San Antonio 1 - San Antonio-Circulez Il N'y O Rien a Voir - Frederic Dard - Fleuve noir - 2010: Bloc de notas

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pour ta guérison! II serait peut-être intéressant fouinasser aussi de ce côté-là.

Mais il secoue la tête.

- Calmos, grand! J’ai toujours opéré en souplesse Les gens dont je te parle, je me suis contenté de le désamorcer sans tapage et de les orienter ailleurs Doigté, diplomatie et vaseline!

- Très bien, je vais te foutre la paix pour aujour d’hui. Je peux demander à ton pélican de me fournir le5 compléments d’infos dont j’aurais besoin?

Marc Liloine dégoupille son bigophe et enfonce touche.

- Boggy? Tu va te mettre au service de mon am San-Antonio, répondre à toutes ses questions et le fai conduire partout où il voudra, d’accord?

Je perçois le « O.K. » nasillard du mec. M~ raccroche. Il a un profond soupir.

- Il faut que je tienne le coup, murmure-t-il; cours, vole et me venge, Antoine!

J’y vas!

C’est une ravissante maison en bois clair de l’Oreg et façade crépie de plâtre grossièrement taloché. Il y a un arbre important près Página 25

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de l’entrée, et moi, un bel arbre devant une jolie maison, je craque. Il est de l’espèce pleureuse, mais c’est pas un saule, un frêne plutôt, assez rarissime comme essence. La pelouse est tellement verte qu’elle semble peinte. Avec un parse. mage de pâquerettes dû à un naïf yougoslave.

- Attendez-moi! jeté-je à mes deux compagnons Duvalier et Boggy.

J’emprunte les dalles roses légèrement sinueus pour que ça fasse plus harmonieux et parviens à u! porte vitrée cossue dont les verres cathédrale teint jaune se marient parfaitement avec le bois caramel a lait. Le timbre de l’entrée fait de la musique.

semble reconnaître quelques mesures du Vaisseau ja~

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tôme, mais je garantis rien, ayant étudié la musique sur les juke-boxes de la grande friterie qui avait lieu de mon temps Grande Rue de la Guille. Mon menu d’élection c’était morue frite accompagnée de pommes frites, plus beignets aux pommes comme dessert. Avec des repas commak tu deviens champion de cholestérol en trois mois!

Une créature vivante vient m’ouvrir, si éberluante que je suis heureux de ne pas porter de dentier, sinon il chutait sur le paillasson, tant est grand mon saisissement.

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s’agit d’une jeune fille si j’en crois la paire de loloches sans soutien-gorge qu’elle est en train de me brandir à bras ouverts sous le nose.

Mais avec une frime

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d’adolescent. Cheveux blonds rasibus, tondus à trois millimètres de la houle. Pas une once de maquillage, un regard fauve (de fauve, insolent) et cruel, une bouche large. une fossette au menton, profonde, style Kirk Douglas, des pommettes plates. Néanmoins, bousculée comme une petite déesse. Simplement, un corps pareil, faudrait lui greffer une autre tronche mieux appropriée. Y a dans le personnage un petit côté androgyne qui incommode et attire, tout à la fois.

L’individuse examine ma stupeur et, au bout d’un temps demande

-

Et à part ça?

L’insolence dans toute sa gloire. Ses seins nus ne la gênent pas du tout.

-

J’aimerais parler à Cecilia Heurff, je suis un ami de Marc Liloine, son employeur.

-

Français aussi?

-Aussi!

-

Ouais, ça s’entend. Entrez, ma mère n’est pas encore arrivée, c’est le jour où elle va vider l’un des supermarkets du voisinage. Mon nom est Melody!

-

Salut, Melody! Moi, c’est Antonio.

Je pénètre dans un living moderne, pimpant, agréa-CIRCULEZ! Y A RIEN À V

ble de partout. Un escalier décoratif conduit chambres. La cuisine est en prise directe, seulei~ieni séparée par un comptoir de bois où les occupants de la maison doivent prendre leur repas.

-

On parle ou on ne parle pas? me demandc Melody.

-

Si on parlait, ce serait plus sympa. Pourquoi?

-

En ce cas, montez jusqu’à ma chambre, je suis en train de me préparer.

Si vous n’aviez pas eu envie de causer, je vous aurais fait asseoir près de la cheminée.

Je suis la môme dans l’escadrin garni d’une moquette rêche, genre fibre de coco.

Son petit cul pommé me fait penser à des trucs. Je le regarde danser devant mon visage et le filoche docilement jusqu’au premier.

Dans sa chambre, une hi-fi (génie) me déchiquette les membranes auditives.

Je me penche sur l’oreille de miss Heurif.

-

Pour se parler, au milieu de ce gazouillis forestier, on va être obligés d’employer des petits drapeaux, comme dans la marine, non? hurlé-je.

Elle rigole et va couper sa viorne. Le silence qui suit est archimille fois mieux que le Requiem de Mozart.

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Merci, dis-je, mais je crains qu’un soulagement aussi brutal ne me flanque en érection.

-

Quand ce serait, je pourrais vous arranger ça, déclare l’androgyne avec un clignement d’yeux.

Alors là, c’est du bille en tête.

-

Si vous trouvez une chaise libre, asseyez-vous, et si vous n’en trouvez pas, libérez-en une en flanquant par terre ce qu’elle supporte!

Là-dessus, elle dégrafe son jean et mes joues se mettent à ressembler à des pommes de Californie bien astiqués.

Sans complexe, je savais qu’elles étaient branchées, les petites Ricaines, mais à cette vitesse-là, je m’en gaffais pas du tout!

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Sous le jean, elle porte que ses poils de famille. Et un point that’s ail!

Blonde pur fruit.

J’admire en silence.

- Bon, parlons! Qu’est-ce qu’on se dit? demande la môme.

- J’avoue que ce que je vois paralyse un peu ma faconde latine, dis-je. Votre Président Gerald Ford était, disait-on, incapable de penser et de mâcher du chewing-gum en même temps, moi, je ne peux pas être ébloui par votre intimité si ingénument révélée et vous dire ce que je pense des lois de la gravitation universelle!

Elle s’avance, pose un pied sur le bord de ma chaise, ce qui n’arrange rien.

Dans ces cas-là, mes deux choses l’une : ou bien t’es puceau et tu te mets à pleurer en appelant ta maman, ou bien tu es un saligaud de tendeur et tu tends.

Je tends!

D’abord la main, ce zélé serviteur de la pensée. Ensuite, les lèvres.

Nympho, miss Heurff! Un phénomène avec sa frite de petit garçon camé. Ah! oui, tiens, voilà! Elle vient de renifler une ligne, la mère! Je me disais! Là, pas de doute! Troïka sur la piste blanche! Elle a encore la cloison nasale farineuse comme une tranche de colin qu’on va mettre dans la friture. Moi, pour lors, cette perspective me met en dégodance. Les paradis artificiels, je t’en fais cadeau! J’ai horreur des frelatures. Une bite saine dans un corps saint, Antonio.

La môme Melody vient de nouer ses mains sur ma nuque et me tient le visage plaqué contre son triangle de panne! Tellement serré que je respire avec les oreilles! Holà! Où ça va, ça! Je me dégage d’une brusquade et me lève.

- Mande pardon, j’aimerais mieux un coup de rye! je lui fais.