Nounou pour les Mercenaires: Une romance de harem inversé (French Edition)
34 - Jordy
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Jordy
Dès que je comprends ce qui se passe, le déclic se fait dans mon esprit. Je me mets en mode protection, je m’assure que Kaylee est OK, puis Trish. Elles sont toutes les deux secouées par l’agression, mais semblent aller bien.
Ensuite, je commence à penser à ce que je ferais bien au type qui l’a attaquée. Il doit y avoir des vidéos de sécurité des boutiques du marché ; je pourrais les visionner toutes jusqu’à ce que je voie le type en question. La police de Bakou est notoirement corrompue. Quelques pots-de-vin bien placés nous permettraient d’obtenir toutes les autres images de sécurité de la ville. On pourrait remonter la trace de ce type, le trouver.
Et ensuite, je le réduirais en bouillie jusqu’à ce qu’il me supplie de lui épargner la vie.
Je suis surpris de voir à quel point je me sens protecteur à l’égard de Trish. Je l’ai toujours été avec Kaylee, bien sûr. Il n’y a rien de comparable à ce qu’un père ressent pour sa petite fille. Mais Trish m’importe vraiment, même si je ne la connais que depuis quelques mois.
Notre relation est spéciale, me dis-je en la rassurant sur le canapé. Et pas seulement sur le plan physique.
Comment les choses vont-elles se passer une fois rentrés à la maison ?
Pas le moment de penser à ça. Je me fais une note mentale d’y revenir plus tard. L’heure est venue de se concentrer sur la mission. Finies les distractions.
– Oublie la mission, dit Harrison. On rentre au pays. Ce soir.
Archer sursaute.
– Après tout ça, tu veux plier bagage et rentrer chez nous ?
– Oui. Ça ressemble à un piège.
Archer ricane. Je fais de même.
– Tu trouves pas ça louche ? insiste Harrison. Ça fait des jours qu’on attend que cet abruti de Tchétchène réserve la visite en hélico et il le fait quelques heures après l’attaque de Trish et Kaylee ? C’est une trop grande coïncidence.
– Parfois, une coïncidence n’est qu’une coïncidence, déclare Archer. Je ne pense pas que les deux événements soient liés.
– Si Kadyrovic soupçonnait quelque chose, dis-je, est-ce qu’il ne serait pas méfiant ? Pourquoi tomberait-il dans le piège ?
Harrison serre les dents.
– J’en sais rien. Mais je n’aime pas ça du tout. Toute cette histoire pue. Je le sens.
– On prendra des précautions supplémentaires demain, dit Archer. Je monterai armé dans l’hélicoptère. On engagera quelqu’un pour escorter les filles à l’aéroport.
Les filles. Je ne sais pas pourquoi, mais cette expression me plaît bien. Notre petite famille de mercenaires.
– Et si quelque chose semble suspect demain, termine Archer, on annule tout. Sinon, on s’en tient au plan. Il y a trop d’argent en jeu. Pas question d’abandonner la mission et de mettre en péril notre réputation auprès de la Mathos.
Cette dernière partie convainc Harrison. Si on abandonne une mission si près du but, toute notre équipe de mercenaires aura mauvaise réputation. On pourrait nous exclure de futurs contrats. Ou pire, la société pourrait cesser de travailler avec nous.
– J’aime pas ça, répète Harrison.
– Je n’aime pas beaucoup d’aspects de mon job, approuve Archer, mais je les fais quand même. Concentre-toi sur l’extraction de demain. (Il donne une tape sur l’épaule du grand homme.) Tout se passera bien, Harrison. Je te le promets.
Ce dernier laisse échapper un grognement de désapprobation.
On commande le dîner au service d’étage. Harrison et moi le récupérons dans le couloir ; le groom qui nous l’a monté se tient tout au bout, près des ascenseurs, et il nous fait un signe de la main et une révérence. De retour à l’intérieur, Harrison retire les cloches des plateaux et renifle les plats avec méfiance. Mais après quelques bouchées de contrôle, il est un peu moins sur la défensive.
Kaylee n’est absolument pas ébranlée par ce qui s’est passé au marché. Elle semble penser qu’il s’agit d’un jeu et explique qu’elle aimerait avoir un arc et des flèches comme son personnage de Minecraft.
– Je suis vraiment douée pour tirer sur les araignées, dit-elle avec assurance. Les Creepers sont un peu plus difficiles.
– Peut-être qu’on t’en offrira un pour Noël, dis-je.
Archer me regarde de travers.
– Hum, Noël 2029, j’ajoute rapidement. Quand tu seras adolescente.
Après le dîner, on se retire tous les trois dans le bureau du penthouse pour revoir une dernière fois les plans pour demain. Archer emmènera Kadyrovic dans l’hélicoptère. Je resterai au sol, comme pour n’importe quelle autre visite. Je fermerai le bureau pour le déjeuner, mais en réalité je me rendrai à l’aéroport.
– Je les amènerai à une altitude de sécurité, puis je bloquerai le manche en position avant, explique Archer. Ensuite, j’attraperai le parachute sous mon siège et je sauterai du cockpit. L’hélicoptère s’écrasera dans les vingt ou trente secondes. Harrison, tu attendras quelque part dans la zone du crash pour m’évacuer avec le parachute. Ensuite, direction l’aéroport et les chopes de bière à Bucarest pour célébrer l’événement avant de prendre notre vol de correspondance pour les États-Unis. C’est simple comme bonjour.
– Si tout se passe comme prévu, murmure Harrison.
Ce soir, tout le monde est d’humeur sombre et agitée. C’est comme si personne ne savait quoi faire. Une fois Kaylee endormie, Trish nous dit qu’elle est encore secouée et qu’elle va se coucher tôt. Je saisis le sous-entendu dans ses propos : elle n’a pas envie de batifoler aujourd’hui.
Je suis un peu déçu, mais je comprends. Moi aussi, j’ai les nerfs à fleur de peau. J’ai toujours du mal à me détendre la veille d’une mission importante.
Mais après m’être brossé les dents, je n’ai aucune envie de me glisser dans mon lit. Je vais donc dans l’autre couloir, frappe doucement à la porte de Trish, puis entre. Elle est assise dans son lit et chipote à son téléphone.
– Salut, dis-je.
Elle me sourit en s’excusant.
– Désolée, mais je ne suis pas vraiment d’humeur à faire quoi que ce soit ce soir. Ça ne te dérange pas ?
– Bien sûr que non, dis-je en fermant la porte derrière moi. Je ne suis pas là pour ça.
Elle fronce les sourcils.
– Alors pourquoi tu es là ?
Sans mot dire, je me glisse sous les couvertures avec elle. Je la tire à moi jusqu’à ce qu’elle se trouve contre mon torse, puis je lui caresse doucement le dos.
– Parfois, un homme a juste envie de câlins, réponds-je.
Elle rigole.
– Les câlins, c’est toujours bien ! Tant que tu gardes ton pyjama. N’essaie pas de me tenter.
– D’accord !
Trish se colle à moi et je savoure cette sensation. Elle pense probablement que je suis là pour la réconforter, alors qu’en réalité, c’est le contraire. Sa présence m’apaise. Elle me permet de ne pas m’inquiéter pour la suite des événements.
– Tu t’inquiètes pour demain ? demande-t-elle doucement.
Je grimace.
– Tu lis dans mes pensées. Ça me détend d’être avec toi. (Je fais glisser le bout de mes doigts sur sa nuque.) Quand je suis avec toi, j’ai l’impression de n’avoir à me soucier de rien au monde.
Elle laisse échapper un bruit joyeux et se colle un peu plus à moi. À choisir entre sexe et câlins, je préfère les câlins. C’est tellement mieux que de juste baiser.
– Je peux te demander quelque chose ? dis-je.
– Oh oh. Qu’est-ce qui se passe ?
– Rien de grave. Juste une petite faveur.
– Dis-moi.
Je retire mes plaques d’identité militaires et les fais passer par-dessus ma tête. Je saisis l’une de ses paumes et les y dépose.
– Tu gardes ça pour moi ? Jusqu’à ce qu’on se retrouve à l’aéroport.
Elle regarde fixement les plaques dans sa main.
– Bien sûr. Je te promets de les garder en lieu sûr.
Tandis qu’elle les enfile et les glisse à l’intérieur de son pyjama, je me détends peu à peu. J’avais peur qu’elle refuse. Même si ce n’est que pour une journée, j’ai l’impression de prendre une décision importante. Comme si je donnais à quelqu’un la clé de mon appartement.
Plutôt une clé de mon cœur. Je glousse en pensant à cette métaphore stupide.
Trish lève ses grands yeux vers moi.
– Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ?
J’ai envie de partager avec elle cette blague idiote, mais je ne veux pas en faire toute un plat.
– Rien, rien.
Avant qu’elle ne puisse insister, on frappe doucement à la porte. On se crispe tous les deux, craignant que ce soit Kaylee, mais lorsque la porte s’ouvre, c’est Archer qui se faufile à l’intérieur.
– Je ne suis pas là pour baiser, je te jure. Je voulais… oh. (Il cligne des yeux en me voyant.) Je venais te réconforter.
– Je n’ai pas besoin d’être réconforté, je blague, mais je parie que Trish appréciera un peu plus de chaleur humaine.
Trish rit à la plaisanterie, et Archer aussi. Il passe de l’autre côté du lit et Trish se retourne pour se blottir contre lui. Je m’enroule autour d’elle, l’enlaçant par derrière.
– J’aurais bien besoin d’un peu de réconfort, moi aussi, explique Archer.
– Ah bon ? Tu es encore nerveux avant les missions ? demande Trish.
– D’habitude non, mais ça fait un moment que je n’ai pas crashé d’hélicoptère. Et ce sera la première fois que je le fais exprès.
– J’aurais pensé que faire s’écraser un hélicoptère était un jeu d’enfant, dit-elle.
– Ça l’est. C’est très facile, en effet. Le tout est de s’écraser et de s’en sortir vivant.
– Oh. C’est vrai. La dernière partie est vitale.
Archer me jette un coup d’œil, puis se retourne vers Trish.
– En fait, je suis venu aussi pour une autre raison. Si quelque chose tourne mal demain, il ne doit y avoir aucune preuve que nous sommes des mercenaires américains ou britanniques. Demain, je retirerai tout ce qui permettrait de m’identifier. Mais j’aimerais que tu gardes mes plaques militaires…
Je lève les yeux au ciel.
– Oh, bordel…
– Je n’avais pas l’intention d’en faire toute une histoire, dit Archer en me lançant un regard en coin. Je veux simplement que quelqu’un les garde en lieu sûr. Je préfère faire confiance à Trish que de les mettre dans mes bagages.
Trish rigole.
– Quelle responsabilité !
Archer fronce les sourcils.
– Je suis désolé. Je ne te le demanderais pas si je ne pensais pas…
– Non, non, c’est pas ça. (Elle passe la main sous son haut de pyjama et en ressort mes plaques.) C’est pour ça que je rigole.
Archer les regarde, puis me regarde.
– Oh, putain.
– Quoi ? J’étais là en premier !
– Seulement parce que j’ai pris la peine de m’assurer que notre fille était endormie avant de me faufiler dans le lit de la nounou, réplique-t-il.
– Kaylee s’est endormie il y a une heure. Tu es juste vénère parce que j’y ai pensé en premier.
– Je peux les porter toutes les deux ! insiste Trish. (Elle saisit ses plaques à lui et les passe autour de son cou.) Ça ne vous dérange pas de coucher tous les deux avec moi en même temps, mais vous trouvez que c’est bizarre que je garde vos plaques à tous les deux pendant que vous êtes sur le terrain ? C’est ridicule.
Archer et moi échangeons un regard.
– Bien vu.
– Aucun souci pour moi si ça te va à toi aussi, dis-je. Tant que la mienne ne touche pas la tienne.
– En effet. Aucun contact.
Trish fait une grimace.
– Qu’est-ce que ça peut faire qu’elles se touchent ? Ce n’est pas comme si… (Elle s’interrompt.) Oh, OK. Compris. Ha ha.
Elle ajuste les plaques dans son haut, puis se blottit à nouveau entre nous. Je me moule contre son corps et soupire de bonheur.
– Vous trouvez que je suis une distraction pour vous ? demande-t-elle.
– Oui, réponds-je sans hésiter.
– Absolument, renchérit Archer.
– Ah bon ?
– Oui, mais tu es une distraction dans le bon sens du terme.
– Donc je n’entrave pas votre mission ?
– Quoi ? Bien sûr que non, réponds-je.
– Pas le moins du monde, dit Archer.
– Ah, cool, alors. (Elle marque une pause.) Je ne veux surtout pas devenir une distraction dans le mauvais sens du terme.
– Tu n’as pas à t’inquiéter de ça, lui fais-je en lui embrassant la nuque. C’est notre dernier jour ici. Ensuite, on remballe et on rentre chez nous.
Je me veux rassurant, mais j’ai la nette impression que ça ne fait que stresser Trish encore plus.
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