Redemption Blessée (French Edition)

Brook Wilder · Chapitre 20 sur 24

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Redemption Blessée (French Edition)

Chapitre 19

Rory

Je m'assois sur la chaise à côté de Vincent, les bras enroulés autour de ma taille et un café froid posé sur la table devant moi. Cela fait deux heures depuis la dernière mise à jour : Nico est toujours en chirurgie et tout se passe comme prévu.

Je ne sais pas ce que veut vraiment dire "comme prévu", mais il n'est pas mort, et c'est tout ce qui compte. Personne ne nous a communiqué exactement ce qui s'est passé pour justifier une intervention chirurgicale, et je n'ai pas pris la peine de demander à Vincent ce qui n'a pas fonctionné dans leur plan.

Le gilet aurait dû arrêter les balles, et tout ce que Nico aurait, c'est des côtes contusionnées.

—Quel était le plan ? je me retrouve à demander.

Vincent laisse échapper un souffle lourd.

—Il a dit qu'il devait réussir à entrer. J'ai essayé de le dissuader, je lui ai dit que ce n'était qu'un piège, mais Nico le savait. Il a dit qu'il n'y avait pas d'autre raison pour que son père t’enlève, c’était pour l’attirer. Je l'ai convaincu de mettre le gilet. Je savais que Carmine allait probablement profiter de l'occasion pour tirer en premier.

Un léger semblant de sourire traverse son visage avant de disparaître. —Il m'a dit que tu le tuerais toi-même si tu savais qu'il y était allé sans protection.

Je lui adresse un petit sourire.

—C'est vrai. Pourquoi ça n'a pas marché ?

—C'est ce que j'ai essayé de comprendre, répond-il en passant une main dans ses cheveux. Peut-être qu'il était trop près ? Peut-être à cause du type de balles que Carmine a utilisées ? Putain, je ne sais pas, mais si j'avais su…

—Tu n’aurais pas pu l'arrêter, je l’interromps. C'est Nico.

Vincent soupire.

—Oui tu as raison.

Il me regarde.

—Tu aurais dû le voir quand il l'a appris, Rory. Je pensais qu'il allait devenir fou.

Je me mords la lèvre face au nouvel assaut de larmes qui menace. Je ne peux même pas imaginer ce qu'il a dû traverser, en sachant qu'il devait quitter notre fils pour venir me sauver et qu'il allait probablement mourir essayant de le faire.

—Où est-il ?

Je relève les yeux et découvre Leda dans l'embrasure de la porte, son regard plein de larmes posé sur moi.

—Où est mon frère ?

Je me lève et nous nous rejoignons à mi-chemin, jetant nos bras l'une autour de l'autre.

—Il est en chirurgie, dis-je alors qu'elle sanglote contre mon épaule. Il va bien.

—Cela n'aurait pas dû arriver ! gémit-elle alors que je lui frotte le dos. Il aurait dû partir il y a longtemps, laisser tomber cette guerre avec notre père !

Je ne pourrais pas être plus d'accord. Cela a duré bien trop longtemps, et même si la vengeance de Nico a été l'une des raisons pour lesquelles nous nous sommes rencontrés ce soir-là, je préférerais qu'il ne laisse pas la colère prendre le dessus sur lui. Il a été nourri par la haine, la haine de ce que son père lui a fait faire et les mensonges qu'il a racontés à Nico au fil des années en lui faisant croire qu'il avait un fils caché.

—Tout cela appartient au passé, lui dis-je, les mots étouffés. Nico a besoin que nous nous concentrions sur lui.

Elle recule et s'essuie les yeux.

—Bien sûr. C'est mon frère et je ne peux pas le perdre. Je ne peux pas. Leda fond à nouveau en larmes et je la conduis vers une chaise et l’incite à s'asseoir.

—Moi non plus, lui dis-je en serrant sa main dans la mienne. Et nous n'allons pas le perdre. Je ne laisserai pas cela arriver.

Leda pose sa tête sur mon épaule, et nous restons assises là, nos mains entrelacées alors que je lance une autre prière silencieuse pour la centième fois depuis qu’on a tiré sur Nico. Je ne sais pas si cela fonctionne, mais il est toujours vivant en ce moment, et je n'abandonnerai pas jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire.

Peu de temps après l'arrivée de Leda, Emilia fait irruption par la porte et mes larmes reprennent lorsqu'elle demande ce qui s'est passé et examine mon ecchymose.

—Bon Dieu, Rory, murmure-t-elle, les larmes pétillant dans les yeux. Qu’est-ce que je peux faire ?

—T’asseoir ? je demande, mon corps tremblant. Attendre avec moi ?

Emilia hoche la tête et Vincent s'avance pour que Leda soit d'un côté et Emilia de l'autre, nos mains jointes. De temps en temps, Leda laisse échapper un sanglot, mais je reste en grande partie impassible, je ne sais même pas s'il me reste des larmes.

Enfin, un homme en blouse chirurgicale entre et nous nous levons tous, mon cœur martelant dans ma poitrine.

—Il est sorti du bloc opératoire, déclare-t-il. Une balle s'est logée dans son poumon, j'ai donc dû la retirer. Un autre a entaillé une petite artère, d'où provenait le saignement. D'une manière ou d'une autre, elles ont toutes raté son cœur. Je ne peux pas vous dire à quel point votre mari est extrêmement chanceux en ce moment.

—Comment va-t-il ? je demande nerveusement.

—Il est stable, déclare le chirurgien d’un air épuisé. Les constantes vitales sont bonnes, et je l'ai gardé sous ventilateur juste par précaution. Il a besoin de temps pour guérir, mais j'imagine que nous retirerons le tube demain matin.

Il regarde Vincent.

—Vous pouvez aller le voir, mais s'il-vous-plaît, ne le stimulez pas. Les prochaines heures sont cruciales pour sa survie.

—Vas-y, dit Leda quand je la regarde. Tu dois le voir en premier.

J’en ai désespérément besoin. Le chirurgien m'emmène vers l'unité de soins intensifs, où je ne vois que des machines et des bips constants qui résonnent dans l'air.

—Il est ici, dit-il en posant une main sur mon épaule. Restez aussi longtemps que vous en avez besoin.

—Merci, dis-je avant d'entrer dans la chambre froide. Ici, il y a encore d’autres machines et des bips, mais mes yeux se posent sur l'homme dans le lit, sa poitrine emmaillotée par des bandages. Un tube pend toujours de sa bouche, car la machine l'aide à respirer, mais la fréquence cardiaque régulière sur le moniteur à côté du lit est tout ce que j'ai besoin de voir.

Nico est vivant.

Prudemment, je me dirige à son chevet et touche sa main, que je trouve froide.

—Je suis là, mon amour, lui dis-je en lui caressant le dos de la main. Je suis là. J'ai besoin que tu reviennes auprès d’Anthony et moi. Nous ne pouvons pas vivre sans toi. Ta sœur a besoin de toi. Vincent a besoin de toi. Tu es notre pilier, et...

Je ne peux pas continuer, ma gorge se serre devant l'émotion. Je voudrais lui dire ce que je ressens, lui dire qu’il est ma vie, mais ces mots semblent si insignifiants comparés à ce que je ressens vraiment pour Nico.

Alors, je me penche en avant et je pose mes lèvres sur son front, le seul endroit où il n'y a pas de tube qui ressort.

—Reviens-moi, je murmure contre sa peau. Reviens-moi, Nico.

**

Le lendemain, Leda et moi nous rendons à son chevet, heureuses de voir qu'ils ont retiré le tube. L'infirmière nous explique qu'il respire très bien et que les médicaments qu'ils lui ont donnés quand il était sur la table d’opération mettent du temps à se dissiper, c'est pourquoi ses yeux ne sont pas ouverts.

—Il vous entend très bien, dit-elle en me tapotant le bras. Peut-être que vous pouvez l’aider à se réveiller.

Je me dirige vers lui et pose ma main sur son front, lissant légèrement ses cheveux en arrière. Il a récemment été lavé et il sent le savon pour bébé que j'utilise pour Anthony.

—Il détesterait savoir qu'ils lui ont fait sa toilette, murmure Leda en touchant la main de son frère de l'autre côté du lit. Il n'est pas du genre à laisser quelqu’un faire ça.

Je retiens mon sourire, repensant à toutes les fois où je lui ai fait sa toilette. —Tu as raison.

—Je n’arrive pas à croire que cela se produise, poursuit Leda. Notre père a tiré sur son propre fils. Quel genre de monstre fait quelque chose comme ça, Rory ? Pourquoi ?

—Peut-être qu'il est jaloux que son fils soit bien plus fort qu'il ne pourra jamais l'être.

—Peut-être, répond sa sœur en regardant son frère. Tu sais, en grandissant, je priais pour avoir une famille normale. Je voulais des vacances en famille, des fêtes et toutes les choses que mes amis avaient. Nico était la seule personne bienveillante dans ma vie, et c'est grâce à lui que je ne suis pas devenue une personne haineuse comme mon père.

—Je n'y crois pas, je réponds doucement. Tu es attentionnée. Tu es une personne incroyable.

Leda hausse légèrement les épaules.

—Peut-être.

Elle recule du lit.

—Je vais prendre un café. Tu en veux un ?

—Non merci, dis-je en secouant la tête. Ça va.

Elle sort alors que je laisse échapper un petit soupir, et je passe mes doigts sur le front de Nico. Je veux voir ses jolis yeux. Je veux entendre sa voix.

Je veux savoir s'il va bien. Le chirurgien a déclaré qu'il allait avoir quelques jours difficiles, mais qu'il allait se rétablir complètement.

Je serai là à chaque étape.

—Tu as fini de parler de moi ?

Je fige mon mouvement sur le front de Nico lorsque sa voix rauque remplit l'air et que ses yeux s'ouvrent, se concentrant sur mon visage. —Depuis combien de temps es-tu réveillé ? je demande en haussant un sourcil.

Ses lèvres se lèvent en un sourire moqueur.

—Peut-être assez longtemps pour entendre ma sœur chanter mes louanges.

Mon cœur se met à battre plus vite.

—Je devrais te frapper, mais je me sentirais mal de frapper un invalide.

Il éclate de rire puis gémit en se tenant le ventre. —Putain, ça fait mal.

J'ai du mal à retenir les émotions qui me traversent. —Comment tu te sens ?

—Comme si quelqu'un m'a roulé dessus avec un poids lourd, déclare-t-il. Ma gorge me tue.

—C'est parce que tu avais un tube dans la gorge, je réponds doucement alors que ma voix se brise.

C'est une image que j'espère ne plus jamais revoir pour le reste de ma vie, Nico était impuissant, et je ne pouvais rien faire d'autre que prier.

Son expression s'adoucit.

—Je suis désolé, Rory. Je ne pouvais pas ne pas venir te chercher. Quand il m'a appelé, je ne pensais plus qu'à toi.

—Il a failli te tuer, je murmure, uniquement parce que je ne fais pas confiance à ma propre voix. Il a tué Angélica.

Nico fronce les sourcils.

—Quoi ?

—Il lui a tiré dessus, dis-je en essuyant mes larmes. Je sais qu'il ne savait pas. Tout s'est passé si vite avant qu'il ne soit mis à terre, et il n'y avait aucune chance qu’il ait pu voir sa silhouette gisant sur le sol.

—C'est de ma faute. Je n'aurais jamais dû le pousser aussi loin. J’ai causé sa mort.

—Arrête, dit Nico en tendant la main pour saisir la mienne. Ce n'est pas de ta putain de faute. Rien de tout cela. Tu essayais de l'aider.

Je prends une grande inspiration. Ne réalise-t-il pas que tout ce que j'ai fait, et la manière dont je l’ai impliquée, est la raison pour laquelle elle est morte ?

—Comment peux-tu ne pas dire que j’ai causé sa mort ? Carmine l'a poursuivie à cause de moi.

Nico hausse un sourcil.

—As-tu pointé le pistolet sur sa tempe, Rory ? L'as-tu gardée enfermée pendant des années sans aucun moyen de s’enfuir ? Tu essayais de rendre sa vie à Angelica. Elle n'a pas essayé avant.

Il s'éclaircit la gorge et j'attrape le verre d’eau sur la table, et je le laisse prendre quelques gorgées.

—En plus, dit-il. Carmine en avait après toi de toute façon, que tu envoies cet article ou non. Il savait que tu étais ma seule faiblesse à laquelle je ne pourrais pas tourner le dos. Merde, je serais probablement venu pour Angelica aussi.

Je pense aussi qu’il l’aurait fait. Nico est ce genre de personne, derrière le personnage qu'il aime incarner.

—Et Lorenzo ? je demande à la place. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

—Pour le moment, répond-il en me serrant doucement la main. Je dois foutre le camp d'ici à la première occasion, et nous rentrerons à la maison.

—Ce sera dans quelques jours, lui dis-je, mes lèvres se soulevant en un sourire fatigué.

Honnêtement, je ne sais même pas quel jour nous sommes. Depuis mon arrivée, je ne suis pas repartie. J’ai dormi dans une chambre réservée aux familles et je me suis fait apporter des vêtements par Leda et Emilia. Avec la pandémie toujours en cours, si je partais, ils ne me laisseraient pas revenir, et rien ne m’éloignera du chevet de Nico. —Tu dois te reposer et devenir plus fort avant de pouvoir commencer à parler de rentrer à la maison.

Il gémit, pas du tout excité par cette perspective. —Eh bien, tu vas devoir me donner le bain. Je veux que tu sois très minutieuse.

Je souris à travers mes larmes alors que je me penche et presse mes lèvres sur son front.

—Je t'aime, je souffle, si heureuse de ne pas avoir dû lui dire au revoir. J'y ai pensé plusieurs fois pendant son opération, qu’il y avait une possibilité que je doive lui faire mes adieux, et ça m’aurait déchirée en deux de le faire.

—Je t'aime, répond-il. Et quand je serai sorti d'ici, je te montrerai à nouveau à quel point.

Mon corps frémit.

—Le médecin a dit qu'il faudrait un certain temps avant que cela puisse arriver.

Les yeux de Nico brillent chaleureusement.

—À quand remonte la dernière fois que j'ai suivi les conseils de quelqu'un ? Il tapote le côté du lit, loin de son côté blessé.

—Pourquoi tu n’es pas ici en ce moment ?

Je lève les yeux au ciel, je ne veux rien de plus que d'être pelotonnée à côté de lui.

—Patience, mon amour, patience.

Son sourire de loup est si déplacé après les blessures qu'il a subies. Je veux dire, honnêtement, il ne devrait pas du tout y penser. —Je m'en souviendrai, mon amour.

Mon Dieu, que je l’aime.

**

Leda

Je me tiens à la porte, et je regarde ma belle-sœur et mon frère s'embrasser tendrement. J’ai eu peur de nombreuses fois dans ma vie. Je suis une D'Agostino, après tout, mon père est un Don de la mafia, mais la panique que j'ai ressentie quand Vincent m'a appelée pour me dire qu’on avait tiré sur Nico était le pire jour de ma vie jusqu'à présent. J'espère que ça restera la pire journée de ma vie.

Je suis tellement contente que Rory et Nico se soient retrouvés. Regarder leur tendre moment est comme un baume pour mon âme. Je sais qu'il aura quelqu'un pour prendre soin de lui mais aussi quelqu'un qu’il repoussera quand il deviendra macho comme il le fait parfois. Je déteste mon père pour ce qu'il leur a fait, ou ce qu'il a essayé de faire, parce qu'il semblerait qu'il a lamentablement échoué.

Mon frère aime quelqu'un, et elle n'est pas n'importe qui. Rory est spéciale et elle m'a donné le neveu le plus précieux du monde.

Je ne peux rien demander de plus.

En soupirant intérieurement, je me détourne de la pièce et retourne dans la salle d'attente, déterminée à leur laisser du temps ensemble. Même si mon père est actuellement toujours en liberté, je sais que j’espère une fin heureuse pour eux.

L'un de nous devrait être heureux comme ça.

Maintenant que tout cela est arrivé, je ne sais pas ce que mon avenir me réserve.

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