Nounou pour les Mercenaires: Une romance de harem inversé (French Edition)

17 - Archer

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Archer

 

Le vol vers Istanbul passe rapidement. Kaylee et moi jouons pendant la majeure partie du voyage au pendu sur une feuille de papier. Je suis toujours stupéfait de voir à quel point elle a progressé en un an, surtout en orthographe et en écriture. C’est probablement ce que je préfère en tant que père : la voir grandir. La voir devenir un véritable être pensant, intelligent et capable de se forger sa propre opinion. Je n’arrive pas à imaginer ce qu’elle sera dans un an ou deux, sans parler de son adolescence. Je n’ai aucunement envie de penser à ça.

Après avoir atterri à Istanbul, on passe la sécurité sans encombre. Nos passeports ont une autorisation spéciale dans la plupart des pays de l’OTAN qui nous permet de voyager sans problème, ce dont je suis très reconnaissant. Sans ça, un seul agent des douanes capricieux pourrait ruiner tout un contrat.

Un autre véhicule nous attend à l’aéroport. On s’entasse tous les cinq à l’intérieur et je conduis jusqu’à la maison de location à Maslak, une banlieue de la périphérie nord d’Istanbul même.

– Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer qu’il n’y a pas de caisses de matériel dans ce véhicule, comme à Oslo, dit Trish.

– Pas besoin pour cette mission, réponds-je.

– Oh, cool ! Donc cette mission sera moins dangereuse, non ? 

Jordy et Harrison pouffent de rire. Trish fronce les sourcils en les regardant.

– J’ai raté un truc ? demande-t-elle.

Je jette un coup d’œil dans le rétroviseur pour m’assurer que Kaylee porte ses écouteurs avant de répondre. 

– Istanbul est notre base opérationnelle, puisqu’on est ici sous un faux contrat, notre alibi. Notre contrat implique de voler d’ici vers… un autre pays. Puis on aidera à former les forces armées locales sur place à l’utilisation des armes modernes de l’OTAN. L’équipement sur lequel porte la formation est déjà en place. 

– C’est très vague, dit Trish. Où pourriez-vous aller d’ici ? En Russie, de l’autre côté de la mer Noire ? 

– Certainement pas, réponds-je immédiatement. Jamais on ne collaborera avec la Russie. 

– Plutôt le contraire, en fait, ajoute Jordy. 

Trish reste silencieuse pendant quelques instants. 

– C’est donc l’Ukraine, alors ?

Aucun de nous ne répond. Le seul son est celui des doigts de Kaylee qui tapotent sur son iPad. 

– Ouaip, dit enfin Harrison.

– Oh, dit-elle. Ça a l’air dangereux. 

– Tranquille, ça ne devrait pas être trop difficile, dit Jordy. J’aime vraiment ce genre de missions, quand on aide les autres à se protéger. C’est gratifiant, comme être un enseignant, tu vois ?

– Tant que vous ne vous faites pas attaquer ! dit Trish. 

– On ne sera pas près des lignes de front, j’explique. On ne peut pas non plus t’en dire plus, mais tu n’as pas à t’inquiéter. 

La résidence privée où on loge se trouve au sommet d’une colline surplombant Maslak. On peut même distinguer Istanbul au sud. On y accède par un portail électrique sécurisé par un code. À peine garés, Kaylee court à l’intérieur.

– C’est tellement grand ! crie-t-elle depuis l’une des pièces éloignées. On a tous nos propres chambres pour dormir ! 

Trish et Jordy échangent un sourire complice.

Comme précédemment, le réfrigérateur et le congélateur sont approvisionnés avec assez de nourriture pour tenir un mois entier. Notre contrat ne devrait durer que trois semaines, mais il est bon d’être prêt à toute éventualité.

Fatigué par le voyage, tout le monde se couche tôt. Je m’endors rapidement, et quand je me réveille le lendemain matin, je me rends compte que j’ai rêvé de Trish toute la nuit. Je ne me souviens d’aucun détail, à part le fait qu’ils ne sont pas sexuels, mais je suis certain qu’elle occupe chacun de mes songes. 

– Bonjour ! dit-elle joyeusement lorsque je la croise dans la cuisine. 

– Bonjour, dis-je en cherchant le thé. 

Son sourire est si lumineux et authentique qu’il est impossible de ne pas être de bonne humeur en la voyant.

Après notre routine matinale, on se prépare tous les trois à partir pour l’aérodrome. 

– Je n’aime pas vraiment les hélicoptères, déclare Trish pendant qu’on se dit au revoir. J’ai entendu des histoires horribles sur les crashs…

– Ne t’inquiète pas, Archer est un pro, dit Jordy. 

– Il a raison.

– Envoyez-moi quand même un texto quand vous arrivez à bon port, insiste-t-elle. Que je sache qu’il ne s’est rien passé de grave ? 

– Quelque chose de grave pourrait arriver ? demande Kaylee en arrivant de sa chambre.

– Bien sûr que non, ma petite chérie, dit Harrison en la prenant dans ses bras. On sera de retour pour le dîner. 

Il commence à l’étouffer de baisers, si bien qu’elle couine, rit et se plaint que sa barbe la chatouille.

– Malheureusement, on ne peut pas envoyer de textos une fois arrivés, j’explique. En fait, je récupérerai nos cartes SIM une fois à l’aérodrome. 

Trish a l’air déconfite. 

– D’accord, je crois comprendre. (Elle baisse la voix pour que Kaylee ne l’entende pas.) Mais s’il vous plaît, soyez prudents.

– Promis.

Jordy la serre dans ses bras avant de lui dire :

– Oh, au fait. Je vous ai préparé une surprise à toi et Kaylee aujourd’hui. Quand Mehmet se présentera au portail ce matin, laisse-le entrer. Tu peux lui faire confiance. 

– Oh, d’accord ! 

Trish lui rend son étreinte. Puis, après une courte pause, elle me serre aussi dans ses bras. Son corps est chaud et doux et se loge parfaitement dans mes bras, à tel point que je dois faire un effort pour me décider à la laisser aller. Elle jette un coup d’œil à Harrison, qui la fixe d’un air de défi, avant de lui faire un petit signe de la main à la place.

On roule jusqu’à l’aérodrome en silence, retirant nos cartes SIM et les plaçant dans un casier avant d’embarquer dans un hélicoptère de transport Sikorsky S-61R. C’est le même modèle que celui utilisé principalement pour la recherche et le sauvetage en Méditerranée et en mer Noire. Avec un peu de chance, il n’éveillera aucun soupçon. C’est aussi un modèle avec lequel j’ai enregistré plus de mille heures de vol. 

Une fois décollé, en direction du nord, je soupire de bonheur. Ça fait du bien de piloter un hélicoptère. Je n’ai pas eu à le faire ces dernières missions et je me rends compte combien j’aime piloter. Si un jour l’occasion nous est donnée de nous retirer de la vie de mercenaire, c’est vers un métier en rapport avec le vol que je me tournerai. Mais je n’ai aucune idée duquel. 

On verra ça le moment venu. Pour l’instant, je dois me concentrer sur le présent.

On s’arrête à Constanta, en Roumanie, pour faire le plein avant de poursuivre le reste du chemin jusqu’en Ukraine. Le fait d’arriver dans leur espace aérien me rend anxieux. On vient d’entrer dans une zone de guerre active. Certes, bien loin des lignes de front où se déroulent les combats, mais quand même. Ça me rappelle notre dernière fois dans cette partie du monde, en 2014, lorsqu’on a dû fuir précipitamment la Crimée alors que la Russie l’envahissait. 

Un groupe d’officiers ukrainiens nous attend à l’aérodrome. Après une courte introduction, Harrison et Jordy sont conduits vers le reste de la base. Je ne les rejoins pas ; mon travail consiste à être prêt à partir à tout moment, alors je retourne à l’hélicoptère et m’y installe. 

Mes pensées reviennent immédiatement vers Trish. Comme j’aimerais pouvoir lui envoyer un texto. Non seulement pour lui faire savoir qu’on est bien arrivés, mais aussi parce que j’ai envie de lui parler.

En examinant l’équipement de bord, je me dis que c’est peut-être possible.

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