Stèle

Victor Segalen · Chapitre 59 sur 67

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Stèle

Libération

 

On souffre, on s’agite, on se plaint dans mon Empire. Des ru-

meurs montent à la tête. Le sang, comme un peuple irrité,

bat le palais de mes enchantements.

La famine est dans mon cœur. La famine dévore mon cœur : des

êtres naissent à demi, sans âmes, sans forces, issus d’un

trouble sans nom.

Puis on se tait. On attend. Que par un bon vouloir s’abreuvent

de nouveau vie et plénitude.

*

Comme le Fils du Ciel visitant ses domaines, et jusqu’au fond

des prisons de sécheresse portant lumière et liberté, Libère en moi-même, ô Prince qui es moi, tous les beaux pri-

sonniers-désirs aux geôles arbitraires, et qu’en grâce et re-

tour,

Tombent sur mon Empire les gouttes larges de la satisfaction.

 

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