mes cheveux doucement, les embrassant de temps à autre. Je ne l’imaginais pas du genre à se laisser aller à des gestes aussi tendres. Je m’attendais à ce qu’il se lève immédiatement pour retirer son préservatif avant de sauter dans ses vêtements et de me laisser seule.

À la place, il m’enveloppe de sa chaleur réconfortante. Nous sommes dans une petite bulle, appréciant la présence de l’autre dans un silence paisible. Pourtant, je ne peux m’empêcher de l’éclater, un sourire malicieux sur les lèvres.

« Du coup, je suis virée ou pas ? Je crois que ça m’arrangerait en fait, il va y avoir plein de branches à ramasser sur la pelouse demain, si je pouvais m’éviter cela, ça serait parfait. »

Il laisse échapper un son moqueur. Je ne peux pas le voir dans la pénombre, mais je suis sûre qu’il lève les yeux au ciel. On s’est tellement battus ces dernières semaines, je commence à connaître ses expressions par cœur.

Au bout de quelques minutes, il finit par se lever pour se débarrasser du petit bout de latex et remettre son boxer. Il reste silencieux quelques instants, m’observant dans le noir.

« Tu veux venir dans ma chambre ? Ça sera sûrement plus confortable que le canapé.

- Et que tout le monde me voit sortir de la chambre d’un client au petit matin ? Quel scandale ! »

Il rigole doucement avant de revenir près de moi.

« Très bien, ça sera le canapé alors. Tant mieux, j’avais la flemme de monter. Il y a beaucoup trop de marches dans cet hôtel. »

Il déclare en se laissant tomber sur le matelas de fortune, poussant un râle satisfait. Je lève les yeux au ciel. Bien sûr. La seule chose qui l'empêche de retourner dans sa chambre, ce sont les escaliers. Il court je ne sais combien de kilomètres tous les jours, peu importe la météo. Mais deux étages à monter, c’est beaucoup trop.

Je me retiens de lui faire la remarque. Délicatement, il recouvre nos corps du drap que j’avais préparé ce matin. Jamais je n’aurais imaginé finir cette journée de cette façon. Si quelqu’un me l’avait dit, je lui aurais ri au nez. Moi ? Coucher avec Andrew ? L’idée que l’hôtel se répare tout seul sous l’effet de la tempête m’aurait semblé plus crédible.

Et pourtant, voilà bien où j’en suis. Dans les bras de cet ennemi, plus calme et plus satisfaite que je ne l’ai jamais été. Bien sûr, de toutes les qualités que cet homme insupportable devait avoir, être un bon coup en fait partie. Il aurait pu se contenter d’être une belle gueule, mais non.

Remarque, il vaut mieux pour lui. Vu son caractère déplorable, il faut bien qu’il ait quelque chose pour lui. L’argent ne fait pas tout.

Le silence s’est de nouveau installé entre nous. Pourtant, ce n’est pas désagréable. Il n’y a aucune gêne, ni aucune tension. Juste nos deux corps l’un contre l’autre. Dans cette douce chaleur, je finis par m’endormir.

 

✽✽✽

J’ouvre lentement les yeux, réveillée par des baisers dans mon cou. Dehors, la tempête s’est enfin calmée, et le jour commence à poindre son nez. L’esprit encore embrumé, je me tourne vers celui qui m'oblige à sortir de mes rêves. Le visage d’Andrew est à quelques centimètres du mien. Magnifique, malgré le manque de sommeil.

« Je vais remonter dans ma chambre, avant que tout le monde me voie dans les mêmes vêtements qu’hier. 

- Quoi, la chemise froissée ne fait pas son come-back ? »

Il soupire, l’air incrédule que je me moque de lui de si bonne heure. J’attrape mon téléphone et soupire à mon tour en voyant qu’il est presque six heures. 

« Je ferais mieux de me lever aussi. Emma ne va pas tarder à arriver. Et il faut encore nettoyer le grand salon et le préparer pour le petit déjeuner.

- Tu veux un coup de main ?

- Non, ça ira. Si tu pouvais juste regarder les dégâts dans le parc quand tu iras courir, ça me fera gagner du temps.

- Bien sûr. »

Je m’étire paresseusement, pas bien prête à me lever. Comme si la journée et la soirée n’avaient pas été assez épuisantes, on a décidé de remettre le couvert. Je ne suis pas bien sûre de comment cela s’est passé. On s’est retrouvés tous les deux réveillés au beau milieu de la nuit, et il n’en a pas fallu plus pour que le feu redémarre.

Je me mordille la lèvre en le regardant se lever. Maintenant qu’il fait jour, je peux admirer sans la moindre gêne son corps. Je ne sais pas pourquoi il s’embête à s’habiller. Si ça ne tenait qu’à moi, il resterait tout le temps comme cela. Peut-être même sans son boxer, pour que je puisse me repaître de l’image de ses fesses parfaites.

Je me rappelle encore leur sensation sous mes mains, alors qu’il s’enfouissait en moi, murmurant des insanités à mon oreille. Jamais un homme ne m’a fait connaître de telles sensations, juste avec des mots. C’est comme s’il savait ce dont j’avais besoin, peut-être même mieux que moi.

Je suis interrompue dans mes souvenirs lubriques par mon ventre. Il se manifeste de manière sonore, se faisant entendre dans toute la pièce. Je me mords l’intérieur de la joue, alors qu’Andrew se retourne vers moi, un sourire amusé sur les lèvres.

Entre les préparatifs pour la tempête et l’attention portée à mes clients pendant la soirée, je n’ai presque rien mangé hier. Et nos séances improvisées de sport n’ont rien arrangé. Il va falloir que je trouve quelque chose à me mettre sous la dent, et vite.

« Si on avait été chez moi, je t’aurais préparé des gaufres.

- Tu aurais préparé des gaufres ? Tu veux dire que tu les aurais fait livrer. Ou est-ce que tu as l’une de ces gouvernantes à demeure qui te prépare tout ce que tu veux en claquement de doigts ?

- Non. Enfin, j’ai bien quelqu’un qui cuisine pour moi plusieurs fois par semaine. Mais je suis assez grand pour faire des gaufres tout seul.

- Et laisse-moi devenir, avec des myrtilles ?

- C’est non négociable. »

Je fais une mine dégoûtée avant de retomber dans le lit avec un soupir. Comment peut-on gâcher d’aussi bonnes gaufres ? Du beurre, du chocolat, de la confiture. Ça, c’est normal.

Andrew est enfin habillé, et je ne peux m’empêcher de remarquer à quel point il est beau. Même avec le manque de sommeil. Même avec ses vêtements tout froissés. Il reste hypnotique. Ses yeux verts me font fondre, j’ai presque du mal à les regarder.

L’homme s’approche lentement de moi pour déposer un baiser sur mes lèvres. C’est léger, presque tendre. Comme un geste que nous aurions fait tous les matins depuis des années.

« Je te vois tout à l’heure.

- D’accord. »

Je murmure à peine en le regardant s’éloigner. Je m’étais attendue à tout. Mais pas à cela. Je pensais me réveiller dans un lit froid, à me demander si j’avais rêvé de cette nuit torride dans ses bras. Pas à ce qu’il se comporte ainsi.

Quelque part, ça rend tout plus compliqué. Et maintenant quoi ? Comment devons-nous agir en compagnie de l’autre ? Est-ce que sa tendresse veut dire qu’on va de nouveau coucher ensemble ?

Je secoue la tête. Ça ne sert à rien de ruminer. J’ai toujours été une femme d’action. Si je ne peux pas apporter de réponse concrète à une question, je la mets de côté. J’envoie un texto rapide à Emma avant d’enfin me lever pour aller prendre une douche. Il y a fort à faire.

Enlever les traces de la soirée d’hier, redresser les tables pour le petit déjeuner, remplir à nouveau le buffet avec les délices qu’Emma prépare en cuisine… Les deux heures qui suivent mon réveil sont loin d’être ennuyeuses.

Au moins, il y a tant de travail que je n’ai pas le temps de débriefer des évènements de la veille avec mon amie. Je me suis contentée de lui dire sobrement que tout s’était bien déroulé, que les clients avaient passé un bon moment.

Pas un mot sur ma nuit torride avec l’ennemi public numéro un. Elle a beau être l’une des personnes les plus ouvertes d’esprit que je connaisse, je ne suis pas sûre de comment elle réagirait à cette nouvelle. Cela peut attendre. Je ne sais pas bien moi-même que penser de ces évènements. Les partager ne rendrait les choses que plus compliquées encore.

J’ai à peine le temps de faire le tour du bâtiment pour vérifier qu’aucun gros dommage n’a été causé par la tempête qu’il me faut déjà accueillir mes clients pour le petit déjeuner.

Dehors, le jardinier est arrivé. Il ne travaille que quelques heures par semaine pour nous, mais sait toujours quand on a besoin de lui. Et je ne vais pas mentir. Je suis ravie de ne pas être toute seule à devoir ramasser les milliers de feuilles et de bouts de bois qui recouvrent la pelouse autour de l’hôtel.

Mon cœur rate un battement. À la porte du grand salon se trouve Andrew. Il vient probablement de revenir de son footing. Maintenant que sa douche est réparée, je remarque moins ses allées et venues matinales.

Ses cheveux sont encore un peu humides, lui donnant un air faussement négligé assez sexy. Pendant un instant, je m’imagine leur sensation sous mes doigts, si j’étais assise sur ses genoux, mes jambes enroulées autour de sa taille.

Je serre les dents. Il ne faut pas que je laisse mon esprit aller par là. Pas quand je suis entourée de tous ces gens. Je dois me reprendre. Le pas assuré, je me dirige vers lui.

« Alors, à quoi ressemble le parc ?

- J’ai donné les infos au jardinier, mais tu n’as pas à t’inquiéter. De ce que j’ai vu, il y a surtout des branches à dégager. Un des arbres morts près de la vieille grange est tombé, mais sans faire de dégâts.

- Bien. Très bien. Tu veux manger ?

- Avec plaisir. »

Je le conduis jusqu’au buffet, tentant de rester la plus naturelle possible alors que James et Lisa me saluent. J’ai l’impression que tous les regards sont sur nous. Comme s’ils savaient tous ce que nous avons fait hier, dans l’inconfort de mon bureau.

Je dois me détendre. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient le lire sur nos visages. Plus j’y penserai, et plus j’aurai l’air suspect. Alors, je préfère me concentrer sur du concret. La nourriture devant nous. Je reprends mon expression sérieuse en lui présentant la surprise concoctée avec mon amie ce matin.

« J’ai demandé à Emma de cuisiner quelque chose de spécial. Si tu veux regarder.

- Les gaufres du diable ? »

Il fronce les sourcils, me fixant avec un air interloqué en tenant le petit papier indiquant le plat maintenu au chaud sur le buffet. D’un geste de la main, je l’invite à le découvrir. À peine a-t-il soulevé la cloche qu’il éclate de rire. Mon cœur se réchauffe à ce son. Jamais je ne l’avais entendu le faire de manière si franche.

« Merci. Je suis sûr que je vais adorer les gaufres du diable. On dirait que lui et moi avons les mêmes goûts en ce qui concerne les myrtilles.

- De vrais frères jumeaux. »

Je réplique avec un sourire narquois. Il me faut faire tous les efforts du monde pour ne pas craquer, alors qu’il est penché sur moi, une lueur joueuse dans le regard. Les épices de son parfum me viennent au nez, enivrantes.

L’arrivée d’un client me donne une excuse pour me remettre au travail, le laissant seul au buffet. C’en était moins une. Quelques secondes de plus de ses yeux verts plongés dans les miens, et j’aurais succombé. Je l’aurais embrassé, je n’en ai pas le moindre doute.

Mais peu importe qu’il soit charmeur, sexy, et un incroyable coup au lit. Il reste l’ennemi. Et cela, je ne dois surtout pas l’oublier.

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