Son amour impossible: une new romance italienne (French Edition)
Prologue
SON AMOUR Impossible
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À la femme qui m’a transmis l’amour
de la romance !
À ma mère !
Quand l’amour est interdit comme le péché, mais
irrésistible telle une tentation.
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Prologue
— Je suis vraiment désolée Riccardo !
— Non, c’est la meilleure solution.
— Je te souhaite tout le bonheur du monde.
— Je te souhaite de même, car tu le mérites vraiment !
— Merci !
C’est la conversation d’Érica et son époux. Tout était fini ! Riccardo et elle avaient décidé de divorcer à l’amiable. Son mariage avait échoué. Elle n’en souffrait pas, puisque son cœur appartenait à un autre homme. Ce qu’elle appréhendait le plus, c’est la réaction de son père.
— Tu pourras divorcer à condition de lui faire un enfant. Nous avons besoin d’un héritier, avait-il répété toutes les fois où elle lui avait parlé de son intention de mettre un terme à son mariage.
À la fin, elle avait dû prendre cette décision sans ignorer les éventuelles conséquences, bien sûr. Dans le taxi qui l’emmenait chez son père, elle se remémora les évènements qui les avaient emmenés à ce désastre annoncé.
Prenez garde à faire un vœu, car il peut se réaliser dit un dicton.
À l’âge de sept ans, alors que son père devenait amer à cause du départ de sa mère, Érica avait fait un vœu : mériter l’affection paternelle à tout prix. Pendant près de quinze ans, elle avait prié pour qu’il se réalise. Quand, à l’âge de 22 ans, l’occasion s’était présentée, elle avait été prête à tout pour parvenir à sa fin. Pourtant, la réalisation de ce rêve tant souhaité avait laissé un gout de bile dans la bouche.
Prétendant lui offrir la meilleure éducation, son père l’avait placé en
pension très tôt. Ils se voyaient que très peu quand elle rentrait pour les vacances. Sa secrétaire était l’intermédiaire entre eux durant toutes ces années.
À l’époque, elle vivait dans une pension suisse quand elle avait reçu son coup de fil. Il avait lancé sans préambule :
— Érica, tu es mon salut. J’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi.
— Bien sûr !
— Tu dois vite rentrer à la maison.
— D’accord, père.
— Bien ! avait-il conclu avant de couper.
C’était la première fois qu’il sollicitait son aide. Pour rien au monde, elle ne gâcherait une telle occasion. À son avis, le départ de sa mère avait laissé un trou que seule l’affection paternelle pouvait combler.
Le jour même, elle était rentrée en Italie avec la détermination de satisfaire son père coute que coute.
Contrairement à son habitude, il vint la chercher à l’aéroport. Émue, elle s’élança pour se jeter dans les bras de son père, mais il l’avait arrêté en s’indignant :
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Je veux t’embrasser parce que nous…
— Reste digne ! Tous les regards sont sur nous en ce moment. Nous devons éviter ce genre d’impair.
En quoi est-ce qu’un père qui embrasse sa fille qu’il n’a pas vue depuis des mois peut être embarrassant ? Elle ne comprenait pas un tel détachement. Encore et toujours les apparences ! Quelle déception ! Les choses n’avaient peut-être pas changé.
Une fois installé dans la voiture, il l’avait surpris encore plus.
— Plusieurs fois, je t’ai dit que tu es comme ta mère, mais… tu peux me prouver que j’avais tort.
Cette introduction n’augurait rien de bon, mais elle préféra taire son malaise.
— Tu verras que bientôt, je serai le roi de cette ville, avait-il commencé une fois dans le salon de sa villa. Plus personne n’osera me dénigrer parce que je n’ai pas eu un garçon.
— Tu peux compter sur moi.
— Ma succession sera assurée, et tous les problèmes seront derrière nous.
— Tu as des problèmes ?
— Je deviens vieux et ma santé n’est pas bonne.
— Tu es malade, père ?
— Rien de bien grave. Néanmoins, je dois penser à assurer ma succession. C’est très important, car je n’ai pas eu de garçon. Heureusement, nous avons la solution.
Son raisonnement lui brisait le cœur chaque fois. C’est avec amertume qu’elle demanda :
— Laquelle ?
— La fusion avec l’une des familles de vignerons les plus connus de la ville sinon du pays.
Sa perplexité augmentait, car elle ne comprenait pas en quoi elle pouvait l’aider.
— Quelle famille ?
— Les Ravasio. Ils dominent le monde du vin luxueux italien depuis des générations. Aujourd’hui, elle connait quelques déboires. C’est une aubaine pour assoir mon autorité et ma succession, parce que c’est une famille prestigieuse qui a une histoire importante dans l’économie du pays. Je rachèterai leur marque un jour.
Elle ne comprenait toujours pas son rôle dans tout ça.
— Je ne m’y connais pas en matière de vin et je ne pense pas que je pourrais…
— Je sais bien que tu n’es qu’une fille et tu n’as pas hérité de mon flair pour les affaires.
Elle serra ses poings pour ne pas hurler de frustration. Ce refrain, elle l’entendait depuis le départ de sa mère, dont elle n’avait plus aucune nouvelle. Elle ignore si elle est encore en vie. Son père ne la mentionnait que quand elle commettait des bêtises.
— Tu es comme ta mère, une personne peu fiable et inutile. Je voulais avoir un fils. Qu’ai-je à faire d’une fille ? Les femmes ne vous apportent que des ennuis. Le ciel a conspiré contre moi, en me privant d’un garçon, un vrai héritier, lui lançait-il en colère souvent.
Très tôt, elle avait compris que pour son père un garçon a plus de valeur qu’une fille. Cela lui avait causé un sens d’infériorité. Ce complexe avait miné son estime et sa confiance en soi.
Il continuait sa diatribe ignare du mal que ses paroles lui causaient.
— Une alliance avec cette famille me permettrait de prendre progressivement le contrôle de leur société et avoir par la même occasion un successeur.
— D’accord ! fit-elle de plus en plus perplexe.
— Grâce à votre mariage, ce sera possible.
— Not… notre mariage ?
— Oui. Celui de Riccardo et toi.
Son père restait imperturbable alors qu’il venait de lâcher une bombe.
— Qui est Riccardo ?
— C’est l’héritier des Ravasio. Il est plutôt bel homme et assez brillant. Une telle union est de la manne pour nous.
Son sang gelait à l’idée de s’unir à un homme qu’elle ne connaissait pas, mais l’envie de rendre fier son père dépassait tout.
— Votre union fusionnera nos entreprises. Les enfants que vous aurez consolideront cette fusion à jamais. De cette façon, je dormirais sur mes lauriers, car ma société sera dans de bonnes mains.
— Des enfants ?
— Ne t’inquiète pas, cela viendra en son temps. Pour l’instant, nous devons lui faire comprendre qu’il a beaucoup à gagner dans cette union.
— Et si je ne lui plais pas ?
— Il sait que ce mariage est la condition primordiale pour mon aide. Leur entreprise risque gros à cause des investissements hasardeux de son père. Sa santé est précaire en ce moment à cause d’une crise cardiaque. Pour lui épargner le risque d’une rechute, Riccardo doit sauver l’entreprise familiale s’il ne veut pas sa mort.
— Mais…
— Puis-je compter sur toi ?
— Je… ferais tout ce qui est nécessaire !
Elle devait entrer dans les bonnes grâces de son père pour découvrir enfin les raisons du départ de sa mère et ce qu’elle était devenue. C’est pourquoi elle se promettait de ne permettre à aucun obstacle de s’interposer entre elle et son noble objectif.
Hélas, elle avait rencontré un obstacle de taille : Giuliano, le meilleur ami de son futur époux. Leur rencontre avait court-circuité son cerveau au point où elle avait perdu tous ses repères.
C’était le jour de l’annonce de ses fiançailles avec Riccardo. Quand leurs yeux s’étaient rencontrés, elle ignorait encore son identité. Arrivée dans l’hôtel où était prévue la petite cérémonie, elle était restée un instant à l’entrée pour se calmer avant d’aller subir le show de son père.
Se sentant observée, elle s’était retournée en découvrant un adonis des temps modernes qui la scrutait en souriant. C’est le plus beau sourire qu’elle ait jamais vu. Le temps s’était arrêté. Timidement, elle lui avait rendu son sourire. Pour la première fois, elle s’était sentie profondément femme et désirée. La chose la plus étonnante, c’est qu’ils n’avaient pas échangé une parole. Seuls leurs yeux et leurs sourires s’exprimaient dans un langage tacite que seules deux âmes unies par un lien invisible peuvent comprendre. Quand, il avait voulu s’avancer vers elle, un groupe de convives l’avait interpelé. Alors qu’il s’entretenait avec eux, elle avait eu le loisir de l’observer. Très bel homme et grand, sa carrure autoritaire le démarquait du reste du groupe. Ses cheveux bruns et sa mâchoire couverte d’une barbe fine, lui avaient inspiré des caresses dès le premier instant.
À cet instant déjà, elle avait remis en doute toutes ses certitudes. Qui était cet homme ? Elle avait désiré mieux le connaitre dès le premier instant. Pour la première fois, elle avait envisagé de faire machine arrière. Elle voulait revoir son regard admiratif et rempli de désir, entendre sa voix et être touchée par ses mains.
Alors qu’elle se tenait près de son père comme un piquet, elle lorgnait dans toutes les directions pour le retrouver. Quand il était réapparu avec Riccardo, elle n’avait pas pu empêcher un large sourire de se dessiner sur ses lèvres. Mais, elle était tombée des nues quand Riccardo, son futur fiancé avait fait les présentations :
— Gio, je te présente Érica, ma fiancée. Érica, voici Giuliano, mon meilleur ami. Il est plus qu’un frère pour moi.
Au lieu du sourire et du regard énamourés d’avant, son attitude envers elle avait été froide et dure.
— Bonjour, Giuliano !, ravie de faire votre connaissance, avait-elle réussi à bredouiller.
— Bonjour ! s’était-il contenté de répondre en prenant sa main.
Dès ce moment-là, Giuliano avait été indifférent et froid envers elle. Durant son mariage avec Riccardo, il était même devenu distant avec son meilleur ami, se plaignait ce dernier.
Pourtant, elle avait envisagé l’impensable : annuler les fiançailles. Heureusement, la peur du châtiment paternel et l’attitude froide de Giuliano l’aidèrent à se ressaisir. Un mois après cette rencontre fatale, elle avait convolé avec Riccardo pour le plaisir de son père. Il avait atteint son objectif. Pour elle, une solitude plus grande avait vu le jour. Son mariage s’était avéré un fiasco dès le début. L’ombre de l’ex de Riccardo planait sans cesse sur son couple et ses sentiments envers le meilleur ami de son mari ne cessaient de croitre malgré ses résolutions. À bout, ils avaient décidé de mettre fin à leur mariage d’un commun accord. Mais, son père ignorait son malêtre en insistant sur un point capital pour lui :
— Tu dois d’abord lui faire un enfant. Si nous avons un peu de chance, ce serait un garçon, ce sera en plus un Ravasio. Notre famille serait unie à la leur pour toujours même si vous divorcez.
— Je ne peux plus rester mariée à Riccardo.
— Il est hors de question que tu divorces maintenant.
— Je t’en prie !
— Si tu le fais, tu ne seras plus ma fille, avait-il lancé, intransigeant.
Bien sûr, elle ne l’avait pas pris au sérieux. Ce n’étaient que des paroles en l’air dites sous l’effet de la colère. Néanmoins, elle savait que sa décision déchainerait sa foudre.
— Tu m’aurais bien servi si tu avais été un garçon. Tu es une fille… Exactement comme ta mère, tu es inutile. Je ne veux plus te voir. Sors de ma vie !
— Je suis ta fille !
— Je n’ai rien à faire d’une fille comme toi.
— Tu ne le penses pas.
— Tu es incapable de retenir un homme ou de lui faire un bébé. Comment puis-je compter sur toi ?
— Tu ne peux pas faire ça. Je n’ai nulle part où aller, papa.
— Je ne suis plus ton père, disparais comme ta mère.
— Non !
— Tu as détruit mon plan. Tu m’as déçu comme personne ne l’avait fait avant. Disparais, Érica !
— Que vais-je devenir ?
— Tu aurais dû y penser avant de me désobéir.
— Non, papa !
— Je ne veux plus jamais te revoir et tu vas me le payer.
En aucun cas, en se présentant ce soir chez lui, elle ne pouvait imaginer cet épilogue. Pour lui, elle n’avait été qu’un pion pour réaliser son ambition. Dans sa peine, elle jura :
— Personne n’aura plus d’ascendants sur moi. Plus jamais !
Elle se promettait de prendre sa vie en main, sans état d’âme
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