San Antonio 1 - San Antonio-Circulez Il N'y O Rien a Voir - Frederic Dard - Fleuve noir - 2010: Bloc de notas

Circulez! Y A Rien à Voir

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CIRCULEZ! Y A RIEN À VOIR

à jouer la cigogne, d’une patte l’autre, des heures dupont (ou durant, si t’es traditionaliste).

J’attends. Un quart de plombe. Alors, je retourne sonner, des fois que le père Cower aurait été occupé àlimer sa vieille lors de ma première intervention. Mais Página 45

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c’est toujours nobody qui répond. Heureusement que cette rue est quiète, peu passante. On ne fait pas attention à ma pomme, sur ma plate-forme rouillée. Ici, ce n’est plus Nouille Vioque (comme dit le Gravos). On se laisse glisser dans des quiétudes. Mon estom’ gargouille vu que je n’ai rien pris depuis le steak de la mère Cecilia, le Mastar ayant clapé la boustif de mon petit déje. Je regarde la rue, voir si une enseigne de restif clignoterait quelque part, mais elle n’est que résidentielle et ne comporte aucun commerce. Dis voir, l’Antonio, tu comptes moisir longtemps encore? Je ne suis pas cap de répondre à ma propre question. Il y a deux sortes de flics en moi : celui qui gamberge à s’en faire cramer les méninges, et puis celui qui obéit à des instincts mystérieux qui ne lui fournissent aucune explication.

Là, « on » me dit: « Attends! » Alors, j’attends.

Les choses qui sont derrière les choses... La pêche àl’écrevisse. On se fabriquait des arcs dérisoires pendant que ces crustacés d’eau douce commençaient à s’approcher de la viande mise en appât (là, c’étaient les appâts rances, on peut y aller franco du calembour!). Nos flèches avaient une portée de trois quatre mètres, pas plus. On visait un arbre, le pieu d’une barrière barbelée...

La nature sentait bon l’enfance.

Et Marcus est en train d’avaler son extrait de naissance pendant qu’au pays, le père Liloine émonde des noix ou bien « ramasse » des pissenlits pour se faire une salade aux lardons-croûtons-oeufs mollets! Chez nous, on dit qu’une bonne salade « ça fait un plat ». Merde, ce que mes souvenirs me collent au coeur dans CIRCULEZ! Y A RIEN À VOI

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ce putain de New York! Ils sont plus poisseux que la banquette du taxi de Moshe.

Justement, en voici un de taxi! Un vrai tombereau jaune, déglingué, rouillé, avec des pare-chocs comme les moustaches de Dali. Quelque chose me chuchote qu’il va stopper devant chez Harry Cower.

Et bon bien vu, San-A! : il s’arrête à la hauteur de l’immeuble. Une dondon blondasse en descend. La Tour de Nesle! La Tour Nestlé! En manteau de drap bleu à col de renard noir. Aux oreilles, deux lustres àpendeloques. La trogne vultueuse. Des yeux bleus écarquillés au fond de teint, une bouche pour prononcer le mot banane. L’air con, ça je m’en aperçois depuis l’autre rive de la rue. Elle douille son cornac et escalade le perron. Cette dame, je suis prêt à te parier le pont de Brooklyn contre une chaude-pisse maghrébine que c’est l’épouse de Cower.

La voilà qui carillonne à la porte du donjon. Comme moi, elle réitère au bout de peu. Onc ne venant délourder, elle farfouille dans son sac en faux croco made in Hong Kong et y prend sa clé. Elle aurait pu commencer par là, cette flemmarde.

Déranger quelqu’un juste pour s’éviter un geste! Les gens méprisent les autres, je te jure!

Elle déponne et rentre ses cent soixante-dix livres de connerie additionnée d’eau dans la baraque. Je me dis que je vais lui laisser le temps d’enlever son manteau.

Voilà. A mon tour, now! Au lieu du mari, j’interviewerai l’épouse en attendant.

Je sonne.

Et ça recommence : on ne répond pas. Alors là, je la trouve saumâtro-bizarroïde!

Merde, y a des émanations ou quoi dans cette crèche? Je tourloute de plus rechef, mais fume! Putain d’elle, le maure aux dents, je biche!

Moi, tu connais ma patience angélique? Aussi sec je cramponne mon copain sésame dans ma poche revol

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