Stèle
Ordre de Marche
Plus de stupeur ! Croyez-vous ces palais immobiles ? Lourds à
l’égal des bâtis occidentaux ? Assez longtemps ils ont ac-
cueilli notre venue : qu’ils s’en viennent à nous, à leur tour. Debout, l’arche triomphale et sa bannière en horizon et sa de-
vise : Porche oscillant des nues. Des porteurs pour ses
hampes droites ; des porteurs aux hampes obliques. Qu’ils
gonflent l’épaule, piétinant.
Derrière, le pont en échine de bête arquée : d’un saut il franchi-
ra l’eau de jade fuyant sous lui. Qu’on l’attelle à la voie du
milieu déroulant son trait impérial.
À gauche et à droite, dans un mouvement balancé, riche
d’équilibre, marchent la Tour de la Cloche et la Tour du
Tambour aux puissants cœurs sonores de bois et d’airain
sur leurs huit pieds éléphantins.
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Viennent ensuite les gardes lourdes des tripodes ; et s’ébranlent
enfin les poteaux du Palais au toit double ondulant comme
un dais, soufflant de haut en bas.
Pour le démarrer, lâchez les cavaleries d’arêtes, les hordes mon-
tées aux coins cornus. Et déroulez les nues des balustres,
les flammes des piliers. Laissez tourbillonner les feux, vi-
brer les écailles, se hérisser les crocs et les sourcils du Dra-
gon.
Le beau cortège étalé pour tant de règnes implore qui lui rendra
sa vertu d’en-allée. Il ne pèse plus : il attend. Qu’il se déploie !
*
Seules immobiles contre le défilé, voici les Pierres mémoriales
que nul ordre de marche ne peut toucher ni ébranler. Elles demeurent.
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