Redemption Blessée (French Edition)

Brook Wilder · Chapitre 23 sur 24

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Redemption Blessée (French Edition)

Chapitre 22

Nico

J’ajuste ma veste tout en récupérant mes affaires dans le bac et en les remettant dans mes poches pour pouvoir suivre le garde jusqu'à la cellule de mon père.

La cellule de mon père. C'est une sensation foutrement incroyable à chaque fois que j'y pense, il ne va plus nous terroriser. La mafia a disparu, elle est dissoute et les capos se sont dispersés. Les fédéraux ont saisi la plupart des biens de mon père, mais j'ai obtenu le manoir de Long Island, que j'ai prévu de vendre à la première occasion, ainsi que quelques-unes de ses entreprises qui n'ont pas été détruites pendant la guerre.

Maintenant, je veux le voir. Je veux qu'il constate qu'il ne m'a pas détruit en essayant de me tuer, qu'il ne m'a pas démoli.

Au contraire, il va être celui qui vivra avec le fait qu'il n'a pas pu abattre son propre fils.

Je suis conduit dans une pièce avec une cloison en verre, et mon père ne tarde pas à s'installer de l'autre côté, les mains liées par des menottes qui pendent à la ceinture autour de sa taille. Il a l'air vieux, l'habit de la prison pend sur son corps comme s'il avait perdu du poids.

—Alors, commence-t-il avant que je ne puisse dire un mot. Tu es venu pour jubiler, je suppose ?

C'est exactement ce que je suis venu faire.

—Tu ressembles à une merde.

Il hausse un sourcil.

—Et tu as l’air d’avoir survécu après avoir frôlé la mort. Félicitations, fils. C'est bon de savoir que je ne t'ai pas tué.

Ouais, je n'y crois pas. Je hausse les épaules pour apaiser la soudaine tension.

—Je voulais juste que tu saches que ta mafia n'existe plus. Je l'ai dissoute. Aucun capo n'est en charge.

À ma grande surprise, il ricane.

—Qu'est-ce que tu crois, Nicolas ? Je suis en putain de prison, pas enterré six pieds sous terre. Je sais exactement ce qui se passe avec ma putain de mafia.

—C'est là que tu te trompes, je souris. C'est ma putain de mafia maintenant que tu portes la combinaison orange, et j'ai fait exactement ce que j'ai toujours voulu faire. Tu es fini.

Il incline la tête.

—Si c'est ce que tu penses, fiston. La mafia n'est pas qu'un putain de peuple. C'est une entreprise, un requin qui reviendra tâter le terrain le moment venu. Tu continues de penser que tu as l’avantage ici, mais un jour tu verras que tu ne l’as jamais eu.

J'ai terminé.

—Au revoir.

Il ne répond pas, et je sors, ses mots tournant dans ma tête. Il a peut-être raison. Si les mafias mettent du temps à se former, ce sont les petits groupes là-bas qui finissent par construire une mafia, et il y a de nombreuses merdes qui aimeraient prendre la place D'Agostino à New York.

La bonne nouvelle, c’est que je n'en ferai pas partie. J'en ai fini avec cette vie, cette partie de moi, et je suis prêt à être simplement un mari et un père.

Pas seulement à deux personnes non plus. Je suis en train de finaliser les papiers pour adopter Lorenzo officiellement. Rory et moi en avons discuté, et la meilleure option est qu'il reste là où il commence à se sentir à l'aise, avec nous, et avec Rory en particulier. Je pense qu'il la voit déjà comme sa mère de substitution de toute façon, étant donné qu'il a plus de liens avec elle qu'il n'en a jamais eu avec Angelica.

C'est logique, et même si le deuxième enfant est une surprise, je suis parfaitement ravi avec un troisième.

Le soleil réchauffe mon visage lorsque je sors de la prison et que je me dirige vers la voiture qui m’attend. Je suis heureux d’avoir un poids en moins sur la poitrine.

—Alors ? demande Vincent à mon approche, appuyé contre la porte. Comment va ce connard ?

—Il est le même, dis-je. Il est fini, et il le sait.

—Bien, répond Vincent. J'aurais vraiment aimé le tuer.

Il y a eu un moment où je le voulais aussi, mais la prison est une torture dont il ne peut pas sortir. La mort serait une sentence beaucoup trop gentille pour des gens comme lui, et je suis content qu'il soit dans un endroit qui ne se pliera ni devant son nom, ni devant sa putain d'attitude comme le faisaient les capos.

—Ramène-moi à la maison.

Il hoche la tête et je grimpe à l'arrière de la voiture, appuyé contre le siège. Je suis insulté de traître par certains pour ce que je fais avec les fédéraux. Certains veulent me tuer pour avoir révélé les secrets au département de police, mais pour que Rory et moi ayons un avenir normal, il fallait le faire.

Maintenant, j'attends avec impatience notre futur, notre temps ensemble et la maison que nous devons trouver à la place du penthouse. Elle ne le sait pas non plus, mais je veux toute cette merde de maison avec jardin, un endroit où les enfants peuvent courir et être juste des enfants. Je veux la voir dans le jardin la nuit pendant que nous faisons des choses en famille, comme faire griller des guimauves et regarder les putains d’étoiles.

Je veux tout ça. Pendant la plus longue période de ma vie, j'ai été consumé par la colère et la vengeance, je me suis lentement laissé être rongé par le besoin de détruire mon père. Je voulais m'assurer qu'il soit mort.

Désormais, il est pris en charge et je veux retrouver ma vie. Je veux être heureux et Rory me rend heureux.

Notre fils me rend heureux.

En regardant par la fenêtre, je fais un petit sourire à mon reflet. La façon dont cette histoire a commencé est drôle, mais la fin est bien mieux que celle que j’avais imaginée. Je n’arrive même pas à considérer cela comme une fin.

Putain, c'est bon d'être moi.

 

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