San Antonio 1 - San Antonio-Circulez Il N'y O Rien a Voir - Frederic Dard - Fleuve noir - 2010: Bloc de notas
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Et tu te faisais pas chier, seul avec ton blé?
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Ce qui m’aura vraiment manqué, vois-tu, Antoine, c’est un môme. J’ai toujours rêvé d’une petite fille avec des nattes et des chaussettes blanches et aussi une robe à smocks. Ça m’a poursuivi toute la vie. Je me promettais de m’y mettre, et puis maintenant, il est trop tard. Toi non plus tu n’es pas m~arié?
demande-t-il en caressant ma main gauche vierge d’anneau.
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Non.
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Faut y penser, Antoine. Te laisse pas couillonner par l’existence comme je l’ai fait.
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O.K., Marcus. J’y penserai.
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sourit un peu. Ma promesse, franchement, il n’y croit pas trop.
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Or, donc, je fais copieusement fortune. Et puis les affaires commencent à décélérer et moi, pas con, sentant venir Le vent, je vends ma boîte du New Jersey. Un prix moyen. Mais je pouvais me permettre avec tout ce que j’avais Página 13
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affuré.
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manque de souffle. Je l’assiste en le questionnant: 2
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CIRCULEZ! Y A RiEN À VOiR
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II y a combien de temps que tu as vendu l’usine?
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Deux ans.
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A qui?
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Un consortium pour qui cette affaire pourtant importante ne représente qu’un petit pas grand-chose rattaché à un mastodonte.
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Et qu’as-tu fait ensuite?
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De la Bourse. Passionnant, mon vieux! Jusqu’alors je m’étais contenté de faire fructifier mes biens en les répartissant chez des gérants de fortune ayant pignon sur rue. Jamais les oeufs dans le même panier, tu me connais? Libéré de mon entreprise, j’ai pris moi-même les choses en main. J’ai le pif et la chance, Antoine... Enfin, je les ai eus. J’ai réussi des coups de bol insensés!
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Tes anciens gérants ont dû l’avoir saumâtre de te voir fonctionner sans eux!
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Penses-tu : je ne les ai pas quittés! J’allais pas me faire contrer par tous ces malins forbans. Je me suis allié avec eux, et ils n’ont eu qu’à s’en féliciter. Et puis, si j’avais agi seul, j’aurais attiré l’attention des milieux boursiers. Tu sais, Wall Street, c’est une ruche où toutes les abeilles se surveillent.
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Venons-en à ce qui t’est arrivé, tu veux?
Là, il a besoin d’une plage de repos. Il tend la main vers un godet de tisane.
Je m’empresse de le lui mettre en main et il boit quelques gorgées.
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Vraiment, tu n’as pas envie d’écluser quelque chose? demande-t-il. C’est un coup de grelot à passer àl’office!
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Plus tard, quand tu m’auras tout dit.
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Peu après la vente de l’usine, les tracasseries ont commencé.