Nounou pour les Mercenaires: Une romance de harem inversé (French Edition)
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Archer
Je fais de mon mieux pour rester calme et naturel en pilotant l’hélicoptère alors que commence la visite guidée. J’indique le parc Deniz Kenari Milli, qui est magnifique vu du ciel. Ensuite, vient le boulevard de Bakou, qui est particulièrement beau le soir lorsqu’il est illuminé. Les trois Flame Towers, la célèbre place de la fontaine, le temple du feu Ateshgah. On vole ensuite au-dessus de Highland Park, où se trouve un mémorial de guerre en hommage aux victimes de l’armée soviétique en 1990. J’omets cette partie.
J’ai l’habitude de faire cette visite guidée. C’est en partie pour cette raison qu’on est arrivés tôt, après tout. Mais sous mes airs enjoués, je suis plus tendu que je ne l’ai jamais été de ma vie.
Comment ne pas l’être, alors que le diable tchétchène est assis juste derrière moi ?
Il ne parle pas beaucoup pendant la visite. Il grogne et prend acte de ce que je dis, mais ne fait aucun commentaire. Lors du survol de la vieille ville, les petites télévisions placées sur les dossiers des sièges affichent en surimpression le tracé du circuit de Formule 1. À ma grande surprise, ni l’un ni l’autre ne semblent s’y intéresser.
Bien sûr que ça ne les intéresse pas vraiment. Ils sont ici pour rencontrer Daniel Ricciardo. La visite n’est probablement qu’un contretemps pour eux.
Je me sens mal pour le garde du corps. Il n’est qu’un dommage collatéral dans tout ça. Je me console en me disant qu’il est tout aussi maléfique que Kadyrovic. Peut-être même plus. Kadyrovic a peut-être donné les ordres pour toutes les tortures qu’il a commises, mais les gardes du corps qui l’accompagnent partout sont ceux qui les exécutent. Je frissonne en pensant à ce que l’homme à la capuche a pu faire à son service.
– Notre visite se termine par un passage au-dessus du nord de la ville, dis-je dans le micro du casque. Vous ne pouvez pas manquer ça. Il y a un ancien cratère de météorite que l’on ne peut voir qu’à plus de six cents mètres d’altitude. Après ça, retour au bureau, où Ricciardo devrait nous attendre.
– Oui, excellent dit Kadyrovic.
Je commence à voler dans cette direction. Il n’y a aucun cratère de météore visible du ciel, mais une forêt dense où je peux sauter en parachute. Avec un peu de chance, le crash de l’hélicoptère enflammera certains arbres et fera brûler le tout un peu plus longtemps, masquant ainsi tout notre stratagème. Je passe en revue le plan dans ma tête. Un vol de cinq minutes jusqu’à l’endroit du crash. Une petite crête pour nous cacher de la ville, garantissant que personne ne me voit m’enfuir à la dernière minute. Je bloquerai le manche vers l’avant, ce qui fera tourbillonner l’appareil. Aucune récupération possible, même si l’un des deux passagers était un pilote aguerri. Une fois le manche bloqué, j’attraperai le parachute sous le siège, je l’attacherai sur ma poitrine et sauterai par la porte.
C’est si simple.
Pourtant, alors que nous prenons la direction du site, je commence à douter de moi. Je repense à l’agression de Trish hier, aux agissements de Kadyrovic depuis son arrivée en ville quatre jours plus tôt. D’après les notes d’Harrison, il n’a pas fait grand-chose. Il s’est promené en voiture en ville plusieurs fois par jour ou a déambulé sur le marché.
Mon instinct me dit que quelque chose cloche.
Je cherche mon téléphone portable dans ma poche. Il est éteint, pour s’assurer que ma carte SIM n’enregistre aucun de mes mouvements GPS pendant le vol ou la fuite qui s’ensuivra. Une précaution nécessaire. J’appuie sur le bouton pour l’allumer, sans me soucier du fait qu’il transmettra ma position à une tour radio. Pas grave, je l’éteindrai si tout est en ordre.
Je bloque le téléphone entre mes jambes, de façon que les gars derrière moi ne puissent pas le voir.
– Le cratère devrait être visible dans une minute, dis-je à la radio.
Le téléphone s’allume enfin et l’écran d’accueil s’affiche.
Dix appels manqués.
Quinze textos.
J’ouvre le premier :
Harrison : C’EST UN COUP MONTÉ. KADYROVIC SAIT. DÉGAGE.
Ce n’est que grâce à des années de pratique que je suis capable de rester complètement calme. Je glisse le téléphone entre mes jambes et passe ma main gauche à côté du siège, là où se trouve mon pistolet. Mes doigts palpent le plastique bon marché du siège avant de trouver l’étui.
Avant que je puisse le saisir, le métal froid du canon d’une arme à feu s’enfonce sur le côté de ma nuque.
– Niet, entends-je dire Kadyrovic dans le récepteur radio. Pas touche.
Putain.
– Un problème, Monsieur Kadyrovic ? je demande d’une voix beaucoup plus calme que je ne me sens.
– Ramenez-nous en ville, ordonne-t-il. Lentement. Si vous essayez quoi que ce soit, l’un d’entre nous vous abattra. Je peux vous assurer que j’ai la gâchette facile.
J’obtempère sans hésiter, et fais faire demi-tour à l’hélicoptère en douceur.
– Je ne comprends pas ce qui se passe, mais je suis certain qu’il s’agit d’un malentendu. Ou d’une erreur.
Le garde du corps encapuchonné qui n’a rien dit jusqu’à présent, se met à rire :
– La seule erreur, c’est ce que vous avez fait à mes frères à Prague.
Sa voix réveille un souvenir au plus profond de mon cerveau. Les poils de mon cou se dresseraient si l’arme à feu n’était pas pressée contre eux. Du coin de l’œil, je vois le garde du corps retirer sa capuche. Même à ce moment-là, je peine à le reconnaître. Il a dû avoir recours à la chirurgie esthétique pour son visage. Mais à entendre la voix, il n’y a aucun doute.
– Anton Novak.
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