The defenders (romance en français) - Madleen - Le bal des monstres (French Edition)

Chapitre 5

 

Comme chaque semaine, j’ai entraînement.

Ma coach est intraitable sur le sujet. Linda K n'a cependant jamais eu

besoin de me rappeler à l'ordre, le sport occupant une place prépondérante

dans ma vie. Bien que je ne participe plus qu'en tant qu'élève à ses

entraînements, la boxe demeure mon défouloir, mon havre de paix, ma dose

régulière de risques. Tout de même, cette discipline blesse. Compétitions ou

non, elle fracture, éclate, déchire. Combien de fois en suis-je sortie avec une

lèvre éclatée, un coquard à l'œil ou une cheville foulée ?

Ce sport est fait pour moi.

Je libère de nouvelles vocalises, englouties par le torrent brûlant de la

douche. Parfois, je me demande comment les centaines de milliers –

millions ? – de vitres que compte l’État d'Illoa résistent à mes

performances d'apprentie Castafiore 1. Je ne pourrai toutefois pas me

résoudre à chanter moins intensément, compte tenu des prouesses

artistiques de ma mère. Elle possédait le genre d’organe capable d’animer

un opéra.

Sa voix conquérait les airs. Elle s'envolait si haut, si justement et

puissamment, qu'elle parvenait à cueillir cette ultime note, l'apothéose d'un

art dont elle seule avait le secret.

Mon point de vue est loin d’être objectif, mais je donnerais n'importe

quoi pour l'écouter chanter une dernière fois. Le chant dans l'intimité de la

douche, en grande partie emporté par les bruissements de l'eau, est l’unique

parenthèse que je m’autorise encore pour entrer en communion avec elle.

Je ne le devrais pas. Non, pas du tout.

Ne l'évoque plus jamais en ma présence. Tu as perdu le privilège de la

regretter depuis le jour où ta véritable nature a jailli des ténèbres, Madleen.

Tu es un monstre. Entends-tu ? Un…

Avant, je me serais laissé tomber à genoux, j’aurais collé mon front

contre mes cuisses et plaqué mes mains sur mes oreilles. Jusqu'à ce qu'il se

calme. Ensuite, j'aurais chanté, jusqu'à ce qu'il murmure. Puis j'aurais

confirmé chacune de ses accusations, jusqu'à ce qu'il se taise. Aujourd'hui, la énième remarque de Wilfried s’évapore à l'aide d’un vif pincement de

mon poignet.

Deux nouvelles cicatrices.

Il se tait.

Les gouttes de sang sont aussitôt balayées par le jet, routine aussi banale

que la lecture d'un e-mail. Je tâche de profiter du reste de la douche, le

moment le plus agréable de mes journées en dehors des têtes qu’il m’arrive

de piquer dans la piscine du jardin. Honnêtement, je pense pouvoir faire ma

vie dans un bain, tant l’immersion me fascine.

En sortant de la baignoire, je manque de chuter. Je ne me rends à

l'évidence que lorsque ma main s'apprête à sécher mes aisselles avec un gel

douche : j'ai mal dormi. Il n'a fallu qu'une soirée à l'homme qui loge dans la

chambre voisine pour semer le trouble dans mon esprit. Oui, je chante. Non,

je ne le crains pas comme je l'aurais dû. Oui, je me refuse à contempler une

personne nue.

Comment fait-il pour mettre le doigt sur des points si sensibles ?

Ma tenue de sport sur le dos, je me baisse pour prendre le miroir et

l'accrocher au-dessus du lavabo. Je ne m'y regarde qu'habillée et le plus

succinctement possible. Cernes et mèches récalcitrantes sont corrigés, mon

teint est illuminé, mes cils recourbés, mais la monstruosité n'est que

masquée. Poser un tableau sur une brèche ne l'a jamais réparée. Tant qu'on

ne réglera pas le problème de sa hideuse présence, elle menacera toujours

de s’effondrer.

À défaut d'accrocher une œuvre d'art sur mon visage, je le badigeonne de

coups de pinceau trompeurs.

Mais Wilfried et moi connaissons la vérité.

Je décroche le miroir en ménageant ma main. Hauata serait capable de

me traîner à l'hosto par la tignasse, si les blessures venaient à s'aggraver.

Dans le couloir, la lumière rouge et clignotante du coin du mur

monopolise mon attention. Une caméra de surveillance. Elle et ses

comparses épaulent Hauata à longueur de temps et nous servent de filet de

sécurité lorsqu'il ne travaille pas. Elles sont toujours actives, à l'instar des

capteurs dispatchés sur la pelouse. Le centre de contrôle de ces appareils

ultra perfectionnés a enregistré depuis belle lurette nos faciès respectifs,

afin de ne lancer l'alerte qu'en cas de présence étrangère. De ce fait, à la

suite de l'emménagement express d'Émile, Hauata a stocké sa photo dans la

mémoire de l'ordinateur central. Il a cependant programmé une interdiction formelle de franchir les limites du champ de détection. En d'autres termes,

si Émile décide de nous fausser compagnie, il lui sera impossible de se

rétracter.

Du moins, pas sans déclencher les alarmes.

Caramel, ma chienne, dispose elle aussi d’un fichier de reconnaissance.

Ce dispositif s'est répandu comme une traînée de poudre auprès des

célébrités. Acteurs, chanteurs, politiciens, journalistes, stylistes, PDG,

sportifs de haut niveau, mannequins – et j'en passe – se sont tous laissé

séduire par la sécurité haut de gamme. En effet, le package « caméras ultra

perfectionnées/garde-maison » fait fureur en raison de trois mots sensibles,

prononcés par des millions de langues déliées : Les Criminels Casqués.

Ou LCC, pour la presse et les fanatiques. La première s'est sans doute

lassée de reporter le nom du gang au sein d’articles ou en gros titres dans

son intégralité. À moins qu'elle se soit tout simplement laissé séduire par

l'initial entêtant, plus sexy, que les classes modestes et démunies ont

attribué à leurs héros. LCC. Une abréviation aussi commune que OMG,

xoxo, ou thx 2.

D'un côté congratulés, de l'autre haïs, les Criminels font jaser.

Malgré mes va-et-vient entre la cuisine, ma chambre et le salon, je n'ai à

aucun moment croisé Émile. Il est 7 heures et je suis sur le point de franchir

le seuil de la villa. Après avoir fait demi-tour, frappé à la porte de sa

chambre, y être entrée, m’être mesurée à son vide intersidéral et avoir

inspecté la salle de bains, là, debout, dans l'immédiat, je me pose de

sérieuses questions. J'ai pris des risques. De gros risques. Naturels et

excitants, mais bien moins délectables lorsqu'ils ne me concernent pas

uniquement.

Peut-être est-il bloqué à l'extérieur ?

Le cœur battant rapidement, je rebrousse chemin. Il ne reste plus que le

jardin. J'ouvre la porte d'entrée, à bout de nerfs, et me fige sur le palier.

Nonchalamment adossé à l'une des colonnes du porche, l'intéressé

s'amuse à envoyer et à rattraper une balle dans sa paume. Elle rebondit sur

le sol, percute la seconde colonne, atterrit dans sa main et ainsi de suite. Le

stress reflue au profit d’une bouffée d'intense satisfaction. Le voilà, Émile,

ma mine d'adrénaline. Un joyau aussi précieux, solide et coupant qu’un

diamant. N’en déplaise à ses pansements.

La balle de tennis repart pour un tour, partant de sa main droite pour

mieux la retrouver. Les yeux dorés qui la suivent persistent à m’ignorer.

– Si je sors, je vais tuer.

Mon souffle se bloque dans ma poitrine. Je crispe les doigts sur le sachet

de viande préparé pour Caramel.

– Et si tu ne sors pas, tu risqueras aussi de tuer. Comment je fais ?

La balle ripe, rebondit à quelques centimètres de ma hanche gauche.

Émile se penche pour la récupérer puis la lance sur la colonne de marbre.

– Je ne vais pas faire de mal à Hauata, s'il ne tente pas de m'en faire. Je te

l'ai déjà expliqué, Madleen Stevens, réplique-t-il avant d'immobiliser la

balle dans sa paume pour me contempler.

– Je ne te fais pas confiance.

– Tu invites un inconnu chez toi. Tu lui cèdes une chambre proche de la

tienne – chambre que tu n'as d’ailleurs ni verrouillée ni surveillée. Hauata

ronfle, dort majoritairement sur le ventre. Toi, tu bouges beaucoup durant

ton sommeil, au point de faire tomber tes draps et de te réveiller toutes les

deux heures environ. Si j'avais voulu vous tuer, je l'aurais fait. Et plus d'une

fois.

Je croise les bras, soudain nerveuse à l'idée que Hauata ait pu y passer.

– Comment as-tu fait pour entrer dans nos chambres ?

– S'il te plaît Madleen, soupire-t-il en levant les yeux au ciel. Je sais

forcer une serrure, tout de même…

Je fronce les sourcils, intriguée.

– Pourquoi ne pas nous avoir tués ?

Il m'envoie un objet que, par réflexe, j’attrape des deux mains. Il s'agit du

trousseau de clefs initialement rangé dans la poche arrière de mon pantalon.

– Je fais ce que je veux, quand et où je le veux. Maintenant, je souhaite

rester chez toi.

Ravalant mon irritation, je me concentre pour tenter de le cerner a

minima.

– Et lorsque tu n'en auras plus envie ?

Il esquisse une moue désolée. Une déferlante d'excitation ravage mon

corps jusqu'aux plus petites extrémités. Elle est cependant très vite

interrompue par la perspective que Hauata puisse pâtir de mes excentricités.

– Je vais devoir mettre les points sur les « i ». Mon territoire, mes règles.

Émile reprend son jeu de lancer/rattrapage, indifférent à mon coup de

gueule. Je jette le sachet de viande à terre et envoie mon poing dans son

visage. Il le maîtrise d'une main, mais tangue, surpris par la puissance du

coup. J'en profite pour lui faucher une jambe et jouer de mon poids afin d’accentuer son déséquilibre. Émile bascule. J'utilise son torse en guise de

tremplin pour effectuer un salto arrière. Tandis que je finalise mon saut à la

verticale, l'homme m'attend accroupi, un éclat fauve dans le regard.

Il s'est réceptionné au pied du porche. Et s'il ne le remarque pas de prime

abord, je vois parfaitement ses mains s'enfoncer dans la couche supérieure

de gravillons. Elles en serrent toutes deux une pleine poignée, crispées au

possible. Les muscles de ses bras sont assez tendus pour exhiber le plus

petit tendon. C'est à croire qu'il s'efforce de déverser la violence qui m’était

réservée sur ces pauvres roches.

Ses yeux dorés, d'ordinaire chaleureux, ne sont plus que le reflet d'une

âme fantomatique.

Mon sang s'emplit d’un millier de petites bulles euphorisantes durant

l'éternité qu'il lui faut pour rompre le silence électrique.

– Fascinante, murmure-t-il, sans pour autant lâcher ses prises.

Le malaise estompé, je me permets de respirer plus de six fois par

minute. Ma capacité à éponger les déconvenues prend le relais, me

requinquant plus efficacement que n'importe quel énergisant.

J'avoue m'être un chouïa emportée, avec le salto, mais il vaut mieux

frapper un grand coup maintenant, plutôt que d'avoir à le maudire sur mon

lit de mort.

En l'espace d'un battement de cils, Émile récupère son aménité

coutumière. Malgré ses efforts pour relâcher discrètement les cailloux

derrière son dos, la teinte sanguine de ceux qui roulent entre ses pieds me

saute aux yeux.

– Où vas-tu ? s’enquiert-il, mine de rien, en me scannant de la tête aux

pieds.

La queue de cheval, le tee-shirt à manches longues rentré dans un

pantalon cargo noir, la montre en argent, le long manteau noir de chez

N & A, le bracelet de cheville et mes baskets passent sur le grill de son

regard.

– Je distillerai davantage d'informations au sujet de ma vie privée lorsque

je le désirerai. Pour l'heure, je veux que tu m'attendes à l'extérieur. Je suis

intraitable pour ce qui concerne la sécurité de mes proches.

– Hauata est un proche ?

– Hauata n'est pas un proche, c’est mon proche. Viens.

Il ramasse la balle gluante de Caramel. Un malicieux croisement entre le

Dogue allemand et l'American Pit Bull Terrier. J’en profite pour déposer les côtelettes de porc saignantes dans son écuelle.

Ma chienne passe l'essentiel de son temps à vadrouiller dans les bois,

préférant bien souvent la viande fraîche à celle de mon congélo. Ce matin,

Émile l’a échappé belle, ma protectrice chasse son petit-déjeuner.

Autrefois recrutée par les services de police, Caramel est ce que l’on peut

considérer comme un chien dangereux. Elle a un jour littéralement déchiré

la jambe d'un dealer en fuite. On a par la suite cherché à piquer la bête,

seulement, suivant les faits divers avec attention, j'ai eu vent de l'affaire et

me suis battue bec et ongles pour lui éviter le repos éternel. Quelques

liasses ont plaidé en sa faveur.

Quand on demande à une machine de guerre d'attaquer, il faut en assumer

les conséquences.

Tandis que j'ouvre la Mini à distance, Émile avise la gamelle en inox,

puis la niche où les squelettes de rongeurs abandonnés attirent un essaim de

mouches horripilantes. Il s'installe côté passager, je me glisse à la place du

conducteur.

– Qu'abrites-tu sous cette cabane ?

– Caramel, ma chienne. Elle adore ronger les os des jambes, n'a rien de

mignon, déteste les étrangers et encore plus les types qui me veulent du

mal. Elle est possessive, ma Memel.

La menace est posée. Fais-en ce que tu veux, ce sont tes jambes.

Le temps de traverser l'allée, Émile se contorsionne afin de garder la

niche à l’œil, comme s'il s'agissait d'une grenade dégoupillée. Ah, on tient à

ses jambes.

– Ne fais de mal à personne, ou tu feras une croix sur ma proposition

d'hébergement.

Il hoche la tête, grimaçant.

Devant le portail, je me penche pour lui ouvrir la portière. Il s'enfonce

brusquement dans son siège, mais ne rechigne pas à l'idée de s’en aller.

Debout, sur le trottoir, il se contente de m'observer manœuvrer. Je prends le

soin d’assister à la fermeture du portail par le biais du rétroviseur.

Le « cadre de l'intimité » lui est inconnu, c'est évident. Pourquoi

quémander ce privilège quand on est incapable d'entretenir un contact,

même infime, avec qui que ce soit ? Mon simple rapprochement a manqué

de lui causer une attaque. Je n'ose imaginer l'effet d'une poignée de main.

J'allume l'autoradio.

– J-4, Angus ! J-4 !

– Tout à fait Dario, nous sommes le mardi 11 novembre, à J-4 du fléau !

Le compte à rebours est lancé ! Chers auditeurs, tremblez-vous ? Sautillez-

vous ? Êtes-vous prêts à déboucher le champagne ou à vous terrer dans vos

bunkers ? Tweetez et postez sur le sujet ! propose l'animateur avec

enthousiasme.

J'augmente le son.

L'animateur, Angus Van Alphen, Vice-Président des États-Unis

d'Amérique, est réputé pour avoir le bras aussi long que la surface du globe.

Intégrer son cercle d'amis équivaut à obtenir l'attention de milliards

d'oreilles, sensibles à ses opinions souvent jugées fondées.

Son passé d'ex-candidat aux élections présidentielles ne l'a pas quitté

d'une semelle. Pourtant grand favori, Angus Van Alphen a été vaincu de peu

par l'ancien Président des États-Unis. Certains disent qu'un coup de pouce

flirtant avec les limites de la légalité en était à l'origine, seulement, cette

sombre affaire n'ayant vu le jour que quelques mois avant la fin du mandat,

Angus s’est gardé de revendiquer le bureau ovale. Même s'il a par la suite

renoncé à se présenter aux élections, révulsé par son expérience précédente,

il est aujourd'hui parvenu à atteindre l'honorable place de Vice-Président.

Un siège qui consiste surtout à conseiller le sommet et à prendre en charge

certaines affaires étrangères.

Le Président actuel n'a jamais cherché à altérer la popularité de son Vice-

Président car, ainsi armé, il est immunisé contre la chute des sondages.

En effet, au contraire de la plupart des politiciens, le style exubérant

d'Angus, son franc-parler, son honnêteté et son efficacité l'ont hissé au

top 10 des popularités préférées des Américains. Le Vice-Président exerce –

comme il l’a toujours fait – son pouvoir de séduction à la base de la

pyramide sociale. Non seulement parce qu'elle constitue le plus gros

pourcentage de la population (et donc de votants à se mettre en poche),

mais aussi pour contrebalancer les innombrables privilèges des plus aisés.

Cofondateur du célèbre journal Lumières !, dont il a nommé son fils

directeur, le soixantenaire ne s'arrête pas en si bon chemin. Il possède aussi

sa propre émission de radio.

En d'autres termes, Angus Van Alphen est un colosse, un monstre

médiatique que tout le monde souhaite apprivoiser.

– Et vous, Dario, qu'en pensez-vous ? Pro ou anti LCC ?

– Vous savez, mon cher Angus, mon opinion est assez ambivalente. Pro,

pour le bien qu'ils font aux plus démunis ; anti, pour le mal qu'ils font aux plus aisés, à l'ordre public et au bien-être de notre chère ville. Un vent de

rébellion souffle sur Golden City. Par conséquent, je ne sais pas si je dois

me réjouir lorsque mon calendrier annonce le 15 du mois. LCC sont aussi

nuisibles que bienfaiteurs. Dans quatre jours, je mettrai l'équivalant d’un

semestre d'économies dans une armée de garde-maisons.

– Je comprends votre position, Dario, mais n'oublions pas que la

demande mirobolante de garde-maisons réduit les chiffres du chômage.

LCC incarnent le poing du pauvre, ils sont les héros du désespéré. Mais

comme vous le dites si bien, LCC représentent également des termites qui

grignotent et fragilisent un peu plus la charpente de notre belle société.

Alors, que penser, cher ami ? Que penser ?

Angus n'a jamais transmis d'opinion tranchée au sujet des Criminels

Casqués. Soufflant le chaud et le froid, l'opinion publique ne se voit pas

influencée par ses saintes paroles. Les gens bâtissent leurs propres

jugements à partir des informations disséminées çà et là par tel ou tel

média, ou énième ragot chuchoté au détour d'un couloir.

Quand son invité est plutôt pro, il compense avec du contre. À l'inverse,

avec du pour. Angus fait toujours en sorte que son émission prône la

neutralité. Son but est d'informer, de servir de support à la réflexion, en

donnant une fois la parole à l'un, une autre au camp adverse.

– Eh bien, nous sommes une puissance mondiale. La ville de Golden City

ne manque ni de ressources ni de forces. Nos services secrets ont démantelé

nombre d'attaques terroristes et sont venus à bout de multiples affaires

noueuses, ils auraient dû les démasquer depuis des lustres… mais voilà trois

ans que LCC font de Golden City leur royaume. Comment trois motards

parviennent-ils à mettre la ville sens dessus dessous ?

Peut-être parce que LCC comptent en réalité cinq membres. Deux

femmes et trois hommes, tous expérimentés jusqu'au bout des ongles.

Tous insoupçonnables.

Je me concentre sur la route, un sourire aux lèvres.

Je le sais de source sûre, puisque j'en suis la présidente.

 

1 Référence à Bianca Castafiore, personnage de fiction récurrent des

Aventures de Tintin, créées par Hergé. C’est une chanteuse dotée d’une voix

très puissante.

2 Formules abrégées en anglais, qui signifient respectivement « Oh mon

Dieu », « bisous », « merci ».

OceanofPDF.com