Nounou pour les Mercenaires: Une romance de harem inversé (French Edition)
32 - Harrison
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Harrison
Le vent s’engouffre dans mes cheveux tandis que je traverse Bakou à moto, me faufilant dans la circulation le long des rues étroites. Il suffirait d’un conducteur imprudent qui ne me voie pas pour que je m’écrase par terre ou que je finisse en tache rouge sur un pare-brise. Mais je préfère ne pas y penser. J’ai une mission et des objectifs très clairs. Je n’ai qu’une seule chose à l’esprit, ma concentration fait ma force.
Encore deux pâtés de maisons, me dis-je en me situant sur la carte que j’ai en tête. Si les informations sont correctes.
J’atteins l’intersection prévue et tourne à droite. Là, devant moi, je vois ce que je cherche. Une Mercedes-Benz noire. La voiture dans laquelle Kadyrovic se déplace depuis son arrivée en ville. Je relâche l’accélérateur et me glisse dans le trafic, comme n’importe quel autre habitant de Bakou.
Je suis la voiture de Kadyrovic pendant encore un kilomètre avant que son chauffeur ne s’arrête pour le laisser sortir. Je me gare nonchalamment en bordure de trottoir, laisse ma moto appuyée contre le mur d’un supermarché et poursuis ma route à pied. Je sors de ma poche une casquette de base-ball délavée et l’enfile en la rabattant sur mes yeux. Je n’ai pas l’air d’un local, mais je me fonds assez bien dans la masse.
Kadyrovic est flanqué d’un garde du corps et se promène dans un grand marché à ciel ouvert. Je secoue la tête avec dégoût. Ce type est l’un des hommes de main de Poutine, un criminel de guerre en tout point, et il a les couilles de se promener comme un touriste. Il est culotté. Arrogant, même. Il se croit intouchable.
Je sors mon appareil photo, prends quelques clichés des alentours et garde mes distances pendant que Kadyrovic se déplace d’un étal à l’autre. Il achète un kebab à un vendeur et le savoure tout en admirant le paysage. Le garde du corps ne regarde pas du tout autour de lui ; il fait à peine son travail. Le premier jour où notre cible est arrivée en ville, je pensais que d’autres hommes chargés de surveiller les arrières de Kadyrovic étaient dispersés dans les environs et que son garde du corps personnel semblait si décontracté parce qu’il n’était qu’un seul parmi tant d’autres.
Mais non, personne d’autre ne surveille ses arrières. Je m’en suis assuré après l’avoir suivi pendant plusieurs jours. Il n’y a qu’un seul garde du corps et une multitude de gens ordinaires.
Ce n’est pas la première fois que je pense à la facilité avec laquelle je pourrais l’éliminer sans attendre. Je pourrais sortir le pistolet de la poche de ma veste, m’approcher d’eux et mettre fin à leurs jours d’un simple claquement de doigts. Ça ne me demanderait pas le moindre effort.
Mais Archer a été très clair sur la mission : ça doit ressembler à un accident. Le contrat l’exige. Sinon, on ne sera pas payé.
Cela ne m’empêche pas de laisser courir mon imagination.
J’ai passé la plus grande partie de ma carrière dans l’armée à me tourner les pouces. Ils ne montrent pas ça dans les publicités de recrutement. On reste assis à ne rien faire, puis, une fois par mois, on participe à des manœuvres avant de recommencer à se tourner les pouces. Quant aux rares moments exaltants, ils passent si vite qu'on pourrait les rater en clignant des yeux.
J’aime travailler pour un groupe de mercenaires comme la société Mathos parce qu’on peut choisir nos propres missions. Les mercenaires sont des soldats de fortune, des tueurs à gages. Toutefois, la plupart du temps, on se tourne quand même les pouces en mission. Même maintenant, alors que je suis tranquillement notre cible sur le marché, je ne fais pas grand-chose. Ça me rend jaloux, qu’Archer soit celui qui finira par mettre ce type six pieds sous terre.
Pendant dix minutes, Kadyrovic joue au parfait touriste tchétchène. Il sourit aux vendeurs. Il marchande avec un homme avant d’acheter un chapeau qu’il donne à son garde du corps et lui fait porter. Le garde ne semble pas ravi, mais ça fait encore plus rire Kadyrovic. C’est une journée bien ennuyeuse et sans histoire.
Soudain, Kadyrovic jette un coup d’œil par-dessus son épaule et s’éclipse dans une ruelle, à l’abri des regards. Je fais rapidement le tour de la place du marché pour avoir un meilleur angle, juste à temps pour voir ma cible s’enfoncer dans un magasin de tapis. Le garde du corps se poste devant la boutique et le commerçant fait pivoter la pancarte sur la porte pour afficher un FERMÉ.
Qu’est-ce qu’il fait dans un magasin de tapis ? je me demande. C’est pour ça qu’il est venu ici ?
Deux minutes s’écoulent. Puis trois. Je suis adossé à un étal qui vend des tourtes à la viande, et le vendeur commence à rouspéter. Je fouille dans ma poche, en tire une poignée de pièces sans regarder, et les balance sur le comptoir sans jamais quitter des yeux le magasin de tapis. Le vendeur de l’étal est enchanté et essaie de me tendre une de ses tourtes, mais un regard de ma part et il me laisse tranquille pour de bon.
Que fait Kadyrovic à l’intérieur ? Quelque chose d’important à n’en pas douter. Un mouvement attire mon attention et je jette un coup d’œil.
Trish traverse le marché en tenant la main de ma fille.
Leur présence est aussi soudaine qu’inattendue. Trish regarde des souvenirs sur un étal et les décrit à Kaylee, qui se tient sur la pointe des pieds pour essayer de voir. Ma première pensée est la panique. Si elles me voient, elles risquent de compromettre ma couverture. Je rabats ma casquette sur mes yeux.
Ma deuxième pensée est de me dire combien Trish est belle. Cette femme qui n’avait jamais quitté la Caroline du Nord se sent parfaitement à l’aise dans un marché de Bakou. J’ai beaucoup pensé à elle ces derniers temps. Je l’ai toujours trouvée séduisante, mais aujourd’hui, je la trouve sexy. Ses cheveux dorés se balancent autour d’elle comme une auréole quand elle secoue la tête, refusant ce que le vendeur de l’étal lui propose. Son jean moulant met en valeur ses longues jambes et sa croupe rebondie que j’ai si intensément envie d’agripper à deux mains. Comment résister ? Les baisers que nous avons partagés, bien que forcés, ne nous ont laissés indifférents ni l’un ni l’autre. Je n’arrive pas à détacher mes yeux d’elle.
Je me ressaisis et reporte mon regard sur le magasin de tapis. Il faut vraiment que je m’envoie en l’air. Ça fait bien trois ou quatre mois. Je ne suis pas fan des escorts, mais je vais peut-être devoir faire une exception si la mission ici se prolonge.
Même si ce n’est pas vraiment avec une escort que je veux assouvir mes besoins, je pense en la regardant à nouveau.
Je grommelle tout bas, ce qui fait sursauter mon copain vendeur. Mieux vaut me concentrer sur mon travail. Il y a du mouvement chez le marchand de tapis, à l’intérieur, juste derrière la fenêtre. Je lève mon appareil photo pour regarder à travers l’objectif télescopique. Kadyrovic tend quelque chose au marchand. Je prends quelques photos avant de rabaisser l’appareil. Quoi qu’il se passe à l’intérieur de ce magasin…
Je perçois un mouvement du coin de l’œil qui me fait me retourner. Trish se tient à l’entrée d’une ruelle, mais quelque chose cloche. Un homme la saisit par le bras. Elle tente de se dégager, mais il resserre son emprise. À côté d’elle, Kaylee recule d’un pas prudent.
Sans y réfléchir, je lâche mon appareil photo et sprinte dans leur direction. Mes bottes martèlent le pavé tandis que j’allonge la foulée vers Trish et ma fille, toutes deux en danger. Je traverse des groupes de touristes et contourne des étals de vendeurs. Rien de ce qui m’entoure n’a d’importance alors que je me précipite pour les rejoindre le plus vite possible.
Quand j’atteins la ruelle, l’homme entraîne Trish de force, la bâillonnant de sa main. Elle se débat du mieux qu’elle peut, donne des coups de pied, mais rien n’y fait, face à cet homme plus fort qu’elle. Kaylee recule toujours, figée par la peur, son cerveau de huit ans ne comprenant pas ce qui se passe.
Je prends la mesure de tout ça sans ralentir. L’agresseur me voit au dernier moment, alors que je lui assène un coup d’épaule à pleine vitesse. Tout le monde tombe à la renverse, y compris Trish. Ma tête heurte celle de l’agresseur, et pendant quelques battements de cœur, ma vision devient floue. Je vois comme un flash éblouissant et ne peux que cligner rapidement des yeux pour retrouver la vue.
Des formes commencent à se redessiner, et je discerne enfin les contours de la ruelle. L’agresseur saisit à nouveau Trish, au niveau de la taille. Il arrache de sa poche une liasse de manats, ces billets colorés azerbaïdjanais, puis s’enfuit de la ruelle en chancelant avant de se fondre dans la foule. Quelques billets perdus flottent au vent derrière lui.
Je commence à le poursuivre, mais Kaylee s’accroche à ma jambe et pleurniche mon nom. Je détache mon attention de l’agresseur au prix d’un immense effort et me tourne vers les deux femmes qui comptent vraiment pour moi.
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