Nounou pour les Mercenaires: Une romance de harem inversé (French Edition)

24 - Trish

24

 

Trish

 

Je pense à ce baiser depuis ce matin. C’est troublant. On ne peut pas dire que j’aie craqué pour Harrison. Je ne suis même pas vraiment attirée par lui non plus. Sa barbe est trop longue et mal taillée. Il m’adresse à peine quelques mots quand il est à la maison. Et il a constamment un air menaçant, comme un loup toujours à l’affût. 

Peut-être que c’est ce qui me plaît chez lui, me dis-je. Son air dangereux.

Je m’efforce de ne plus y penser et reprends notre rythme habituel. Jordy, Archer et moi faisons l’amour tous les soirs de la semaine, dans toutes les positions et combinaisons possibles. Un me penche sur le lit pour me baiser pendant que je fais une pipe à l’autre. Je chevauche l’un d’eux pendant que l’autre me caresse par derrière, chacun son tour, comme ils l’ont fait la première nuit. Un soir, alors que j’ai déjà joui deux fois, ils me forcent à me mettre à genoux et à les caresser jusqu’à ce qu’ils jouissent sur ma poitrine. 

Je n’ai jamais autant fait l’amour de ma vie. Par le passé, je ne faisais l’amour qu’une fois par semaine, voire deux. Mais là, je suis partagée entre ces deux hommes tous les soirs, et ne suis pas près de m’en lasser. Ils m’excitent autant que lors de notre première nuit.

Enfin, notre séjour à Istanbul s’achève. Les gars partent un matin pour le dernier jour de leur contrat ; ils reviendront le soir même, on passera la nuit ici une dernière fois avant de nous envoler pour la prochaine mission où qu’elle soit.

Archer insiste sur le fait qu’une femme de ménage nettoiera après notre départ, mais je passe quand même la journée à faire du rangement dans la maison. Je rassemble tous les jouets de Kaylee, démonte les structures K’nex et, d’une manière générale, ramasse toutes les preuves de notre séjour dans la maison.

Archer m’envoie son texto habituel pour me dire qu’ils sont bien arrivés, ce qui coïncide avec la sieste de Kaylee aujourd’hui.

 

Archer : Sains et saufs. 

Moi : Bien ! J’avais peur qu’il se passe quelque chose de grave le dernier jour.

Archer : Ehhhhhhhhh. Ne porte pas la poisse. On n’a pas encore fini. 

Moi : Merde. Désolée. Je retire ce que j’ai dit ! Comment empêcher le mauvais sort ?

 

Je pense qu’une photo sexy suffira.

 

Moi : Tu penses que ça pourrait marcher contre la poisse ? 

Archer : Non. Mais, par contre, ça rend un homme heureux.

Moi : À quoi j’ai droit en retour ?

 

Une longue pause se fait avant son texto suivant. Je me demande si Archer attend que je lui envoie autre chose. Mais il répond enfin, non pas par un message mais avec une photo.

Une photo de son long pénis dur comme fer qui dépasse de la fermeture éclair de son pantalon. Il est assez grand pour que la main qui le tient paraisse petite.

 

Moi : OH

Moi : OH MON…

Archer : C’est ce que tu obtiens en retour. Maintenant, à toi de jouer.

Moi : Je ne me souviens pas avoir accepté de jouer. 

Moi : Et je crois bien que tu viens d’envoyer une photo de bite spontanée, à moi, cette jeune fille innocente de Wilmington. Je suis choquée et horrifiée par ce comportement.

Archer : Je le ferai savoir au responsable des ressources humaines de la société Mathos. 

Archer : Sauf qu’on n’a pas vraiment de département des ressources humaines. Parce qu’on est un putain de groupe de mercenaires. 

Archer : Je dois rester assis ici dans le cockpit avec rien à faire pendant six heures. Tu comptes vraiment me laisser en plan ? 

 

Je marque une pause pour m’assurer qu’aucun bruit ne vient de la chambre de Kaylee, puis je vais dans ma chambre et ferme la porte. J’enlève mon jean, puis change de culotte pour une sexy en dentelle rouge. Je la mets un peu sur le côté, place mes doigts sur ma touffe et prends une photo.

 

Moi : Voilà. Mais seulement parce que tu es un gentil garçon.

Moi : [photo]

Archer : Tu m’as envoyé une photo ? J’ai juste un message d’erreur.

Moi : Oui

Archer : Il dit que le message n’a pas pu être téléchargé

Archer : Putain, c’est probablement ce VPN à la con que j’utilise. 

Moi : Oh non. C’est vraiment dommage pour toi. 

Moi : Elle t’aurait bien plu cette photo.

Archer : Je pense que tu es la femme la plus diabolique que j’aie jamais rencontrée. Et je suis allé à Glasgow. 

Moi : Qu’est-ce que tu vas faire ?

Archer : Hmm. Je pense que Jordy et moi allons nous défouler sur toi ce soir. 

Moi : Vraiment ?

Archer : Oui.

Moi : Dis-moi ce que tu vas faire.

Archer : Oh, je pense que tu vas devoir attendre pour le découvrir.

Moi : Un indice ?

Archer : Non.

Moi : ALLEEEEEEEZ.

Moi : Je veux savoir !

Archer : Eh non. C’est bien dommage pour toi.

Archer : Alors, ça fait quoi, hein ? D’être la souris et plus le chat ? Pas si drôle que ça, n’est-ce pas ? 

Moi : Je viens de me rappeler que mes règles débarquent ce soir. Exactement au moment où vous rentrerez à la maison. Désolée. 

Archer : Je dois y aller. Y a un problème.

Moi : Vraiment ? Tout va bien ? 

 

Je me demande si c’est vrai ou s’il me fait marcher. Mais une heure s’écoule sans qu’il réponde, puis deux. Je cherche sur Internet des informations sur l’Ukraine, mais ne trouve aucun résultat concernant des Américains. 

Quel immense soulagement d’entendre le portail d’entrée s’ouvrir et voir leur voiture s’arrêter dans l’allée en fin d’après-midi. Je me précipite dehors et les vois tous les trois dans la voiture. Kaylee est sur mes talons, tout aussi excitée que moi, mais pour une raison totalement différente.

– Tu m’as fait peur, dis-je quand Archer sort de la voiture. J’ai pensé que… 

Je m’interromps lorsque Jordy sort précautionneusement de la banquette arrière. Il boite et grimace de douleur.

– Il y a un problème, répète Archer.

– Est-ce que ça va ? je demande.

Jordy grimace. 

– Non. 

– On apprenait aux troupes à utiliser les nouveaux MANPADS, les missiles sol-air légers, dit Harrison en riant. Un bleu nommé Vlad ne tenait pas le lanceur assez fermement. Le recul a fait que Jordy s’est pris tout le MANPADS dans les… (Il s’interrompt lorsqu’il remarque Kaylee.) Il l’a pris en plein dans les noix.

– LES NOIX ! 

Kaylee pousse un cri, se jette sur Jordy et le serre dans ses bras. Le grand homme laisse échapper un gémissement, au moins deux octaves plus haut que la normale.

– Laissons papa Jordy se reposer un peu, ma chérie, dit Archer en entraînant leur fille.

On rente et je récupère une poche de glace pour Jordy. Il l’enfonce dans son pantalon et s’installe sur le canapé. 

– Je suis vraiment désolée ! lui dis-je alors que les autres sont dans la cuisine. Ça fait mal ?

– Je sais que l’accouchement est censé être terriblement douloureux, mais je pense que niveau douleur, ça, ça ne doit pas en être loin. (Jordy grimace.) Je plaisante. Je n’essaie pas d’être insensible. Je sais que l’accouchement est pire. Mais là, je n’en ai pas l’impression. 

– T’inquiète pas, je me doute bien, dis-je en éloignant doucement ses cheveux de ses yeux. Pauvre chou. Tu veux quelque chose ? 

Il me regarde d’un air impuissant. 

– Est-ce qu’il nous reste de la glace ?

– Pour manger ou pour mettre sur tes précieux joyaux ? je demande.

– Oui, répond-il. 

– Ça va gâcher le dîner, répond Archer. On sort manger en ville. Notre dernier repas avant de prendre l’avion. En supposant que tu puisses marcher. 

– Je vais essayer. (Jordy se lève et gémit.) Je n’ai pas eu aussi mal depuis Prague… 

Archer grimace. 

– N’en parle même pas.

Prague… je me demande bien ce qui s’est passé là-bas. Et pourquoi le secret est-il si bien gardé ? 

– Je suis triste que tu sois blessé, je confie à Jordy. J’étais si excitée à l’idée de ce qu’on allait faire ce soir. 

Archer sourit. 

– Sa bouche est intacte. 

– Oh ! Bien vu. (Je me caresse le menton.) Je me demande ce que tu peux faire avec ta bouche ? 

Jordy grimace de douleur. 

– Tout ce qui m’excite me fait très mal. Et si j’utilise ma bouche sur toi, nul doute que l’excitation sera à son comble. 

– Dommage, dis-je.

Jordy nous montre du doigt à tour de rôle. 

– Ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas vous amuser tous les deux. 

Je cligne des yeux. 

– Vraiment ? 

– Bien sûr, si tu es d’accord pour te contenter d’une nuit traditionnelle monogame, répond-il. Tu vas probablement trouver ça fadasse après les nuits de débauche qu’on t’a fait vivre tous les deux.

– Tu crois ça, toi ? demande Archer.

– J’en suis sûr. 

– Ça pourrait te rendre un peu jaloux, j’avance.

Jordy ajuste la poche de glace dans son pantalon et soupire. 

– Je ne suis pas du genre possessif. Et puis, ce n’est pas comme si tu allais te taper un connard quelconque. On parle d’Archer. 

– C’est gentil de ta part, dit l’Anglais.

– Tu ne me préoccupes absolument pas, continue Jordy. Je sais que je suis bien meilleur au lit que toi. Et j’ai une plus grosse bite. 

– T’es une vraie tête de bite, ça on est d’accord, répond Archer.

– Je ne sais pas si je dirais qu’elle est plus grosse, j’ajoute. Quelques millimètres de plus tout au mieux. Pas vraiment de quoi se vanter. 

– Mais ça compte quand même ! 

Jordy frappe du poing, puis grimace, car le mouvement le fait trop souffrir. 

On se rend en plein cœur de la ville, dans un restaurant niché au bord du détroit des Dardanelles, rempli de bateaux de pêche éclairés par des lanternes alors que le soleil commence à se coucher. On nous propose une table au deuxième étage, avec une fenêtre donnant sur la rue, bondée de piétons à la sortie du marché. Kaylee aime goûter aux plats que tout le monde partage et déclare qu’elle adore l’houmous. 

Tout au long du repas, je ne cesse de jeter des coups d’œil à Archer. Il sourit et participe à la conversation, mais je sens que quelque chose cloche chez lui. Comme s’il essayait de ne pas regarder dans ma direction. Se sent-il mal à l’aise à cause de ce que Jordy a dit ? 

Harrison recule sa chaise et se lève. 

– Je vais pisser, annonce-t-il avant de s’éloigner à grands pas. 

Archer et Jordy échangent un long regard complice.

– Quoi ? je demande.

– Rien, dit Archer d’un ton sec. Tout va très bien. 

Jordy, assis à côté de moi, se penche assez près pour chuchoter. 

– Quelque chose a alarmé Harrison. Il est parti voir ce qui se passe. 

Je regarde par la fenêtre. Sommes-nous en danger ? Sûrement pas, sinon ils ne resteraient pas assis à cette table. Ils nous feraient filer à toute vitesse vers la voiture, comme le font toujours les militaires dans les films. Je scrute tous les visages qui défilent à l’extérieur. J’ai une bonne vue depuis notre position au deuxième étage. Tout semble normal.

Il y a de l’agitation derrière un étal de pain, et les poils de ma nuque se dressent. J’ai soudain la nette impression que quelqu’un m’observe. Ou plutôt qu’on nous observe. La même impression que lorsque je me trouvais au marché. 

Harrison apparaît soudain dehors. Il se promène dans la rue paresseusement, comme s’il tuait le temps. Il parcourt les marchandises vendues par les artisans. Il disparaît, puis revient à notre table quelques minutes plus tard.

– Alors ? demande Archer.

Harrison hausse les épaules. 

– Fausse alerte. 

Vraiment ? je me demande. Ou suis-je simplement paranoïaque ? 

Le dîner terminé, on rentre tous à la maison. Après que Kaylee est allée se coucher, les gars commencent à faire leurs valises. Je me retire dans ma chambre pour faire de même.

Quelques instants plus tard, on frappe à ma porte. Quand je l’ouvre, Archer se tient dans l’embrasure. 

– Entre, lui fais-je. 

Un chatouillement de nervosité me parcourt l’échine sans vraiment que je sache trop pourquoi. Archer et moi couchons ensemble depuis plus d’une semaine. Ce n’est pas nouveau.

Ce qui est nouveau, c’est que nous le fassions tous les deux seuls. C’est la première fois que Jordy n’est pas là.

Archer s’appuie contre la porte et croise les bras. 

– Alors… Mes textos t’ont mis dans tous tes états ? 

J’acquiesce. 

– Surtout la photo. Je n’arrive pas à croire que tu m’aies envoyé une photo de bite depuis un hélicoptère. 

Il ramène ses cheveux blonds en arrière et sourit. 

– Je dois admettre que je n’avais jamais fait ça avant. J’espère que ça t’a plu. 

– Tu en doutes ? Je suis juste triste que ma photo ne soit pas passée. 

– Moi aussi. 

Ses yeux se posent sur moi. 

– Et si on remédiait à ça maintenant. 

Je me mords la lèvre, puis m’assieds sur le bord du lit. Je me souviens de ce qu’Archer m’a envoyé comme message plus tôt dans la journée : qu’il allait passer sa frustration sexuelle sur moi. Cette pensée me fait trembler d’impatience. J’aime la façon dont ils m’utilisent tous les deux, et je suis impatiente de voir comment Archer va opérer maintenant qu’il est seul. 

Prends-moi, l’implorent mes yeux. Je suis à toi, fais de moi ce que tu veux.

Archer reste en retrait un instant. Il déboutonne lentement sa chemise, puis la laisse glisser le long de ses bras. Il retire ensuite sa ceinture et la laisse tomber par terre. Mais avant d’enlever son pantalon, il s’avance enfin vers moi. Je retiens mon souffle en le voyant debout devant moi. Ses doigts se glissent tout d’abord dans mes cheveux et il me fait relever la tête pour que je le regarde en face. 

Son baiser est doux et humide. J’ai l’impression que c’est la première fois, que nous cherchons tous les deux comment nos lèvres doivent communiquer. Il passe mon T-shirt par-dessus ma tête, puis s’approche de mes seins nus. Je soupire lorsqu’il prend un mamelon entre ses dents, le mordillant très légèrement. Une pression suffisante pour que mes nerfs s’enflamment de plaisir, mais pas assez pour me faire mal.

Puis il m’embrasse à nouveau sur les lèvres, plus passionnément cette fois, tandis que tous deux nous nous débarrassons de nos pantalons. Il approche son corps du mien et intensifie le baiser, sa langue se frayant un chemin dans ma bouche. Il me conquiert et me revendique. Là, dans la chambre, seuls tous les deux, j’ai le sentiment qu’il me fait sienne. J’ai l’impression d’être à lui, et lui à moi, et c’est tout ce qui compte.

Il enfonce sa bite dans ma chatte, dans un mouvement de va-et-vient, avant de se retirer suffisamment pour la laisser glisser plus bas. Je suis déjà trempée à ce moment-là et je l’accepte facilement. J’enroule mes jambes autour de son corps et je l’aide à me pénétrer, centimètre par centimètre, lentement, tout en l’embrassant. Ce soir, personne n’est pressé. Jordy ne va pas prendre la place d’Archer et faire ce qu’il veut de moi. Il n’y a que nous deux.

Et quand il me remplit enfin complètement, profondément englouti en moi, il laisse échapper un long râle de satisfaction et m’étreint. C’est comme s’il voulait que l’entièreté de nos corps soit en contact : jambes, bras, poitrines. Il se laisse aller de tout son poids sur moi quelques secondes, une merveilleuse pression masculine qui me fait me sentir en sécurité. 

Il reste en moi pendant une éternité, sans bouger, savourant le moment. Et lorsqu’il commence enfin à me baiser, c’est lentement et délicatement. Ses hanches ne font que se mouvoir légèrement contre les miennes. Ce soir, il ne fait pas que baiser, je pense, tandis que sa langue danse avec la mienne. C’est totalement différent de ce que nous avons fait jusqu’à présent. Il est en train de me faire l’amour. 

Même si le rythme reste lent, il n’en est pas moins intense. On sent un désir à fleur de peau, un désir grandissant qui passe de ses lèvres aux miennes. Ce désir se renforce à chaque seconde, à chaque perle de sueur qui se forme sur nos corps nus. 

Nous forniquons comme ça pendant des secondes, des minutes ou des heures ; il est difficile de dire combien de temps. Puis Archer se recule pour se redresser, m’entraînant avec lui afin de se repositionner sur le lit. Il est maintenant assis, et moi sur ses genoux, mes jambes toujours enroulées autour de lui. Je l’embrasse plus passionnément tout en me frottant à lui, et il se déhanche lui aussi au rythme de mes oscillations. Puis il détache ses lèvres des miennes, me saisit la nuque et plonge son regard dans le mien. Pour une raison qui m’échappe, le bleu de ses yeux semble plus profond qu’à l’accoutumée. 

Bras enlacés, nous nous regardons longuement dans les yeux et faisons l’amour jusqu’au bout de la nuit.

 

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