Redemption Blessée (French Edition)

Brook Wilder · Chapitre 17 sur 24

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Redemption Blessée (French Edition)

Chapitre 16

Nico

J'arpente le sol du salon, en regardant de temps en temps mon fils, qui suit chacun de mes mouvements avec ses yeux. Rory n'est partie que depuis trois heures, mais l'angoisse de la laisser partir commence déjà à me ronger. Elle avait raison hier soir : quelqu'un doit protéger Anthony, mais en fait, j'aurais dû le confier à ma sœur ou à sa meilleure amie et l'accompagner moi-même.

En ce moment, tout ce que je peux faire est d'attendre qu'on me dise qu'ils rentrent de la ville.

Mon portable sonne et je décroche immédiatement. —Ouais.

—Angelica est en sécurité, répond Vincent, une lourdeur dans la voix. Elle n'a rien dit pendant le trajet. Aucun problème.

—Bien, je déclare en serrant la mâchoire.

Je ne savais pas ce qui l'a fait sortir de ses gonds comme ça, mais ça pourrait être un grand nombre de choses, vraiment. Nous l'avons enlevée à ce qu’elle considérait comme un endroit sûr, mais après ce que j'ai vu ce matin, je ne peux plus lui faire confiance pour être près des garçons. Je ne sais pas quel est son état mental actuellement, et elle pourrait décider de mettre fin non seulement à sa vie, mais aussi à celle de son fils ou du mien.

Je ne peux pas prendre ce risque, et la chose la plus sûre à faire est de la séparer du groupe jusqu'à ce que nous puissions trouver une solution. Merde, je ne sais pas ce que je vais faire d'elle une fois que tout sera terminé, si nous survivons tous. Rory m'a laissé écouter son enregistrement, et j'ai ressenti le doux enfer qu'elle a enduré, ce qui m’a transporté lors de cette nuit qui a changé ma vie pour toujours.

Angelica a reçu le pire des traitements, mais elle ne m'en veut pas. Je ne sais pas ce que je ressens à ce sujet. Je suis aussi coupable que les autres. J'aurais dû me battre dur pour la protéger, pousser mon père jusqu'à ce qu'il renonce à faire ce qu'il lui a fait, et ensuite, essayer de la retrouver, en sachant qu'il n'est pas du genre à tuer un pion avant de le faire souffrir.

J'aurais dû faire toutes ces choses et plus encore, mais je ne l'ai pas fait, et pour cela, je ne me le pardonnerai jamais.

Maintenant, nous devons nous inquiéter pour elle et pour Lorenzo, et nous devons trouver ce que nous pouvons faire d'eux à l'avenir. —Combien de gardes as-tu laissé ?

—Trois, répond Vincent. Trois, c’est tout ce qu’il me restait de toute façon. Je peux rester là-bas.

—Non, je grogne. J'ai besoin de toi ici.

Quand Rory reviendra, nous allons bouger à nouveau. Je ne peux pas croire que mon père ne peut pas me trouver, et l'attaque contre le penthouse a été bien pire que ce que j'ai laissé entendre à Rory. Elle pense que seuls quelques gardes ont été tués, mais j'ai en réalité perdu six putains d'hommes, des bons gardes en plus, abattus comme s'ils étaient en train de dormir. Mon père m'envoie un message me disant qu'il vient chercher ma famille, et je ne peux pas laisser cela arriver.

C'est pour ça que je n'aurais pas dû laisser partir Rory aujourd'hui. Quelque chose me ronge de l'intérieur, mon inquiétude pour ma femme et sa sécurité commencent à prendre le pas sur toute pensée rationnelle. Je serais déjà moi-même en train de foncer vers la ville si Vincent était là pour protéger mon fils.

Mais j'ai fait une promesse à ma femme et je ne vais pas revenir sur ma promesse.

—Je serai bientôt là, déclare Vincent avant de raccrocher.

Je jette le téléphone sur la table et passe brutalement une main dans mes cheveux. Les gardes sont arrivés il y a trente minutes et tout va bien. Rory est dans son bureau et il n'y a aucun signe de menace.

Je dois y croire.

Ce que je n'arrive pas à croire, c'est que ma femme est propriétaire d'un putain de journal. Je suis si fier d'elle, et même si je sais qu'elle préférerait que Harper revienne d'entre les morts plutôt que d'être la propriétaire, cela en dit long sur ce qu'il pensait de Rory pour qu'il lui offre sa fierté et sa joie. Même si nous n'avons pas parlé de l'avenir et de si elle va continuer, j’aimerais qu'elle le fasse. Elle adore écrire. C'est sa passion, et comme ma sœur me l'a dit un jour, Rory est sacrément douée pour ça. Je ne suis pas un homme qui va la retenir, à moins, bien sûr, que sa vie ne soit en danger.

Je ne pense pas que Rory m'a compris hier soir quand je lui ai dit qu'elle était mon âme. Je connais parfaitement tout chez elle, de la façon dont elle pince ses lèvres quand elle pense à quelque chose jusqu'au rire qui m’indique qu'elle s'amuse vraiment. J'entends chaque respiration qu'elle prend quand elle dort, et la nuit dernière, je l'ai serrée aussi fort que possible sans qu'elle panique à ce sujet, effrayée à l'idée que ce soit l'une des dernières fois que je le fasse. Cette guerre arrive à son paroxysme, et je devrai bientôt combattre mon père moi-même. Il ne s’arrêtera pas tant que je ne l’aurais pas tué, et si cet article de merde tombe à l'eau, je devrais aller après lui.

Il y a de fortes chances que je n'y arrive pas, mais ce sera une vraie surprise pour lui.

Anthony fait du bruit et je m’approche pour le sortir du parc. Mon Dieu, il me ressemble, mais il y a aussi des signes de Rory en lui. Je n'ai jamais pensé vouloir être père, mais tenir mon fils comme ça est un sentiment que je ne peux pas décrire.

J'ai presque raté ça. J'étais tellement absorbé par ce que mon père faisait, et comment je voulais le détruire, que j'ai presque abandonné ma vie entière à la rage.

Rory m'a sauvé. Cette rencontre inattendue à la fête, son sourire sur moi, c'est ce qui m'a sauvé, et je vivrais pour ce sourire chaque putain de jour de ma vie. Je me fous de la mafia ou du fait que si mon père meure, je serais aux commandes. Je n'ai jamais voulu l'être. Je veux que tout disparaisse, et maintenant, j'ai plus que jamais une raison de m'assurer que la mafia D'Agostino ne renaît pas de ses cendres une fois que nous aurons pu écarter mon père.

Quand je serai capable de le faire.

—Où est ta maman, hein ? je demande à mon fils en pressant mes lèvres contre sa tempe et en priant pour recevoir rapidement un appel. Anthony est la meilleure partie de moi, mais Rory était ce pour quoi je vivais. Elle était plus que ma femme. Je l'ai traitée comme de la merde les premiers mois de notre mariage parce que je ne savais pas ce que j'avais devant moi. Mais maintenant, je sais qu'elle est toute ma vie. Rory apaise le monstre en moi, et si je n’étais pas en pleine guerre avec mon père, je baisserais les armes pour toujours.

Bien sûr, ils m'insulteront, me diront que je suis un lâche, mais il y a des choses plus importantes dans ma vie, à savoir celle que je tiens dans mes bras. Je ne veux pas que mon fils grandisse comme moi, même s’il ne le fera pas, grâce à sa mère. Anthony saura que je l'aime et je le soutiendrai dans tout ce qu'il fera. Mon père avait une chose en tête quand je suis né, et quand il s'est rendu compte que je ne lui ressemblais pas du tout, il m'a mis de côté, en espérant un fils plus fort qu'il pourrait façonner en monstre.

Il n'a pas eu d'autre enfant, pas légitimement, et il sait que la mafia n'acceptera pas n'importe qui.

D'où la stratégie avec Lorenzo, dans l'espoir qu'il serait considéré comme le mien.

Maintenant, mon père n'a plus rien. J'ai Lorenzo et Angelica. Elias est putain de mort, et Carmine ne peut pas atteindre ma famille ou moi. Je mourrais avant.

Je commence à l'atteindre, d'où la raison pour laquelle il a attaqué le penthouse. Sa réaction est comme celle d’un gamin qui jette son jouet parce qu'on ne veut pas faire ce qu’il veut, et je sais que je suis sur le point de le détruire.

Je dois juste m'accrocher un peu plus longtemps et assurer la sécurité de ma famille en même temps.

En reprenant mon souffle, je repose Anthony dans son parc et prends mon téléphone portable, mais je ne trouve aucune notification du garde qui accompagne ma femme. Nous utilisons tous des téléphones à cartes pour le moment, et Rory est partie sans téléphone pour que son garde s’occupe de donner des nouvelles.

Putain, c'est de la torture, et je déteste ça. Je veux savoir. Je déteste être dans le noir à propos de n’importe quel sujet.

Vincent arrive peu après en haussant un sourcil. —Ça va, patron ?

—Putain, non, je souffle en m'agrippant les cheveux. N'auraient-ils pas dû revenir maintenant ?

Vincent fronce les sourcils et regarde sa montre. —Tu n'as pas eu de nouvelles ?

Je fais non de la tête et il sort le téléphone à carte qu'il porte, puis cherche le numéro de celui du garde de Rory. Il compose le numéro avant de porter le téléphone à son oreille. Je le vois lever le pouce lorsque quelqu'un décroche.

—Statut ?

Mais son pouce levé est rapidement remplacé par de l'inquiétude sur son visage.

—Putain, qui ça ?

—Quoi ? je demande en me levant du canapé. Qu'est-ce qu’il y a ?

La mâchoire de Vincent se serre et il tend le téléphone. —C'est—putain, c'est ton père.

Tout le sang s'écoule de mon visage alors que je lui arrache le téléphone des mains.

—Nicolas, salue-t-il d'une voix joyeusement inquiétante. Tu m'as fui.

—Qu'est-ce que tu veux ? dis-je à la place, ne jouant pas à son jeu. S'il a un téléphone à carte, alors il y a quelque chose qui ne va pas, quelque chose que je ne veux même pas imaginer, mais au fond de moi, je le sais déjà.

Mon père siffle dans le téléphone.

—Tu vois, j'essaie d’avoir une conversation avec mon fils, et tout ce qu'il veut, c'est que j’aille droit au but. Bien. J'ai ta femme.

Je ferme les yeux, mes pires craintes se réalisent. Il a Rory.

—Tu sais que j'ai essayé de l'avertir, poursuit-il alors que je m’effondre en putain de morceaux à l'intérieur de moi. J'ai essayé de lui dire de garder son nez hors de ma merde, mais elle n'a pas pu s’en empêcher. Il rit.

—Le plus drôle, c'est que je l'aime bien. C'est une sacrée femme, Nicolas.

Je ravale la bile qui monte au fond de ma gorge. —Qu'est-ce que tu veux ? je demande d'une voix rauque.

—Que je veux ? répète-t-il. Je veux que tu viennes dire au revoir à ta femme, fils. Je vais faire toutes les choses dont j'ai parlé lors de notre petite visite. Elle a franchi une limite et elle doit être punie.

—Prends-moi, dis-je désespérément. Tu me veux, n'est-ce pas ? Tu veux me tuer, c'est ça ? Prends-moi à la place.

Vincent traverse la pièce avec un air meurtrier, mais je n'en ai rien à foutre. Rory ne mérite pas d'être dans le collimateur de la colère de mon père. Il m'a toujours voulu, et je l'ai entraînée dans cette merde.

—Tu vois, répond mon père. J'accepterais volontiers cette offre, mais il semblerait que ta femme compte plus pour toi que je ne le pensais. Alors non, Nicolas, je n'échangerai pas Rory contre toi. Cependant, je te laisse lui dire au revoir. Je suis sûr que tu aimerais voir Rory avant que je la découpe.

Ça n'arrivera pas. Je ne laisserai pas mon père l'avoir. Elle ne lui survivra pas, peu importe à quel point elle est forte.

—Où ?

Il récite l'adresse d'un entrepôt près de la rivière Hudson. —Je sais que tu es loin de la ville, alors je vais te donner tout le temps dont tu as besoin pour venir ici, mais ne me pousse pas trop, Nicolas. Je suis déjà beaucoup trop généreux.

—Donne-moi ta parole qu'elle ne sera pas blessée, je demande. Ta parole.

—Bien, bien, soupire-t-il. Je te la donne, mais ne prends pas trop de temps. Je détesterais devoir les blesser toutes les deux.

Il raccroche avant que je puisse réaliser ses derniers mots, et je jette le téléphone à Vincent.

—Vérifie auprès des gardes d'Angelica.

—Tout allait bien, commence-t-il.

—J'ai dit, vérifie, je grogne en l’interrompant. Mon père a toujours un plan de secours, et puisque les garçons sont avec moi, il n'y a qu'une seule autre personne qu'il voudra avoir entre ses mains.

Je regarde Vincent laisser sonner le téléphone au moins dix fois. —Ils ne répondent pas, dit-il à voix basse.

—Ils ne répondront pas, je soupire. Il a Rory et Angelica.

—Tu n’en es pas sûr.

Je me tourne vers lui.

—Putain, si, j’en suis sûr ! Il a ma femme, et il va la tuer, ainsi qu'Angelica ! Il m'appâte, m'emmène là-bas pour pouvoir régler les derniers détails.

La mâchoire de Vincent s’agite.

—Quel est le plan ?

Merde, je ne sais pas, mais en regardant mon fils endormi dans le parc, je sais que je ne peux pas regarder sa mère mourir entre les mains de mon père. Elle mérite mieux.

—Rassemble les gardes qui nous restent. Nous allons chez mon père. Il veut toujours me voir mort. J'en suis sûr à 100%.

Mais je ne vais pas le laisser emmener Angelica ou Rory avec moi. S'il me tue dès mon arrivée, alors elles sont presque mortes, mais si nous arrivons à prendre le dessus sur les gardes qui, j'en suis sûr, encercleront l'entrepôt, nous aurons une chance. Mon père déteste être acculé dans un coin, avoir l'impression qu'il perd le contrôle, et c'est ce que je dois absolument faire.

—Nous allons la faire sortir, dit doucement Vincent alors que je me penche et que j'embrasse le front d'Anthony, au cas où je ne survivrais pas à la fin de cette guerre.

J'ai ce bonheur entre les mains, tout ce dont je pensais ne pas avoir besoin, et il est sur le point d'être arraché. Merde. J'ai tellement de regrets avec Rory, il y a tellement de choses que je voulais faire avec elle, lui montrer, je voulais subvenir à ses besoins et à ceux de notre fils.

Je doute d'en avoir l'occasion maintenant.

Je me redresse et me force à me détourner et à aller chercher mon manteau qui est posé sur le dossier de la chaise.

—Je veux partir dans dix minutes.

—Oui, Don, répond Vincent en quittant la pièce pour s'assurer que cela soit possible.

Je prends une inspiration et ajuste mes manches en pensant à toutes les façons dont je veux tuer mon père.

L'un de nous ne s'en sortira pas vivant.

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