Nounou pour les Mercenaires: Une romance de harem inversé (French Edition)
5 - Trish
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Trish
Je n’arrive pas à croire que je me suis plantée à ce point. Le job n’est absolument pas un CDI. Mais un contrat de trois mois, max. Après ça, retour à la case départ.
Pire encore… ces mecs ne sont pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Ce sont des mercenaires. Des hommes de main. Des soldats de fortune. Est-ce qu’ils tuent des gens ? Est-ce qu’ils trempent dans d’autres affaires louches, voire illégales ? Je n’en ai aucune idée, et je ne pense pas avoir envie de le découvrir.
Si je supplie, me reprendra-t-on à mon ancien job ? J’en doute. Et même si mon ancien patron l’envisageait, il me ferait payer le prix fort. Ma fierté en prendrait un sacré coup et je doute de pouvoir supporter l’humiliation publique.
– Papa ! Papa ! J’ai construit un avion… qui c’est elle ?
La petite fille – Kaylee – s’arrête net dans le couloir lorsqu’elle me voit. Elle porte une robe jaune à motif fleuri, et sa longue tresse blonde se balance sur une épaule. Je fonds à sa vue. La fillette du gymnase. Leur fille.
Plus jeune, je détestais les enfants. Je suis l’aînée de trois, et mes petites sœurs me rendaient folle. Ce n’est que lorsque je suis partie à la fac que j’ai réalisé à quel point je les aimais, qu’elles me manquaient et que ça me plaisait d’aider ma mère à les élever. Parfois, il faut prendre du recul pour s’apercevoir combien quelque chose nous importe.
Maintenant, j’aime les enfants. Être nounou ou gouvernante n’est pas un simple travail mais une vocation : je veux m’y dédier cœur et âme. Kaylee fait naître ça en moi.
– Je suis Trish, dis-je en m’agenouillant pour être à sa hauteur.
Sans hésiter, Kaylee court vers moi et se jette dans mes bras.
– Mon papa est un câlinou. Alors, moi aussi, je veux en être aussi.
– Tant mieux. J’aime les câlins.
– Voici Kaylee, notre fille, dit Jordy.
Notre fille. Encore une fois, cette tournure de phrase. Mais Jordy a dit qu’ils n’étaient pas gays. Alors c’est quoi, cette affaire, exactement ? Cette question pique ma curiosité, mais je ne vais certainement pas la poser devant Kaylee.
– Tu veux jouer aux K’nex avec moi ? demande-t-elle.
– C’est quoi K’nex ?
– Je vais te montrer !
Elle attrape ma main et commence à me tirer à l’écart. Puis, comme si elle se rappelait quelque chose, elle s’arrête et demande :
– Je peux jouer avec Trish ?
– Bien sûr, répond rapidement Jordy. Je parie qu’elle adorerait voir ta salle de jeux.
Kaylee m’emmène hors de la cuisine, à travers un couloir et jusqu’à la salle de jeux. La pièce ressemble à un solarium, avec un mur entier de fenêtres et deux lucarnes au plafond. Dans un coin se trouve un bureau d’adulte, mais tout le reste est adapté à la taille d’un enfant. Des jouets colorés jonchent le sol.
– J’aime tes cheveux, dit Kaylee.
– Merci ! J’aime aussi les tiens. Surtout la tresse.
– Mon papa tresse mes cheveux pour moi.
Je me demande si elle veut dire Archer ou Jordy ? Probablement ce dernier. Archer semble trop guindé pour savoir tresser des cheveux.
– C’est ça, les K’nex ? je demande en désignant un bac en plastique.
– Oui, dit Kaylee très sérieusement. Plusieurs de mes amis jouent avec des Legos. Mais les K’nex, c’est mieux.
Elle s’assied par terre et je la rejoins, me positionnant de côté à cause de ma jupe. Les pièces K’nex sont en plastique, dotées de fines tiges qui peuvent être attachées ensemble grâce à des pièces de connexion.
– Que veux-tu construire ? je lui demande.
– Mes papas volent souvent en avion, explique-t-elle. Je leur ai fait un avion.
Elle brandit un petit objet triangulaire composé de trois pièces : un connecteur et deux tiges qui dépassent comme des ailes.
– Ouah, je m’écrie d’un ton approbateur. C’est vraiment bien !
– On peut faire mieux, dit simplement Kaylee.
– Faisons-en d’autres. Toi, un, et moi, un.
– Ça me plaît !
Nous prenons les pièces K’nex dans le bac et nous mettons à l’œuvre. Kaylee se concentre tranquillement sur son travail alors qu’elle commence à construire un avion plus grand et plus complexe que celui qu’elle m’a montré. Je l’observe, essayant de reproduire le sien, même si je donne au mien des ailes aérodynamiques et en flèche plutôt que droites.
– Que penses-tu du voyage à venir ? je lui demande après quelques minutes de silence.
Elle répond sans lever les yeux.
– Quel voyage ?
– Le voyage dont tes papas m’ont parlé. Celui qui dure deux ou trois mois.
Elle lève la tête.
– Ils partent pour trois mois ?
Elle a soudain l’air paniqué et, en un clin d’œil, se retrouve au bord des larmes.
– Tout va bien, ma chérie ! Tu pars avec eux ! j’ajoute rapidement. Je ne voulais pas te faire peur.
Elle se détend visiblement.
– Tant mieux. J’aime les voyages. (Elle brandit son avion.) T’en penses quoi ?
– C’est trop bien, lui fais-je en montrant mon propre avion. Il est mieux que le mien.
– Le tien est cool aussi, dit-elle. La prochaine fois, je te montrerai comment l’améliorer.
– Parfait. C’est ma première fois, alors j’ai besoin d’aide.
Kaylee acquiesce.
– Allons montrer à mes papas !
Elle bondit sur ses pieds et s’élance hors de la pièce. Je dois réagir rapidement pour la suivre.
Les trois hommes se tiennent autour de l’îlot de la cuisine, discutant tranquillement. Harrison – le grand hargneux qui m’a quasi grogné dessus plus tôt – me lance un autre regard incendiaire. J’essaie de l’ignorer et je brandis mon avion pour qu’ils l’examinent.
– C’est un super avion ! dit Jordy en se penchant pour embrasser Kaylee sur le front. Je suis tellement fier de toi. Tu seras ingénieure quand tu seras grande.
– C’est le même avion que pour le voyage ? demande Kaylee.
Archer cligne des yeux.
– Qu’est-ce que tu veux dire, ma chérie ?
– Le voyage. Elle pointe du doigt vers moi. Trish m’a dit que vous partiez en voyage pendant trois mois.
Je comprends immédiatement que j’ai commis un impair. Les yeux d’Archer s’écarquillent de surprise tandis que Jordy reste bouche bée. Je fais de mon mieux pour ne pas regarder dans la direction d’Harrison, mais je l’entends pousser un soupir de mécontentement.
– Je ne savais pas que je ne devais rien dire, je m’excuse.
– C’est ma faute, dit rapidement Jordy à ses camarades. Je n’ai jamais dit à Trish que c’était un secret.
Archer reste totalement concentré sur sa fille.
– Qu’est-ce que tu en penses, ma chérie ? Tu n’as pas l’air bouleversée.
– Bien sûr que non, répond-elle.
Les hommes semblent se détendre, jusqu’à ce que Kaylee ajoute :
– Parce que Trish m’a dit que je viens avec !
Tous les regards se tournent à nouveau vers moi. Cette fois, Harrison laisse échapper un râle, comme un loup. Il arbore une cicatrice sous l’œil qui disparaît sous sa barbe rousse ébouriffée, ce qui ne fait qu’ajouter à son air dangereux. Je commence à me demander si je dois me défendre ou m’enfuir à toute vitesse avant qu’ils n’aient l’occasion de me tuer.
– Alors, dit Jordy avec un sourire gêné, vous pouvez commencer la semaine prochaine ?
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